Ausake

216 posts

Ausake banner
Ausake

Ausake

@Ausake_

Curious entrepreneur | Exploring markets, ideas, mistakes.

Entrou em Ocak 2026
256 Seguindo1.6K Seguidores
Ausake retweetou
Firisis
Firisis@Firisis_·
2CRSi : Fake it until you make it. Ce post est mon analyse complète du fruit mes propres recherches. Ce n'est pas un réquisitoire. Ce n'est pas non plus une défense. Il s'agit de la synthèse des informations que j'ai recueillies après avoir passé trois jours à creuser depuis le rapport Grizzly et les différents éléments de communication de 2CRSi --------- Mon hypothèse Ma conviction, c'est que la vérité ne se trouve ni dans le rapport de Grizzly, ni dans le communiqué de 2CRSi. Elle se trouve au milieu. Et elle ressemble à ça : 2CRSi a probablement monté des contrats en bois en 2024. Des intentions de contrats, des lettres d'engagement sans substance financière réelle, pour survivre à la perte de Boston Limited et attirer les investisseurs dans un moment de détresse existentielle. Puis, porté par le boom AI, par les vrais partenariats et par un carnet de commandes qui s'est étoffé, la plupart des contrats récents sont probablement réels. C'est le scénario du « fake it until you make it ». Bluffer pour survivre. Puis transformer le bluff en réalité. Et finalement se faire rattraper par le bluff initial. C'est aussi ce qui rend cette histoire si compliquée. Parce que les deux parties ont raison et tordent la réalité pour raconter une histoire. ----- I. LA THÈSE GRIZZLY : « Presque entièrement une fraude » Le rapport de Grizzly fait 60 pages. Il est méthodique. Il est sourcé. Je vais rappeler brièvement ce qui est le plus accablant : 1. NYGC : le cœur du problème. NewYork GreenCloud LLC a été incorporée au registre du Delaware le 30 janvier 2024. Le même jour, 2CRSi annonce un contrat-cadre de 610 millions de dollars avec cette société. Ce n'est pas une allégation de Grizzly. C'est un fait de registre public. File #3021451. Vérifiable par n'importe qui. Le CEO de NYGC est Joseph Church. Vétérinaire. Diplômé de Cornell en 2004. Associé du Plattsburgh Animal Hospital. Zéro expérience datacenter. Et le siège social de NYGC est enregistré à l'adresse de sa clinique vétérinaire. Pire : dans une slide de levée de fonds de NYGC, Alain Wilmouth est listé comme « Co-Founder ». Et le site web de NYGC a été conçu et hébergé par 2CRSi. La commande de 290 millions de dollars sous ce contrat-cadre, annoncée en septembre 2025, n'a produit aucune livraison. 2CRSi l'a d'ailleurs confirmé elle-même dans sa réponse du 19 juin : « Le contrat-cadre de 610 M$ n'a donné lieu à aucune facturation sur l'exercice considéré. » Aucune facturation. Zéro. Sur un contrat annoncé depuis 29 mois. Et Church lui-même, dans une interview au Ledger Dispatch en mai 2026, a déclaré que les opérations datacenter ne commenceraient « pas avant 2028 minimum ». Que le type de serveur n'était même pas encore défini. Que la moitié de la puissance serait revendue au réseau électrique. Que le financement dépendait de « clients futurs non identifiés ». Ce n'est pas Grizzly qui invente cela. C'est le CEO du client principal de 2CRSi. 2. Le timing des annonces. Le contrat de 100 M$ avec un client new-yorkais a été signé le 26 juin 2025. Quatre jours avant la clôture de l'exercice au 30 juin. Window-dressing classique. Le contrat allemand de 110 M€ et le contrat canadien de 140 M€ sont annoncés début juin 2026. Neuf jours avant la publication du rapport Grizzly. Qu'on y voie du front-running défensif ou une coïncidence, le timing est au minimum suspect. 3. Le contrat allemand et l'identification par Grizzly. 2CRSi a annoncé le 9 juin un contrat de 110 M€ avec une « société allemande spécialisée en intégration et solutions technologiques, basée à Munich ». Le nom du client n'a jamais été confirmé par 2CRSi, confidentialité commerciale oblige. C'est Grizzly Research qui a identifié le client comme étant TG Group International, en faisant correspondre la description du communiqué avec le profil de cette société. Si c'est bien TG Group, leur bilan de 350 000 euros et leur perte nette de 18 963 euros en 2023 pose un problème évident : comment une société de cette taille commande 110 M€ de serveurs ? Le site web « TG AI Gateway » a été créé trois mois avant l'annonce du contrat. C'est un argument solide de Grizzly, mais il repose sur une identification non confirmée. 4. ALISPALU : le self-dealing. La société ALISPALU, détenue à 100% par Alain Wilmouth, domiciliée au siège de 2CRSi, a racheté 118 serveurs à 2CRSi pour 3,87 millions d'euros. Plus 1,3 million de « location transitoire ». Soit 5,2 millions d'euros transférés de la société cotée vers la société personnelle du PDG. C'est déclaré dans le RFA. C'est légal, c'est une pratique clairement border. Mais c'est du self-dealing documenté. Tout ça, c'est factuel. Vérifiable. Et accablant. ----------- II. L'ANTITHÈSE : Ce que Grizzly ne dit pas (et ce que 2CRSi a répondu) Tout ça, c'est accablant. Mais il faut comprendre comment ce rapport est construit. Grizzly ne fait pas de l'analyse financière neutre. Grizzly raconte une histoire. Et l'histoire est très bien ficelée. Le rapport ouvre sur Joe Church. Un vétérinaire. Avec sa clinique animale. L'image est immédiatement grotesque, et c'est fait exprès. On ne commence pas par les flux financiers. On commence par l'émotion. On plante dans la tête du lecteur une image, et à partir de là, tout ce qui suit est lu à travers ce prisme. Le rapport construit un arc narratif : si NYGC est fictif, alors tout est fictif. C'est un raccourci logique puissant. Et faux. Le fait que NYGC soit probablement un bluff ne dit rien sur le contrat malaisien, sur les livraisons UK, ou sur les Blackwell Ultra commandés pour le Japon. Mais c'est plus impactant. Ça fait plus chuter le cours. Et c'est exactement l'objectif d'un fonds short (position vendeuse de 0,89% du capital déclarée à l'AMF). L'autre mécanisme, c'est l'omission sélective. Grizzly attaque ce qu'il peut démolir et ignore ce qu'il ne peut pas attaquer. Pas un mot sur la Malaisie. Pas d'analyse du contrat UK. Aucune tentative de vérifier le contrat canadien. Et surtout : pas un mot sur Ernst & Young comme co-commissaire aux comptes. 