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Littérature, arts, rugby, vins, gastronomie, actualité et Politique (anti FN et FI), la vie... et surtout rire et sourire....

Paris et France d'en Haut Katılım Haziran 2017
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Philippe Roi
Philippe Roi@7559pr·
« Poèmes saturniens » est l’œuvre de #PaulVerlaine. Premier éclat d’une mélancolie stylisée, où le vers vacille entre spleen baudelairien et musique intérieure. L’alexandrin devient soupir, le rythme plainte cosmique. Genèse du symbolisme en clair-obscur. Lu par Michael Lonsdale. Pour ceux qui veulent en savoir plus : En novembre 1893, Paul Verlaine, bien que marqué par l’usure d’une vie de bohème et une santé chancelante, voit son existence transfigurée par une invitation inattendue. Le jeune peintre anglais William Rothenstein, fervent admirateur de son génie, l’invite pour une série de conférences qui réveille en lui l'enthousiasme d'un adolescent. C’est ainsi qu’il entreprend, le 19 novembre, la traversée de Dieppe à Newhaven pour rejoindre les rives britanniques. À Londres, l’accueil est à la hauteur de sa légende naissante : le poète Arthur Symons devient son hôte dévoué, l’installant dans le cadre feutré du Temple. Le point d'orgue de ce voyage se joue le 21 novembre, sous la charpente gothique de Barnard’s Inn Hall. Verlaine monte sur l'estrade et, bien qu’il ne maîtrise guère la langue de Shakespeare, commence à déclamer les « Poèmes saturniens » en français avec une voix mélodieuse et passionnée, dont la musicalité suffit à enivrer son public. Les étudiants et les jeunes esthètes décadents le contemplent avec une ferveur quasi mystique. Ce triomphe, à la fois discret et incandescent, se poursuit dès le lendemain à Oxford, puis à Salford, confirmant l'ascendant du maître sur la jeune garde intellectuelle anglaise. Durant trois semaines, Verlaine délaisse sa condition précaire pour mener une véritable existence de poète célébré, loin de son ordinaire misérable. Il est fêté par les plus grands éditeurs comme William Heinemann ou John Lane, et reçu avec les honneurs chez Edmund Gosse ou Herbert Horne. Partout, on sollicite son autographe et on écoute sa parole comme un oracle. Cette parenthèse enchantée, loin de la misère parisienne, lui permet de rentrer en France les poches pleines et l'esprit nourri de souvenirs qu'il immortalisera dans son récit « My Visit to London ». Ce séjour demeure l'un des rares moments où Verlaine fut, de son vivant, pleinement reconnu et choyé, offrant un éclat de gloire magique et inattendu au cœur des brumes londoniennes.
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Philippe Roi
Philippe Roi@7559pr·
« Millénium. Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » est l’œuvre de #StiegLarsson. Un #roman noir où chaque page resserre l’étau : secrets enfouis, violence tapie, enquêteur hanté, femme disparue. Il résonne encore longtemps en nous après la dernière page. Lu par E. Dekoninck. Pour ceux qui veulent en savoir plus : Ce récit est la triste histoire d’un homme qui ignorait que ses romans allaient devenir un phénomène littéraire international. Stieg Larsson est journaliste ; il vit en Suède, à Stockholm, où il a cofondé le magazine « Expo » afin d’enquêter sans relâche sur l’extrême droite et les groupes néonazis qui gagnaient du terrain en Suède. Ses révélations lui valent des menaces de mort récurrentes de la part des ultras qu’il traque. La nuit, presque en secret, il écrit des romans comme un exutoire à une vie placée sous haute tension. Le personnage principal de ses romans, Lisbeth Salander, hackeuse géniale et indomptable, est née d’un regret qui ne l’a jamais quitté. Adolescent, Larsson avait été témoin du viol collectif d’une jeune fille prénommée Lisbeth. Paralysé par la peur, il n’était pas intervenu. Depuis cette époque, une culpabilité dévorante le poursuivait ; il offrit alors à son héroïne la vengeance qu’il n’avait pu exercer. En 2004, après avoir achevé sa trilogie, il confie ses manuscrits à l’éditeur Norstedts. Mais sa némésis se montre alors cruelle : le 9 novembre 2004, il succombe à une crise cardiaque foudroyante après avoir gravi sept étages car l’ascenseur était en panne. Il meurt à cinquante ans, sans avoir vu un seul des cent millions d’exemplaires qui seront vendus de par le monde. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Larsson n’a pas épousé sa compagne de trente ans, Eva Gabrielsson, et, n’ayant laissé aucun testament valide, c’est sa famille, avec laquelle il était brouillé, qui hérite de l’intégralité de son œuvre. Une guerre de succession éclate alors, âpre et publique. Au cœur de la tempête se trouve un ordinateur portable contenant deux cents pages du quatrième manuscrit. Eva refuse de les céder sans obtenir le contrôle des droits littéraires. La loi l’empêche de les publier elle‑même. Ainsi, le spectre de Stieg Larsson continue de planer sur ce trésor inachevé que le monde entier rêve encore de découvrir.
