Adrien Soyer

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@Adrien_Soyer

Montreal, Canada Katılım Mart 2010
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Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
Bompard "décrypte la propagande des pétroliers". Démontons son décryptage, point par point. Spoiler : c'est un cours de comptabilité fiscale donné par quelqu'un qui n'en a manifestement jamais ouvert un manuel. Argument 1 de Bompard : "Total ne paie pas ses impôts en France." Faux. Total paie en France ce que la loi française lui demande de payer, sur les bénéfices qu'il y réalise. Total a une activité de raffinage et de distribution en France qui est structurellement peu rentable (marges raffinage faibles, parc de stations vieillissant, concurrence GMS). Les bénéfices du groupe viennent de l'amont (exploration-production) qui se fait... en Afrique, en mer du Nord, au Moyen-Orient. Pas à Levallois. Demander à Total de payer l'impôt français sur des barils sortis du Nigeria, c'est demander à Carrefour de payer l'impôt français sur les tomates cultivées en Espagne. Personne ne fait ça. Parce que les États n'aiment pas trop qu'on leur pique leur assiette fiscale. Argument 2 : "Total n'a pas de bénéfices en France, c'est louche." Non, c'est juste comment fonctionne le raffinage européen depuis 20 ans. Demandez à Petroplus, à LyondellBasell Berre, à ExxonMobil Fos. Tous fermés ou en perte. La marge de raffinage européenne est structurellement écrasée par la concurrence asiatique et moyen-orientale qui raffine moins cher. Si raffiner en France était si rentable, BP, Shell, Esso ouvriraient des raffineries. Ils en ferment. Argument 3 : "Total fait du transfer pricing pour évacuer ses bénéfices." Ah, le grand classique. Sauf que : Le transfer pricing est encadré par l'OCDE (principe de pleine concurrence), audité par l'administration fiscale française, et Total est un des groupes les plus contrôlés de France. S'il y avait fraude, Bercy l'aurait redressé. Comme il l'a fait pour Google, Apple, McDonald's. Bompard ne cite aucun chiffre, aucun rapport, aucune décision de redressement. C'est une accusation gratuite déguisée en révélation. Au passage, depuis 2024, l'impôt minimum mondial OCDE à 15% (Pilier 2) ferme précisément cette porte. Total y est soumis. Argument 4 : "Total a augmenté ses bénéfices de 51% sur le dos des Français." C'est là que ça devient drôle. 4,96 Md€ de bénéfice trimestriel d'un groupe qui réalise moins de 10% de son CA en France. Donc 90% des "superprofits" que Bompard veut taxer ont été réalisés sur des consommateurs qui ne sont pas français. Bompard veut taxer en France des profits faits ailleurs, par une entreprise qui paie déjà ses impôts là où elle opère. Et il appelle ça de la justice fiscale. La vraie séquence si on l'écoute : Taxe sur les "superprofits" → Total délocalise son siège (Total est déjà coté à Londres et NY, juridiquement c'est trivial) → la France perd les emplois du siège, les impôts français résiduels, et le plafonnement à 1,99€/litre (que Total a mis en place de son propre chef et qu'il a prévenu retirer en cas de taxe). Résultat net pour le Français moyen : essence plus chère, moins d'emplois, moins de recettes fiscales. Triple perdant. Bravo. Bonus : la nationalisation à 70 Md€. Bompard propose de "racheter Total" pour 70 Md€ alors que sa capitalisation est de 174 Md€. C'est-à-dire spolier les 60% d'actionnaires restants. Le coût réel ne sera pas 70 Md€, ce sera 174 Md€ + procès internationaux + fuite immédiate des capitaux français + dégradation de la note souveraine. Sans parler du précédent : qui investit dans un pays qui exproprie ses entreprises à moitié prix ? Le Venezuela a nationalisé son pétrole en 2007. Production divisée par 4 en 15 ans. Cuba a nationalisé son sucre en 1960. Production divisée par 3. La France a nationalisé Renault en 1945 : il a fallu 50 ans pour rentabiliser. Conclusion : Bompard ne décrypte pas la propagande des pétroliers. Il en fabrique une autre, à destination de ceux qui ne comprennent pas comment fonctionne une multinationale, et qui veulent juste un coupable. Il leur en sert un sur un plateau. C'est plus simple que d'expliquer que la fiscalité internationale, c'est compliqué et que le populisme économique, ça coûte cher quand on l'applique.
Manuel Bompard@mbompard

Pourquoi Total évite l'impôt malgré ses bénéfices records ? Je décrypte les mensonges et la propagande des pétroliers 👇

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Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
Biarritz a taxé à 60% les résidences secondaires. Résultat : -1 million d'euros de recettes. La mairie parle de "fraude massive". Non. C'est de l'économie de niveau CE2. Déroulons. Principe premier : un être humain agit pour améliorer sa situation. Quand vous augmentez le coût d'un comportement, il y a moins de ce comportement. Ce n'est pas une opinion. C'est une tautologie. Donc quand vous taxez à 60% le fait de déclarer une résidence en secondaire, vous obtenez mécaniquement moins de résidences déclarées comme secondaires. Le fisc vient de découvrir, en 2026, l'existence de la courbe de Laffer. Félicitations. La mairie appelle ça "inverser sa déclaration pour échapper à la taxe". Le vocabulaire est intéressant. "Échapper" suppose que l'argent appartenait déjà à la commune. Avant même qu'elle l'ait perçu. Avant même que le contribuable ait agi. La taxe n'est pas un prélèvement, c'est une dette pré-existante que le citoyen aurait l'indécence de ne pas honorer. Ce glissement sémantique est tout le logiciel. L'État ne prend pas votre argent. Il récupère le sien que vous déteniez à tort. Deuxième observation : la mairie est "surprise". Elle a voté une taxe punitive en pensant que les gens allaient docilement payer. Elle n'a pas modélisé la réaction. Elle n'a pas anticipé l'élasticité. Elle a appliqué la méthode de planification soviétique : décréter un résultat et attendre qu'il se produise. Le planificateur ne voit jamais les humains. Il voit des unités fiscales. Des chiffres dans un tableur. Quand les chiffres bougent, ce n'est pas que le modèle est faux, c'est que les unités se comportent mal. Troisième observation, et c'est là que ça devient drôle : la mairie "dénonce une fraude" tout en "reconnaissant la difficulté à prouver l'occupation réelle". Traduction : nous accusons les gens d'un crime que nous sommes incapables de définir, encore moins de constater. Mais ils sont coupables. Parce que les recettes n'ont pas augmenté comme prévu dans notre tableur. C'est le moment Brejnev. Le plan n'a pas marché. Donc le peuple a saboté le plan. Quatrième niveau. Pourquoi les gens "fraudent" ? Parce qu'ils possèdent un bien immobilier qu'ils ont acheté, légalement, avec de l'argent déjà taxé, et qu'on leur explique maintenant que le simple fait de le posséder leur coûtera 60% de plus. Ils ajustent. Ils déménagent administrativement. Ils font ce que n'importe quel agent rationnel ferait face à une ponction confiscatoire. Le mot "fraude" suppose qu'il existe un usage légitime de leur propriété, défini par la mairie, auquel ils dérogent. Or la propriété, par définition, c'est précisément le droit d'en disposer librement. Si la mairie décide à votre place de l'usage de votre bien sous peine fiscale, vous n'êtes plus propriétaire. Vous êtes locataire de la commune. Cinquième point. Le bilan comptable est exquis. Recettes espérées : positives. Recettes réelles : -1 million d'euros. Coût administratif des "contrôles renforcés avec le fisc" annoncés : non chiffré, mais croissant. Coût pour l'attractivité de Biarritz : non chiffré. Message envoyé aux propriétaires qui hésitaient encore à investir : limpide. La commune a réussi l'exploit de perdre de l'argent en augmentant un impôt, de détériorer son image, et de criminaliser ses propres administrés. Triple performance. Sixième point, le fond. Cette histoire n'est pas une anomalie. C'est le fonctionnement normal d'un système qui croit que la richesse est un stock à redistribuer plutôt qu'un flux à produire. Quand vous croyez ça, taxer plus paraît toujours rationnel. Les gens ne sont que des contenants. Vous appuyez sur le contenant, l'argent sort. Sauf que les contenants ont des jambes. Et un cerveau. Et un comptable. Mises l'a écrit il y a un siècle : tout interventionnisme appelle un interventionnisme supplémentaire pour corriger les effets du précédent. La surtaxe n'a pas marché ? Renforçons les contrôles. Les contrôles ne marcheront pas ? Créons un registre. Le registre sera contourné ? Imposons une déclaration trimestrielle. Et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il ne reste plus personne à taxer parce que tout le monde est parti à Saint-Sébastien. Dernier point. Le plus important. Cette histoire est instructive parce qu'elle est petite. Une ville, un million d'euros, une taxe locale. À cette échelle, l'absurdité est lisible. À l'échelle d'un pays, elle devient invisible. Mais c'est exactement le même mécanisme. À chaque fois qu'on entend "il faut taxer X pour financer Y", il faut entendre : "nous allons décréter que les gens se comporteront comme dans notre modèle, et nous serons stupéfaits quand ils ne le feront pas". Biarritz vient de produire la démonstration en miniature. Encadrez-la. Elle resservira.
Alex Xplore@AlexXplore

