
Bain de foule pour François Hollande accompagné de Valérie Trierweiler et Lionel Jospin à la gare de #Lens.
Mathias Thépot
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@MathiasThepot
Journaliste éco à Mediapart. Ex-Marianne, La Tribune, AEF, co-auteur de "Mon amie, c'est la finance" et "Manifeste d’une jeunesse trahie".

Bain de foule pour François Hollande accompagné de Valérie Trierweiler et Lionel Jospin à la gare de #Lens.





















Cette question est centrale, en effet. Mais on peut envisager nombre d’hypothèses, aussi plausibles qu’un hypothétique financement de future campagne… Senoussi, à l’époque, est le patron du renseignement militaire Libyen. Le contexte est celui d’une normalisation progressive des relations franco-libyennes sous la présidence de Jacques Chirac. Pour rappel : - Senoussi est alors un interlocuteur clé pour des échanges sensibles sur les menaces terroristes régionales, notamment Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ou les réseaux salafistes en Libye et en Afrique subsaharienne. La France avait un intérêt direct à partager des informations classifiées. - Hortefeux a évoqué une discussion sur la migration, la Libye servant alors de plaque tournante pour les migrants subsahariens vers l'Europe. En tant que ministre délégué à l'Intérieur, il pouvait négocier des accords informels sur le renforcement des patrouilles frontalières ou des rapatriements, sans impliquer les canaux diplomatiques officiels. - Guéant a décrit sa rencontre comme portant sur des "questions générales relatives aux relations franco-libyennes". Cela pourrait inclure des préparatifs pour des visites officielles (comme celle de Chirac en 2004) ou des gestes de confiance pour relancer les échanges économiques et culturels, gelés depuis des décennies à cause des attentats. Cela pouvait justifier de contourner les rigidités diplomatiques (non, ont estimé les juges.) - On peut même imaginer qu’etaient explorée les voies pour lever ou suspendre le mandat d'arrêt français émis contre Senoussi pour l'attentat de l'UTA, geste de bonne volonté pour consolider la coopération naissante, couvert par le secret pour éviter des controverses publiques sur la "réhabilitation" d'un accusé de terrorisme. - Étant donné la personnalité et le background de Takieddine, l’hypothèse invoquée par Guéant et Hortefeux de rencontre « imposées » et « fortuites » organisées par ce dernier, écartée par les juges, subsiste. Surtout, Takieddine, comme Guéant et Hortefeux, ont pu ultérieurement exploiter ces rencontres pour un agenda, et un enrichissement personnel… Comme l’attestent les flux financiers qui ont suivi, notamment sur le compte de Takieddine, corroborés par les carnets de Choukri Ghanem. Takieddine s’est lui-même décrit comme un intermédiaire - on rappellera qu’il a livré aux enquêteurs 16 versions différentes des faits. Bref. Les magistrats ont écarté ces explications (confuses, il faut le dire), estimant que rien ne justifiait d’écarter les canaux diplomatiques officiels. Des dizaines de fils que l’on pouvait tirer, les magistrats n’en ont retenu qu’un : la sécurisation d’un financement de campagne à venir au cas où Sarkozy n’obtiendrait pas l’investiture, dans le contexte de sa rivalité d’alors avec Dominique de Villepin. Les témoignages accréditant cette thèse émanent tous de personnalités (plus que) douteuses, aux intérêts divers… Takieddine, Ghanem (mort en 2012), d’anciens membres de la dictature en exil… Sans critique excessive de la chose jugée, on peut considérer qu’il reste matière à appel…