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🇫🇷 MissPeel 🇫🇷
🇫🇷 MissPeel 🇫🇷@MissPeelEmma·
Depuis qu’ils sont là, La France Insoumise et ses députés n’ont rien apporté au pays, si ce n’est conflits, division, violence et haine…
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Insφumis Toujours
Insφumis Toujours@LFI_Forever·
Donald Trump menace : si l’Iran ne respecte pas l’ultimatum de ce soir il n’hésitera pas à lancer un nouvel ultimatum bien plus grave.
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Jugé Coupable
Jugé Coupable@JCoupable·
🔴🇫🇷 𝗔𝗟𝗘𝗥𝗧𝗘 𝗜𝗡𝗙𝗢 — Soupçons de financement étranger visant LFI : la justice SAISIE après des accusations de transferts d’argent en provenance du Venezuela. ⬇️
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Philippe Roi
Philippe Roi@7559pr·
« Nous nous verrons en août » est l’œuvre de Gabriel García Márquez. Ce #roman posthume, publié dix ans après sa disparition, nous offre un ultime rendez-vous avec le génie du réalisme magique. Une exploration élégante du désir et de la liberté féminine. Livre lu par A. Sourdive. Pour ceux qui veulent en savoir plus : Sous le soleil immobile de Mexico, où l’air sent la poussière chaude et le métal des tramways, les ombres se tassent au pied des murs comme des bêtes immobiles. Assis sous la véranda, Gabriel García Márquez commence à sentir, sans pouvoir l’expliquer, que quelque chose en lui s’effrite. Son imagination, autrefois si vaste qu’il lui suffisait de fermer les yeux pour inventer le monde de Macondo, se réduit désormais à des fragments sans lien. Sa mémoire, qui lui avait toujours été fidèle, devenait capricieuse et lui échappait par à‑coups. En cette fin des années quatre-vingt-dix, il continue pourtant à écrire, avec l’obstination de ceux qui savent déjà qu’il est trop tard. Il commence à rédiger une histoire dont il ne perçoit pas encore l’utilité : raconter le désir d’une femme au moment précis où le sien pour la vie commence à s’éteindre lentement comme une bougie qu’on oublie de souffler et qui vacille toute la nuit jusqu’à l’aube. Ana Magdalena Bach n’est pas née d’un rêve, mais d’un besoin persistant, presque d’une insomnie. Chaque seize août, sans jamais manquer une année, elle quitte sa maison au petit matin, en laissant derrière elle l’odeur du café à peine bu et les draps encore tièdes, pour se rendre sur une petite île des Caraïbes où le vent transporte une odeur de sel et de fleurs fétides. Là, sous le regard des hérons bleus immobiles, elle dépose des fleurs fraîches sur la tombe de sa mère, des glaïeuls qu’elle achète toujours au même vendeur borgne près du débarcadère, puis, sans hâte et sans remords, elle abandonne tout ce qu’elle est pour passer une seule nuit avec un homme dont elle ne retient jamais le nom. Le lendemain, elle rentre chez elle avec la même valise, les mêmes gestes, et cette propreté inexplicable des choses qui ne laissent aucune trace. Le manuscrit de Márquez devenait peu à peu un objet familier et inquiétant, comme une photographie dont on ne se souvient pas d’avoir été le sujet. Il y travaille par intermittence, parfois avec une précision d’orfèvre, parfois en oubliant au milieu d’une phrase ce qu’il veut dire. Il accumule plusieurs versions, couvertes de ratures, de mots remplacés par d’autres et de notes griffonnées dans les marges. Il retire les adjectifs comme on enlève les scories à la surface d'une pièce qu’on est en train de ciseler, jusqu’à ce qu’il ne reste que des phrases nues, presque dures au toucher. Vers la fin, l’étrangeté s’installe sans prévenir. Il lui arrive de relire des pages entières sans reconnaître ni les phrases ni la main qui les a écrites. Tenant les feuillets d’une main tremblante, il dit d’une voix basse : « C’est très bien écrit… Qui a fait ça ? » Et quand on lui répond que c’est lui, il hoche la tête avec un regard triste. Ainsi restait ce livre inachevé, écrit à la frontière de l’oubli, dans un temps où les souvenirs perdent leurs noms. Il n’y a plus ici ni prodiges, ni signes dans le ciel, mais une femme, une île balayée par le vent, et cette certitude silencieuse que même les désirs les plus tenaces finissent par s’effacer dans l’air chaud des après‑midi.