1. Le commissaire aux comptes : les deux camps manipulent. 2CRSi écrit dans son communiqué : « certifiés par son commissaire aux comptes, le cabinet Ernst & Young ». Grizzly décrit un « cabinet régional de 6-9 salariés ». La réalité : 2CRSi est auditée en co-commissariat par SFR (cabinet régional) et EY. Mais le tableau des honoraires du RFA 2024-2025 (page 148) montre qu'EY a facturé 0 k€ de certification en 2025 et seulement 12 k€ en 2024 (filiales uniquement). SFR fait tout le travail. 2CRSi survend EY, Grizzly l'efface. Les deux manipulent , racontent ce qui renforce leur histoire. 2. La réponse du vendredi 19 juin : un vrai démenti cette fois Tout n'est pas du même poids. Ce qui a un vrai impact : - Sur les contrats Allemagne, New York et Canada : « Ces commandes ont été intégralement livrées et payées. » C'est net. Dans un communiqué réglementé, ça engage pénalement. Soit c'est vrai, soit Wilmouth ment à l'AMF. - Sur le contrat-cadre $610M : « N'a donné lieu à aucune facturation. » 2CRSi confirme elle-même que NYGC n'a rien produit. La croissance du CA vient d'ailleurs. - Sur la répartition géographique : 71% du CA par zone de livraison (Asie), 50% par zone de facturation (Amérique du Nord). Explication cohérente d'un point que Grizzly présentait comme incohérent. - Comité d'audit et des risques saisi par le Conseil d'administration. Ce qui relève de la défense corporate classique : - Sur NYGC : « Aucun lien capitalistique. » Difficile à croire vu les preuves (slide Co-Founder, site web, incorporation le même jour). Mais c'est leur ligne. - Sur le « Co-Founder » : « Intervenants du projet, pas dirigeants. » Explication tirée par les cheveux mais pas réfutable formellement. - Sur le site web NYGC : Prestation facturée < 100 000 €. On s'en fiche, ça ne résout rien le problème n'est pas le prix. - Sur les sites US et la remise exceptionnelle : Détails opérationnels, vérifiables mais secondaires. - Sur ÆTHER : « Phase préparatoire, sans engagement. » Au moins c'est honnête. - Menace juridique (règlement MAR) : Standard dans ce type de situation. 3. Les relevés bancaires (La Bourse et la Vie, ce matin). Wilmouth a montré en direct des extraits de comptes bancaires de la filiale US. Environ 140 millions de dollars de transactions sur les 60 derniers jours. Certaines couvrant le contrat allemand. Un relevé bancaire n'est pas un audit. Il ne prouve pas l'identité du payeur. Mais il prouve qu'il y a du cash réel qui circule. 140 M$ en deux mois, c'est cohérent avec un CA annualisé de 400 M€+. Ce n'est pas le profil d'une coquille vide. 4. Nvidia soutient. Paul Simon, EMEA Partner Business Manager chez Nvidia depuis plus de 5 ans, a posté publiquement sur LinkedIn : « Bon courage aux équipes pour passer la tempête ! Après la pluie, le beau temps. » Ce n'est pas anodin. Son poste exact , Partner Business Manager, AI Model Builders & CSP , c'est littéralement le rôle qui gère les partenaires comme 2CRSi. C'est l'homme qui voit les commandes de GPU, les volumes d'allocation, les livraisons, les prix. Si 2CRSi annonçait 400 M€ de CA sans commander les puces correspondantes, il le saurait. Et il ne posterait pas un message de soutien public en mettant sa crédibilité interne en jeu. Ce n'est pas un communiqué officiel de Nvidia. C'est du middle management. Mais c'est quelqu'un qui a une visibilité directe sur les flux réels entre Nvidia et 2CRSi. Et il a choisi de soutenir publiquement, pas de se taire, je note. 5. L'affacturage comme validation externe. 2CRSi cède ses créances clients à une banque via l'affacturage (RFA page 88). Or une banque ne rachète pas des factures fictives. Elle vérifie le débiteur, le montant, la contrepartie. C'est une validation indépendante de la réalité des ventes que Grizzly ignore complètement. 6. Les contrats que Grizzly ne touche pas, et ce que ça dit du backlog réel. Un fonds short choisit ses batailles. Il attaque là où les preuves sont les plus accablantes et où l'impact émotionnel est maximal. Le fait que Grizzly concentre 90% de son rapport sur NYGC et Joe Church, et qu'il évite certains contrats, mérite qu'on s'y arrête. Parce que ce qu'il n'attaque pas dessine en creux ce qui pourrait être solide. Malaisie / 47 M€ / 🟢 Solide. Grizzly ne mentionne pas ce contrat. Et pour cause. Johor Bahru est en train de devenir le deuxième hub datacenter mondial après la Virginie du Nord. Microsoft, Google, Amazon, Alibaba, ByteDance y investissent des milliards. Le gouvernement malaisien a déployé un cadre réglementaire spécifique pour attirer les opérateurs. Le contexte de marché est vérifiable, massif, et indépendant de 2CRSi. Le contrat porte sur des serveurs AI dans cette zone : aucun lien avec NYGC, aucun lien avec Church, aucun signal suspect. C'est le contrat le plus propre du portefeuille. UK / $54M / 🟢 Solide. Serveurs HGX H200, livraisons annoncées pour août 2025. Le marché UK de l'IA est réel. 2CRSi a un historique au Royaume-Uni via l'ancienne filiale Boston Limited (vendue en 2023 mais qui a laissé un réseau commercial). Les H200 sont des produits Nvidia identifiables, avec des prix de marché connus. Difficile de fabriquer un contrat H200 sans que Nvidia le voie, et on revient au point précédent : Paul Simon verrait le décalage. Grizzly effleure ce contrat sans le démolir. C'est significatif. Allemagne / €110M / 🟡/🟢 Le cas ambigu. C'est le plus discuté. Rappelons un fait important : 2CRSi n'a jamais nommé le client allemand. C'est Grizzly qui l'a identifié comme TG Group International en croisant la description du communiqué avec des données publiques. Si c'est bien TG Group, le bilan à 350K€ est un problème. Mais on n'en est pas sûr. Ce qu'on sait en revanche : 2CRSi affirme que le montant a été intégralement payé. Et ce matin, Wilmouth a montré des relevés bancaires de la filiale US en disant que les transactions visibles correspondaient à ce contrat allemand. C'est le seul contrat pour lequel il a fait cette démonstration spécifique. Ça ne prouve pas tout. Un relevé bancaire ne nomme pas forcément le payeur. Mais ça prouve que du cash réel a circulé dans des montants cohérents. Si le client n'est pas TG Group, alors tout l'argument du bilan à 350K€ tombe. Et si c'est TG Group, ça pourrait être un intermédiaire, un revendeur