K.Y. YANTŪMBI

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Citoyen du Tout-Monde-Pluriel Katılım Eylül 2015
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K.Y. YANTŪMBI
K.Y. YANTŪMBI@yantumbi·
INSTANT HOMMAGES La pierre qu'ont rejetée de piètres bâtisseurs, les vrais maîtres en ont fait une pierre d'angle ! PS : Merci à l'UPN pour m'avoir admis – de la plus belle et honorable manière – dans sa filiation intellectuelle ! @UPN_RDC
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K.Y. YANTŪMBI
K.Y. YANTŪMBI@yantumbi·
Résumé de l'ouvrage : Paru dans un numéro spécial de la Revue Panafricaine d’Études stratégiques (RePÉS), ce texte propose une lecture structurée de l’héritage intellectuel de V.-Y. Mudimbe, articulant hommage et mise en débat critique. À travers l’examen de concepts fondateurs tels que la « bibliothèque coloniale », la « gnose africaine » et la « colonisation épistémologique », il met en lumière la manière dont l’Occident a construit l’Afrique comme objet de savoir et invite, au-delà de la reconversion, à une déconversion des regards. L’allégorie de l’Ascenseur illustre la critique des élites africaines, tandis que l’ouverture comparative vers la Selbständigkeit, le jiritsu, le zijué ou le bwana pabo élargit la réflexion sur l’autonomie. Par-delà la pensée de Mudimbe, ce texte rappelle également les critiques diverses qui en pointent les limites, soulignant la nécessité d’une praxis concrète de la décolonisation du savoir. Détails sur l'ouvrage : Auteur : K.Y. YANTŪMBI, Éditeur : Presses Universitaires Panafricaines (PUP), Genre : Essai, Volume : 128 pages. Parution : Février 2026.
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Mbutha Nthay
Mbutha Nthay@MbuthaNthay·
@yantumbi Merveilleux. Je passerai la semaine prochaine. À très bientôt.
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K.Y. YANTŪMBI
K.Y. YANTŪMBI@yantumbi·
@MbuthaNthay Merci beaucoup. Le livre est disponible à la Maison du Livre de Lubumbashi (cf. Bibliothèque Kiwele).
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Mbutha Nthay
Mbutha Nthay@MbuthaNthay·
@yantumbi Félicitations Cher Prof. Où trouver ce livre à Lubumbashi ?
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la rose verte
la rose verte@laRose_Sauvage·
@yantumbi @MwinyiAssani Bonjour cher Prof Je suis très heureuse de vous savoir en 2026,heureuse année à vous ! J'espère que tout va bien
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K.Y. YANTŪMBI
K.Y. YANTŪMBI@yantumbi·
Bonjour, Monsieur @MwinyiAssani Je vais tenter de réagir à votre tag par une forme d'analyse discursive mettant en lumière, tout à la fois, la rhétorique de la disqualification et les autres régimes à l’œuvre dans ce post que vous indexez. D’abord une prise de position liminaire : une éthique de la réserve et de la clarification Généralement, je me suis toujours donné pour ligne de conduite ici, sur cette plateforme, de ne pas commenter les posts formulés sur le ton de la polémique. Mais puisque vous me taguez, j’estime qu’il s’agit là d’une invitation à un éclairage plus approfondi. Ainsi, pour tenter de saisir le problème soulevé par ce post, je vais être volontiers plus long. Je vais devoir fonder mon examen depuis mon lieu : la Didactique. Ancrage didactique : penser le savoir par ses conditions de validité Qu'on le sache donc : le point de vue que je formule ici s’inscrit résolument dans une posture de didacticien soucieux de l’intégrité des faits du savoir, en ce que mon point de vue déplace l’attention des personnes vers les procédures, des statuts vers les conditions de validation, et des effets de discours vers les mécanismes effectifs de construction de la connaissance. En examinant le cas de Godé Mpoyi à l’aune des exigences propres à toute formation – inscription, participation, encadrement, évaluation –, et en le replaçant dans le cadre normatif des pratiques universitaires, mon abord privilégie une approche rigoureuse où le savoir n’est guère une simple propriété individuelle, mais un capital symbolique afférent à des processus institués, traçables et transmissibles, dont la validité repose sur la conformité à des dispositifs éprouvés plutôt que sur l’autorité supposée des sujets qui s’en réclament. Le tweet comme objet d’analyse : au-delà de la dénonciation Cela dit, le tweet évoqué, pris comme objet d’analyse, ne saurait être réduit à une simple dénonciation circonstancielle d’irrégularité académique. Il constitue un dispositif discursif dense où se condensent, se confrontent et se reconfigurent des logiques de pouvoir, des régimes de légitimité et des conceptions concurrentes du savoir. Loin d’être anecdotique, il ouvre ainsi un espace d’intelligibilité privilégié pour penser les tensions contemporaines entre champ politique, champ académique et sphère médiatique numérique. Une figure hybride : l'entre cumul des positions et brouillage des frontières D’emblée, la scène met en présence une figure singulière : Godé Mpoyi, à la fois acteur politique de premier plan (président honoraire de l’Assemblée provinciale de Kinshasa et membre influent du parti au pouvoir), double docteur en économie (dit-on) et professeur d’université. Cette triple inscription brouille les frontières analytiques classiques. Nous ne sommes pas face à un profane tentant de pénétrer illégitimement le monde académique, mais face à un agent déjà pleinement doté du capital scientifique requis, et même investi de la fonction de reproduction de ce capital. Dès lors, la question n’est plus simplement celle d’une intrusion, mais celle d’une tension interne au champ académique lui-même, produite par la superposition des positions. Une matrice de lecture : du rapports de pouvoir aux luttes pour la définition des normes académiques Dans une perspective herméneutique des rapports de pouvoir, il convient de lire cet épisode comme une lutte pour la définition légitime des règles du jeu académique. L’Université de