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Steevy Boulette
Steevy Boulette@lafotaki·
Ça touche au sublime.
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sophia aram
sophia aram@SophiaAram·
Au pire dans mon baise-en-ville, tu trouves de la melatonine, mes gouttières et mes lentilles… ma vie est so boring par rapport à celle de Lady Gaza #RimaHassan
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Philippe Roi
Philippe Roi@7559pr·
ROLAND BARTHES OU LE PLAISIR DU TEXTE Critique et sémiologue majeur, #RolandBarthes (1915-1980) a transformé l'étude de la littérature en plaçant le lecteur au centre de la création du sens. Pour lui, un livre n'est pas un message figé à recevoir, mais un ensemble de codes que chaque lecteur active selon sa propre culture et sa sensibilité. Il nous a appris à déchiffrer les signes du quotidien pour ne plus accepter les évidences sans réfléchir. Lire Barthes, c’est mettre en mouvement les formes qui nous précèdent, autrement dit, tout ce qui constitue notre bagage culturel préalable, les récits intériorisés, les œuvres vues ou entendues, les images contemplées, les catégories esthétiques et les codes symboliques assimilés bien avant même d’ouvrir un livre. De fait, la lecture n’est jamais un acte innocent, c’est toujours une activation. Prenons un exemple : Le Grand Meaulnes (1913) d’Alain-Fournier. Pour certains lecteurs, ce roman est une expérience fondatrice qui réveille toute une mythologie de l’enfance, du domaine perdu et de la nostalgie d’un âge d’or. Le texte s’ouvre, vibre, les traverse profondément. Pour d’autres, en revanche, le même roman paraît plat, artificiel, presque mièvre. Pourquoi cette différence radicale ? Parce que ces derniers n’ont pas, ou plus, dans leur bagage intérieur, les formes culturelles et affectives nécessaires pour activer le texte. Le code reste inerte ; la porte ne s’ouvre pas. Si Roland #Barthes n’a jamais été aussi essentiel, c’est parce qu’il nous tend la clé de ce mystère que nous avons perdu. Il nous montre que la littérature n’est pas un message universel que l’on reçoit ou que l’on refuse : elle est un événement qui n’a lieu qu’au croisement entre un tissu de signes et l’archive vivante d’un sujet. Le texte ne dépend pas seulement de sa qualité intrinsèque, mais aussi, et parfois surtout, de la résonance secrète qui s’établit entre ses codes et les nôtres. Barthes demeure l’architecte d’une révolution du regard qui a déplacé, de manière irréversible, le centre de gravité de notre modernité : du message vers le code, de l’œuvre vers le texte, de l’auteur vers le lecteur. En démontrant que le sens n’est jamais une donnée brute, mais une construction historique et sociale, il n’a pas seulement déconstruit nos certitudes ; il a restitué au sujet son pouvoir critique et sa souveraineté sensible. Son œuvre n’offre pas une doctrine (ce qu’il appelait avec horreur la « poisse » du dogme) mais un instrument de déchiffrement permanent de la trame du monde, un atelier où l’on apprend à ne plus être dupes des évidences. Conseils de lecture Barthes, Roland. Le Degré zéro de l’écriture. Paris, Seuil, 1953. Barthes, Roland. Le Plaisir du texte. Paris, Seuil, 1973. Barthes, Roland. Fragments d’un discours amoureux. Paris, Seuil, 1977. Barthes, Roland. La Chambre claire. Note sur la photographie. Paris, Seuil/Gallimard, 1980.
