Henda Ayari@HendaAyari5
Aujourd’hui une employée voilée de H&M a voulu imposer sa loi, mais ça ne passe pas avec moi !
J’ai vécu une scène hallucinante chez H&M à La Défense. Je voulais essayer une chemise, j’avais déjà testé plusieurs vêtements dans une cabine, en sortant, je suis tombée sur une chemise qui me plaisait. Je ne voulais pas retourner en cabine, alors j’ai retiré mon pull, pour essayer la chemise j’avais un débardeur noir en dessous, j’étais habillée, rien de choquant.
Une vendeuse qui portait un voile noir est venue vers moi pour me dire sur un ton agressif sans même un bonjour : « Mme, vous allez dans une cabine », et elle a répété : « il y a des cabines pour essayer les vêtements. Ici c’est fait pour ça vous allez en cabine », comme si elle me donnait un ordre. Je lui ai répondu calmement mais fermement : « Vous me parlez sur un autre ton, je fais ce que je veux ici, je suis habillée, et ici on est en France, pas au bled, on est dans un pays de liberté, on peut se balader dans la rue l’été en débardeur comme dans les magasins.»
Elle a continué à me provoquer et a un moment à se moquer, à rire en levant les yeux au ciel, en parlant de moi à sa collègue. Ce rire provocateur et ce mépris affiché m’ont mise en colère. Je me mets rarement en colère, mais là, j’étais furieuse. J’ai fait marche arrière, je suis allée vers elle pour crier : « On est en France, pas en Arabie Saoudite ! Ce n’est pas parce que vous portez le voile que vous pouvez imposer votre vision vestimentaire aux autres. Si vous voulez de la tolérance, commencez par en avoir vous-même ! »
Je me suis retrouvée encerclée par deux vigiles d’origine maghrébine prêts à m’expulser du magasin. Heureusement, j’ai pu garder mon calme et m’expliquer, même si j’étais très en colère, ce qui m’arrive rarement. Ensuite est arrivée une femme corpulente et voilée elle aussi, qui m’a dit qu’elle était la grande responsable du magasin et que je n’aurais pas dû parler à son employé avec agressivité. Elle m’a expliqué que « ici c’est une entreprise privée », ce qui revient à dire qu’on peut faire ce qu’on veut et avoir des employés voilés. Je lui ai répondu que l’on est en France, et que cela ne veut pas dire qu’on peut imposer le voile ou la manière de s’habiller aux clientes et que la moindre des choses c’est la politesse et la courtoisie.
J’ai dû m’expliquer, raconter le comportement agressif de sa vendeuse, son ton provocateur, le rire et le mépris. Certaines femmes voilées ont tendance à se victimiser et à crier au racisme ou à l’islamophobie à la moindre occasion. Mais là, c’est elle qui provoque, qui est agressive et qui veut faire sa loi. Dans le commerce, le respect du client est une priorité, et la tolérance va dans les deux sens !
À la caisse, j’ai été servie par une caissière portant un djilbab, l’uniforme que j’ai moi-même porté quand j’étais salafiste. Plusieurs autres employées étaient voilées. Je connais très bien ce que signifie porter le voile, et c’est pour cela que je ne supporte pas cette banalisation ni cette agressivité, surtout que leur nombre devient de plus en plus important.
En me baladant à La Défense avant et après cette scène, j’ai remarqué une femme en tailleur noir portant un voile noir, travaillant dans une bijouterie, puis d’autres femmes voilées un peu partout dans les boutiques et restaurants. Je n’ai jamais vu autant de voile de ma vie en France. Je peux comprendre les inquiétudes des français, je n’ai rien contre les femmes qui portent le voile. Mais je refuse que l’on impose ses règles aux autres et que l’on se victimise à la moindre occasion. Cette banalisation m’inquiète profondément.
Aujourd’hui, il s’est passé quelque chose dans un magasin français qui dépasse l’entendement,qu’est-ce que cela va donner dans quelques années ? bientôt, va-t-on nous obliger à porter le voile dans certains endroits, va-t-on imposer cela à nos femmes et nos filles?
Je refuse et je continuerai à dénoncer celles et ceux qui veulent imposer leur loi religieuse.