ou un véhicule de projet, financé par un client final plus gros. C'est une pratique courante dans l'industrie, surtout quand le client final ne veut pas apparaître publiquement. Canada-Japon / €140M / 🟡→🟢 Ancré dans le réel, mais le payeur reste inconnu. Client canadien qui déploie du Cloud AI au Japon. Serveurs Godì 1.8E2D équipés de Nvidia B300 Blackwell Ultra, du matériel de dernière génération avec des specs précises. Wilmouth a déclaré ce matin : « Les puces sont parties de Taïwan et on a livré le datacenter d'Equinix au Japon. » Attention : Equinix n'est pas le client. Equinix est un REIT, il vend de l'espace dans ses datacenters, il n'achète pas de serveurs. Le montage réel : un fonds canadien (sous NDA) commande les serveurs, les fait installer chez Equinix, et y opère son Cloud AI. La livraison dans un datacenter Equinix (S&P 500, 85 Mds$ de capitalisation) crédibilise le contrat. Ce ne sont pas des serveurs dans un hangar fantôme. Mais le payeur reste le point aveugle. New York / $100M / 🟠 Douteux. En juin 2025, 2CRSi annonce une vente de serveurs IA « valued at over $100 million » aux États-Unis, à New York. Exactement là où se trouve tout l'écosystème Church. Grizzly relève un signal précis : IPC, dont le fondateur Sandy Goodman est aussi « Capital Markets Director » de NYGC, n'a partagé qu'un seul communiqué de 2CRSi sur son site : celui-ci. Pas le $610M. Pas le $290M. Juste le $100M de New York. Si IPC n'a rien à voir avec ce contrat, pourquoi le relayer ? L'implication est claire : le client $100M est probablement dans l'orbite Church/NYGC ce sont les conclusions de grizzly et encore une fois elles sont assez accablantes. Cependant, ce contrat fait partie de ceux que 2CRSi déclare « intégralement livrés et payés » dans son communiqué réglementé du 19 juin. C'est une affirmation écrite, dans un document soumis à l'AMF. Si ce contrat est fictif et qu'aucun paiement n'a eu lieu, c'est un délit pénal. On ne joue pas avec les mots sur « intégralement livrées et payées ». Un point qui me semble crucial : Le refus de 2CRSi de nommer ses clients n'est pas attaquable en soi. D'un côté, l'opacité alimente le doute. De l'autre, nommer un client dans ce contexte, c'est l'exposer à un dossier de « fraude présumée ». Quel directeur achats veut voir son nom dans un thread sur la « fraude 2CRSi » ? La plupart se désengeraient. Ce serait du suicide commercial, on y reviendra plus loin. Ce que ça donne en termes de backlog : · Malaisie : €47M · UK : ~€50M · Canada-Japon (livré chez Equinix) : €140M · Allemagne (client non identifié formellement) : €110M · Petites commandes, EuroHPC, défense, Tranquil IT, base organique : €50-80M · Total : ~400-430 M€ Dans ce scénario, on n'est pas loin des 400 M€ revendiqués par 2CRSi. Et sans compter un centime de NYGC, puisque 2CRSi elle-même confirme zéro facturation. Je n'inclus même pas le contrat de N-Y trop douteux à mon sens. Autrement dit : si les contrats récents sont réels, le CA annoncé tient. Ce qui est cohérent avec les relevés bancaires montrés ce matin (148 M$ sur 60 jours) et avec la certification semestrielle EY (204,7 M€ sur 6 mois). Scénario pessimiste (seuls les contrats non attaqués par Grizzly + organique avec base plus faible ) : · Malaisie : €47M · UK : ~€50M · Base organique France : €35-50M · Total : ~130-150 M€ Dans ce scénario, l'Allemagne et le Canada-Japon sont considérés comme non prouvés. C'est le plancher. Et même ce plancher est considérablement plus que zéro. Attention toutefois aux montants annoncés : les prix publics des GPU Nvidia ne correspondent pas toujours aux prix négociés par les intégrateurs. III. LA SYNTHÈSE : Fake it until you make it Voici comment je reconstitue l'histoire. 1. Acte 1 : La survie (2023-2024). Après la vente de Boston Limited en juin 2023, 2CRSi perd 83% de son CA d'un coup. Il reste environ 35 M€ de chiffre d'affaires organique. Le cours est au plus bas. Les banques s'inquiètent. La survie de l'entreprise est en jeu. Dans ce contexte, le contrat NYGC de 610 M$ arrive le 30 janvier 2024. Le même jour que l'incorporation de NYGC. Ce n'est pas une coïncidence. C'est probablement un montage : un contrat-cadre sans substance financière immédiate, conçu pour redonner confiance au marché, aux banques, aux salariés. Un bluff de survie. L'explication de 2CRSi (« contrat-cadre sans facturation ») est d'ailleurs compatible avec cette lecture. Si c'est un vrai contrat, pourquoi zéro facturation en 29 mois ? Parce que ce n'est pas un vrai contrat au sens commercial. C'est une intention. Un engagement de principe. Un contrat en bois disons les termes. Acte 2 : Le boom AI et les vrais contrats (2025-2026). Le marché de l'IA explose. La demande en serveurs haute performance est réelle. Et 2CRSi, grâce à son statut de partenaire Elite Nvidia, commence à décrocher de vrais contrats. Malaisie. UK. Allemagne. Canada-Japon. Des marchés réels, avec des clients réels (même si on ne connaît pas leurs noms), dans des zones géographiques où le boom datacenter est documenté. Le CA semestriel publié en mars 2026 (204,7 M€) est certifié par les commissaires aux comptes. La trésorerie remonte à 9 M€. La dette nette tombe à 2,27 M€. Ce ne sont plus les chiffres d'une coquille vide. Le problème, c'est que la communication ne s'ajuste pas. Wilmouth continue d'annoncer des chiffres spectaculaires, des « ambitions » d'un milliard, des contrats à neuf chiffres. Les termes sont « excessivement bullish », comme il le reconnaît lui-même dans son mea culpa. La frontière entre ambition et promesse devient floue. Et c'est précisément cette zone floue qui attire Grizzly. Acte 3 : L'attaque et le piège (juin 2026). Grizzly publie. Le cours s'effondre de 43%. Le rapport cible les vrais points faibles (NYGC, Church, timing) mais construit un narratif de fraude totale en omettant ce qu'il ne peut pas attaquer. Grizzly cherche la destruction maximale du cours. 