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13 juillet 1927, Nice. Une famille juive, laïque et patriote, accueille sa quatrième enfant. Une petite fille. Rien, ce jour-là, ne laisse deviner ce qui l'attend. Elle a 16 ans quand elle passe son baccalauréat, le 30 mars 1944. Le lendemain, la Gestapo l'arrête. Drancy, un wagon, Auschwitz-Birkenau. On lui tatoue un numéro sur le bras gauche : 78651. Un jour, une kapo réputée pour sa cruauté s'arrête devant elle. Tu es trop belle pour mourir ici, je vais te faire transférer. La gamine répond du tac au tac : à condition que ma mère et ma sœur viennent avec moi. Les trois partent ensemble. Sa mère mourra du typhus à Bergen-Belsen, quelques semaines avant la libération. Son père et son frère ne reviendront jamais. Elle rentre à 17 ans. Et elle fait un choix qui dit tout : le droit. Elle devient magistrate. Elle choisit le monde des prisons, les dossiers dont personne ne veut. Elle qui a connu les camps se bat des années pour le sort des détenus, surtout des femmes. En 1974, le président Giscard d'Estaing la nomme ministre de la Santé. Seule femme du gouvernement. Il lui confie le dossier le plus explosif du pays : l'avortement. Car la réalité est brutale. Des centaines de milliers de femmes avortent chaque année, en secret, sur des tables de cuisine. Les riches vont à Londres. Les pauvres risquent leur vie. Le 26 novembre 1974, elle monte à la tribune, face à un hémicycle presque entièrement composé d'hommes. Trois jours et deux nuits de débat. Les coups les plus durs viennent de son propre camp. Un député ose évoquer devant elle, devant elle, des embryons jetés au four crématoire. Elle ne bronche pas. Elle tient. Dans la nuit du 29 novembre, le texte passe. Cinq ans plus tard, l'ancienne déportée devient la première présidente du Parlement européen élu au suffrage universel. Pour elle, les deux combats n'en font qu'un : l'Europe, c'est la promesse que ce qu'elle a vécu ne reviendra jamais. Elle s'appelle Simone Veil.