Kinshasa apparaît ici comme un espace de régulation où s’affrontent différentes instances d’autorité : le doyen, gardien des normes facultaires ; le recteur, détenteur d’un pouvoir administratif central –dont les affinités politiques sont suggérées – ; et la figure de Godé Mpoyi, qui incarne une forme de pouvoir transversal, à la fois académique et politique. Le tweet, en mettant en scène l’opposition du doyen à une prétendue autorisation rectorale, construit ainsi une dramaturgie de la résistance : il donne à voir un moment où l’ordre académique tente de se défendre contre ce qui est présenté comme une dérive tenant de l'ordre politique. Analyse discursive : de la rhétorique de la disqualification au régime de viralité Cependant, cette lecture ne peut être univoque. Elle doit être redoublée par une analyse critique du dispositif discursif lui-même. Le tweet ne se contente pas de rapporter des faits : il les qualifie, les dramatise et en oriente l'intelligibilité. Le lexique employé – « fanfaron », « escroquerie », « faux récipiendaire », « insulte à la science » – relève d’une rhétorique de disqualification. Il s’agit moins d’établir une vérité que de produire une figure d’illégitimité, avec introduit d'éléments de spectacularisation qui excèdent la stricte pertinence académique et participant d’une mise en scène destinée à frapper l’imaginaire et à susciter l’indignation. Ainsi, le tweet s’inscrit dans un régime de vérité propre aux réseaux numériques, où la crédibilité repose sinon faiblement du moins autant sur la force narrative que sur la preuve. Enjeu épistémologique : primauté des procédures sur les statuts C’est précisément sur ce point que l’analyse épistémologique devient décisive. Le cœur du problème soulevé ne réside pas tant dans la compétence supposée de l’acteur – difficilement contestable au regard de ses titres – que dans la validité des procédures. Le diplôme d’études approfondies (DEA), comme toute certification académique, ne vaut pas seulement par le savoir qu’il sanctionne, mais par le processus qui en garantit l’acquisition : inscription régulière, participation aux enseignements, encadrement scientifique, évaluation par les pairs. Or, le tweet allègue précisément une rupture de cette chaîne procédurale. Un principe scientifique fondamental : l’impersonnalité de la validation Il convient ici de rappeler une distinction fondamentale : la science ne reconnaît pas seulement des sujets compétents, elle institue des formes de validation impersonnelles. Autrement dit, nul ne peut se prévaloir de son capital intellectuel ou de son statut pour se soustraire aux procédures qui assurent la traçabilité et la communicabilité du savoir. Même un professeur, même un double docteur, demeure soumis aux règles spécifiques de chaque formation qu’il entreprend. Si cette exigence est levée, alors ce n’est pas seulement un individu qui est en cause, mais l’ensemble du dispositif de crédibilité scientifique. Désynchronisation des trajectoires : entre reconversion et redondance Toutefois, la situation décrite présente une dimension supplémentaire, plus subtile : celle de la désynchronisation des trajectoires académiques. Le fait qu’un professeur titulaire de deux doctorats cherche à soutenir un DEA peut être interprété de deux manières. Dans une lecture bienveillante, il pourrait s’agir d’une réorientation disciplinaire – par exemple vers le droit économique (comme le suggère le post initial) – nécessitant un retour aux cycles intermédiaires. Dans une lecture critique, en revanche, cette démarche pourrait apparaître comme une forme de redondance, voire comme une instrumentalisation des diplômes à des fins de capitalisation symbolique. Le diplôme, dans ce dernier cas, ne serait plus un jalon dans un parcours de formation, mais un signe accumulable de prestige. Inflation des titres : crise de la valeur épistémique Ce glissement éventuel renvoie à une problématique plus large : celle de l’inflation des titres dans certains contextes académiques et politiques. Lorsque les diplômes se multiplient et circulent comme des ressources symboliques, leur valeur épistémique tend à se dissocier de leur valeur statutaire. Le tweet, en dénonçant une prétendue irrégularité, exprime en creux cette inquiétude : celle d’un système où la certification pourrait être capturée par des logiques extérieures à la production du savoir. Régime numérique de vérité : entre suspicion et jugement immédiat Enfin, il faut souligner que le tweet lui-même participe de la configuration du problème qu’il prétend révéler. En l’absence de preuves explicitement fournies, il relève de ce que je peux appeler une économie discursive de la suspicion et de la viralité. Il produit une forme de jugement immédiat, où la condamnation précède la vérification. De ce point de vue, il ne se situe pas seulement à l’extérieur du champ académique, mais agit sur lui en contribuant à redéfinir les conditions de sa légitimité dans l’espace public. Pour finir : une crise des médiations du savoir En définitive, ce cas – tel qu’il est construit discursivement – met en lumière une tension structurelle majeure. D’un côté, le champ académique repose sur des procédures formalisées, lentes et impersonnelles, garantes de la validité du savoir. De l’autre, le champ politique et la sphère numérique introduisent des logiques d’accélération, de visibilité et de capitalisation symbolique. Lorsque ces logiques s’entrecroisent au sein d’une même figure, comme c'en est le cas ici avec Godé Mpoyi, elles produisent des zones de friction où se rejoue, de manière aiguë, la question fondamentale : qu’est-ce qui fait encore autorité en matière de savoir ? Ainsi, loin de se réduire à un scandale ponctuel, ce tweet révèle une crise plus profonde : celle des médiations qui assurent la confiance dans les institutions de savoir, prises entre exigences de rigueur interne et pressions externes de reconnaissance et de pouvoir.
