
Nexus
19 posts



Il faut lire ce remarquable article du NYT qui explique pourquoi existent des risques systémiques à l'égard de l'IA. Non pas parce qu'il s'agit fondamentalement d'une technologie incontrôlable. Mais parce que les intérêts des acteurs ne sont pas alignés : (i) l'administration des
















How come black pride is a positive, resilient movement while white pride is widely associated with supremacy and hate?


@FrancoisCame @grok, Grok, explique-nous pourquoi la valeur est subjective et pourquoi le travail ne crée pas la valeur mais la consomme… et fais-le avec un niveau de détail que jean-françois communiste n’a visiblement pas vu venir.







C'est un gag récurrent, sur X. Il ne se passe pas un jour sans qu'un Petit Libéral Inculte en Economie - pour faire court, un "Plié" - ne condamne Marx, en s'appuyant sur des bouts d'IA incohérents... ... car : "toute la théorie marxiste est fondée sur la valeur travail". Or "la valeur travail ne détermine pas les prix, c'est une théorie bidon. Donc "tout Marx est bidon". Pour ceux que cela intéresse... reprenons donc un peu les choses. Ce n'est pas très compliqué. Mais cela permet de comprendre que ce que disait le vieux barbu est totalement différent, certainement contestable... mais bien plus intéressant que la bouillie intellectuelle qu'on lit aujourd'hui chez ses détracteurs à la petite semaine. Vous voulez comprendre la valeur et le prix, chez Marx : c'est par ici. 1. Primo : Marx déterminait pour chaque bien deux valeurs distinctes. Une "valeur d'usage", et une "valeur d'échange". La valeur d'usage est la capacité d'un produit à satisfaire un besoin humain (physique, social, culturel…). Elle est qualitative : chaque produit a une valeur d’usage différente, selon le contexte. Ex : un verre d'eau, dans le désert, a une valeur d'usage essentielle; si on veut éviter de crever de soif; La valeur d'échange, elle, est le rapport dans lequel une marchandise s’échange contre une autre. Elle est quantitative : on peut la mesurer. Ex : un diamant vaut 8 000 verres d'eau. 2. Par ailleurs, dit Marx : dans le capitalisme, la valeur d’échange devient la forme dominante. Le producteur ne produit plus pour satisfaire des besoins (valeur d’usage), comme dans une société primitive. Il produit pour obtenir de la valeur d’échange (pour réaliser du profit). Je ne fais plus du pain car j'ai faim : j'en fais pour le vendre. Jusque là, pas de souci. 3. De surcroît, la "valeur" d'un produit, dit Marx, repose plus ou moins sur "le temps de travail socialement nécessaire" (TTSN) pour le produire. Et c'est là où les Plié (Petits libéraux incultes économiquement) commencent à dériver. Marx ne dit pas, en effet, que la valeur d'un bien - et encore moins le prix - sont égaux à sa "valeur travail" exacte - donc au temps de travail qu'il a fallu pour produire ce bien précis. Comme le faisait Adam Smith. Marx parle, lui, du "temps socialement nécessaire". En clair : un verre d'eau vaut moins qu'un diamant. Car, dans nos contrées, un verre d'eau ne demande que très peu de temps à produire. Mais la valeur d'un diamant inclut le temps qu'il a fallu pour le produire : le temps de la prospection; le temps pour extraire le minerai de fer et le fondre pour produire des excavatrices permettant son extraction, le temps de la taille de ce daimant. Etc. Ce qui explique, entre autres, qu'un diamant soit bien plus cher qu'un verre d'eau (on reviendra sur ce point, mais n'anticipons pas...) Idem : un verre d'eau, dans le désert, vaut bien plus qu'un verre d'eau au bord d'une rivière. Et, disent les "Plié", en citant les "marginalistes", : c'est bien la preuve que la valeur est subjective - et ne dépend que de l’utilité marginale que les consommateurs accordent à leur verre de Volvic. Ben oui, mais non : cela ne contredit pas le vieux barbu.🙂 Car un verre d'eau, au bord de l'eau, prend 10 secondes à produire. Mais un verre d'eau, dans le désert, suppose 10 semaines de chameau pour qu'on ait pu l'apporter là. Ou bien le fait qu'on le trouve dans le désert suppose qu'on ait construit une usine de dessalement et un sacré pipe-line à eau, pour pouvoir aller remplir son verre au milieu du Sahara. Ce qui commence à chiffrer lourdement, en temps de travail socialement nécessaire.🙂 (Remarque : il est d'ailleurs amusant de constater que les Petits libéraux attaquent Marx sur la "valeur travail" - mais idolâtrent le "libéral" Adam Smith - alors que ce dernier s'appuie bien plus sur cette "valeur", et sur la base d'une conception de cette valeur bien plus étriquée. Mais c'est logique, ces braves garçons sont des idéologues, pas des gens qui se posent des questions 🙂 .) 