Louis Roquebert@louis_rqbrt
Si le populisme était une mesure, il serait probablement celle-ci.
Dire “1€ pour tous” sans regarder la réalité du terrain, c’est séduisant. C’est aussi profondément irresponsable.
Les restaurants CROUS ne sont pas extensibles à l’infini. Pas plus de places, pas plus de chaînes de production, pas plus de personnels du jour au lendemain. Ouvrir à tous, sans distinction, c’est mécaniquement saturer le système et dégrader le service pour ceux qui en ont le plus besoin.
Le tarif social existe déjà : 3,30 €, gelé depuis des années et largement subventionné, très en dessous du coût réel. Vouloir tout passer à 1 €, c’est faire croire qu’on peut doubler la dépense publique sans conséquence. En réalité, quelqu’un paie toujours : l’État, les collectivités, donc les Français. Et à la fin, moins de moyens pour améliorer l’offre, moderniser les CROUS, ou accompagner les étudiants les plus précaires.
La justice sociale, ce n’est pas traiter tout le monde pareil, c’est aider davantage ceux qui en ont le plus besoin. C’est précisément le sens du repas à 1 € pour les boursiers et les étudiants en difficulté.
Le vrai combat, il est ailleurs : achever la réforme des bourses, élargir le nombre de bénéficiaires, adapter les montants aux réalités de vie. Bref, faire du concret plutôt que des slogans.
À force de promettre tout à tout le monde, on finit surtout par fragiliser ce qui fonctionne déjà.