Soizig Le Bihan

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@Briviagra

J’élève intellectuellement mes lecteurs. Respect pour le passé, ambition pour le futur. Mes tweets: 100% moi, 0% IA. (Mechanistic_interp @AnthropicAI)

Paris, France Katılım Mayıs 2026
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Soizig Le Bihan
Soizig Le Bihan@Briviagra·
@prairial_75 Prédominance? Dans ta tête. Encore une fois, il ne s'agit pas de dire "aucun X n'est fort", je dis slmt qu'en proportion d'une cohorte française, on devrait avoir bcp plus de leader.
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Prairial
Prairial@prairial_75·
@Briviagra Pour méconnaître à ce point Polytechnique et surtout l’insertion professionnelle des promotions X10+ et leur prédominance dans l’IA, il est évident que tu n’es pas polytechnicienne, au mieux diplômée d’un obscur master, plus sûrement une grosse mytho
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Soizig Le Bihan
Soizig Le Bihan@Briviagra·
Je vais le dire calmement : Polytechnique, la meilleure "grande école" d'ingénieurs en France, c'est de la merde. Et pourtant j'en suis diplômée. En France, "Polytechnicien" est une panthéonisation ; à l'étranger, c'est absolument inconnu (quoique, les recruteurs commencent à connaître l'École Polytechnique... de Lausanne) Et le problème, ce n'est pas que cette école est trop petite, mais qu'elle est nulle. En fait c'est assez simple. Comparons Nicolas, qui vient d'avoir son bac en France et va en prépa, à Pierre, son ami qui part aux US. Bac + 1-2 : - Nicolas mange des kilos de maths en MPSI, avec son prof qui enseigne la même chose depuis 30 ans, qui insulte ses élèves, en khôlle, quand ils se trompent. Pas grand chose d'autre à signaler (il ne fait en gros que des maths), mais c'est très stimulant. - Pierre commence un bachelor en computer science à Caltech. Il fait des premiers projets techniques appliqués : un hackathon de robotique, des projets de recherche sur la navigation autonome. Ça lui plait bien, il parle aux chercheurs du département, accroche bien avec un jeune chercheur qui donnait un cours. Bac +2 : Là, le gouffre s'ouvre. - Nicolas est admis à Polytechnique. Ses grands parents exultent : c'est bon, il n'a pas raté sa vie. En revanche, il n'a encore étudié que des maths théoriques et un peu de physique ; il n'a toujours aucune idée de quoi faire après. Donc autant rentrer à l'X, car à ce qu'on raconte, ça ouvre toutes les portes. - De son côté, Pierre sait qu'il va choisir un master d'IA à Stanford, parce que le chercheur avec qui il avait discuté lui a recommandé le cours de Christopher Manning. Il se donne à fond dans son bachelor et parvient à décrocher un stage chez Uber, grâce à son papier sur la navigation autonome. Bac +3-4: - Après une année passionnante de stage militaire, Nicolas est revenu en cours, et il faut avouer que les maths théoriques, quand on rentre d'un stage où on a tiré au HK416, c'est pas rigolo. Donc il préfère s'investir à fond dans la vie des assos. Il vise le Bôbar, dont la sélection consiste en gros à vivre au bar sans interruption pendant plusieurs semaines d'affilée. - De son côté, Pierre passe l'été avec un groupe de passionnés, à tenter de cracker le problème du continual learning des réseaux de neurones. Peu après le début de son master à Stanford, Pierre est contacté par un camarade qui a lancé un projet d'orchestration d'agents IA, qui est littéralement harcelée par des entreprises pour aller leur installer sa solution et qui a besoin de quelqu'un pour monter son équipe d'ingés. Pierre décide d'arrêter les études pour le rejoindre, car de toute façon les entreprises de la Silicon Valley regardent moins les diplômes que les projets accomplis. Bac + 5-6: - Nicolas, toujours en cours, s'ennuie dur devant des cours de maths théoriques sans objectif, mal prononcés en anglais par des profs franchouillards qui n'ont pas grand chose à faire de leurs élèves. Son mal-être est profond. Il aimerait avoir une copine, mais il n'y a que 18% de filles dans sa promo. Il ne s'intéresse pas beaucoup aux autres élèves car les discussions ne sont pas enrichissantes : tout le monde a les mêmes refs, ayant exactement la même formation. Il