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Assani MJ@MwinyiAssani

La kinoisitude La kinsoiserie @yantumbi

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K.Y. YANTŪMBI
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INSTANT MÉDITATION « Si tout le monde se tait, ce n’est pas parce qu’il n’y a rien à dire, mais parce que l’équation du lieu rend la parole trop coûteuse. » YANTŪMBI, K.Y. [2026] : Passage à vide, PUP, Lubumbashi, p. 193.
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K.Y. YANTŪMBI
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Quelqu'un, dans un forum WhatsApp, a soulevé un objection : « Le doctorat, écrivait-il, est une aventure personnelle. Si un mandataire public remplit les critères, pourquoi l’en empêcher ? » Peut-être dois-je, ici aussi, me pencher plus en profondeur sur cette objection (“Pourquoi interdire un droit ?”). La question est légitime – mais elle repose sur une confusion fondamentale entre droit individuel et responsabilité institutionnelle. Oui, le troisième cycle est une trajectoire personnelle. Mais le doctorat n’est pas une activité privée comme une autre. Il engage une institution, des encadreurs, des jurys, des financements, et surtout une exigence cardinale : l’indépendance de la production scientifique. Or, la difficulté n’est pas de savoir si un mandataire peut intellectuellement faire un doctorat. Elle est de savoir s’il doit le faire pendant l’exercice du pouvoir. Trois points méritent d’être clarifiés : [1] Il ne s’agit pas d’une suppression de droit, mais d’un aménagement de temporalité. Personne n’est exclu du doctorat. La mesure consiste à dire : pas pendant l’exercice d’un mandat à haute responsabilité. De la même manière que certaines fonctions imposent des incompatibilités (professionnelles, commerciales, judiciaires), il s’agit ici d’une incompatibilité fonctionnelle temporaire, justifiée par l’intérêt général. [2] Le problème n’est pas l’individu, mais la position qu’il occupe. Un mandataire public n’est pas un étudiant comme les autres. Il concentre du pouvoir, de l’influence, des réseaux. Même sans intention malveillante, cette position crée des déséquilibres structurels : difficulté pour un directeur de thèse de refuser, pression implicite sur les jurys, prestige qui biaise l’évaluation. L’université ne peut pas faire comme si ces asymétries n’existaient pas. [3] L’égalité d’accès suppose des conditions équitables, pas seulement des critères formels. Dire “il remplit les critères” est insuffisant si, dans les faits, les conditions de réalisation du doctorat sont inégalement distribuées : temps réel de recherche, disponibilité cognitive, immersion académique. L’enjeu est de préserver une équité substantielle entre doctorants, pas seulement une égalité abstraite. Au fond, la vraie question est la suivante : le doctorat doit-il rester un espace protégé de la logique du pouvoir, ou devenir un prolongement de celle-ci ? Refuser cette confusion, ce n’est pas restreindre une liberté – c’est garantir la crédibilité d’une institution. Peut-être dois-je le rappeler : différer n’est pas interdire. C’est parfois la condition même pour que l’expérience du savoir reste authentique.
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K.Y. YANTŪMBI
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INSTANT STRATÉGIE : RESTAURER LA DIGNITÉ DU DOCTORAT Si j’étais ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), ma première décision serait sans ambiguïté : interdire aux universités d’admettre en doctorat les mandataires publics en fonction – membres du gouvernement, parlementaires, hauts responsables des forces armées. Pourquoi une telle mesure ? Parce que le doctorat n’est ni un ornement de prestige ni un instrument de légitimation politique. Il est, par essence, une épreuve de vérité intellectuelle, exigeant du temps long, de la rigueur méthodologique, une disponibilité totale à la recherche, au doute, à la contradiction. Or, peut-on sérieusement soutenir qu’un acteur engagé au cœur des appareils de pouvoir — soumis à l’urgence décisionnelle, aux arbitrages politiques, aux contraintes de loyauté — puisse simultanément satisfaire aux exigences d’une recherche indépendante, libre et approfondie ? Cette confusion des rôles produit trois dérives majeures : [1] La captation symbolique du savoir : le titre doctoral devient un capital politique, un label d’autorité, parfois acquis dans des conditions discutables, au détriment de celles et ceux qui consacrent des années entières à la recherche. [2] L’affaiblissement de l’éthique académique : pressions implicites, complaisances institutionnelles, encadrements biaisés — autant de mécanismes qui fragilisent l’autonomie universitaire. [3] La dévalorisation du doctorat lui-même : lorsque le diplôme suprême devient compatible avec l’exercice simultané du pouvoir, il cesse d’incarner l’exigence et la rareté qui fondent sa crédibilité. Il ne s’agit pas d’exclure durablement qui que ce soit du savoir, mais de rétablir une temporalité juste : que l’on gouverne ou que l’on cherche – mais pas les deux à la fois. Qu’un responsable public, une fois son mandat achevé, retourne à l’université, voilà qui serait non seulement légitime, mais même souhaitable. L’expérience politique pourrait alors nourrir une réflexion scientifique authentique. En vérité, cette mesure n’est pas une sanction : c’est une protection réciproque. Protection de l’université contre les intrusions du pouvoir. Protection du pouvoir contre la tentation de s’adosser à des savoirs qu’il n’a pas véritablement produits. Restaurer la dignité du doctorat, c’est refuser qu’il devienne un simple accessoire de carrière. C’est rappeler que la science ne se décrète pas – elle se mérite.