4. Dernier point : par ailleurs, pour Marx, la formation des prix ne s'arrête pas à la notion de "valeur". Et la valeur d'échange ne détermine pas le "prix de production" sur le marché. Contrairement à ce que croient, ou font semblant de croire, les "Pliés", ces deux notions divergent. Pour Marx, le prix d'un produit peut varier largement. Il peut largement s'écarter de sa valeur, sous l’effet de l’offre et de la demande, des fluctuations du marché, des monopoles, etc. "Il est donc possible qu’il y ait un écart, une différence quantitative entre le prix d’une marchandise et sa grandeur de valeur, et cette possibilité gît dans la forme prix elle-même." écrit-il dans Le Capital. Ou : "La transformation des valeurs en prix de production ne supprime pas la détermination de la valeur par le temps de travail, mais la modifie dans sa forme d’apparition." (idem) 5. Bref, à la fin, la formation des prix de production, chez Marx, est l'objet de tout un développement complexe - qui inclut, notamment, des analyses intéressantes, distinguant l'évolution des prix selon le degré d'intensité capitalistique des différents secteurs. Mais simplifions : "La concurrence répartit le capital de telle manière entre les différentes sphères de production que le prix de production dans chaque sphère devient égal au coût de production plus le profit moyen, de sorte que les prix de production s’écartent des valeurs des marchandises." Bref : pour Marx, la "valeur" d'un bien dépend de la "valeur du temps de travail socialement nécessaire". C'est une valeur centrale. Mais les prix de production, eux varient, notamment sous l'effet de la concurrence, de la plus ou moins forte composition organique du capital des différents secteurs, des différents taux de profit et de "plus value", qui conduisent les investisseurs à privilégier tel ou telle industrie. Mais contrairement à ce que disent les Petits libéraux, il n'a jamais fait de la théorie de la valeur le cœur de son analyse (ne pas confondre avec la lutte des classes); -Il ne dit pas que la "valeur" d'un bien est la valeur brute du travail qui a directement permis sa production. -Il ne dit pas que la valeur d'un produit détermine directement son prix. -Il dit même clairement que les prix divergent clairement des valeurs d'échange. Bref, il ne dit rien de ce sur quoi les petits libéraux l'attaquent. Ce qui rend leurs critiques doucement pitoyables. Résumons : Marx, c'est complexe, passionnant, jamais idiot, et à des milliers de kilomètres de ce que disent les petits libéraux qui ne l'ont jamais lu; et qui résument sa pensée avec autant de finesse que l'Âne Trotro pourrait résumer en 3 pages "A la recherche du temps perdu". Soyons clairs : bien sûr, on peut - on doit - critiquer Marx. Un exemple simple : Marx n'inclut pas dans sa théorie de la valeur le cycle de vie d'un produit. Comprendre : un diamant vaut plus cher qu'un verre d'eau. Mais comme il est inaltérable, il possède une valeur de revente qui en diminue le prix d'achat réel. Après 40 ans passé dans un coffre fort, un diamant vaut toujours beaucoup d'argent. Alors qu'un verre d'eau qui a passé 40 ans dans un coffre... ne vaut plus rien. On peut aussi critiquer Marx sur sa théorie de la "transformation", que je vous ai épargnée : ou comment la valeur se transforme en prix. Ladislaus von Bortkiewicz, notamment, y a beaucoup travaillé. C'est "hard" à piger, c'est matheux, mais c'est intéressant. On peut critiquer Marx sur la plus value. Non pas sur le fait qu'elle existe : tout patron sait bien, quand il embauche, qu'un salarié doit rapporter plus qu'il ne gagne, ne serait ce que pour payer une partie des frais de production, de recherche et de développement. Mais on peut discuter à l'infini sur le fait que cette "plus value" soit, ou non, une "exploitation" des travailleurs; ou la rémunération des capacités et des risques de l'entrepreneur. On ne peut pas, en revanche, vraiment critiquer Marx parce que les régimes communistes ont échoué. Comme le font les Plié. Tout simplement car Marx n'a jamais vraiment dit clairement ce que devait être le communisme... Il a toujours été là dessus d'une prudence de coyote, en indiquant, au mieux, des trucs aussi vagues que : "Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses."🙂 Mais pour tout le reste : on peut discuter et critiquer Marx à l'infini. A une condition, toutefois - si on ne veut pas que la critique soit doucement pitoyable : c'est de l'avoir lu. Pas de l'avoir fantasmé.🙂
