2CRSi cherche à sauver les meubles. La vérité est quelque part au milieu. Mais l'analyse du backlog change la donne. Hors NYGC, les contrats récents totalisent ~400 M€. NYGC n'a jamais généré de chiffre d'affaires. Le CA réel repose sur les contrats que Grizzly ne touche pas. C'est le « fake it until you make it » : le bluff initial a permis de tenir, le vrai business a suivi, et Grizzly utilise le premier pour détruire la crédibilité du second. Sur ces contrats (Allemagne, Canada, New York), Grizzly n'a aucune preuve qu'ils sont fictifs. Juste de l'extrapolation : puisque NYGC est douteux, tout le reste l'est aussi. En face, 2CRSi dans son communiqué réglementé du 19 juin : « Ces commandes ont été intégralement livrées et payées, et le chiffre d'affaires correspondant a été comptabilisé sur les périodes indiquées. » Soit c'est vrai. Soit Wilmouth ment sciemment dans un communiqué soumis à l'AMF, ce qui est un délit pénal. Il n'y a pas de troisième option. Le poids du passé En novembre 2014, Alain Wilmouth a été jugé et condamné pour exhibition sexuelle dans un TGV Est (DNA). Encore une fois ça ne dit rien sur notre histoire et ça alimente le tumulte émotionnel déjà bien présent mais dans une crise de confiance comme celle-ci cela renvoie un très mauvais signal. Un dirigeant qui a déjà franchi certaines limites pose la question du discernement. Et c'est précisément la question que soulève l'affaire NYGC. Le vrai risque : la prophétie auto-réalisatrice Voici ce qui m'inquiète le plus. Même si les contrats actuels sont réels (Malaisie, UK, Allemagne, Canada), le doute semé par Grizzly peut devenir la réalité. Un client qui voit le rapport Grizzly peut hésiter à signer un nouveau contrat. Une banque peut couper une ligne de crédit. Un fournisseur peut exiger le prépaiement. Un partenaire peut se distancier. Et si tout ça arrive en même temps, l'entreprise s'effondre. Non pas parce qu'elle était une fraude, mais parce que la crise de confiance a détruit les conditions de son fonctionnement. Le précédent Solutions 30. Muddy Waters a accusé S30 de liens mafieux. L'accusation n'a jamais été prouvée. Mais S30 avait une vraie faiblesse : sa comptabilité était bancale. EY a refusé de certifier les comptes 2020. Le cours a perdu 80%. Les banques se sont détournées. Et S30 s'est effondrée, non pas parce que la mafia existait, mais parce que la crise de confiance a détruit l'écosystème. Le parallèle est frappant. Muddy Waters jouait sur l'émotion avec la mafia. Grizzly joue sur l'émotion avec le vétérinaire et un contrat en bois pour démontrer que tout le business est frauduleux. Dans les deux cas, le narratif principal est exagéré mais vise juste sur des failles réelles. Et dans les deux cas, le vrai danger n'est pas l'accusation, c'est le retrait des partenaires qu'elle provoque. 2CRSi n'a pas besoin d'être une fraude de A à Z pour couler. Il suffit que suffisamment de gens y croient. C'est le piège ultime du « fake it until you make it ». Même quand on a fini par « make it », le « fake » initial peut revenir vous détruire. Conclusion Le rapport Grizzly est extrêmement solide sur les faits bruts : NYGC, Church, les dates, ALISPALU. Mais la conclusion « presque entièrement une fraude » est probablement une extrapolation conçue pour maximiser la panique et le profit short. Je penche clairement pour le scénario du « fake it until you make it ». Le passé était le bluff de survie. Le présent est plus nuancé, on a un savant mélange qui doit être démêlé. Le problème, c'est que le passé est en train de dévorer le présent. Oui, je suis actionnaire et potentiellement biaisé, mais moins que les parties : Entre 2CRSi qui joue littéralement son existence et Grizzly qui a tout intérêt faire tendre le cours vers 0. Je suis ophtalmologue, pas trader. Si je perds gros, tant pis je m'en remettrai. Il n'empêche que la situation est idéale pour le fonds short. Tout le monde est dans l'émotion. Le doute ne se limite plus à NYGC, il se répand sur tout le business. C'est exactement l'objectif. Le temps de la vérité arrivera. Mais il s'agit d'un temps juridique dont la vitesse n'a rien à voir avec le temps de Twitter. En attendant, le marché va pricer le doute, à juste titre. Et le doute, dans une small cap française sans couverture analyste, c'est un poison lent. La vérité est probablement au milieu. J'espère vous avoir aidé à y voir plus clair. Firisis.
Français
85
47
363
87.2K
Ausake retweetou
Marc Bond 📶
Marc Bond 📶@fuckthedip·
Les vendettas organisées sur X avec les "je vous l'avais dit" ne servent qu'à protéger le business de certains mais ces certains oublient leurs casseroles du passé, restons humbles, tout le monde fait des erreurs...
Français
0
2
31
3.8K
Frenchie
Frenchie@Frenchie_·
@TwixOmars @HexagoneMarkets Il faut, je dis pas que l’alpha sera pas comblé dans 2-3 mois quand toutes les news auront un flux agentique Mais pour le moment y’a pas mieux D’ailleurs @Ausake_ est un must follow
Français
2
0
3
299
Frenchie
Frenchie@Frenchie_·
Pour avoir un vrai flux de qualité sur les marchés, suivre le travail de l’équipe @HexagoneMarkets est devenu indispensable Dans un marché saturé d’informations, la valeur ne vient plus seulement de l’accès aux news, mais de la capacité à les filtrer, les croiser et les hiérarchiser L’IA permet aujourd’hui d’agréger énormément de sources, de détecter les signaux importants plus rapidement et de produire un travail d’analyse que les médias traditionnels ne font pas encore à ce niveau
STOCKFR@HexagoneMarkets

🚨 Lisez absolument cela 1. Les États-Unis et l'Iran ont conclu un accord de paix permanent, annoncé en premier par le Premier ministre du Pakistan et confirmé par le président Trump, qui a déclaré l'accord « désormais conclu » et autorisé l'ouverture « sans péage » du détroit d'Ormuz. Le S&P 500 a gagné environ 900 milliards de dollars de capitalisation boursière sur la séance, terminant à seulement 1,2 % d'un nouvel ATH. Le Nasdaq 100 a atteint un nouvel ATH en séance, $QQQ clôturant en hausse de 3 % à 743,07 $. Les taux des bons du Trésor ont également reflué, le 10 ans cédant environ 3 basis points à 4,457 % selon CNBC, les opérateurs revoyant à la baisse la prime de risque géopolitique intégrée dans les taux. La signature formelle de l'accord est prévue le 19 juin en Suisse. Le vice-président Vance a confié à CNBC que les États-Unis avaient « toutes les cartes en main » avant d'entamer les négociations techniques. 