K.Y. YANTŪMBI@yantumbi

INSTANT STRATÉGIE Moi ministre de l'ESU, la première décision que je prendrais : interdire aux universités de recevoir les candidatures au doctorat des mandataires publics, des membres en fonction du gouvernement, du parlement et des forces armées.

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K.Y. YANTŪMBI
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CAPSULE DU DIDACTICIEN N° 03 : DISCOURS ET MÉDIATIONS Le discours constitue le pivot de toute médiation. Il en est à la fois le vecteur et la condition de possibilité. En effet, médier – entendu ici comme instituer un espace de passage entre des instances hétérogènes, qu’elles soient subjectives, sociales ou symboliques – suppose nécessairement l’activation d’un dispositif discursif, lequel, en articulant des énoncés situés, configure les termes mêmes de la relation à instaurer. Le discours ne se réduit pas à un simple outil de transmission. Il opère, plus fondamentalement, comme une instance de mise en forme du lien. Car, en tant qu’il sélectionne, hiérarchise et agence des significations – tout en les inscrivant dans un horizon d’interprétabilité partagé, quoique toujours négocié – il rend possible la coconstruction d’un espace commun, là où prévalaient initialement la disjonction, l’incompréhension ou le conflit. Ainsi conçu, le discours apparaît non seulement comme médiateur, mais comme le (mi)lieu de la médiation elle-même. Il en constitue la texture, la dynamique interne et le principe opératoire. Dès lors, toute réflexion sur la médiation – qu’elle soit pédagogique, sociale ou politique – gagne à être reconduite à une analyse des formes discursives qui la rendent effective, et qui, en retour, en déterminent les effets, les limites et les reconfigurations possibles, surtout à l’ère du numérique. En effet, le numérique reconfigure en profondeur la structure du discours. Il ne se contente pas d’en modifier les supports ; il en altère les conditions mêmes de possibilité. La linéarité, entendue comme progression séquentielle ordonnée – où chaque énoncé se déploie selon une chaîne syntagmatique stable, articulée autour d’une temporalité homogène – se voit progressivement supplantée par une réticularité diffuse, pluricentrique et stratifiée, au sein de laquelle les unités discursives, loin de s’ordonner selon un axe unique, se distribuent en nœuds interconnectés, eux-mêmes inscrits dans des circuits d’actualisation multiples, parfois concurrents, parfois convergents. Le discours devient réseau. Il devient aussi, corrélativement, espace de circulation. Car ce que l’on nomme ici « réticularité » – et qu’il convient de distinguer d’une simple fragmentation – renvoie à une architecture dynamique où chaque fragment, tout en conservant une relative autonomie, demeure indexé à une multiplicité de parcours interprétatifs, lesquels se reconfigurent à mesure que de nouveaux liens, explicites ou implicites, viennent en remailler la trame. L’unicité du locuteur se brouille, se vaporise ; elle se dissout même, pourrait-on dire, dans une polyphonie connectique. En effet, la figure classique de l’énonciateur – instance unifiée, identifiable, garante d’une certaine cohérence intentionnelle – se trouve déplacée, décentrée, redistribuée à travers une pluralité d’agencements énonciatifs où s’entrelacent voix humaines, scripts algorithmiques, reprises citationnelles et reformulations médiées. Ce que l’on appelle alors « locuteur » n’est plus qu’un effet de surface, une condensation provisoire d’énoncés hétérogènes, dont l’origine, souvent, se diffracte dans l’épaisseur du réseau. La parole devient composite. Elle est traversée, en son sein même, par des altérités constitutives. Ainsi, dans cet espace discursif reconfiguré – espace que l’on pourrait qualifier, en première approximation, de techno-sémiotique – la polyphonie ne relève plus seulement d’une pluralité de points de vue, au sens bakhtinien du terme, mais d’une véritable interconnexion des instances de production, où chaque énoncé, parce qu’il est potentiellement repris, commenté, transformé, augmenté, se trouve d’emblée inscrit dans une logique de co-énonciation distribuée. Le sens, dès lors, ne se stabilise plus. Il circule. Ou, plus précisément, il se constitue dans et par cette circulation différentielle qui en conditionne l’émergence. Ce que l’on désignait naguère comme « signification » – c’est-à-dire un contenu relativement stable, assignable à une forme donnée – cède la place à un processus de signifiance, mobile, instable, dépendant des trajectoires de lecture, des contextes d’actualisation et des régimes d’interprétabilité propres aux environnements numériques. Le sens devient trajectoire. Il devient aussi, simultanément, écart et variation. Car la circulation différentielle – notion qu’il convient ici de redéfinir comme l’ensemble des déplacements, des transformations et des réinscriptions qu’un énoncé subit au fil de ses reprises – implique que toute stabilisation sémantique n’est jamais que locale, provisoire, toujours susceptible d’être reconfigurée par une nouvelle itération, un nouveau contexte, une nouvelle articulation. Et, tout compte fait, le numérique n’introduit pas seulement une mutation formelle du discours, il en transforme l’économie générale. En ce sens, entre réticularité des structures, polyphonie des instances et différentialité du sens, c’est l’ensemble du régime discursif qui se trouve déplacé – ou, pour le dire autrement, reconfiguré selon une logique d’interconnexion généralisée, où le discours, désormais, ne peut plus être pensé comme une entité close, mais comme un champ ouvert de relations, en perpétuelle recomposition.