fait un stage au BCG : son chef le traite comme un chien, mais ça vaut le coup, car le tampon du BCG ouvre beaucoup de portes. La quatrième année de Polytechnique se fait toujours dans un autre master : Nicolas décide de faire un master en management sur le plateau de Saclay, histoire de garder du temps pour soi, car après s'être donné au BCG, Nicolas priorise son groupe de jazz. Etre resté sur le plateau de Saclay ne fait rien pour arranger sa dépression chronique. - La carrière de Pierre est bien lancée maintenant, il gère 5 ingés, tous moins de 25 ans, il est dans une boîte qui change le monde, et chaque journée amène des choix structurants pour la boîte. Nicolas va finir par partir chez Veolia, à gérer des projets de mise en conformité règlementaire pour une boîte de presque deux siècles (les décisions aussi y prennent des siècles). Il n'est pas passionné, mais bon, les métiers passion, de toute façon, ça n'existe pas vraiment? Et puis c'était une bonne opportunité pour un début de carrière, le salaire de 4000€ net par mois est plutôt dans la moyenne haute. Ses années de maths à haut niveau ne lui serviront jamais à rien, elles n'étaient qu'une mesure pour sélectionner les cerveaux les plus brillants. Pierre, lui, reçoit une offre d'une petite boîte nommée Anthropic pour aller lancer une verticale consumer qui fera 10 milliards de revenus dans 2 ans. Le salaire de 350.000$ par an est plutôt dans la moyenne basse, mais il aura des actions qui vont certainement décupler en valeur d'ici quelques années. Résumons : - L'X prend à bac +2 une élite triée sur le volet, les meilleurs cerveaux de matheux de France. Et les élèves en ressortent 4 ans plus tard, moins forts en ingénierie qu'à l'entrée (ils ont beaucoup perdu en maths/physique, mais enfin est ce que ces maths étaient utiles au départ), pas vraiment formés à quoi que ce soit, encore perdus sur la carrière à choisir (suffit de voir la proportion qui part en conseil), et avec une ambition proche de 0 (ils ont déjà tout gagné, ils sont polytechniciens). L'X incite même à bifurquer, car il a été dégoûté de la croissance par son maître à penser Jancovici. - Les cursus américains prennent à Bac +0 une cohorte plus large. 3 ou 4 ans plus tard, les élèves en sortent lancés, formés dans un domaine où ils sont dans l'élite mondiale. Ils ont l'ambition de dévorer le monde, et les moyens de le faire. Il est temps que nos élites se réveillent et arrêtent de sacraliser ces grandes écoles qui gaspillent nos cerveaux. La France gagnerait peut être à supprimer l'Ecole Polytechnique.
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ali to
ali to@XressesV·
@Briviagra @FlipFlap2024 Je sais pas ou vous avez fais vos stages aux US, mais j'ai fais mon stage de fin d'étude en front office, et non seulement ils connaissaient tous CS avant de me prendre mais aussi très bien l'X. Leur niveau de math par rapport au notre est ... limité on va dire
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L'ingérable
L'ingérable@MathieuL1·
Rarement vu un tel concentré de mauvaise foi... Rien que parmi les Polytechniciens de moins de 30 ans que je connais personnellement (ils sont peu nombreux), il y a une chercheuse dans le Forbes 30 under 30, un chercheur en IA chez Meta, un chercheur en ML pour la structure des protéines à Londres, un vulgarisateur scientifique connu... Prends un échantillon aléatoire de diplômés de Caltech, et on va voir s'ils "réussirent" mieux ou moins bien leur carrière en moyenne, et ont plus ou moins d'impact sur la société que les X... ^^
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Soizig Le Bihan
Soizig Le Bihan@Briviagra·
Ceux qui disent que les X sont forts en IA: d'accord, comment le mesurer ? Ah, j'ai une idée, on va compter l'impact des papiers qu'ils écrivent. Je vous mets ci-dessous CSRankings, qui compte exactement ça. Restraint à l'Europe, sinon les Américains et Chinois sont trop loin devant. Vous voyez l'X, vous ? TUM, l'ETH, l'EPFL sont d'excellentes écoles. L'X n'est qu'un écho de sa gloire passée. Et ceux qui vantent encore notre système en dépit des chiffres ("les classements sont mauvais" -> dans ce cas propose un meilleur classement) devraient faire un tour à l'étranger.