2. $SPCX L'IPO de SpaceX a levé un montant record de 85,7 milliards de dollars après que les chefs de file ont exercé l'option greenshoe de surallocation, d'après CNBC, soit 191 % au-dessus du précédent record établi par Saudi Aramco en 2020 à 29,4 milliards. Le titre a prolongé ses gains à plus de 10 % lors de sa deuxième séance de cotation, portant la capitalisation de SpaceX au-dessus de 2 300 milliards de dollars. ARK Invest a acquis plus de 500 millions de dollars d'actions SpaceX le jour de l'IPO, l'un de ses plus importants achats en une seule séance. Par ailleurs, l'investisseur Ron Baron a indiqué à CNBC avoir acquis 1 milliard de dollars d'actions SpaceX dans l'offre, portant sa participation totale à 25 milliards. GraniteShares a également lancé deux leveraged ETFs liés à SpaceX, le 2x long $SPAL et le 2x short $SNK, le produit short terminant comme le plus échangé des deux lors de sa séance de lancement. 3. $NVDA Nvidia a lancé une émission obligataire américaine en sept tranches pour lever 20 milliards de dollars, première sortie de la société sur le marché obligataire en cinq ans. L'opération a attiré environ 85 milliards de demande totale des investisseurs, selon Reuters. Le titre a clôturé en hausse de 3,28 % à 211,91 $, portant à nouveau la capitalisation de Nvidia au-dessus de 5 000 milliards de dollars. 4. $FOX Fox Corp a accepté d'acquérir $ROKU Roku à 160 $ par action dans une transaction mixte cash-actions, pour une valeur d'entreprise d'environ 22 milliards de dollars, d'après CNBC. L'action Roku a clôturé à 141,82 $ sur la séance, en dessous du prix de l'offre. 5. $AMD Advanced Micro Devices a bondi de 6,92 % pour clôturer à 546,86 $, portant sa capitalisation au-dessus de 900 milliards de dollars pour la première fois, d'après MarketWatch, ce qui la place devant JPMorgan Chase. 6. Le brut WTI est tombé sous 80 $ le baril pour la première fois depuis mars, l'accord de paix américano-iranien prévoyant la réouverture totale du détroit d'Ormuz. Trump a confirmé que les navires « commençaient à circuler » et que le trafic dans le détroit reprenait, rapporté par Bloomberg. Fitch s'attend à ce que le marché mondial du pétrole revienne en situation de suroffre dans environ un mois si le détroit rouvre pleinement, mais l'agence de notation a prévenu que les perspectives moyen terme dans le Golfe restaient très incertaines. La réserve stratégique de pétrole américaine a simultanément atteint son plus bas niveau en 43 ans, selon Axios. 7. $BTC Bitcoin a franchi la barre des 66 000 $ dans l'élan risk-on suscité par l'accord américano-iranien, liquidant environ 320 millions de dollars de positions short, d'après CoinMarketCap. $MSTR Strategy a par ailleurs révélé avoir acquis 1 587 Bitcoin pour 100 millions de dollars à un prix moyen de 63 024 $ par unité, portant ses avoirs totaux à 846 842 BTC. 8. $SNDK SanDisk a atteint un nouvel ATH, gagnant 6,05 % pour clôturer à 2 101 $, se classant désormais 52e plus grande entreprise cotée au monde et affichant une progression de 663 % depuis le début de l'année. 9. Les titres les plus échangés sur le marché des options aujourd'hui : $SPY avec 8,0 millions de contrats, $QQQ avec 4,6 millions, $TSLA avec 1,8 million, $NVDA avec 1,7 million, $IWM avec 948 000, $AAPL avec 542 000, $MU avec 404 000, $INTC avec 388 000, $META avec 380 000 et $MSFT avec 314 000. 10. Anthropic doit rencontrer l'administration Trump après avoir reçu une directive de contrôle des exportations lui ordonnant de suspendre l'accès de tout ressortissant étranger à ses modèles d'IA Mythos et Fable, selon CNBC. Le secrétaire américain au Commerce, Lutnick, a par ailleurs signalé le risque de détournement de ces modèles vers des utilisateurs de renseignement militaire étrangers. 11. $GOOGL Google a annoncé un investissement de 1,5 milliard de dollars en 2026 et 2027 pour agrandir son campus de data centers IA dans le comté de Jackson, en Alabama, s'engageant à couvrir l'intégralité des coûts d'énergie et d'infrastructure liés à ses activités. $AMZN Amazon a de son côté annoncé son intention d'investir plusieurs milliards de dollars dans des data centers IA dans le Missouri, un projet attendu à plus de 400 emplois à plein temps, rapporté par FirstSquawk. Google a clôturé en hausse de 3,28 % à 371,49 $ et Amazon en hausse de 3,16 % à 246,10 $. 12. La Chine a approuvé de nouveaux envois de substrats en phosphure d'indium soumis au contrôle des exportations, levant un goulet d'étranglement critique dans la chaîne d'approvisionnement mondiale en photonique, d'après Digitimes. Le premier lot 2026 a été expédié fin mai et a soulagé les contraintes de production de masse sur le marché des composants optiques. $AAOI a bondi de 14,27 % pour clôturer à 193,18 $ et $AXTI a grimpé de 18,42 % à 115,08 $ sur cette annonce, $IQE en a aussi profité

Français
4
8
149
58K
Ausake retweetou
First Squawk
First Squawk@FirstSquawk·
US PPI (MOM) (MAY) ACTUAL: 1.1% VS 1.4% PREVIOUS; EST 0.7%
English
3
10
34
18.3K
Ausake retweetou
France Cryptos 🔗
France Cryptos 🔗@FranceCryptos·
🚨BlackRock prépare un ETF Bitcoin qui verse un rendement. Le gestionnaire vient de déposer un nouvel amendement pour ce fonds. La stratégie repose sur des options d'achat couvertes sur les parts de l'ETF IBIT. Un analyste de Bloomberg attend un lancement imminent.
France Cryptos 🔗 tweet mediaFrance Cryptos 🔗 tweet media
Français
2
4
17
9K
Ausake retweetou
*Walter Bloomberg
*Walter Bloomberg@DeItaone·
$AMD $INTC $ARM BOFA LIFTS CPU MARKET FORECAST ON AI DEMAND Bank of America raised its 2030 server CPU total addressable market forecast to over $170 billion from $125 billion, citing agentic AI as a major demand driver. Analyst Vivek Arya said AI systems that plan and execute multi-step tasks will boost CPU usage alongside accelerators. BofA also raised price targets for AMD, ARM, and Intel, pointing to stronger long-term semiconductor growth and chip demand expansion.
English
44
51
342
80.6K
Ausake retweetou
*Walter Bloomberg
*Walter Bloomberg@DeItaone·
OIL EXECUTIVES WARN WHITE HOUSE THAT GAS PRICES WILL GET WORSE Oil and gas executives have warned the White House that gasoline prices could rise sharply in coming months as fuel inventories fall to critically low levels. The warning complicates efforts to curb inflation, which is already weighing on US consumers, according to the Washington Post.