🇫🇷 Biarritz a appliqué une surtaxe de 60 % sur les résidences secondaires pour augmenter ses recettes fiscales. 💰 Au lieu de gagner de l’argent, la ville a perdu environ 1 million d’euros à cause d’un effet boomerang. 📉 De nombreux propriétaires ont inversé leurs déclarations, transformant leurs résidences secondaires en principales pour échapper à la taxe. ⚖️ Cette inversion a entraîné une perte de 750 000 € de taxe d’habitation et 250 000 € de pénalités SRU. 🔍 La mairie dénonce une fraude massive et prépare des contrôles renforcés avec le fisc, tout en reconnaissant la difficulté à prouver l’occupation réelle. immobilier.lefigaro.fr/article/en-sur…

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MacLesggy
MacLesggy@MacLesggy·
«L'eau est un produit chimique. Le sel est un produit chimique. La vitamine C est un produit chimique. La question n'est pas : «Ce produit chimique est-il chimique ?» Mais : «À quelle dose celui-ci est-il nocif ?» C'est de la toxicologie. Cours de sciences de 1ère année.» 🙏🏻 @simonmaechling !
Simon Maechling@simonmaechling

Water is a chemical. Salt is a chemical. Vitamin C is a chemical. The question is not: “Is it a chemical?” The question is: “At what dose is it harmful?” That’s toxicology. First-year science.

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Adrien Soyer
Adrien Soyer@Adrien_Soyer·
I had the same experience with stock exchange. We had a fake 100k€ to invest. Once a week, we would look at stock values and decide our allocation for the next week. The first night, I couldn't sleep with stress over my fake money. The winner won on blind luck.
Jordan Taylor@Jordan_W_Taylor

When I was a child our teacher taught us about risk, money and economics in the most interesting way possible: She made us run a pretend farm, as a competition. It was genius, because I still remember it three decades later, which I wouldn't have otherwise. It went like this: Every student had a ‘farm’ on a little piece of paper, with four fields. Every year you had to decide what crops to plant in what fields, and buy them with any available money. Some crops were like wheat; cheap, boring and low-yielding, but dependable. Others were like peas; expensive, super high-yielding if things went right, but unreliable. Get the wrong mix of sunshine and moisture for peas and you'd make a huge loss instead of making bank. We all competed for the most money over a series of ‘years’ and on each year the teacher would roll dice to determine if the weather was hot or cold, rainy or sunny. There were four combinations of weather for your four fields and up to four crops. There was all to play for, and you'd be built-up or broken by the roll of the dice. Some kids played it safe with lots of wheat and no risk. Others bet the farm on peas, peas, peas! Others hedged between sunny crops and rainy crops. With each round, a few of us exited the game and went bankrupt. The eventual winner had taken a lot of risk, but had hedged just a little bit and rode out the bad years. He got lucky, but that's what the game was all about. The teacher could have taught us by lecturing us. She could have gassed on about risk management and economics and market economics and blah, blah, blah… and been ignored by a bunch of teenagers. Instead she made it fun, she made it a competition! And after that short period, a classroom of kids walked out with heads full of strategy, debating how they'd run the farm, who got the most money and how they'd play differently if they did it again. In a little classroom in a Northern English secondary school, a bunch of adolescents had been introduced to capitalism and loved every minute of it! I forgot almost everything else from those years, but that lesson sticks with me. Good teachers really matter. And a little competition goes a long way.

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Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
« Nous sommes pour la taxation des surprofits. » Marine Le Pen, ce matin sur RTL. Donc c'est officiel : le RN est un parti socialiste. Pas "social", pas "patriote économique", pas "ni droite ni gauche". Socialiste. Au sens strict, technique, économique du terme. La taxation des "surprofits" — concept qui n'existe nulle part en science économique, inventé par des politiciens pour justifier la confiscation arbitraire — c'est le programme de Mélenchon, de Roussel, de Sandrine Rousseau. C'est exactement la même logique : un profit qui dépasse ce que l'État juge "acceptable" devient illégitime, donc taxable. Qui décide du seuil ? L'État. Selon quels critères ? Aucun, c'est discrétionnaire. C'est la définition du socialisme : la subordination du calcul économique à l'arbitraire politique. Et c'est là que ça devient grave. Parce que si le RN gagne en 2027 sur un programme de hausse des dépenses (retraite à 60 ans, baisse de TVA, "priorité nationale" coûteuse) financé par de la taxation confiscatoire et de la dette, la séquence est écrite d'avance. Fuite des capitaux. Effondrement de l'investissement. Baisse des recettes fiscales (parce que non, taxer plus ne rapporte pas plus — Laffer, 1974, ça fait 50 ans qu'on le sait). Explosion du déficit. Crise de la dette. Et la France, contrairement à 2012, n'a plus de marge : on est déjà à 112% de dette/PIB, Fitch nous a dégradés, le spread avec l'Allemagne se creuse. Le défaut souverain n'est plus un scénario théorique, c'est une trajectoire. Et là, relisez Hayek. "La Route de la Servitude", 1944. La thèse est limpide : quand une politique économique socialiste échoue — et elle échoue TOUJOURS parce que le calcul économique socialiste est impossible (Mises, 1920) — le pouvoir en place a deux options. Soit il reconnaît l'échec et libéralise (rare, parce que politiquement suicidaire). Soit il radicalise : contrôle des prix, contrôle des changes, contrôle des capitaux, puis contrôle des personnes. C'est mécanique. Ce n'est pas une opinion, c'est une régularité historique observée sur 100 ans, du Venezuela à l'Argentine péroniste, de la Grèce de Tsipras à la France de 1981-1983. Et c'est précisément à ce moment-là — quand le pays est à genoux, quand l'inflation ronge l'épargne, quand le chômage explose, quand les classes moyennes sont ruinées — que s'ouvre la fenêtre pour le vrai despote. Pas Le Pen. Le suivant. Celui qui dira "ils ont tous échoué, il faut un homme fort, des pouvoirs exceptionnels, suspendre la Constitution le temps de redresser le pays". L'histoire du XXe siècle, c'est ça en boucle : la République de Weimar n'a pas accouché de Hitler par excès de libéralisme, elle a accouché de Hitler après l'hyperinflation de 1923 et la crise de 1929, c'est-à-dire après l'échec des politiques économiques précédentes. Le populisme économique de gauche habillé en droite, c'est le marchepied du vrai autoritarisme. Donc non, le RN n'est pas "le moindre mal". C'est le piège parfait : ils donnent à la droite l'illusion qu'elle gagne, ils appliquent un programme de gauche, ils crashent l'économie, et ils ouvrent la voie à pire qu'eux. Le electorat de droite qui vote RN en 2027 vote objectivement pour le chaos économique de 2029 et le régime autoritaire de 2032. Par pitié, apprenez l'économie. Lisez Bastiat ("Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas"). Lisez Hayek. Lisez Mises. Lisez Hazlitt. Ça prend 20 heures de lecture. 20 heures pour ne plus jamais se faire avoir par un politicien qui promet de taxer "les riches" pour vous donner de la "justice sociale". Il n'y a pas de justice sociale. Il y a des incitations, des prix, du calcul économique, et la liberté. Le reste, c'est de la rhétorique pour vous faire accepter qu'on prenne votre argent. Le RN n'est pas la solution. Le RN est l'antichambre du problème.
RTL France@RTLFrance

"Nous sommes pour la taxation des surprofits" @MLP_officiel face à @ThomasSotto dans #RTLMatin