Soizig Le Bihan tweet media
Soizig Le Bihan@Briviagra

Je vais le dire calmement : Polytechnique, la meilleure "grande école" d'ingénieurs en France, c'est de la merde. Et pourtant j'en suis diplômée. En France, "Polytechnicien" est une panthéonisation ; à l'étranger, c'est absolument inconnu (quoique, les recruteurs commencent à connaître l'École Polytechnique... de Lausanne) Et le problème, ce n'est pas que cette école est trop petite, mais qu'elle est nulle. En fait c'est assez simple. Comparons Nicolas, qui vient d'avoir son bac en France et va en prépa, à Pierre, son ami qui part aux US. Bac + 1-2 : - Nicolas mange des kilos de maths en MPSI, avec son prof qui enseigne la même chose depuis 30 ans, qui insulte ses élèves, en khôlle, quand ils se trompent. Pas grand chose d'autre à signaler (il ne fait en gros que des maths), mais c'est très stimulant. - Pierre commence un bachelor en computer science à Caltech. Il fait des premiers projets techniques appliqués : un hackathon de robotique, des projets de recherche sur la navigation autonome. Ça lui plait bien, il parle aux chercheurs du département, accroche bien avec un jeune chercheur qui donnait un cours. Bac +2 : Là, le gouffre s'ouvre. - Nicolas est admis à Polytechnique. Ses grands parents exultent : c'est bon, il n'a pas raté sa vie. En revanche, il n'a encore étudié que des maths théoriques et un peu de physique ; il n'a toujours aucune idée de quoi faire après. Donc autant rentrer à l'X, car à ce qu'on raconte, ça ouvre toutes les portes. - De son côté, Pierre sait qu'il va choisir un master d'IA à Stanford, parce que le chercheur avec qui il avait discuté lui a recommandé le cours de Christopher Manning. Il se donne à fond dans son bachelor et parvient à décrocher un stage chez Uber, grâce à son papier sur la navigation autonome. Bac +3-4: - Après une année passionnante de stage militaire, Nicolas est revenu en cours, et il faut avouer que les maths théoriques, quand on rentre d'un stage où on a tiré au HK416, c'est pas rigolo. Donc il préfère s'investir à fond dans la vie des assos. Il vise le Bôbar, dont la sélection consiste en gros à vivre au bar sans interruption pendant plusieurs semaines d'affilée. - De son côté, Pierre passe l'été avec un groupe de passionnés, à tenter de cracker le problème du continual learning des réseaux de neurones. Peu après le début de son master à Stanford, Pierre est contacté par un camarade qui a lancé un projet d'orchestration d'agents IA, qui est littéralement harcelée par des entreprises pour aller leur installer sa solution et qui a besoin de quelqu'un pour monter son équipe d'ingés. Pierre décide d'arrêter les études pour le rejoindre, car de toute façon les entreprises de la Silicon Valley regardent moins les diplômes que les projets accomplis. Bac + 5-6: - Nicolas, toujours en cours, s'ennuie dur devant des cours de maths théoriques sans objectif, mal prononcés en anglais par des profs franchouillards qui n'ont pas grand chose à faire de leurs élèves. Son mal-être est profond. Il aimerait avoir une copine, mais il n'y a que 18% de filles dans sa promo. Il ne s'intéresse pas beaucoup aux autres élèves car les discussions ne sont pas enrichissantes : tout le monde a les mêmes refs, ayant exactement la même formation. Il fait un stage au BCG : son chef le traite comme un chien, mais ça vaut le coup, car le tampon du BCG ouvre beaucoup de portes. La quatrième année de Polytechnique se fait toujours dans un autre master : Nicolas décide de faire un master en management sur le plateau de Saclay, histoire de garder du temps pour soi, car après s'être donné au BCG, Nicolas priorise son groupe de jazz. Etre resté sur le plateau de Saclay ne fait rien pour arranger sa dépression chronique. - La carrière de Pierre est bien lancée maintenant, il gère 5 ingés, tous moins de 25 ans, il est dans une boîte qui change le monde, et chaque journée amène des choix structurants pour la boîte. Nicolas va finir par partir chez Veolia, à gérer des projets de mise en conformité règlementaire pour une boîte de presque deux siècles (les décisions aussi y prennent