English
84
226
935
101.9K
Ausake retweetou
*Walter Bloomberg
*Walter Bloomberg@DeItaone·
RETAIL TRADERS SELL TECH TO FUND SPACEX IPO Retail investors are reducing exposure to semiconductor and AI-linked stocks as enthusiasm builds for SpaceX’s upcoming IPO. Data from Vanda Research shows three consecutive days of net selling, with flows concentrated in recent tech winners, suggesting traders are raising cash or “dry powder” for the listing. Analysts say the shift could increase volatility in equities as investors rebalance portfolios ahead of multiple large IPOs.
*Walter Bloomberg tweet media
English
78
98
509
136.3K
Ausake
Ausake@Ausake_·
Je préparais un sujet sur Salesforce depuis quelque temps, et l'annonce d'aujourd'hui me semble être le bon moment pour en parler. Salesforce va investir 2 milliards d'euros supplémentaires en France d'ici 2030 et ouvrir à Paris son premier AI Innovation Hub européen. Mais ce qui m'intéresse n'est pas l'annonce en elle-même. Ce qui m'a poussé à creuser le dossier, c'est surtout la correction du titre et l'écart qui semble se créer entre la perception du marché et les fondamentaux. Aujourd'hui, Salesforce est traité comme une entreprise technologique mature dont la croissance ralentit. Pourtant : → Revenue growth TTM : +9,6% → EPS growth TTM : +22,7% → Gross margin : 77,7% → P/E : 19,6x → P/S : 3,5x contre 4,6x de moyenne sur 5 ans Le marché semble surtout focalisé sur deux points : → La croissance n'est plus celle des stars de l'IA. → Beaucoup doutent encore de la capacité d'Agentforce à devenir un véritable moteur de croissance. Ce sont des arguments valables, mais ils expliquent aussi pourquoi le titre s'est autant compressé. De mon côté, j'ai du mal à voir Salesforce comme une entreprise condamnée par l'IA. Les grandes entreprises ont passé des années à construire leurs processus, leurs données clients et leurs intégrations autour de Salesforce. Ce type d'infrastructure ne se remplace pas du jour au lendemain. L'hypothèse qui me paraît la plus probable n'est pas que l'IA remplace Salesforce, mais que Salesforce intègre progressivement l'IA dans une base clients déjà installée. À 19,6x les bénéfices, avec une croissance bénéficiaire supérieure à 20% et un titre qui se traite environ 23% sous son multiple moyen de revenus sur 5 ans, je trouve que le dossier mérite au moins qu'on s'y intéresse. Je continue donc de creuser le sujet. L'annonce française n'est pas la raison de la thèse, mais elle me semble être un bon prétexte pour en parler. Setup: long. Objectif $227.82 sur retour au P/S moyen 5 ans. Risk: cassure du support $163.52 et révision guidance à la baisse annulerait ce take.
Emmanuel Macron@EmmanuelMacron

Salesforce choisit la France. Deux milliards d’euros supplémentaires pour ouvrir à Paris son premier AI Innovation Hub au sein de l'UE, soutenir les talents et renforcer l’écosystème IA. Un nouvel engagement stratégique d’ici 2030. Thank you!

Français
0
0
1
446
Ausake
Ausake@Ausake_·
Post intéressant sur STMicroelectronics ($STM ), je vous conseille d’y jeter un œil. C’est également un acteur qui pourrait tirer profit des récentes annonces.
Dracaena@Dimitri2mdl

Aujourd'hui, je vais vous parler d'un acteur franco-italien clé, $STM, qui a une carte considérable à jouer dans cette nouvelle ère de l'IA, et plus particulièrement dans le tournant 800V DC annoncé par NVIDIA. 1/ La transformation des architectures énergétiques par le chef d'orchestre NVIDIA est en train d'opérer une bascule majeure dans les futures AI Factories : le passage vers des architectures électriques en 800V DC. L’idée est simple : les racks IA deviennent tellement puissants que les architectures électriques classiques arrivent à leurs limites. Mais alors pourquoi 800V DC ? À l’échelle d’un campus IA, on commence à raisonner en centaines de MW, voire en GW. Des ordres de grandeur proches d’un réacteur nucléaire moderne. Est-ce qu'on se rend bien compte ? À basse tension, ça veut dire énormément de courant, donc plus de cuivre, plus de chaleur, plus de pertes, plus de volume, plus de complexité. Monter en tension permet donc de transporter la même puissance avec moins de courant. Ce qui est important : NVIDIA n'opère pas cette transformation de manière isolée. NVIDIA pousse une véritable standardisation de l’écosystème 800V DC avec des partenaires comme ABB, Eaton, GE Vernova, Schneider Electric, Siemens, Vertiv… et des fournisseurs de semi-conducteurs comme STMicroelectronics. 2/ La carte à jouer de notre pépite franco-italienne C’est là que STMicroelectronics devient intéressant : au-delà de son exposition à l’automobile et à la robotique, le groupe est aussi un acteur clé des semi-conducteurs de puissance, notamment via le GaN, le SiC et les MOSFETs. Et surtout, STMicro fait partie de l’écosystème 800V DC poussé par NVIDIA. Le groupe a annoncé des architectures de conversion développées en collaboration avec NVIDIA, notamment pour descendre le 800V vers des tensions utilisables par les futurs racks IA. De plus, STMicro ne fournit pas seulement les “muscles” de puissance avec ses GaN/SiC. Le groupe fournit aussi une partie du “cerveau” du système : drivers, contrôleurs et microcontrôleurs STM32, utilisés pour piloter finement ces convertisseurs haute densité, mesurer courant/tension/température, protéger le système et optimiser le rendement. Exactement les briques nécessaires pour convertir et gérer l’énergie. 