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Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
La taxe sur les petits colis chinois est un échec. Surprise totale. Les colis transitent désormais par la Belgique avant d'arriver en France, les emplois logistiques français ont disparu, et le consommateur paye pareil. Bercy découvre la deuxième loi de la thermodynamique appliquée à l'économie : un système contraint trouve toujours sa fuite. Cette histoire est minuscule, mais elle est l'incarnation parfaite du problème français. À chaque fois que l'État touche à l'économie, ça finit dans le mur. À chaque fois. Sans exception. Pas par malchance. Par construction. L'économie n'est pas un tableau Excel. C'est un système vivant de plusieurs milliards d'agents qui prennent des décisions chaque seconde en fonction de leurs contraintes locales. Quand vous taxez les colis chinois, vous ne créez pas magiquement des emplois français. Vous créez une perturbation que le système contourne en quelques semaines, en passant par la Belgique, par les Pays-Bas, par le Luxembourg, ou par n'importe quel point d'entrée moins taxé. Le marché est un objet mouvant. Il a une intelligence distribuée que personne, absolument personne, ne peut surpasser depuis un bureau ministériel. Friedrich Hayek a obtenu le Nobel pour avoir formalisé exactement ce point en 1974. Cinquante ans plus tard, nos hauts fonctionnaires en sont encore à découvrir empiriquement ce qu'il avait démontré théoriquement. Le seul mécanisme connu pour coordonner des milliards de décisions économiques simultanément, c'est le système des prix dans un cadre de libre-échange. Les prix transmettent en temps réel l'information sur la rareté, la demande, la qualité, le risque. Aucun ordinateur, aucun algorithme, aucun comité de planification ne peut répliquer cette densité informationnelle. Ce n'est pas une opinion idéologique. C'est un théorème. Quand un fonctionnaire de Bercy décide de taxer les colis pour "protéger l'emploi français", il imagine un effet de premier ordre. Les colis deviennent plus chers. Donc moins de colis. Donc plus d'emplois locaux. Cause et effet, ligne droite, dossier bouclé. Mais l'économie ne fonctionne jamais en effets de premier ordre. Elle fonctionne en cascades. Effet d'ordre 2 : les distributeurs réorientent leurs flux. Effet d'ordre 3 : les hubs logistiques s'installent en Belgique, et les emplois français disparaissent. Effet d'ordre 4 : la TVA française n'est plus collectée. Effet d'ordre 5 : les consommateurs payent quand même, donc leur pouvoir d'achat baisse. Effet d'ordre 6 : ils consomment moins ailleurs, ce qui détruit des emplois dans d'autres secteurs. Le bilan net de la mesure est négatif sur tous les indicateurs qu'elle prétendait améliorer. Aucun fonctionnaire au monde n'a la capacité cognitive de prévoir une cascade à six ordres dans un système de cette complexité. Ce n'est pas une question d'intelligence individuelle. C'est une limite structurelle de l'intelligence centralisée face à la complexité distribuée. Les meilleurs économistes mondiaux ne le peuvent pas. Aucun haut fonctionnaire de Bercy ne le peut, peu importe le diplôme. Donc soit ils sont insanes, soit ils sont déconnectés des réalités. Dans les deux cas, ils n'ont rien à faire à la barre. La conclusion est simple. Chaque fois qu'un politique annonce qu'il va "protéger" un secteur, "soutenir" une industrie, "réguler" un marché, "encadrer" une pratique, vous pouvez prendre les paris à 100 contre 1 que le résultat sera l'inverse de l'objectif annoncé. C'est la régularité empirique la plus solide de l'économie politique française des cinquante dernières années. Le marché se régule. Il a toujours su le faire. Ce qui ne se régule jamais, c'est la prétention des bureaucrates à savoir mieux que des centaines de millions de consommateurs et de producteurs ce qui est bon pour eux. Le seul mode opératoire qui marche, c'est le suivant. L'État garantit le contrat, la propriété, la sécurité physique. Et il sort. Tout le reste est entre les mains de ceux qui ont leur peau en jeu, c'est-à-dire les entrepreneurs, les producteurs, les consommateurs. Tout le reste, c'est de la planification soviétique en habit Saint Laurent. Et la planification soviétique a un taux de réussite historique parfait : zéro.
TF1Info@TF1Info

📦 La taxe sur les petits colis est-elle un échec ? 📺 #LE20H

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Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
Je viens d'un pays où 57% du PIB passe par la dépense publique. Le record mondial des démocraties. Et je peux vous dire ce que ça donne quand vous vivez dedans, parce que je l'ai vécu de l'intérieur, à toutes les couches. J'ai grandi dans la France ordinaire. J'ai codé seul dans ma chambre à 15 ans, parce que personne autour de moi ne pouvait m'apprendre. J'ai construit, échoué, recommencé. Et entre les deux, j'ai eu la chance rare de connecter avec à peu près tous les niveaux de la société française. Le caissier de mon Carrefour. Le chauffeur Uber qui galère à payer son loyer. Le prof qui n'a plus envie d'enseigner. L'ingénieur d'une grande boîte du CAC 40. Le haut fonctionnaire qui pilote des budgets de plusieurs milliards. Le ministre qui décide. L'investisseur qui finance. Cette traversée verticale, peu de gens la font. Et elle change radicalement ce qu'on comprend du fonctionnement réel d'un pays. Voici ce que j'ai vu. La France est en panne. Pas par manque de talent, pas par manque de capital, pas par manque d'intelligence. Par excès de structure. Notre PISA s'effondre, génération après génération. Notre système de santé, autrefois fierté nationale, n'arrive plus à soigner. Les médecins partent ou s'épuisent. Les patients attendent des mois. La majorité des Français finissent leur mois en restriction. Pas les "pauvres" abstraits du discours politique. Les vrais gens. Les gens qui travaillent, qui payent, qui essaient. Et qui voient leur pouvoir d'achat fondre pendant qu'on leur explique que la solution, c'est encore plus de redistribution. J'ai longtemps pensé que c'était une question de mauvaises politiques, de mauvais ministres, de mauvaises priorités. Que ça pouvait se réparer en changeant l'équipe. Je n'y crois plus. Le problème est plus profond. Le problème, c'est que les bureaucraties, par construction, sont incapables d'allouer correctement les ressources. Pas par mauvaise volonté. Par design. Un fonctionnaire ne perd rien quand il alloue mal. Un ministre n'est pas ruiné quand sa politique échoue. Un haut bureaucrate qui prend une mauvaise décision est promu trois ans plus tard ailleurs. Le retour d'information, qui est le mécanisme central de toute allocation efficace, n'existe pas. C'est comme demander à un thermostat de réguler une pièce sans capteur de température. L'entrepreneur, lui, vit dans un monde radicalement différent. Quand j'alloue mal le capital de mes investisseurs, je perds ma boîte. Quand je recrute mal, je détruis l'équipe. Quand je choisis le mauvais produit, je fais faillite. Mes décisions ont des conséquences immédiates, vérifiables, irréversibles. C'est ce qu'on appelle le skin in the game. Et c'est le seul mécanisme connu pour produire de l'allocation efficace à grande échelle. Maintenant, j'ai une intuition désagréable sur les gens comme AOC. Je pense qu'elle est sincère. Je pense même que beaucoup de bureaucrates, de hauts fonctionnaires, de politiques étatistes sont sincères dans leur volonté d'aider. Mais ils sont pris dans un piège cognitif terrible. Beaucoup d'entre eux rêveraient secrètement d'avoir construit quelque chose. D'avoir créé une entreprise, un produit, un service. D'avoir laissé une trace tangible. Mais ils n'ont pas pris ce risque. Ils ont choisi la voie plus sûre, plus protégée, celle qui ne demande pas de mettre sa peau en jeu. Et avec le temps, cette frustration se transforme en cynisme déguisé en moralité. C'est pour ça que la haine des milliardaires est si viscérale chez ces gens. Ce n'est pas vraiment une analyse économique. C'est un règlement de compte existentiel. Les entrepreneurs leur rappellent en permanence ce qu'ils auraient pu être, et ce qu'ils ont choisi de ne pas tenter. Plus l'entrepreneur réussit, plus la blessure narcissique est profonde, plus le besoin de le délégitimer devient pressant. J'écris ça sans hostilité. C'est une observation tragique, pas un mépris. Beaucoup de ces gens ont littéralement le bon hardware, l'envie d'allouer les ressources pour le bien commun, mais le mauvais software pour le faire. Le bon software, celui qui fonctionne, exige trois choses qu'ils ont refusées : prendre des risques personnels, accepter de tout perdre, et vivre avec les conséquences directes de ses décisions. Maintenant, le pari civilisationnel. Nous entrons dans une décennie unique dans l'histoire humaine. L'intelligence devient une commodité. Demain matin, n'importe qui pourra invoquer une équipe d'ingénieurs, de chercheurs, de stratèges, d'avocats, de médecins, à un coût marginal proche de zéro. L'énergie va suivre le même chemin avec le solaire qui s'effondre en coût et le nucléaire avancé qui revient. Nous allons vers une abondance brute jamais imaginée. Ce moment historique peut prendre deux trajectoires radicalement différentes. Premier scénario. Nous laissons les bureaucraties existantes capturer cette abondance. Elles vont la "réguler", la "redistribuer", l'encadrer, la taxer, la planifier. Le résultat sera mathématique. Cette abondance latente atteindra peut-être 1 à 5% de son potentiel réel. Le reste sera dissipé en frictions, en clientélisme, en allocations politiques, en projets vanity étatiques. Comme la France utilise aujourd'hui 1 à 5% de son potentiel humain, écrasé sous 57% de dépense publique. Deuxième scénario. Nous construisons des systèmes par design anti-fragiles à la bureaucratie. Des systèmes où ceux qui allouent les ressources ont leur peau en jeu. Où les entrepreneurs peuvent tester, échouer, recommencer, sans demander la permission à 12 commissions. Où la création de valeur est récompensée, et la destruction de valeur, sanctionnée immédiatement. Dans ce scénario, l'humanité passe en quelques décennies à un niveau de prospérité que nous peinons à imaginer. L'écart entre les deux scénarios n'est pas marginal. C'est probablement un facteur 50 sur la qualité de vie humaine d'ici 2100. C'est potentiellement la différence entre une humanité multiplanétaire, débarrassée de la maladie, libérée de la rareté, et une humanité figée dans une nouvelle forme de soviétisme bureaucratique technologique. Ce qui se joue aujourd'hui est donc beaucoup plus grand que la fiscalité ou la régulation du moment. Ce qui se joue, c'est qui pilote la transition vers l'abondance. Les entrepreneurs qui ont prouvé empiriquement qu'ils savent créer de la valeur. Ou les bureaucrates qui ont prouvé empiriquement qu'ils savent en dilapider. Mon engagement personnel est clair. Je viens d'un pays qui a fait le mauvais choix pendant 50 ans, et qui en paie le prix tous les jours dans la chair de ses citoyens. Je construis Argil pour faire partie de ceux qui démontrent l'autre voie. Je tweete, j'écris, je débats, parce que je crois que cette bataille des idées va déterminer le siècle. Aux gens qui pensent comme AOC, je n'ai pas de mépris. J'ai une invitation. Sortez de la position d'observateur moralisateur. Construisez quelque chose. Lancez une entreprise, un produit, un service. Mettez votre peau en jeu. Acceptez de tout perdre. Et revenez ensuite nous expliquer comment allouer les ressources de la planète. Vos arguments auront alors un poids qu'ils n'ont pas aujourd'hui. Aux entrepreneurs, aux bâtisseurs, aux gens qui créent en silence pendant que d'autres parlent dans des micros, je vous dis ceci. L'histoire est de votre côté. Toutes les sorties de la pauvreté, sans exception, sont venues de gens comme vous. Toutes les régressions, sans exception, sont venues de gens qui ont prétendu vous contrôler. Continuez. Construisez. Prenez des risques. Échouez vite, recommencez plus vite. Le siècle qui s'ouvre vous appartient, à condition que nous gagnions cette bataille des idées avant que la bureaucratie ne capture l'abondance qui arrive. Le futur sera entrepreneurial. Ou il sera médiocre. Il n'y a pas de troisième option.
Brivael Le Pogam@brivael

