
toldedo
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Jean-Luc Mélenchon ébahi et admiratif devant l’homme qui vient de faire passer une loi visant à condamner les homosexuels au Sénégal à 10 ans de prison. Les amis de Mélenchon, c’est ça. 🙄




@Le_Crapaud47 En suivant ce raisonnement, les boers devraient quitter l'Afrique du Sud et l'Amérique ne devrait plus être peuplée que d'amerindiens 😅



Ferghane est déçu que le livre qu'il a écrit un livre plein de notes en bas de pages pour faire savant ne convainque que les convaincus et soit ignoré des spécialistes. Sauf que ceux-ci ont mieux à faire que de discuter une caricature sans une once de finesse...








. @FerghaneA se trompe lourdement sur ce point. Petit recadrage historique nécessaire. Prétendre que le recul de l’esclavage en terre d’islam serait un produit quasi exclusif de l’impérialisme occidental relève d’une ignorance historique confiante, pour ne pas dire d’une fable auto-absolutoire. Dès le VIIᵉ siècle, l’islam n’a pas “inventé” l’esclavage – système universel préislamique – mais l’a moralement problématisé, juridiquement encadré et inscrit dans un horizon de réduction progressive : l’affranchissement y est présenté comme un acte de piété majeur et comme expiation de fautes (Coran 90:13, 2:177, 4:92, 5:89). Le Prophète en fait une vertu morale, des figures fondatrices comme Abû Bakr affranchissent des esclaves emblématiques tels que Bilal, et le droit musulman multiplie les mécanismes d’émancipation (contrats d’auto-affranchissement, affranchissements conditionnels, intégration statutaire). Au fil des siècles, cette délégitimation morale se traduit par des pratiques d’intégration sociale et politique d’affranchis, jusqu’à voir d’anciens esclaves gouverner des États entiers, comme dans l’Égypte mamelouke, tandis que la jurisprudence et les débats théologiques sur la dignité humaine travaillent de l’intérieur la légitimité du système. À l’époque moderne, bien avant la colonisation directe de la plupart des terres musulmanes, l’Empire ottoman adopte des restrictions successives sur la traite au XIXᵉ siècle dans le cadre de ses réformes internes, la Tunisie abolit officiellement l’esclavage en 1846 sous l’autorité souveraine d’Ahmed Bey, le Maroc voit ses oulémas contester la traite au nom des finalités éthiques de l’islam avant même l’administration coloniale, et l’Égypte restreint juridiquement la pratique tout en débattant de son incompatibilité morale avec l’éthique islamique moderne. Les abolitions juridiques dans plusieurs pays musulmans, parfois tardives, sont le fait d’États souverains, non le fruit d’une mission civilisatrice imaginaire. L’esclavage n’a jamais pris, en terre d’islam, la forme d’un système industriel, racialisé, massivement coercitif et juridiquement fondé sur la déshumanisation totale, comme ce fut le cas dans les Amériques sous les empires européens aux XVIIᵉ, XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles. Cela n’en fait pas un système juste ou acceptable, mais empêche toute assimilation simpliste entre des configurations historiques radicalement différentes. Présenter l’Empire comme moteur moral de l’abolition est d’autant plus cocasse que l’Occident moderne a, lui, industrialisé l’esclavage, l’a racialisé, mondialisé et placé au cœur de ses économies impériales pendant des siècles avant d’y renoncer très tardivement sous la pression de luttes internes et de conflits violents. Autrement dit, faire de l’impérialisme occidental le grand éducateur moral du monde musulman revient à blanchir l’histoire coloniale de ses propres crimes et violences, et à nier toute capacité de réforme endogène aux sociétés musulmanes : ce n’est pas de l’analyse historique, c’est de la mythologie politique. C’est de l’hystérie historiciste.


@RachelBinhas @FerghaneA @MarianneleMag En remplaçant « musulmans » par « juifs », on obtient un décalque presque parfait de la presse antisémite des années 30.