3/ Le GaN : grand gagnant de l'équation STMicro Dans le contexte des racks IA 800V DC, le catalyseur le plus direct pour STM, c’est le GaN. Pourquoi ? Parce qu’il permet des convertisseurs plus compacts, plus rapides et plus efficaces pour descendre le 800V vers les tensions utiles aux serveurs et aux GPU. Du tandem STMicro - NVIDIA sont sorties plusieurs architectures : - 800V → 50/54V : la brique de transition, déjà introduite, pour s’intégrer plus facilement aux architectures serveur actuelles. - 800V → 12V : la brique plus “next-gen”, qui permettrait de supprimer l’étage intermédiaire 54V → 12V (moins d’étages = moins de pertes, moins de chaleur, moins de cuivre basse tension, moins de composants et meilleure densité rack). Et enfin, 800V → 6V : encore plus proche des rails basse tension utilisés par les puces. Cette brique a déjà été démontrée, mais sa BOM complète publique est encore en cours de finalisation / de déploiement. Les autres étages sont déjà documentés. En clair : STM ne se positionne pas seulement sur “du GaN pour data centers”, mais sur plusieurs étages critiques de conversion des futurs racks IA 800V DC. 4/ Le pendant SiC Petit bonus : dans les gros blocs amont type SST, les futurs transformateurs électroniques reliés au réseau, on retrouve aussi des composants de puissance SiC. Notre pépite peut aussi y être exposée. Pour le moment, je n'ai pas retrouvé de sources concernant de gros acteurs SST type GE Vernova, ABB, Hitachi etc. que STM pourrait fournir en composants SiC. La preuve la plus directe reste donc côté GaN, au niveau rack. 5/ AWS, autre catalyseur intéressant À noter aussi : STM a récemment élargi sa collaboration stratégique avec AWS via un engagement commercial pluriannuel de plusieurs milliards de dollars, couvrant plusieurs catégories de produits pour les infrastructures cloud et IA. STM parle notamment de connectivité haut débit, traitement mixed-signal, microcontrôleurs avancés, circuits analogiques et power ICs pour améliorer l’efficacité énergétique des data centers à grande échelle. Ce n’est pas une preuve directe de PowerGaN chez AWS, mais ça montre que l'entreprise est déjà positionnée dans l’infrastructure cloud/IA d’un hyperscaler majeur. 6/ Une concurrence féroce Évidemment, STM n’est pas seul sur ce segment. Les power semiconductors sont un marché très concurrentiel, avec des acteurs comme Infineon, Texas Instruments, onsemi, Navitas, Innoscience, Power Integrations, ROHM, Wolfspeed ou encore Mitsubishi Electric. La thèse n’est donc pas que STM va capter tout le marché, mais qu’il fait partie des acteurs crédibles déjà positionnés dans l’écosystème NVIDIA 800V DC. 7/ La cerise sur le gâteau Vous avez probablement dû voir circuler la nouvelle, mais SoftBank vient d'annoncer un investissement massif (45Mds€) dans les infrastructures IA en France (poke @Ausake_ pour en savoir plus). Potentiellement bénéfique pour notre poulain.. 8/ Au-delà de l'IA STM est aussi exposé à d’autres narratifs porteurs : robotique/humanoïdes, automobile électrique, power & energy, spatial.. Le groupe a notamment annoncé une collaboration avec NVIDIA autour de la Physical AI et de la robotique, y compris humanoïde, et dispose d’un partenariat historique avec SpaceX/Starlink sur les constellations satellitaires, avec des milliards de puces RF/antenne déjà livrées. En définitive : Le sujet n’est pas seulement “NVIDIA passe au 800V DC”. Le vrai sujet, c’est que les AI Factories imposent une nouvelle couche de power electronics et sur cette couche, STM coche beaucoup de cases : GaN, SiC, drivers, STM32... Clairement un positionnement stratégique à suivre. Sources : developer.nvidia.com/blog/building-… nvidia.com/fr-fr/data-cen… #main-content" target="_blank" rel="nofollow noopener">library.grid.gevernova.com/white-papers-c… blog.st.com/800-v-hvdc-dat… semimedia.cc/st-launches-70… newsroom.st.com/media-center/p… st.com/en/power-trans… st.com/content/dam/st… themachinemaker.com/news/stmicroel… st.com/content/st_com… smbom.com/news/47783 x.com/Semicon_player… x.com/rtodi/status/2… newsroom.st.com/fr/media-cente… newsroom.st.com/fr/media-cente… st.com/content/st_com… newsroom.st.com/media-center/p… investir.lesechos.fr/conseils-bours… reuters.com/business/aeros… NFA / DYOR.

Français
0
0
4
412
Ausake retweetou
Frenchie
Frenchie@Frenchie_·
Je vais pleurer le timing est trop bon "Masayoshi Son annonce 75 Md€ d’investissement en France, dont 45 Md€ d’ici 2031 dans les Hauts-de-France, principalement pour des infrastructures IA et des data centers" Le stack est énorme >Data centers >Électricité >Raccordement réseau >Postes électriques >Refroidissement >Modules de puissance >Construction industrielle Il y aura énormément de bénéficiaires, j'en ai listés quelques-uns, dont des high beta indirects. Je les ai catégorisé en tiers : >Tier 1 : Le confirmé Le bénéficiaire français le plus direct semble être $SU Schneider Electric Pourquoi ? Parce que Schneider est déjà un acteur central de l’infrastructure data center, et Reuters cite Schneider comme partenaire clé du projet SoftBank en France. Sur les grands data centers français récents, notamment le Paris Digital Park de Digital Realty à La Courneuve, on retrouve aussi Schneider sur la partie alimentation électrique haute tension (800v) >Tier 2 : Les non-confirmés $LR Legrand Très exposé aux data centers, mais pas encore confirmé sur SoftBank. $STM Semi-conducteurs européen : power management, MCU, capteurs, automobile, industrie, edge AI et électronique de puissance. Immanquable dans le secteur. $SPIE Installation, ingénierie électrique, maintenance, chantier. Très compliqué de faire sans eux. $NEX Nexans Exposition électrification et câbles. Bouygues / Vinci Les deux gros du BTP qui sont déjà très certainement sur leurs appel d'offre respectifs (Spoiler : Vinci semble les meilleurs ou un Consortium). >Tier 3 : le stack high beta indirect qui profiterai du narratif $2CRSI Serveurs haute performance, HPC, solutions data centers, refroidissement et infrastructure compute. $ALKAL (KALRAY) Accélération hardware/software, traitement de données, stockage intelligent, edge computing et workloads intensifs. $SOI (SOITEC) Substrats avancés pour semi-conducteurs : FD-SOI, RF-SOI, SiC, matériaux avancés pour puces plus efficientes. ;) Bonus : $NBIS Nebius a déjà annoncé un data center IA de 240 MW à Béthune, dans le Pas-de-Calais
Frenchie tweet media
Frenchie@Frenchie_

Les actions françaises les plus intéressantes aujourd’hui ? Les semis françaises bougent fort, très fort, mais le vrai driver semble aussi politique. Emmanuel Macron doit s’exprimer à 10h30 sur le Chips Act européen, depuis le TGCC, autour de l’ordinateur quantique photonique installé sur place. C’est un thème que je regarde depuis longtemps : jouer la souveraineté technologique européenne a toujours été l’une de mes convictions fortes sur les valeurs françaises. La tech française peut devenir LE vrai trade de souveraineté européenne. Je vais probablement décharger une partie de cette euphorie sur certaines valeurs tech françaises, hors $STM.