AOC vient d’accuser Airbnb d’être responsable de la crise du logement américain. C’est exactement comme accuser le thermomètre d’être responsable de la fièvre. Le niveau d’inversion causale est tel qu’on se demande si elle ment ou si elle ne comprend vraiment rien à l’économie qu’elle prétend réguler. Reprenons calmement. La crise du logement aux États-Unis (et en France, et partout en Occident) a une cause unique, parfaitement documentée par 60 ans de littérature économique : la pénurie d’offre, créée par la régulation publique. Quand l’offre de logements est artificiellement bloquée par les zonages restrictifs, les permis impossibles à obtenir, les normes empilées, les contrôles de loyers, et les protections excessives qui rendent louer plus risqué que de garder vide, le résultat mathématique est une explosion des prix. Pas à cause d’Airbnb. À cause des élus comme AOC. San Francisco est le cas d’école. Entre 2010 et 2020, la ville a créé environ 50 000 emplois pour chaque 10 000 logements autorisés. Le prix médian d’une maison y a dépassé 1.5 million de dollars. Pas parce que des “billionaires” achètent tout. Parce que la ville interdit littéralement de construire. New York, le district même d’AOC, c’est pire. Les règles de zonage de 1961 sont encore largement en vigueur. Le rent control bloque la rotation du parc. Les permis de construction prennent en moyenne 5 ans. Résultat : un loyer médian à Manhattan qui dépasse 4500$ et des jeunes qui partent en Floride ou au Texas. Pendant ce temps, Houston, qui n’a presque pas de zonage, construit massivement et reste l’une des grandes villes américaines les plus accessibles. Tokyo, qui a libéralisé son marché du logement en 2002, a vu ses loyers stagner pendant que ceux de Paris, Londres, et New York doublaient. Ce n’est pas une opinion. C’est un fait observable. Anecdote personnelle. Quand je suis arrivé à San Francisco pour Y Combinator l’an dernier, trouver un logement a été l’une des expériences les plus surréalistes de ma vie. Des studios à 4000$ par mois, des listes d’attente de 6 mois, des landlords qui demandent 3 mois de caution plus du “key money”, des annonces avec 40 candidats en 24 heures. Pas parce que la ville manque physiquement d’espace. Parce qu’il est interdit d’y construire. Et qui défend ces régulations ? Exactement les gens comme AOC. Ceux qui veulent “protéger” les locataires en gelant le marché, qui finit par les exclure complètement. Maintenant, la partie sur Airbnb est une inversion totale. Airbnb ne crée pas la pénurie. Airbnb existe parce que la pénurie existe. Quand louer en longue durée devient juridiquement et fiscalement absurde (procédures d’expulsion de 18 mois, plafonnements de loyers, taxes punitives sur les revenus locatifs), les propriétaires basculent rationnellement vers la location courte durée. Airbnb est le symptôme, pas la cause. Voulez-vous que les propriétaires reviennent au long terme ? Simplifiez le code locatif, raccourcissez les procédures, supprimez les contrôles de loyers, et la location longue durée redeviendra plus rentable que le tourisme. Le marché s’autorégule, à condition qu’on cesse de l’étrangler. Sur le lobbying, la lecture d’AOC est inversée également. Pourquoi Airbnb dépense-t-il en lobbying ? Parce que la régulation existe et menace son existence à chaque mandat. Dans un marché libre, personne ne ferait de lobbying parce qu’il n’y aurait rien à arracher aux politiques. Le lobbying est l’enfant naturel de l’État interventionniste. Plus l’État régule, plus le lobbying devient rentable. Plus le lobbying devient rentable, plus les grandes entreprises s’installent confortablement dans la rente réglementaire. Plus elles s’installent, plus les nouveaux entrants sont écrasés. C’est exactement l’inverse du capitalisme. C’est du corporatisme étatique. Et c’est AOC qui le crée, pas qui le combat. Sur le mythe des “millions d’évictions à cause d’Airbnb”, les chiffres sont disponibles. Les études sérieuses (Barron, Kung, Proserpio 2021) estiment l’impact d’Airbnb sur les loyers à entre 0.4% et 1.5% selon les marchés. Le zonage restrictif et le rent control, c’est entre 30% et 50% du prix dans les grandes villes (Glaeser, Gyourko). Airbnb est statistiquement du bruit comparé à la régulation. AOC veut nous faire croire qu’un sous-locataire à Bushwick est viré de chez lui parce qu’un cadre de Goldman a réservé un Airbnb. La réalité, c’est qu’il est viré parce que sa ville n’a pas autorisé la construction d’un seul immeuble dans son quartier en 30 ans, alors que la demande explosait. Le pattern politique est toujours le même. La gauche progressiste crée le problème par excès de régulation, puis désigne un bouc émissaire privé pour expliquer le résultat, puis utilise ce bouc émissaire pour justifier encore plus de régulation. Boucle fermée. Toujours la même. L’addiction à la régulation a un nom en économie : le syndrome de l’homme au marteau. Quand votre seul outil est l’État, chaque problème ressemble à un problème étatique. AOC ne peut littéralement pas envisager qu’un problème puisse être résolu par moins d’État, parce que sa carrière entière repose sur la prémisse inverse. La vérité est inconfortable mais simple. Si vous voulez vraiment aider les locataires, les jeunes, les familles modestes, vous voulez plus de logements. Plus de logements veut dire moins de zonage, moins de permis, moins de normes empilées, moins de contrôles de loyers. C’est-à-dire l’exact opposé du programme d’AOC. Le marché du logement n’est pas cassé par excès de liberté. Il est cassé par excès d’intervention. Et les premiers payeurs sont précisément les pauvres qu’AOC prétend défendre. Si vous voulez vraiment le bien des pauvres, arrêtez de toucher au marché. Le marché se régule toujours. Ce qui ne se régule jamais, c’est l’arrogance des gens qui n’ont rien construit et qui pensent savoir mieux que des centaines de millions d’individus comment allouer un toit. Airbnb n’est pas le problème. AOC l’est.

