Lili Adresan🌺@AdresanSoso
Jusqu’en 2018, j’étais plutôt un soutien des forces de l’ordre. Quand je voyais des images de policiers insultés, caillassés ou humiliés dans certaines cités, je ne comprenais pas cette haine viscérale à leur égard. Je me disais qu’ils faisaient un boulot difficile, souvent ingrat, face à des zones devenues ingouvernables.
Puis sont arrivés les Gilets jaunes. Là, j’ai vu de mes propres yeux ce qu’ils étaient capables de faire. Des images insupportables : des vieux tabassés au sol, un handicapé traîné sans ménagement, une personne âgée sortie de sa voiture comme si elle était un terroriste en cavale. Cette violence gratuite, cette brutalité disproportionnée m’ont révolté.
Ensuite est venu le Covid. Et là, ça a été la totale. Les contrôles incessants, les attestations à présenter comme des criminels, les amendes à tout-va, les familles séparées, les personnes âgées isolées. Ils ont obéi sans broncher à des ordres que beaucoup jugeaient absurdes, injustes, parfois inhumains. Ils ont appliqué une politique de répression sanitaire avec zèle, comme si leur mission était de faire plier la population plutôt que de la protéger.
Ce jour-là, quelque chose s’est cassé définitivement en moi. Je ne les soutiens plus du tout. Pas par haine, mais par dégoût. Ils sont allés trop loin. Ils ont choisi leur camp : celui du pouvoir, même quand il devenait arbitraire et liberticide.
Aujourd’hui, quand je vois un uniforme, je ne ressens plus de respect automatique. Je ressens de la méfiance. Ils ont trahi la confiance d’une partie importante de la population, et cette confiance, une fois perdue, ne se regagne pas si facilement.