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Philippe Roi
Philippe Roi@7559pr·
« Invisible » est l'œuvre de #PaulAuster. Dans l’Amérique des années 60, un jeune homme voit sa vie basculer après une rencontre qui fissure toutes ses certitudes. Un roman envoûtant sur la façon dont une histoire se fabrique et nous entraîne plus loin que prévu. Lu par C. Lesko. Pour ceux qui veulent en savoir plus : En 2008, Paul #Auster a 61 ans. Il vit depuis des années avec Siri Hustvedt dans leur maison de Park Slope, à Brooklyn. Après trois livres centrés sur des personnages plus âgés, il éprouve soudain une nostalgie de sa jeunesse. L’idée d’« Invisible » surgit brusquement et il l’écrit en six mois à peine avec une « fureur » créative qu’il n’avait plus connue depuis des années. C’est une période particulière, presque hallucinatoire. L’histoire semble s’imposer à lui, le faisant replonger dans ce qu’on ressent à vingt ans : l’ignorance, l’inexpérience, la susceptibilité extrême, la façon dont tout est une aventure et arrive pour la première fois. En 1967, lui aussi était étudiant à Columbia, poète en herbe, affamé de littérature. Il avait également passé du temps à Paris, dans l’hôtel exact où séjourne son personnage Adam Walker. Mais ce dernier n’est pas Paul Auster ; il est plus tourmenté. Le titre « Invisible » lui vient naturellement, car le mot revient plusieurs fois dans le livre, et parce que, dit-il, « nous entendons des choses, mais nous ne pouvons pas toujours les voir ». Il termine le manuscrit fin 2008. À 62 ans, quand le livre sort en octobre 2009, il parle aux journalistes avec calme et presque avec tendresse, de ce retour vers sa jeunesse : un acte de fidélité à ce garçon qu’il a été, beau, rêveur, vulnérable, et dont il porte encore l’ombre en lui. C’est une histoire d’autant plus belle qu’elle est vraie et qu’elle montre un écrivain au sommet de son art qui, à plus de soixante ans, choisit de se retourner vers le jeune homme qu’il fut, non pour l’idéaliser, mais pour le comprendre enfin, avec toute la lucidité et la tendresse que seul l’âge peut offrir. Et c’est exactement ce qu’Auster a fait en écrivant « Invisible » : il a rendu visible, pour un temps, ce qui avait longtemps été caché en lui. Sources : « New York Magazine », « HuffPost » et « The Independent »
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Philippe Roi
Philippe Roi@7559pr·
« Tristes Tropiques » est l’œuvre de #ClaudeLéviStrauss. Une odyssée envoûtante au crépuscule des civilisations. Une célébration poignante et irrésistible d’une #science qui arrive toujours trop tard : comprendre, c’est déjà dire adieu à l’altérité. Livre lu par Jean-Pierre Lorit Pour ceux qui veulent en savoir plus : Au milieu du XXe siècle, l’ethnologie française connaît un séisme silencieux. Ce qui n’était qu’un inventaire de curiosités lointaines devient, entre les mains de Claude Lévi-Strauss, une science de l’esprit capable de percer les architectures invisibles de l’humain. Porté par la linguistique structurale, il nous révèle que les mythes ne surgissent pas de l’imagination libre des conteurs : ils s’assemblent selon des logiques profondes, presque autonomes, dont la conscience n’est que le terrain d’accueil discret. L’homme n’est plus le créateur souverain de ses récits ; il en devient le support vivant, le lieu où se déploient des règles très anciennes qui façonnent notre manière de voir et de nommer le monde. Les liens de parenté, loin d’être des habitudes arbitraires, obéissent à une mathématique secrète d’alliances et d’échanges. Ainsi, Lévi-Strauss nous apprend que la pensée dite « sauvage » n’a rien d’inférieure. Elle travaille avec le concret, le sensible, et construit des systèmes de classification d’une précision et d’une cohérence qui rivalisent avec ceux de la science moderne. De l’Égypte à l’Inde, des fjords scandinaves aux forêts amazoniennes, la même architecture mentale surgit : lumière contre chaos, ordre contre serpent primordial, sous des noms qui changent mais dont la structure reste identique. L’anthropologie