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Adrien Soyer
Adrien Soyer@Adrien_Soyer·
J'adore. Quel beau sujet !
François Camé@FrancoisCame

Il y a un mois, mes jumeaux, en 3eme, ont choisi leur sujet d'exposé de grec : "Aristote; sa vie, son œuvre, son héritage". C'est pour jeudi. Et j'ai une question urgente, pour les profs ici présents. Pour tout expliquer : au départ, c'est ma faute. J'avais offert il y a six mois à Jumeau n°1, 14 ans, une bonne encyclopédie pédagogique de philo. Avec plein de photos, mais bien faite. Qu'il feuillette avec passion. Ce qui l'a amené à vouloir lire "L'éthique à Nicomaque". D'Aristote. Il a trouvé cela un peu compliqué, au début; mais finalement il a aimé, et l'a passé à son frère. Qui a aimé, même s'il a été plus critique. D'où ce choix d'exposé. Résultat : depuis un mois, à la maison, on vit, on boit, on mange du Aristote matin et soir. Ils ont lu des pages et des pages; ils ont torturé le web pour en savoir davantage; assailli Gemini et Claude IA de questions très précises; et bien sûr, ils m'ont également bombardé de questions, soir et matin (comme si j'étais un spécialiste d'Aristote...🙂). Ils ont même visionné des dizaines de vidéos. Jumeau 2 vient d'ailleurs de m'en envoyer encore une, ce matin. Joliment intitulée "Faire des maths ou disséquer des poulpes : Platon vs Aristote". D'une durée de 38 minutes 18 secondes... Qu'il faut, évidemment, que je visionne d'urgence, un samedi matin avec mon café, pour leur donner un avis... 😱 (NB. Si quelqu'un veut le faire à ma place, je lui serais éternellement reconnaissant...) youtube.com/watch?v=4Rcs2g… Sur la vie et l'œuvre, ils n'ont pas eu de souci. Mais sur l'héritage, il a fallu qu'ils se tapent l'empirisme, la scolastique, le syllogisme et la logique, St Thomas d'Aquin, Charles Darwin, etc. Et de fil en aiguille, jusqu'à John Rawls, via la justice redistributive prêchée par Aristote; et sa défense de la démocratie face au philosophe-roi de Platon... Avec chaque fois, de nouvelles questions, pour le père supposé tout savoir. Bref, cela fait un mois que je révise en douce pour ne pas perdre totalement la face. 🙂 Et je craque. Mais surtout, j'angoisse. Car : - La charmante professeur de grec leur a dit que l'exposé devait durer 8 minutes. Pas plus. C'était clair. Or, après moult synthèses, après avoir coupé et recoupé, leur Power point fait encore 40 diapos. Ce sera donc monstrueusement trop long. Oh, ils le savent. Et ces petits rigolos ont cru trouver une astuce pour faire passer cela. Leur dernière slide dit : "Aristote est le père du syllogisme. Exemple : -Tous les exposés sont toujours trop longs. -Ceci est un exposé. -Donc il fallait faire trop long. Merci de votre attention." Moi, je suis bon public, ça m'a fait sourire. Mais je doute que cela suffise à les excuser totalement. D'où ma question. Vous, comme prof, soyez francs : - Vous sabrez ces comiques, pour non respect des consignes; vous mettez un zéro... ... ou vous pardonnez parce qu'au moins, ils ont bossé ? Remarque. Au passage, j'ai quand même découvert que l'usage de l'IA pouvait parfois être drôle. Question à Claude IA : "Aristote a-t-il bien prétendu que les femmes avaient moins de dents que les hommes ?" Claude répond : "Oui, dans Historia Animalium, Livre II, chapitre 3." Et Claude ajoute : - "Il était pourtant marié, il aurait pu compter..."🙂 (Ok, Claude ne fait là que reprendre une remarque ironique faite par Bertrand Russell. Mais tel que c'était exprimé par l'IA, c'était drôle. Et de plus, cela a poussé mes jumeaux à exiger de pouvoir compter minutieusement les dents de leur mère, par ailleurs suroccupée. "Méthode empirique", ont-ils dit d'un ton faussement sérieux. Ce qui a donné lieu à des débats avec elle que j'avoue, non sans honte, avoir trouvés assez divertissants à observer.😅 )

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Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
Mélenchon, le mec qui te promet la lune en cassant l'échelle. "La dette n'existe pas, mettez ça à la poubelle". Ok mon pote, on va décortiquer pourquoi cette phrase, c'est exactement le genre de connerie populiste qui mène un pays au gouffre. Thread. 🧵 D'abord, c'est quoi la dette publique ? Quand l'État dépense plus qu'il ne récolte en impôts (ce qui arrive en France TOUS les ans depuis 1974), il doit combler le trou. Pour ça, il emprunte. Il émet des obligations (les fameuses OAT) que des investisseurs achètent. En échange, l'État s'engage à rembourser, avec des intérêts. La dette française aujourd'hui : 3 513 milliards d'euros. 117% du PIB. Soit environ 51 000€ par Français, bébés compris. Et la charge d'intérêts ? 70 milliards d'euros en 2026. C'est le 2ème poste budgétaire du pays, devant la Défense, devant la Justice. Chaque année, on crame l'équivalent du budget de plusieurs ministères juste pour payer les intérêts. Maintenant, comment notre système social est financé ? Spoiler : il ne l'est pas. Du moins, pas par nos impôts. En 2025, l'État a encaissé 311 milliards de recettes nettes. Il a dépensé 450 milliards. Déficit : 139 milliards. On finance la Sécu, les retraites, l'école, l'hôpital, les allocs… en partie à crédit. Chaque année. Le modèle social français tient debout grâce à QUI ? Aux investisseurs qui acceptent de nous prêter. 53% sont étrangers. Fonds souverains norvégiens, banques centrales, fonds de pension japonais, américains, britanniques. Ce sont eux qui achètent notre dette parce qu'ils nous font (encore) confiance. Et c'est là qu'arrive Jean-Luc, le génie qui a découvert l'eau tiède : "ils sont étrangers, donc on s'en fout, on annule". Mon vieux, t'as raté un cours d'économie. En fait, t'as raté toute la matière. Conséquence n°1 d'un défaut souverain : tu ne peux plus emprunter. Personne ne te prête à un fou qui vient de rayer ses créances. Donc demain, plus 1 centime de nouvelle dette. Or je te rappelle : on a besoin de 310 milliards d'emprunts en 2026 juste pour faire tourner la boutique. Conséquence n°2 : 139 milliards de dépenses qu'on ne peut plus financer. Du jour au lendemain. Donc concrètement : tu ne paies plus les retraites, tu ne paies plus les fonctionnaires, tu ne paies plus les allocs, tu ne paies plus les hôpitaux. Choisis ton secteur, il crève. Conséquence n°3 : effondrement bancaire. Les banques françaises détiennent une partie massive de cette dette. Tu l'effaces, tu déclenches des faillites en cascade. Tes économies, ton livret A, ton assurance-vie ? Vapeur. Conséquence n°4 : fuite des capitaux, effondrement de l'euro (la France c'est 20% de la zone euro), inflation explosive sur tout ce qu'on importe (énergie, alimentation, médicaments). Le pouvoir d'achat des Français pulvérisé en 6 mois. Regarde la Grèce en 2010-2012. Pas un défaut total, juste une restructuration. Résultat : 25% de chute du PIB, chômage à 28%, suicides en hausse, retraites coupées de moitié, hôpitaux sans matériel. Pendant 10 ans. Et c'était avec l'aide de l'UE et du FMI. Imagine sans. Mais Jean-Luc ne s'embarrasse pas de ces détails. Lui, il vend du rêve à des gens qui souffrent vraiment, en leur faisant croire qu'il existe un bouton magique pour tout régler. C'est pas de la politique, c'est de la démagogie pure. Et c'est dangereux. Le pire ? Il sait. Il n'est pas idiot. Il sait pertinemment qu'annuler la dette c'est condamner les classes populaires, celles qu'il prétend défendre, à la misère absolue. Les riches ont les moyens de partir. Les pauvres se prennent l'effondrement en pleine gueule. La vraie question n'est pas "comment annuler la dette" (réponse : on peut pas sans tout détruire). La vraie question, c'est "comment arrêter d'en créer". Et ça, ça suppose de réduire la dépense publique, qui atteint 57% du PIB en France. Record mondial ou presque. Mais réduire la dépense, ça veut dire dire non à des gens. Ça veut dire faire des choix. Ça demande du courage politique. Mélenchon préfère vendre du fantasme. C'est plus facile, ça fait des votes. Et tant pis si le pays brûle après lui. La dette existe, Jean-Luc. Et un jour ou l'autre, quelqu'un la paie. La seule question c'est : qui ? Avec ton plan, ce sera tout le monde, en même temps, et brutalement.
Surmulot@SurmulotsNews

💸 🇫🇷 « La dette n'existe pas ! Mettez tout ça à la poubelle ! » déclare Jean-Luc Mélenchon...