K.Y. YANTŪMBI@yantumbi

CAPSULE DU DIDACTICIEN N° 02 : DE L'ÉTHIQUE DE LA MÉDIATION AFFECTIVE À L'ÉTHIQUE DE LA COHÉSION SOCIALE Lubumbashi. La Ruashi. Janvier 1998. Quartier II. Un différend familial chez nos voisins déborda très vite dans l’espace du voisinage – querelle conjugale devenue affaire collective, où s’entremêlaient rumeurs, prises de position et solidarités de circonstance –, l’intervention d’un aîné respecté s’était imposée comme un moment décisif de régulation. La scène fut familière. Elle mit en jeu, dans un même mouvement, la parole apaisante, les gestes de reconnaissance mutuelle, mais aussi des stratégies implicites de rééquilibrage des torts, lesquelles, bien que situées dans l’épaisseur des affects et des appartenances, participaient déjà – et de manière souvent imperceptible – à la restauration d’un ordre relationnel plus large. C’est à partir de ces pratiques ordinaires, à la fois ancrées et dynamiques, que peut se penser le passage de l’éthique de la médiation affective à celle de la cohésion sociale. Penser l’éthique de la médiation affective à partir du principe selon lequel toute médiation est une remédiation, c’est d’abord reconnaître que toute intervention dans le champ des relations humaines survient sur fond de manque, de rupture ou de déséquilibre. La médiation n’est jamais anodine. Elle s’inscrit dans une situation déjà altérée. Elle vise à restaurer, à réajuster et, plus plus, à reconfigurer. En ce sens, la médiation affective – entendue comme l’ensemble des pratiques par lesquelles des sujets tentent de réguler, de traduire ou de réparer leurs liens émotionnels – apparaît comme une entreprise fondamentalement corrective, mais aussi créative, dans la mesure où, tout en cherchant à combler une faille (faille parfois imperceptible, parfois abyssale), elle produit de nouvelles formes de relationnalité, lesquelles, parce qu’elles sont historiquement situées, symboliquement médiées et diversement médiatisées, ne reconduisent jamais à l’identique l’état antérieur. Ainsi, l’éthique de la médiation affective ne saurait se réduire à une simple déontologie de la réparation. Elle engage une responsabilité plus large. Elle suppose de prendre en charge, dans le geste même du médiateur – geste fragile, souvent incertain, et toujours exposé à la mésinterprétation –, les effets secondaires de toute remédiation, c’est-à-dire les transformations qu’elle induit, parfois à l’insu des acteurs eux-mêmes, dans la texture des liens, dans la distribution des places, dans la configuration des attentes. Or, si toute médiation affective est remédiation, alors toute remédiation, en tant qu’elle recompose du lien, porte en elle une dimension politique. Elle excède le strict cadre intersubjectif. Elle participe, de manière diffuse mais réelle, à la production de la cohésion sociale. Car les micro-ajustements affectifs – ces négociations discrètes, ces rééquilibrages silencieux, ces tentatives de reconnaissance réciproque –, lorsqu’ils se multiplient et s’entrecroisent, finissent par constituer le tissu même du (bien)-vivre-ensemble. Dès lors, passer de l’éthique de la médiation affective à une éthique de la cohésion sociale revient à opérer un changement d’échelle, sans pour autant rompre la continuité conceptuelle. Ce qui se joue dans l’intimité des relations – dans ces espaces où se déploient, de manière parfois chaotique, les affects, les attachements, les blessures et les réparations – se prolonge, par agrégation et par diffraction, dans l’espace social élargi, où les mêmes logiques de médiation et de remédiation se rejouent, mais sous des formes institutionnalisées, normées, et souvent plus visibles. Cependant, une telle extension ne va pas sans tensions. Car, si la médiation affective privilégie la singularité des sujets – leurs histoires, leurs vulnérabilités, leurs modes propres d’attachement –, l’éthique de la cohésion sociale, quant à elle, tend à universaliser des principes, à stabiliser des normes, à garantir des formes de compatibilité entre des individus et des groupes hétérogènes. Il en résulte une tension constitutive, que toute réflexion éthique se doit d’assumer : comment préserver l’épaisseur du vécu affectif, sans le dissoudre dans des abstractions normatives, tout en assurant, simultanément, les conditions d’une coexistence pacifiée ? C’est précisément dans cet entre-deux – espace instable, mais fécond – que peut se déployer une éthique renouvelée, attentive à la fois aux dynamiques fines de la médiation affective et aux exigences macrosociales de la cohésion. Une telle éthique, loin de prescrire des solutions univoques, inviterait plutôt à une vigilance constante : vigilance à l’égard des effets de toute intervention, vigilance à l’égard des asymétries qu’elle peut renforcer ou atténuer, vigilance, enfin, à l’égard de cette vérité souvent oubliée – à savoir que réparer un lien, c’est toujours, en même temps, en inventer un autre.