structurale décompose alors les récits en mythèmes (ces unités élémentaires calquées sur les phonèmes de la linguistique) pour les disposer en tableaux synoptiques. Sous le foisonnement apparent des récits, elle révèle une grammaire universelle des oppositions et des transformations. Cet inconscient, étranger à la psychanalyse, n'est pas le siège de désirs enfouis, mais une syntaxe de l'esprit que nous pratiquons à notre insu. Cette rigueur analytique, loin d’être glacée, est la condition même d’une véritable science du symbolique : elle sauve par la pensée ce que l’histoire est en train d’effacer sous nos yeux. Mais derrière les schémas impeccables affleure une sensibilité blessée. Dans « Tristes Tropiques », l’ethnologue laisse enfin paraître l’homme, celui qui assiste, impuissant et bouleversé, à la lente disparition des mondes qu’il chérit. Sa méthode devient alors un acte de résistance élégant : fixer pour toujours, dans la clarté des structures, ce que le temps et l’expansion occidentale sont en train de dissoudre. Et tout cela commence par un incipit qui résonne encore comme un coup de tonnerre : « Je hais les voyages et les explorateurs. »
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Pourton.info
Pourton.info@lactetue·
Jean-Luc, il va falloir que tu expliques à ton équipe qu'un formulaire de douane fédéral nord-américain n'est pas une tribune libre de l'Assemblée nationale où l'on peut marchander avec la réalité. Ton indignation sur le prétendu "déshonneur" du Canada est une insulte à l'intelligence de quiconque a déjà voyagé hors de l'espace Schengen. Tu oses écrire que le Canada a "créé un motif d'interdiction de séjour" lié à Gaza. C'est un mensonge éhonté, et le pire, c'est que la preuve de ton mensonge se trouve dans le propre communiqué de ton parti. Faisons un peu de droit de l'immigration pour les nuls. Quand on remplit une demande d'AVE pour le Canada, le gouvernement pose deux questions fermées, binaires et non négociables : ➡️ "Vous a-t-on jamais refusé un visa ou l'entrée dans un pays ?" ➡️ "Avez-vous déjà fait l'objet d'une plainte ou d'une arrestation ?" Rima Hassan a été interdite d'entrée en Israël et fait l'objet de plaintes en France. C'est un fait matériel. Pourtant, votre communiqué justifie fièrement le fait de ne pas l'avoir mentionné, sous prétexte que vous jugez ces éléments politiquement illégitimes. Jean-Luc, l'Agence des services frontaliers du Canada se contrefiche de votre exégèse militante. Mentir par omission sur un formulaire d'immigration du G7 ne s'appelle pas de la "liberté d'expression", cela s'appelle une "fausse déclaration" (misrepresentation, article 40 de la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés du Canada). La sanction n'est pas un complot sioniste international, c'est l'annulation automatique et immédiate du visa par un algorithme administratif. Point final. Vous hurlez à la censure parce que le lobby pro-israélien CIJA s'est vanté d'avoir fait annuler son vol. Mais pose-toi la bonne question : comment ont-ils fait ? Ils n'ont pas corrompu le gouvernement de Justin Trudeau. Ils ont simplement fait le travail que ton équipe de bras cassés n'a pas fait. Ils ont lu le dossier de Rima Hassan, constaté publiquement qu'elle avait des antécédents de refoulement frontalier, et ont poliment signalé aux autorités douanières canadiennes qu'une eurodéputée venait de commettre un parjure administratif sur son formulaire d'entrée. Le Canada n'a pas sanctionné Rima Hassan pour son soutien à la Palestine. Il l'a sanctionnée parce que ton parti pense que son immunité parlementaire européenne et sa boussole morale l'autorisent à mentir aux douanes d'un État souverain. Crier au scandale diplomatique quand on s'est fait prendre la main dans le sac d'une fraude douanière de niveau bac à sable, ce n'est pas de la résistance. C'est juste profondément embarrassant. Le seul déshonneur ici, c'est de prendre tes électeurs pour des imbéciles incapables de lire une notice d'immigration.
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