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Olivier Roland
Olivier Roland@OlivierRoland·
L'UE vient de reconnaître officiellement, dans une étude de 281 pages, que les impôts sur la fortune ne rapportent rien. Et au lieu de les baisser, elle prépare la prochaine vague d'exit taxes pour empêcher les riches de partir. On décortique. L'étude a été commandée en 2024 par la Direction Générale Fiscalité de la Commission européenne "dans le contexte des discussions internationales à l'OCDE, au G20 et à l'ONU". Traduction : le coordinateur supranational des États se rend compte qu'ils perdent leur base fiscale et étudie comment réagir collectivement. Ce que l'étude reconnaît officiellement, et c'est rare : - Premier aveu : "Les wealth taxes examinés n'ont pas été une source majeure de revenus." L'UE elle-même admet que les impôts sur la fortune rapportent peu. C'est un aveu majeur quand on sait que LFI, la NUPES, et toute la gauche européenne demandent depuis des années le retour de l'ISF en argumentant qu'il rapporterait des milliards. - Deuxième aveu : "Il existe des preuves limitées concernant la mobilité internationale des ultra-high-net-worth individuals." Traduction : on ne sait pas combien partent vraiment, mais on commence à comprendre que c'est un problème. L'étude étudie 7 pays incluant la Norvège (qui a vu une fuite massive vers la Suisse en 2022-2023 après augmentation de l'impôt sur la fortune) et la Suisse elle-même comme contre-exemple. - Troisième aveu : "Les écarts de taxation, dus aux exemptions, allègements ou conformité inadéquate" expliquent l'inefficacité. Plus poliment : les riches utilisent les niches fiscales et la mobilité pour contourner. C'est exactement le sujet du chapitre 4 de mon livre. - Quatrième et plus important : l'étude souligne "l'importance de l'échange efficace d'informations sur les bénéficiaires effectifs, l'enregistrement des biens immobiliers et des actifs". Traduction : la solution proposée n'est pas de réduire les impôts pour retenir les contribuables. La solution proposée est de mettre en place une infrastructure de surveillance fiscale globale pour empêcher la fuite. Et c'est précisément le pattern que je documente dans "Tout le monde n'aura pas la chance de quitter son pays" - les États-nations qui voient leur base fiscale fondre n'ont que deux options structurelles : - Option un, baisser leurs prélèvements et redevenir compétitifs. C'est la voie suisse, irlandaise, émirati, désormais aussi turque. La Suisse, étudiée dans ce rapport comme contre-exemple non-UE, a un wealth tax cantonal qui rapporte parce qu'il est modéré (autour de 0,1 à 1% selon les cantons) et que les contribuables ne partent pas. - Option deux, construire une infrastructure de surveillance et de coercition pour empêcher la fuite. C'est la voie OCDE/UE/ONU. Pillar 2, exit taxes renforcées, échange automatique d'informations CRS, registre des bénéficiaires effectifs, FATCA-isation de l'Europe. Cette étude TAXUD s'inscrit explicitement dans cette logique. L'étude couvre 4 États membres : Autriche (a aboli son wealth tax en 1994), France (a aboli l'ISF en 2017), Allemagne (a aboli son wealth tax en 1997), Espagne (a maintenu un patchwork régional). Plus 3 pays non-UE : Norvège (qui souffre actuellement de fuite massive), Suisse (le seul qui réussit), Colombie. Ce choix de pays raconte une histoire : presque tous les pays qui ont eu un wealth tax l'ont aboli, et ceux qui le maintiennent voient leurs riches partir, sauf la Suisse. Ce que l'UE ne dit pas explicitement mais qui ressort de l'étude : ça ne marche pas. Les wealth taxes ne rapportent pas, créent des distorsions, et accélèrent la fuite des capitaux. La seule réponse politiquement acceptable est donc de transformer l'UE en système coercitif global plutôt que de reconnaître que le modèle fiscal lui-même n'est plus viable. C'est exactement la dynamique de fin de partie que je décris dans le livre. Quand la voie de la sortie devient impossible (Hirschman), il ne reste que la voix (réforme) ou la loyauté (acceptation). Et puisque la voie de la réforme est verrouillée démocratiquement en France et dans la plupart des États-providence européens, la seule option restante pour les États est de fermer la sortie. L'étude TAXUD n'est pas un document neutre. C'est la préparation intellectuelle de la prochaine vague d'exit taxes européennes coordonnées. Et elle confirme, malgré elle, que mon livre n'est pas alarmiste. Il décrit ce que les institutions européennes elles-mêmes étudient en interne. Pour ceux qui peuvent encore choisir leur juridiction, la fenêtre se réduit. Pas demain. Mais dans les cinq à dix prochaines années, les outils de coercition vont se renforcer. Ceux qui partent aujourd'hui le font dans un cadre encore relativement libéral. Ceux qui attendent 2030 partiront sous un régime d'exit tax européenne potentiellement musclée.
Olivier Roland tweet media
Wall Street Mav@WallStreetMav

The European Union released a study last month about wealth confiscation from the richest of their citizens. The study basically concludes that countries need to have strong exit taxes in place to prevent wealth from leaving as the socialists confiscate the property and money.

