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Le World Economic Forum n'a jamais eu besoin de gagner une élection. Il forme ceux qui les gagnent.
En 1992, Klaus Schwab lance un programme : les « Global Leaders for Tomorrow », rebaptisés « Young Global Leaders ». L'idée est simple et redoutable : repérer des trentenaires brillants — politique, business, médias, académie — avant qu'ils arrivent au pouvoir, et les formater à une seule vision du monde. Gouvernance par « stakeholders », transition, agenda planétaire.
Trente ans plus tard, regardez la promo. Merkel. Blair. Sarkozy. Jacinda Ardern. Sanna Marin. Leo Varadkar. Sebastian Kurz. Côté business : Gates, Zuckerberg, Branson. Et en France : Emmanuel Macron, promotion 2016 — l'année exacte du lancement de sa campagne. Gabriel Attal aussi.
Schwab ne s'en cache même pas. Harvard, 2017, face à David Gergen, il le dit texto : ce dont il est le plus fier, c'est que « nous pénétrons les cabinets ». Il se vante que la moitié du gouvernement Trudeau soit composée de Young Global Leaders. « C'est vrai en Argentine. Et c'est vrai en France maintenant, avec le Président. »
Alors mettons le bon mot sur la chose. Ce que construit le WEF, c'est un néo-communisme. Pas au sens du drapeau rouge — au sens du mécanisme. Qu'est-ce que le communisme, débarrassé de son folklore ? Trois piliers : l'abolition de la propriété privée pour l'individu, la planification centrale par une avant-garde qui « sait », et la subordination de la personne à un plan collectif présenté comme scientifique. Cochez les cases.
L'abolition de la propriété ? « You'll own nothing and be happy. » Leur slogan, pas le mien. La planification centrale ? L'Agenda 2030, les objectifs ESG, la « transition » — un plan quinquennal repeint en vert, écrit à Davos pour être exécuté à Paris, Ottawa, Wellington. L'avant-garde qui sait mieux que vous ? Les Young Global Leaders, cette caste cooptée qui se substitue au peuple souverain sans jamais lui demander son avis.
Le « néo », c'est la torsion géniale et perverse : l'avant-garde n'est plus le prolétariat, ce sont les milliardaires et les hauts fonctionnaires. On a gardé tout le logiciel communiste — collectivisme, planification, dissolution de la propriété individuelle — mais en inversant qui possède. Collectivisme pour vous, propriété pour eux. C'est le communisme retourné comme un gant au profit de ceux qu'il prétendait combattre.
Et c'est précisément ce que Hayek avait vu : le danger n'a jamais été l'étiquette, c'est la prétention d'une petite caste à planifier la société d'en haut « pour votre bien », en court-circuitant le seul mécanisme qui distribue vraiment le savoir — le marché, le vote, la décentralisation. Schwab n'a pas pris le pouvoir. Il a industrialisé le formatage de ceux qui le prennent.
Macron fut la cartouche charismatique parfaite : jeune, « ni droite ni gauche », techno, présentable à Davos comme à la City. Le problème des cartouches, c'est qu'elles s'usent. La magie de 2017 a fini en 49.3 à répétition et en pays ingouvernable. Quand le récit s'effondre, il ne reste que la mécanique — et la mécanique, elle, n'a jamais été élue.
La vraie ligne de fracture du siècle n'est pas gauche contre droite. C'est planificateurs contre bâtisseurs. Ceux qui veulent designer votre vie depuis un panel à Davos, et ceux qui construisent, prennent des risques, et vous laissent libres face à leurs produits. Choisissez votre camp.

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