Agnès Pannier-Runacher 🇫🇷🇪🇺@AgnesRunacher
Je regrette vivement ce qui vient de se passer à l’Assemblee nationale.
Sous prétexte de « simplification », l’Assemblée nationale vient de voter la fin du « Zéro artificialisation nette », la politique publique qui vise à réduire la bétonisation de notre pays.
Elle a également voté la fin des « Zones à faibles émissions », la politique publique qui vise à limiter la pollution de l’air et son impact délétère sur la santé de dizaines de milliers de Français, notamment des enfants. Une disposition qui est présente dans toutes les autres grandes démocraties européennes.
Cela me désole.
Ces votes portés par l’extrême droite posent un double problème.
Sur le fond, d’abord. Ces remises en cause ne vont pas dans le sens de l’intérêt des Français.
Le ZAN est une réponse concrète à des réalités que chacun peut constater : la disparition progressive des terres agricoles, l’aggravation des inondations du fait de l’artificialisation et du dérèglement climatique, l’intensification des sécheresses.
Les mêmes qui se réjouissent de ces régressions législatives viennent cyniquement au chevet des sinistrés après chaque catastrophe naturelle, et promettent d’en tirer les leçons.
Les mêmes qui prétendent défendre les élus locaux créent une instabilité juridique majeure pour leurs documents d’urbanisme.
Les zones à faibles émissions visent, pour leur part, à réduire les milliers de décès précoces et les dizaines de milliers de pathologies liées à cette pollution : asthme, cancers, diabète, infarctus ou AVC.
Sur la forme ensuite. Ces remises en cause majeures sont le fait d’amendements dont la constitutionnalité est douteuse car sans rapport avec l’objet du texte.
Tous les groupes politiques le savent mais ça n’empêche pas certains de les soutenir bruyamment.
Et ne soyons pas surpris si demain les mêmes se récrieront si les articles de la loi concernée sont invalidés par le Conseil constitutionnel en s’en prenant « au gouvernement des juges ».
Ce n’est pas l’honneur des députés de maltraiter la constitution et ceux qui en sont les gardiens. Et c’est dangereux pour la démocratie.