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La Lettre d'Afghanistan 🇦🇫
Parwana a été sauvée. Neuf ans, vendue 2 200 dollars à un homme de 55 ans dans un camp de déplacés du Badghis, pour que sa famille puisse manger. Un reportage de CNN a provoqué un tollé international, l'organisation Too Young to Wed est intervenue, et Parwana a pu rejoindre une maison d'accueil à Herat. "Je suis vraiment heureuse, ils m'ont délivrée de mon mari et mon mari est vieux", a-t-elle dit lors du trajet. Mais pour une Parwana sauvée, combien de milliers d'autres condamnées et vendues comme du bétail ? Depuis la prise de pouvoir des talibans en août 2021, les ventes de fillettes ont été multipliées par trois. Un tiers des Afghanes de moins de 18 ans ont été contraintes au mariage. Dans les camps de déplacés, les familles font des calculs impossibles : rembourser une dette, payer des soins médicaux, nourrir les autres enfants. Et la fille — six ans, trois ans, parfois dix-huit mois — devient la seule monnaie disponible. Les talibans ont fait semblant de prendre un décret contre cette pratique. Dans les faits, fidèles à leur habitude, ils ont fait exactement le contraire : encouragé les mariages forcés, en pratiqué eux-mêmes, et démantelé tous les mécanismes institutionnels qui auraient pu y mettre fin. Les ONG internationales font ce qu'elles peuvent dans un espace d'action qui rétrécit chaque année. Ce rapport documente l'ampleur du phénomène, l'attitude des talibans, les marges d'action humanitaires, et donne la parole à des femmes qui ont survécu à leur propre vente — celles qui ont pu parler. La Lettre d'Afghanistan buff.ly/rCj9bk3 Lire le rapport
La Lettre d'Afghanistan 🇦🇫 tweet media
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Marc Vanguard
Marc Vanguard@marc_vanguard·
🔴 Le niveau scolaire S'EFFONDRE à un point que vous n'imaginez même pas. Vous ne serez plus la même personne après avoir vu ces chiffres hallucinants 🧵⬇️
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Olivier Roland
Olivier Roland@OlivierRoland·
Ze Clint a raison sur le fond, et la situation est encore plus drôle (ou tragique, selon votre humeur) que ce qu'il décrit. Vérifions. Le 15 avril 2026, la Commission européenne a lancé son application de vérification d'âge. Sept pays "frontrunners" sont déjà engagés : Chypre, Danemark, France, Grèce, Irlande, Italie, Espagne. Déploiement complet prévu fin 2026. Le 29 avril, en conférence de presse à Strasbourg, Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission pour la souveraineté technologique, a été interrogée sur le fait que les enfants pourraient contourner le système avec un VPN. Sa réponse, citée par GovInfoSecurity : "C'est difficile, bien sûr, d'avoir des solutions technologiques qui ne peuvent pas être contournées... c'est aussi une partie importante des prochaines étapes de regarder [la question] que cela ne soit pas contournable." Traduction en français de Bruxelles vers le français du quotidien : on va devoir s'attaquer aux VPN. Pas tout de suite, pas frontalement, mais ça vient. Et c'est ici que la mécanique devient fascinante. Parce que les VPN ne sont pas un outil marginal. Ils sont utilisés massivement par : - Les entreprises pour sécuriser leurs communications et accéder à leurs serveurs internes depuis l'extérieur. Tout le télétravail moderne en dépend. - Les journalistes qui protègent leurs sources, notamment ceux qui couvrent des sujets sensibles dans des pays autoritaires. - Les opposants politiques dans les régimes autoritaires, qui dépendent des VPN pour communiquer avec l'extérieur. - Les voyageurs qui veulent accéder à leurs services bancaires, leurs comptes Netflix payés en France, leurs emails sécurisés depuis l'étranger. - Les citoyens européens soucieux de leur vie privée, après deux décennies à se faire répéter par la même Commission qu'ils doivent protéger leurs données contre la surveillance. Toute cette infrastructure va devoir être remise en question, restreinte, ou neutralisée, parce que des adolescents pourraient les utiliser pour accéder à Instagram. La hiérarchie des priorités est saisissante. Mais surtout, Ze Clint a parfaitement raison sur la dynamique technique. Quand vous bloquez les VPN, vous ne faites pas disparaître le besoin de contournement. Vous le déplacez vers des outils plus avancés. Tor. Les bridges Tor obfusqués. Les réseaux mesh. Les VPN décentralisés sur blockchain. Les protocoles obfusqués du type Shadowsocks, V2Ray, Trojan. Toute la trousse à outils que les Iraniens, les Chinois, les Russes utilisent depuis des années pour contourner leurs propres firewalls nationaux. L'Europe est en train d'apprendre à ses adolescents à utiliser les mêmes outils que les dissidents chinois. Bravo. Et regardons maintenant le pattern, parce que c'est le plus important. Étape un, on identifie un problème réel : les enfants accèdent à des contenus inappropriés. Étape deux, on construit une infrastructure technique pour le résoudre : application de vérification d'âge, identité numérique, base de données d'attestations. Étape trois, on découvre que les utilisateurs contournent. Étape quatre, on attaque les outils de contournement. Étape cinq, dans cinq ou dix ans, on aura une infrastructure de surveillance et de contrôle sans précédent dans l'histoire des démocraties européennes, construite morceau par morceau, chaque morceau... justifié par la protection des enfants. C'est exactement le pattern que je documente dans "Tout le monde n'aura pas la chance de quitter son pays". Le FATCA était pour l'évasion fiscale. Le KYC contre le blanchiment. Le Patriot Act contre le terrorisme. À chaque fois, le prétexte est inattaquable. À chaque fois, l'infrastructure créée dépasse largement son objectif annoncé. À chaque fois, elle ne disparaît jamais. Pendant ce temps, les vrais experts de la cybersécurité, ceux qui ont déjà étudié l'app, ont montré qu'on peut la contourner en deux minutes. Paul Moore, consultant en cybersécurité, l'a démontré publiquement. Mais peu importe. L'objectif n'a jamais été de protéger réellement les enfants. L'objectif est de construire l'infrastructure de surveillance pour tenter de résister aux disruptions qui menacent l'Etat-Nation et l'Europe. Plus de contrôle de la population pour tenter d'enrayer le déclin de l'État vieillissant face au Réseau. C'est exactement ce que l'Eglise a tenté en essayant de réguler l'imprimerie pour étouffer le Protestantisme, avec le succès que l'on sait. Et cette fois, le Réseau s'apprête à former une nouvelle génération qui saura le contourner mieux que jamais.
Olivier Roland tweet media
Ze Clint@ZeClint

L’Europe pense résoudre les problèmes d’anonymat en ligne en s’attaquant aux VPN. Sérieusement ? On veut empêcher les gens de contourner les contrôles d’identité sur les réseaux sociaux… en supprimant l’un des outils les plus connus. Comme si Internet allait gentiment se plier à une directive administrative. Ce qui va réellement se passer est beaucoup plus simple : plus vous fermez une porte, plus vous poussez les gens à apprendre à en ouvrir dix autres. Les VPN, c’est le niveau débutant. En voulant les bloquer, on va juste accélérer l’éducation technique de toute une génération vers des outils bien plus opaques, plus distribués, et autrement plus difficiles à contrôler. Autrement dit : une mesure pensée pour “reprendre le contrôle” risque surtout de le faire perdre complètement. À force de réguler sans comprendre les dynamiques techniques, on ne protège pas les citoyens . En fait on les forme malgré nous à devenir experts du contournement. Brillant.

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Joan Larroumec
Joan Larroumec@larroumecj·
Le rôle social des médias est de créer une réalité informationnelle commune qui permet la discussion démocratique. Ce rôle social est souvent en contradiction directe avec la réalité économique de leur survie car ce sont les titres outranciers et le contenu partisan qui font le plus vendre, et il y a une énorme prime à flatter les a priori de ses abonnés. Ainsi les médias deviennent souvent de façon organique soit des vecteurs d’indignation, soit des pasteurs déroulant leur théologie à leur secte. Beaucoup trop de médias en ce moment propagent volontairement ou par omission deux idées explosives mais fausses : •les automobilistes français généreraient le superprofit de Total avec les prix élevés à la pompe. •il suffirait de taxer les superprofits de Total comme on l’a fait avant pour rétablir plus de justice économique. Et ne donnent pas les outils pour comprendre ce qui se joue. D’où viennent les giga bénéfices de Total ? De l’amont (Brésil, Libye, Norvège) sur des barils vendus à prix forts, et du négoce qui a capté la volatilité Ormuz. Le FT a documenté plus d’un milliard de dollars de gains rien qu’en raflant les cargaisons exportables du Golfe avant la fermeture du détroit. Aucun de ces revenus ne vient du prix à la pompe en France. Pourquoi zéro bénéfice en France de Total malgré la pompe à 1,90 € ? Sur un litre, l’État capte environ 1 € (TICPE + TVA), le brut et le raffinage 0,75 €, la marge aval 0,15 €. Pas d’extraction française, trois raffineries hexagonales peu compétitives. Résultat : pas d’IS payé en France au titre de 2024, pertes structurelles sur le raffinage hexagonal. Où est le pognon ? À Genève : 1 100 salariés au hub négoce, où Total récupère les 5,9 Md$ de profits “Reste du monde” du bilan 2024. Pourquoi la taxe superprofits ne marche pas ce coup-ci ? Elle est assise sur le bénéfice fiscal français. Or celui-ci est négatif pour Total en France. La contribution 2023 sur les fossiles, estimée par Bercy à 200 M€, est venue très majoritairement des autres raffineurs et distributeurs, pas de Total. Reproduire l’opération en 2026 donnerait zéro recette sur le groupe. Comment on peut quand même récupérer la manne pétrolière ? Pas de solution magique. - Taxe sur la marge brute des distributeurs (300-600 M€/an) : risque de répercussion sur le consommateur, fragilise stations rurales et indépendants. -Contribution sur le CA pétrolier français (modèle TSN numérique) : frottements avec les conventions fiscales, représailles tarifaires possibles. - Encadrement réglementaire des marges : pas de recette, et risque de fermetures sur des raffineries déjà en survie (Donges). Que faire alors que les gens galèrent avec le prix du pétrole ? Le consensus économique, si l’on tient à une intervention de l’État, favorise plutôt un chèque énergie ciblé sur les ménages modestes. Effet direct sur le pouvoir d’achat, pas de distorsion industrielle, pas de contentieux européen, pas de délocalisation induite. Coût budgétaire comparable à une surtaxe symbolique, efficacité sociale supérieure. Je suis frustré de ne pas pouvoir taxer les profits de Total et de les voir distribuer autant de dividendes. Que peut-on faire ? Quelques leviers existent, mais rien de foufou. Le Pilier 2 OCDE, en vigueur depuis 2024, permet à la France de récupérer un complément d’imposition à 15 % sur les bénéfices suisses sous-imposés du groupe. On pourrait gratter quelques dizaines de millions en étant plus agressif. On pourrait aussi conditionner les aides publiques à Total à un seuil de bénéfices français déclarés. Quelques centaines de millions par an cumulés à gratter. Pas si mal mais ne change pas la donne. Pourquoi l’État ne fait pas ça ? Ils sont corrompus ? Total est le principal actionnaire de la SAGESS, qui gère les stocks stratégiques pétroliers, le principal raffineur sur le territoire, un partenaire des armées, un employeur direct de 35 000 personnes. La cotation croisée des actions ordinaires sur le NYSE a démarré en décembre 2025 et l’actionnariat nord-américain représente désormais 38 % du capital, dont plus de 50 % de l’actionnariat institutionnel. Une politique fiscale agressive accélérerait un transfert de siège, comme Shell l’a fait des Pays-Bas vers Londres en 2021. Le contrat implicite remonte à Poincaré en 1924 et a été consolidé par de Gaulle : Total opère mondialement avec le soutien diplomatique et militaire français. En retour, l’État renonce à une partie de la rente fiscale. Tant que la France importe la quasi-totalité de son pétrole, Total est un instrument de souveraineté autant qu’une entreprise privée. Bercy préfère un Total fiscalement neutre en France mais opérationnellement présent à un Total délocalisé. Cette logique est trop rarement assumée publiquement, parce qu’inaudible face au prix à la pompe. Et il est probable que les partis qui aujourd’hui s’offusquent de la relative protection de Total n’aient ce luxe que parce qu’ils ne sont pas aux manettes. Au pouvoir, entre saper durablement la souveraineté de la France et gérer une grogne passagère des automobilistes, le choix est souvent vite fait.
BFM Business@bfmbusiness