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CAPSULE DU DIDACTICIEN N° 02 : DE L'ÉTHIQUE DE LA MÉDIATION AFFECTIVE À L'ÉTHIQUE DE LA COHÉSION SOCIALE Lubumbashi. La Ruashi. Janvier 1998. Quartier II. Un différend familial chez nos voisins déborda très vite dans l’espace du voisinage – querelle conjugale devenue affaire collective, où s’entremêlaient rumeurs, prises de position et solidarités de circonstance –, l’intervention d’un aîné respecté s’était imposée comme un moment décisif de régulation. La scène fut familière. Elle mit en jeu, dans un même mouvement, la parole apaisante, les gestes de reconnaissance mutuelle, mais aussi des stratégies implicites de rééquilibrage des torts, lesquelles, bien que situées dans l’épaisseur des affects et des appartenances, participaient déjà – et de manière souvent imperceptible – à la restauration d’un ordre relationnel plus large. C’est à partir de ces pratiques ordinaires, à la fois ancrées et dynamiques, que peut se penser le passage de l’éthique de la médiation affective à celle de la cohésion sociale. Penser l’éthique de la médiation affective à partir du principe selon lequel toute médiation est une remédiation, c’est d’abord reconnaître que toute intervention dans le champ des relations humaines survient sur fond de manque, de rupture ou de déséquilibre. La médiation n’est jamais anodine. Elle s’inscrit dans une situation déjà altérée. Elle vise à restaurer, à réajuster et, plus plus, à reconfigurer. En ce sens, la médiation affective – entendue comme l’ensemble des pratiques par lesquelles des sujets tentent de réguler, de traduire ou de réparer leurs liens émotionnels – apparaît comme une entreprise fondamentalement corrective, mais aussi créative, dans la mesure où, tout en cherchant à combler une faille (faille parfois imperceptible, parfois abyssale), elle produit de nouvelles formes de relationnalité, lesquelles, parce qu’elles sont historiquement situées, symboliquement médiées et diversement médiatisées, ne reconduisent jamais à l’identique l’état antérieur. Ainsi, l’éthique de la médiation affective ne saurait se réduire à une simple déontologie de la réparation. Elle engage une responsabilité plus large. Elle suppose de prendre en charge, dans le geste même du médiateur – geste fragile, souvent incertain, et toujours exposé à la mésinterprétation –, les effets secondaires de toute remédiation, c’est-à-dire les transformations qu’elle induit, parfois à l’insu des acteurs eux-mêmes, dans la texture des liens, dans la distribution des places, dans la configuration des attentes. Or, si toute médiation affective est remédiation, alors toute remédiation, en tant qu’elle recompose du lien, porte en elle une dimension politique. Elle excède le strict cadre intersubjectif. Elle participe, de manière diffuse mais réelle, à la production de la cohésion sociale. Car les micro-ajustements affectifs – ces négociations discrètes, ces rééquilibrages silencieux, ces tentatives de reconnaissance réciproque –, lorsqu’ils se multiplient et s’entrecroisent, finissent par constituer le tissu même du (bien)-vivre-ensemble. Dès lors, passer de l’éthique de la médiation affective à une éthique de la cohésion sociale revient à opérer un changement d’échelle, sans pour autant rompre la continuité conceptuelle. Ce qui se joue dans l’intimité des relations – dans ces espaces où se déploient, de manière parfois chaotique, les affects, les attachements, les blessures et les réparations – se prolonge, par agrégation et par diffraction, dans l’espace social élargi, où les mêmes logiques de médiation et de remédiation se rejouent, mais sous des formes institutionnalisées, normées, et souvent plus visibles. Cependant, une telle extension ne va pas sans tensions. Car, si la médiation affective privilégie la singularité des sujets – leurs histoires, leurs vulnérabilités, leurs modes propres d’attachement –, l’éthique de la cohésion sociale, quant à elle, tend à universaliser des principes, à stabiliser des normes, à garantir des formes de compatibilité entre des individus et des groupes hétérogènes. Il en résulte une tension constitutive, que toute réflexion éthique se doit d’assumer : comment préserver l’épaisseur du vécu affectif, sans le dissoudre dans des abstractions normatives, tout en assurant, simultanément, les conditions d’une coexistence pacifiée ? C’est précisément dans cet entre-deux – espace instable, mais fécond – que peut se déployer une éthique renouvelée, attentive à la fois aux dynamiques fines de la médiation affective et aux exigences macrosociales de la cohésion. Une telle éthique, loin de prescrire des solutions univoques, inviterait plutôt à une vigilance constante : vigilance à l’égard des effets de toute intervention, vigilance à l’égard des asymétries qu’elle peut renforcer ou atténuer, vigilance, enfin, à l’égard de cette vérité souvent oubliée – à savoir que réparer un lien, c’est toujours, en même temps, en inventer un autre.
