Marine Tondelier@marinetondelier
J’ai quelque chose à vous annoncer.
J’attends un enfant.
Un “bébé miracle”, que je n’osais plus espérer.
Je vous en parle aujourd’hui car je ne peux plus le cacher (j'ai bien entamé le deuxième trimestre et ça commence vraiment à se voir).
Une campagne présidentielle enceinte puis avec un nourrisson, ça n’est à ma connaissance pas beaucoup arrivé dans l’histoire politique française et même à l’étranger.
Cela soulève forcément beaucoup de questions, et s’annonce comme un défi, j’en ai conscience.
Mais j’ai décidé de ne pas m’excuser de cette bonne nouvelle même si elle est vertigineuse.
Comme beaucoup de femmes, j’ai vécu le drame silencieux des fausses couches (pour rappel, cela concerne ou concernera 1 femme sur 3 dans sa vie).
Et comme on en parle très peu dans le débat public, rien n’y prépare.
Comme beaucoup de couples, nous avons connu avec mon conjoint le parcours du combattant des PMA et FIV (1 couple sur 5 est concerné par l’infertilité en France).
Je refuse que ce sujet reste un tabou alors qu’il concerne et fait souffrir tant de monde.
Alors nous allons en parler.
Politiquement.
Et agir pour mieux protéger et accompagner les femmes et les futurs parents, tout en soutenant et comprenant celles et ceux qui font le choix de ne pas avoir d’enfants.
Je l’ai promis à toutes celles et ceux que j’ai croisés dans les couloirs du CHU de Lille et qui m’ont dit : “ça nous fait plaisir de vous croiser ici. On se sent moins seuls”.
Ils/elles me faisaient promettre d’évoquer médiatiquement le sujet.
Je leur avait dit qu’un jour je le ferai.
Quand je serai en mesure de le faire.
On m’avait beaucoup dit : “Il ne faut pas se décourager”. Ça finit par arriver”.
Mais après des batteries de tests, de tentatives, d’interventions, d’injections, d’échecs, nous avions décidé une pause.
Pour que le corps puisse se reposer, se remettre, souffler.
Et c’est à ce moment-là, hors parcours, que c’est arrivé.
Je n’avais pas prévu de mener une campagne présidentielle enceinte.
Mais cela permettra sans doute pour une fois que certains sujets totalement invisibilisés soient enfin mis sur la table.
Dont les réformes à porter dans le cadre de la loi de bioéthique.
Alors je vous le dis clairement :
À toutes celles et ceux qui errent dans des parcours de traitement de l’infertilité : vous n’êtes pas seul·es.
À toutes celles et ceux qui n’y croient plus : vous n’êtes pas seul·es.
À toutes celles et ceux qui vivent des débuts de grossesse mouvementés et logistiquement compliqués et qui les gèrent sans trop pouvoir en parler : vous n’êtes pas seul·es.
À toutes les femmes qui ont pris comme une gifle l’injonction d’Emmanuel Macron au « réarmement démographique » : vous n’êtes pas seul·es.
Et pour que la solitude que l’on ressent dans ces situations ne s’ajoute pas au poids physique et psychique, on va en parler et se mobiliser.
Au mois d’avril, Anne-Cécile Mailfert sortira un livre qui évoque ce sujet.
"La panique démographique. Une réponse féministe."
La conclusion ?
Lâchez la grappe aux femmes.
Soutenez-les au lieu de les culpabiliser et de les stigmatiser.
Et n’oubliez jamais, amis passionnés de leçons de morale démographiques, qu’une société plus égalitaire, moins violente, et compatible avec une parentalité réellement partagée ne produira certes pas mécaniquement plus d’enfants, mais qu’elle seule rendra ce choix plus désirable, plus libre.
C’est le sens de la politique écologiste et féministe du vivant que je porterai à la présidentielle : une politique qui part de la vie réelle, qui protège ce qui permet de vivre - nos corps, nos liens, notre environnement - et qui fait en sorte que chacun puisse choisir librement d’avoir un enfant, ou pas, dans une société plus juste, plus douce et plus vivable.