Propulsé par le bond des cours du pétrole, Totalenergies voit son bénéfice trimestriel bondir de 51% à 5,8 milliards de dollars et augmente son dividende l.bfmtv.com/cTKY

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Géraldine Woessner
Géraldine Woessner@GeWoessner·
Quoiqu'on pense du fond du dossier, il y a, dans cette pulsion de censure de sujets fondamentaux - et sur lesquels les Français sont parfaitement capables de se faire leur propre opinion en triant les données -, quelque chose de profondément inquiétant...
BFM@BFMTV

💬"Ce qu'on a vu dans ce rapport se rapproche d'une volonté de recentralisation politique, c'est extrêmement dangereux" En colère, la députée Sophie Taillé-Polian déplore la publication du rapport sur l'audiovisuel public #BFM2

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Olivier Roland
Olivier Roland@OlivierRoland·
C'est un des trucs les plus fascinants de la comptabilité française. Et l'un des plus cyniques. L'État te dit en gros titre : "On a augmenté le budget de l'Education de 8 milliards en 20 ans, soit 10%, regardez comme on prend l'éducation au sérieux." Et en réalité, sur ces 8 milliards, 7 partent dans le CAS Pensions, c'est-à-dire les retraites des profs déjà partis. Donc concrètement : l'élève en CM2 en 2026 ne voit pas un centime de plus que celui de 2006. Sa classe a la même taille. Son prof a le même équipement. Sauf qu'on a fait passer 7 milliards de plus pour payer les pensions de ses prédécesseurs, et qu'on appelle ça "investir dans l'éducation". L'économiste Julien Grenet le dit clairement : "le budget de l'Education nationale est artificiellement gonflé". Une fois les retraites retirées du calcul, la France investit MOINS que la moyenne européenne et OCDE dans son école, notamment dans le primaire. Pendant que la France a parmi les classes les plus chargées de l'OCDE selon les données officielles. C'est exactement le genre de mécanisme que je documente dans "Tout le monde n'aura pas la chance de quitter son pays". Quand un État vieillit démographiquement et qu'il refuse de réformer, tous ses budgets finissent par être bouffés par le service de la dette intergénérationnelle. L'éducation, la santé, la défense, la recherche, tout devient secondaire. Le seul vrai poste de dépense, c'est payer ceux qui ont déjà fini de cotiser. Et le plus pervers, c'est que personne ne le voit. Le ministre annonce fièrement "+8 milliards pour l'école" et les médias relaient. Aucun commentateur ne demande "8 milliards pour qui exactement, les enfants ou les retraités ?". Aucune émission politique ne ressort le calcul de l'IPP. Aucun journaliste ne vérifie ce que l'OCDE dit vraiment du primaire français. Pendant ce temps, tu envoies ton gosse dans une classe de 30 et tu te demandes pourquoi le niveau de PISA s'effondre.
Olivier Roland tweet media
Gabriel Lattanzio@GabLattanzio

Entre 2006 et 2026, le budget de l'Education est passé de 81 à 89 milliards (en € de 2026). Sur ces 8 milliards, 7 milliards sont consacrés... au trou des retraites. L'augmentation du budget de l'école est un détournement comptable à la faveur des retraités.

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🇫🇷 Camille 🇪🇺
🇫🇷 Camille 🇪🇺@Camille69007·
Et tous les commentateurs y vont de leur petit avis définitif, sans jamais avoir tenu une classe, fait un cours, corrigé une copie. Tout le monde a une opinion bien tranchée sur l’école, mais combien ont déjà eu en face d’eux une classe absente, vidée de toute attention, obsédée par le téléphone, l’ordinateur, les ragots, le scrolling permanent ? Nous ne sommes pas là pour faire la police. De mon côté, c’est très simple : ceux qui viennent en cours sans écouter auront, à la fin, la note qu’ils méritent. Mais il va falloir arrêter de croire que vos enfants sont tous des génies incompris, victimes uniquement du ministre, du programme, du président ou du système. Le système a sa part, évidemment. Mais vous aussi. VOUS êtes les parents d’une génération qu’on laisse se faire détruire par les écrans, l’absence d’exigence, la démission éducative et le refus permanent de la responsabilité. Et je ne vais pas faire semblant de ne pas le voir. Ni même de vous caresser dans le sens du poil. Parce que derrière ? Tout le monde en souffre.
🇫🇷 Camille 🇪🇺@Camille69007

En l’occurrence, je suis enseignant, et je dois parfois supporter des étudiants avec la culture générale d’un flétan desséché, élevés par TikTok, Instagram et des heures de scrolling abrutissant. Quand des jeunes en études supérieures sont incapables de parler de Socrate, de Napoléon, de Bourdieu ou de la Ve République, mais peuvent disserter pendant vingt minutes sur la dernière saison d’une émission de télé-réalité débile, il faut peut-être arrêter de faire semblant que tout va bien. Et non, ils ne sont pas tous HPI, atypiques, inadaptés au système, ou je ne sais quelle excuse confortable. Beaucoup sont simplement abandonnés à des écrans, à des contenus médiocres, à une économie de l’attention qui détruit leur concentration, leur langage, leur mémoire et leur capacité à penser. Même la Chine a compris le danger de TikTok pour sa jeunesse et encadre beaucoup plus durement les usages. Nous, nous regardons tranquillement une génération se faire aspirer par le vide, puis nous nous étonnons de son effondrement scolaire, culturel et intellectuel. Si vous ne voyez pas l’idiocratie qui arrive, vous faites partie du problème. Nous ne rendons pas service à notre jeunesse en l’excusant sans cesse. Nous la désarmons. Et demain, face à des pays qui auront encore une exigence, une discipline, une culture et un rapport au travail, elle sera balayée. Et là, il ne faudra pas venir pleurer.

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Baptiste Detombe
Baptiste Detombe@BaptisteDetombe·
Les injonctions contradictoires ont de quoi rendre fous les chercheurs d'emploi. France Travail leur conseille - et même, les incite par le règlement de l'ARE - de postuler à un maximum d'offres. Les RH considèrent qu'un candidat qui candidate dans trop d'entreprises est un « red flag ». Il faut qu'il montre son envie de travailler dans l'entreprise, mais en même temps, s'il postule à trop d'offres de la même entreprise, c'est qu'il « ne sait pas ce qu'il veut ». France Travail et certaines RH disent qu'il faut préparer l'entretien, venir avec des notes pour ne pas se perdre et montrer qu'on l'a préparé. D'autres RH considèrent qu'utiliser ses notes refroidit le dialogue, et que ça montre un manque de confiance en soi. Selon certaines RH, il faut absolument que le candidat pose des questions à la fin de l'entretien pour montrer sa curiosité, mais selon d'autres, trop en poser montre que le candidat n'a pas assez fait de recherches donc manque de curiosité. Les shorts « Tu recrutes ou pas ? » de cette chaine Youtube sont une mine d'or car on voit deux grands problèmes dans le rapport des RH aux candidats et au travail : - Elles ont toutes une idée très précise et personnelle de comment doit se passer un entretien, mais aucune ne dira la même chose. Impossible de savoir ce qu'il faut vraiment fait. - Dans ces vidéos, ce qui revient tout le temps, ce sont des jugements sur la personnalité du candidat et non sur ses compétences, en essayant de déduire ce qu'il est à partir de ces moindres faits et gestes. Tout ceci n'est que de la psychologie de comptoir. Vous êtes au chômage depuis des mois, vous galérez, et votre avenir sera décidé par quelqu'un qui n'a jamais fait le travail pour lequel elle recrute, et qui vous jugera à partir de la pseudo-psychologie qu'elle aura appris dans Marie-Claire, dans Voici ou dans des réels Instagram.
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