Français
47
93
996
541.9K
Ausake
Ausake@Ausake_·
SoftBank annonce un investissement massif dans les infrastructures IA en France. Selon Reuters, le projet viserait 45 Md€ sur cinq ans, principalement dans les Hauts-de-France, avec une capacité de 3,1 GW d'ici 2031. Des extensions supplémentaires pourraient porter l'investissement total à 75 Md€ à terme. Deux acteurs apparaissent déjà dans les premières informations publiées : - Schneider Electric ($SU), cité comme partenaire clé du projet. - EDF, qui mettrait à disposition une ancienne centrale électrique destinée à être convertie en datacenter. Masayoshi Son met en avant l'accès à l'énergie comme facteur décisif dans sa décision. La France dispose de plusieurs atouts rarement mis en avant dans les discussions IA : - production électrique importante, - réseau relativement stable, - énergie pilotable, - capacité d'exportation, - intensité carbone relativement faible. Dans une course à l'IA où les modèles consomment toujours plus de compute et nécessitent une grid stable, le nucléaire français semble se démarquer. De nombreux acteurs pourraient donc bénéficier de cette dynamique. Infrastructure électrique: - Schneider Electric ($SU) - confirmé - Legrand ($LR) - Siemens Energy ($ENR) - GE Vernova ($GEV) - Eaton ($ETN) - Hitachi / Hitachi Energy ($HTHIY / 6501.T) Pourquoi ? Parce qu'un campus IA nécessite des transformateurs, des systèmes de distribution électrique, des onduleurs, des modules préfabriqués, des sous-stations, des systèmes de protection et des logiciels de gestion énergétique. Câblage et raccordement: - Nexans ($NEX) - Prysmian ($PRYMY) Pourquoi ? Parce que plusieurs GW de capacité ne se branchent pas simplement sur une prise. Il faut acheminer l'électricité, renforcer les réseaux, raccorder les sites et gérer les contraintes haute tension. Construction et intégration: - Vinci ($DG) - Eiffage ($FGR) - Bouygues ($EN) - SPIE ($SPIE) - Quanta Services ($PWR) Pourquoi ? Avant les GPU, il faut les bâtiments, les postes électriques, les réseaux, les infrastructures industrielles et l'intégration technique. À mon sens, des acteurs comme SPIE sont particulièrement intéressants car ils interviennent précisément sur les couches de raccordement, d'intégration et d'infrastructures électriques qui deviennent critiques à cette échelle. Refroidissement: - Vertiv ($VRT) - Johnson Controls ($JCI) - Trane Technologies ($TT) - Modine Manufacturing ($MOD) - Mitsubishi Electric (6503.T) Pourquoi ? Plus les racks deviennent denses, plus la chaleur devient un problème central. Le refroidissement n'est pas un détail. C'est une condition d'exploitation. Réseaux et connectivité Équipementiers réseau : - Arista Networks ($ANET) - Cisco Systems ($CSCO) - Nokia ($NOK) - Ciena ($CIEN) - Ekinops ($EKI) - NEC (6701.T) Opérateurs télécoms : - Orange ($ORA) - Iliad (ILD) - Bouygues ($EN) Pourquoi ? Les clusters IA nécessitent des réseaux très haut débit, de la fibre, du transport optique, de l'interconnexion et une connectivité robuste. L'angle japonais est intéressant également à creuser, mais il faut rester prudent. SoftBank est japonais, mais cela ne signifie pas que les contrats iront mécaniquement à des groupes japonais. Dans un projet de cette taille, les choix se feront probablement sur la capacité industrielle, les délais, le coût, la disponibilité des équipements et les relations déjà établies. Les acteurs japonais les plus logiques à surveiller seraient : - Hitachi / Hitachi Energy - Mitsubishi Electric - NEC - Renesas Electronics Il ne s'agit pas de gagnants identifiés. Ce sont simplement des candidats cohérents dans l'écosystème SoftBank et dans la chaîne de valeur industrielle. Mais à ce stade, la prudence reste essentielle. Une annonce d'investissement n'est pas une attribution de contrats. Les bénéficiaires réels dépendront des appels d'offres, des partenaires retenus, des localisations finales, du calendrier de déploiement et de la part réellement exécutée. L'objectif de ce post n'est donc pas d'identifier des gagnants, mais d'identifier les maillons de la chaîne de valeur qui pourraient être concernés si ces investissements se matérialisent. Dans une ruée vers l'or, les pioches et les pelles restent souvent les premiers bénéficiaires du CAPEX.
Français
1
2
10
1.6K
Ausake
Ausake@Ausake_·
@BrontoM305 Tu aurais été bien inspiré sur ce coup-là! ahah
Français
0
0
0
27
bronto
bronto@BrontoM305·
@Ausake_ J'ai hésité a alléger en début semaine sur 61/62.
Français
1
0
1
33
Ausake
Ausake@Ausake_·
Une fusée explose. $ASTS ouvre autour de -16%. $BKSY autour de -10%. New Glenn de Blue Origin a subi une anomalie majeure lors d'un test au sol. Les premières informations évoquent des dommages importants sur le complexe LC-36 ainsi que la possible perte d'un second lanceur en préparation. À court terme, l'événement risque de peser sur le sentiment autour du secteur spatial et sur les entreprises associées à Blue Origin. Personnellement, je vois surtout cette correction comme une opportunité.
Français
3
2
30
12.1K
Ausake
Ausake@Ausake_·
@BrontoM305 $FLY est également dans mon viseur. Je ne suis pas encore exposé à ce dossier, mais ça fait partie des valeurs que je regarde de (très) près.
Français
1
0
1
323
bronto
bronto@BrontoM305·
@Ausake_ Ren fort ETL 3,92 et Fly sur 44,50 et 45,50 On verra bien après cette sideration compréhensible L'aviation ne s'est pas developpée autant sans casse
Français
1
0
1
225
Ausake
Ausake@Ausake_·
@jensmoser Haha, I'm taking a position today because of the dip
English
0
0
1
69
Ausake
Ausake@Ausake_·
$ETL Entrée sur Eutelsat autour des 4€. (3%) Setup principalement basé sur une combinaison technique + thèse macro/spatiale. Mon objectif principal situé vers la zone 8-10€ qui correspond à une ancienne zone de distribution importante. En cas de poursuite de la revalorisation du secteur spatial européen, il existe un scénario plus agressif vers les anciens sommets intermédiaires. Ce n’est pas un trade basé uniquement sur le graphique. La thèse repose surtout sur plusieurs éléments : • montée en puissance du LEO via OneWeb • positionnement potentiel dans IRIS² • besoin croissant d’infrastructures spatiales souveraines en Europe • exposition aux marchés gouvernementaux, défense, aviation et maritime • refinancement majeur récemment finalisé • carnet de commandes de 3,4 Md€ offrant de la visibilité Pari sur Eutelsat moins comme un opérateur vidéo en déclin et davantage comme un actif stratégique lié à la connectivité spatiale européenne. Évidemment, le dossier reste risqué. La société reste déficitaire, le capex demeure élevé autour de 900 M€ et la concurrence avec Starlink reste extrêmement forte. Invalidation personnelle sous la zone des 2,1€. Risque élevé. Potentiel élevé. Dossier à surveiller de très près dans les prochains mois avec les avancées sur IRIS², le déploiement OneWeb et l'évolution du contexte géopolitique européen.
Ausake tweet mediaAusake tweet mediaAusake tweet mediaAusake tweet media
Français
2
3
16
1.9K