K.Y. YANTŪMBI@yantumbi

CAPSULE DU DIDACTICIEN n° 01 : (RE)PENSER MÉDIATION COMME REMÉDIATION Il y a quelques temps, au détour d’une réflexion sur une proposition théorique sur la notion de l’attachement, je suis, à mesure que j'avançais dans mon propos, arrivé, par la formulation d'un énoncé laconique – « la médiation est toujours, selon un certain point de vue, une remédiation » – une intuition conceptuelles sur laquelle il me paraît à présent nécessaire de reconsidérer. Y revenant, il me semble que l’intuition ainsi formulée gagne en profondeur dès lors qu’on la resitue, notamment, dans les cadres conceptuels des sciences de l’éducation et de la formation, dont les cadres issus de la didactique, de la psychologie de l'éducation et des théories socio-constructivistes de l’apprentissage. D’un point de vue pédagogico-didactique, la médiation peut en effet être comprise comme une tierce opération, je dirai mieux : comme une opération seconde, c’est-à-dire comme une intervention qui s’inscrit dans un écart préalable : écart entre le sujet et le savoir, entre l’intention d’enseignement et l’effectivité de l’apprentissage, entre les prescriptions curriculaires et leur appropriation réelle. En ce sens, toute médiation suppose déjà une forme de défaillance, de résistance ou, plus subtilement, d’opacité du rapport au savoir. Elle n’est pas première, mais toujours déjà située dans l’après-coup d’une inadéquation. Cette perspective rejoint les analyses issues de la théorie de la médiation, dans lesquelles l’acte pédagogique est envisagé comme un travail d’ajustement continu. Le médiateur – enseignant, pair, dispositif ou outil – intervient pour reconfigurer les conditions d’accès au savoir, en tenant compte des obstacles épistémologiques, cognitifs ou socio-affectifs rencontrés par l’apprenant. Dans cette optique, la médiation agit comme une remédiation au sens large : elle ne se limite pas à corriger une erreur ponctuelle, mais vise à restructurer les conditions mêmes de possibilité de l’apprentissage. En ce déplacement conceptuel s'effectue une nuance particulièrement éclairant si l’on mobilise les apports vygotskiens ainsi que les enrichissements ultérieurs de ceux-ci. Dans sa théorie de la zone proximale de développement, la médiation apparaît comme ce qui permet de combler l’écart entre ce que l’apprenant peut faire seul et ce qu’il peut accomplir avec assistance. Or, cet écart n’est rien d’autre que l’indice d’une insuffisance temporaire, d’un manque structurant – autrement dit, d’une situation appelant remédiation. La médiation devient alors le processus par lequel ce manque est travaillé, transformé, et progressivement résorbé. Cependant, réduire la médiation à une simple correction serait insuffisant. Dans une perspective plus contemporaine, notamment inspirée par la didactique professionnelle et les travaux de Pierre Pastré, la remédiation elle-même se complexifie : elle n’est plus seulement réparation, mais reconfiguration des schèmes d’action et des cadres de compréhension. La médiation ne vient pas « réparer » un déficit, mais reconfigurer une activité en vue d’en accroître la pertinence et l’efficacité. On peut ainsi avancer que la médiation est intrinsèquement remédiative dans la mesure où elle s’inscrit toujours dans une dynamique d’écart et de transformation. Elle opère comme une reprise – au sens presque herméneutique du terme – du rapport au savoir. Elle suppose une lecture des obstacles, une interprétation des difficultés, et une intervention ajustée visant non seulement à les surmonter, mais à en faire des leviers d’apprentissage. Enfin, cette conception permet de dépasser une vision déficitaire de la remédiation. Si toute médiation est remédiation, alors la remédiation cesse d’être une pratique marginale ou stigmatisante réservée aux « élèves en difficulté » : elle devient le cœur même de l’acte d’enseigner. Enseigner, ce n’est pas seulement transmission, partage, mais sans cesse remédiation – c’est-à-dire ajustement, traduction, reformulation, scénarisation – pour rendre le savoir accessible, appropriable et, surtout, fondamentalement signifiant. Ainsi reformulée, l'intuition initiale ouvre sur une redéfinition exigeante de l’activité didactico-pédagogique : la médiation n’y apparaît plus comme un simple intermédiaire, mais comme une pratique fondamentalement transformatrice, toujours déjà engagée dans le travail de la remédiation.

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K.Y. YANTŪMBI
K.Y. YANTŪMBI@yantumbi·
Exact ! Il faut lire l'un de mes récents ouvrages, Passage à vide.
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Bénédicte Ndjoko/ BK Kumbi
Yaya, là c'est un neuro-chirurgien à qui on refuse même d'opérer gratuitement au Congo sous prétexte que c'est un Congolais de la diaspora. Diaspora qu'il a rejoint dans sa vingtaine pour parfaire ses études et où il a gagné des prix pour son travail. Les gens sont tellement méchants dans ce pays, surtout quand ils ont une petite parcelle de pouvoir.
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Bénédicte Ndjoko/ BK Kumbi
Des Congolais viennent vers vous avec leur expertise acquise au prix de nombreux sacrifices et vous leur crachez à la gueule. Sincèrement, je ne blâme pas les gens qui ne veulent plus rentrer au Congo après leurs études. A quoi ça sert de retourner dans un pays qui ouvre les bras à des voleurs et des menteurs mais qui refuse l'excellence?
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K.Y. YANTŪMBI
K.Y. YANTŪMBI@yantumbi·
