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Chaque nouvelle saison de Mushoku Tensei se prend de nouvelles polémiques stériles aux arguments redondants, cherchant à nous faire croire que l'auteur a écrit cette histoire dans le but de valider et normaliser ses fantasmes. Dans le même temps, ses fans sont décrits comme des pédophiles incestueux dénués de la plus simple humanité.
Soyons d'accord sur un point : aucune œuvre n'est parfaite. Par définition, l'appréciation de l'art est subjective, tout comme la morale. Mushoku Tensei peut profondément résonner chez un individu qui n'y verra aucun défaut, tout comme elle peut en dégoûter un autre qui s'empressera de lancer une campagne de censure sur Twitter.
Cependant, je pense que ce qui motive ce débat n'est pas tant la moralité de l'histoire, mais la violente dissonance cognitive entre cette bulle performative et la réalité. Si on devait écouter ces critiques, Mushoku Tensei devrait être intégralement censuré et tous ses lecteurs ostracisés ou mis en prison.
Pourtant, à chaque saison, l'anime est numéro 1 en nombre de spectateurs dans de nombreux pays, conserve d'excellentes notes malgré le review bombing, et rapporte des millions à ses diffuseurs.
Et c'est précisément ce qui énerve ses détracteurs : le fait qu'une œuvre qu'ils n'approuvent pas, car allant à l'encontre de leur idéal moral, puisse être tant appréciée par la majorité silencieuse. S'il ne s'agissait que d'un problème propre à leur morale, ils passeraient outre ou diraient simplement "ça me choque, ce n'est pas pour moi".
À la place, ils essaient activement de dénoncer l'œuvre et ceux qui la consomment. C'est là que l'on rentre dans la communication performative. Le but n'est plus de donner son avis, mais de faire étalage de sa prétendue supériorité morale. On retrouve cette même faculté à nier l'esprit critique du public dans les religions et autres organisations dogmatiques. Vous vous souvenez des débats autour de l'autorisation du mariage gay en 2013 ou encore quand la télé critique les jeux vidéo comme rendant les jeunes violents ? On y voit les mêmes arguments.
Cependant, voir que leurs digressions ne changent rien à la réalité de l'industrie leur donne l'impression que le monde ne s'intéresse pas à eux. C'est ce qui crée ce cirque systématique à chaque saison : ils sont incapables d'accepter que leur morale personnelle n'est pas celle de l'humanité entière et que, de ce fait, ils ne sont pas forcément "du bon côté de l'histoire".
Beaucoup se moquent des consommateurs de "slop fantasy" et autres power fest fast food où un personnage surpasse physiquement ses adversaires dans un but de pur fan service (dans le sens premier du terme). Mais ces mêmes personnes qui se moquent demandent allègrement du "moral porn" dont le but est simplement de les rassurer dans leurs principes moraux. Pour ces gens, la cohérence narrative passe après leur ego.