CAPSULE DU DIDACTICIEN n° 01 : (RE)PENSER MÉDIATION COMME REMÉDIATION Il y a quelques temps, au détour d’une réflexion sur une proposition théorique sur la notion de l’attachement, je suis, à mesure que j'avançais dans mon propos, arrivé, par la formulation d'un énoncé laconique – « la médiation est toujours, selon un certain point de vue, une remédiation » – une intuition conceptuelles sur laquelle il me paraît à présent nécessaire de reconsidérer. Y revenant, il me semble que l’intuition ainsi formulée gagne en profondeur dès lors qu’on la resitue, notamment, dans les cadres conceptuels des sciences de l’éducation et de la formation, dont les cadres issus de la didactique, de la psychologie de l'éducation et des théories socio-constructivistes de l’apprentissage. D’un point de vue pédagogico-didactique, la médiation peut en effet être comprise comme une tierce opération, je dirai mieux : comme une opération seconde, c’est-à-dire comme une intervention qui s’inscrit dans un écart préalable : écart entre le sujet et le savoir, entre l’intention d’enseignement et l’effectivité de l’apprentissage, entre les prescriptions curriculaires et leur appropriation réelle. En ce sens, toute médiation suppose déjà une forme de défaillance, de résistance ou, plus subtilement, d’opacité du rapport au savoir. Elle n’est pas première, mais toujours déjà située dans l’après-coup d’une inadéquation. Cette perspective rejoint les analyses issues de la théorie de la médiation, dans lesquelles l’acte pédagogique est envisagé comme un travail d’ajustement continu. Le médiateur – enseignant, pair, dispositif ou outil – intervient pour reconfigurer les conditions d’accès au savoir, en tenant compte des obstacles épistémologiques, cognitifs ou socio-affectifs rencontrés par l’apprenant. Dans cette optique, la médiation agit comme une remédiation au sens large : elle ne se limite pas à corriger une erreur ponctuelle, mais vise à restructurer les conditions mêmes de possibilité de l’apprentissage. En ce déplacement conceptuel s'effectue une nuance particulièrement éclairant si l’on mobilise les apports vygotskiens ainsi que les enrichissements ultérieurs de ceux-ci. Dans sa théorie de la zone proximale de développement, la médiation apparaît comme ce qui permet de combler l’écart entre ce que l’apprenant peut faire seul et ce qu’il peut accomplir avec assistance. Or, cet écart n’est rien d’autre que l’indice d’une insuffisance temporaire, d’un manque structurant – autrement dit, d’une situation appelant remédiation. La médiation devient alors le processus par lequel ce manque est travaillé, transformé, et progressivement résorbé. Cependant, réduire la médiation à une simple correction serait insuffisant. Dans une perspective plus contemporaine, notamment inspirée par la didactique professionnelle et les travaux de Pierre Pastré, la remédiation elle-même se complexifie : elle n’est plus seulement réparation, mais reconfiguration des schèmes d’action et des cadres de compréhension. La médiation ne vient pas « réparer » un déficit, mais reconfigurer une activité en vue d’en accroître la pertinence et l’efficacité. On peut ainsi avancer que la médiation est intrinsèquement remédiative dans la mesure où elle s’inscrit toujours dans une dynamique d’écart et de transformation. Elle opère comme une reprise – au sens presque herméneutique du terme – du rapport au savoir. Elle suppose une lecture des obstacles, une interprétation des difficultés, et une intervention ajustée visant non seulement à les surmonter, mais à en faire des leviers d’apprentissage. Enfin, cette conception permet de dépasser une vision déficitaire de la remédiation. Si toute médiation est remédiation, alors la remédiation cesse d’être une pratique marginale ou stigmatisante réservée aux « élèves en difficulté » : elle devient le cœur même de l’acte d’enseigner. Enseigner, ce n’est pas seulement transmission, partage, mais sans cesse remédiation – c’est-à-dire ajustement, traduction, reformulation, scénarisation – pour rendre le savoir accessible, appropriable et, surtout, fondamentalement signifiant. Ainsi reformulée, l'intuition initiale ouvre sur une redéfinition exigeante de l’activité didactico-pédagogique : la médiation n’y apparaît plus comme un simple intermédiaire, mais comme une pratique fondamentalement transformatrice, toujours déjà engagée dans le travail de la remédiation.
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Duke Of Nigeria.
Duke Of Nigeria.@xagreat·
Dr. Ali Larijani. Hafiz of the Qur’an Bsc Computer Science and Mathematics Msc Western Philosophy PhD Western Philosophy Rest in Jannah Scholar🕊️
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Laurent Ozon
Laurent Ozon@LaurentOzon·
Notre monde, depuis 50 ans, est un peu résumé par cette histoire : un magnat américain de l'immobilier devenu Président en trompant son peuple, auteur de "L'Art du deal", fait assassiner, pour le compte d'un suprémaciste israélien, un dirigeant iranien philosophe, qui a écrit « La méthode mathématique dans la philosophie de Kant », « La physique et les sciences exactes dans la philosophie de Kant » ou « Raison et tranquillité dans la gouvernance ». Le tout, avec le soutien de tout ce que l'Occident compte de hordes de larbins malins, enragés et incultes. Les bouches de l'enfer sont ouvertes. Elles se refermeront.
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PUP - Presses Universitaires Panafricaines
Un an de présence sur cette plateforme. Mais derrière, c'est plusieurs années de labeur. x.com/i/status/20327… #MonAnniversaireX
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K.Y. YANTŪMBI@yantumbi

DOUBLE PARUTION, DOUBLE VERNISSAGE : RETOUR SUR UN DOUBLE ÉVÈNEMENT MÉMORABLE Il y a des évènements littéraires qui laissent des marques indélébiles. Le double vernissage, le mercredi 04 mars 2026 à l’Institut Français de Lubumbashi, des ouvrages Passage à vide et Entretien d’embauche… en fait assurément partie. L’un des moments les plus marquants fut sans doute le baptême symbolique des deux ouvrages par le Professeur émérite Alexis Takizala Masoso, Recteur de l'Université Nouveaux Horizons (UNH), dont les mots, à la fois élégants et pénétrants, ont salué la force narrative et la profondeur des textes. Un geste solennel, chargé de sens, qui a donné à la cérémonie une dimension à la fois intellectuelle et chaleureuse. Autre instant saisissant : la lecture scénique proposée par cinq lecteurs (deux enseignants du Complexe scolaire Balou) et trois jeunes élèves, dont Mlle Lunda Kyata Yantūmbi, fille de l’écrivain. Avec justesse et prestance, ils ont prêté leur voix à quelques extraits choisis, donnant chair aux personnages et aux situations. Dans la salle, le silence attentif du public témoignait du charme suspendu de l’instant. Entre échanges, sourires et discussions passionnées autour des livres, cette soirée aura été bien plus qu’un simple lancement : une véritable célébration du savoir et du partage. Merci à tous ceux qui ont contribué à faire de ce double vernissage un moment aussi vibrant. Commandez les ouvrages au numéro : +243 995 355 995 Passage à vide : 39,99 USD. Entretien d'embauche : 29,99 USD.

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