des siècles). Il n'est pas passionné, mais bon, les métiers passion, de toute façon, ça n'existe pas vraiment? Et puis c'était une bonne opportunité pour un début de carrière, le salaire de 4000€ net par mois est plutôt dans la moyenne haute. Ses années de maths à haut niveau ne lui serviront jamais à rien, elles n'étaient qu'une mesure pour sélectionner les cerveaux les plus brillants. Pierre, lui, reçoit une offre d'une petite boîte nommée Anthropic pour aller lancer une verticale consumer qui fera 10 milliards de revenus dans 2 ans. Le salaire de 350.000$ par an est plutôt dans la moyenne basse, mais il aura des actions qui vont certainement décupler en valeur d'ici quelques années. Résumons : - L'X prend à bac +2 une élite triée sur le volet, les meilleurs cerveaux de matheux de France. Et les élèves en ressortent 4 ans plus tard, moins forts en ingénierie qu'à l'entrée (ils ont beaucoup perdu en maths/physique, mais enfin est ce que ces maths étaient utiles au départ), pas vraiment formés à quoi que ce soit, encore perdus sur la carrière à choisir (suffit de voir la proportion qui part en conseil), et avec une ambition proche de 0 (ils ont déjà tout gagné, ils sont polytechniciens). L'X incite même à bifurquer, car il a été dégoûté de la croissance par son maître à penser Jancovici. - Les cursus américains prennent à Bac +0 une cohorte plus large. 3 ou 4 ans plus tard, les élèves en sortent lancés, formés dans un domaine où ils sont dans l'élite mondiale. Ils ont l'ambition de dévorer le monde, et les moyens de le faire. Il est temps que nos élites se réveillent et arrêtent de sacraliser ces grandes écoles qui gaspillent nos cerveaux. La France gagnerait peut être à supprimer l'Ecole Polytechnique.

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Ja Marrant
Ja Marrant@brolysw·
@Briviagra Diplômée de l’X ? Je vous trouve pas pourtant
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Traducteur de la Gauche 🌿Ⓜ️
@Briviagra Rappel : Les polytechniciens ont inventé : l’analyse de Fourier, l’optique moderne, la radioactivité, le ciment, le béton précontraint, la viscose, la boîte noire, l’anémomètre, le métro parisien, et les bases d’Internet, tout en pilotant la création du Concorde et d’Airbus...
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FlipFlap
FlipFlap@FlipFlap2024·
@Briviagra Non dans la fusion compacte, les énergies, l’ia ils sont connus.
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Soizig Le Bihan
Soizig Le Bihan@Briviagra·
@CultureLivre De rien ! Je passe du temps à écrire ces posts ça me fait plaisir de savoir que les gens les apprécient :)
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Soizig Le Bihan
Soizig Le Bihan@Briviagra·
Simone de Beauvoir est l'imposture morale la mieux protégée du XXe siècle. Et il est temps de la nommer pour ce qu'elle est. Fait n°1. En 1943, Simone de Beauvoir est radiée de l'Éducation nationale pour "incitation de mineure à la débauche". Sa victime s'appelle Nathalie Sorokine. C'est son élève au lycée Molière. Beauvoir a entretenu une relation sexuelle avec elle, puis l'a "passée" à Sartre, son compagnon. Ce n'est pas une rumeur. C'est documenté. Les lettres existent. La sanction administrative existe. La grande philosophe de l'émancipation féminine a, dans la vie réelle, prédaté ses propres élèves mineures et les a livrées à un homme de presque quarante ans pour entretenir son couple "libre". Fait n°2. Le fameux "pacte" avec Sartre, qu'on nous présente comme un modèle d'avant-garde amoureuse, est en réalité un dispositif d'exploitation organisée. Pendant des décennies, Beauvoir a repéré, séduit, rabattu de très jeunes femmes vers Sartre. Bianca Bienenfeld (dix-sept ans), Olga Kosakiewicz, Wanda, Nathalie. Bianca, devenue Lamblin, racontera elle-même dans Mémoires d'une jeune fille dérangée (le titre est un coup de poignard volontaire contre celui de Beauvoir) le système de domination affective et sexuelle qu'elle a subi adolescente. La philosophe de la liberté féminine a passé sa vie d'adulte à instrumentaliser des filles à peine sorties de l'enfance pour satisfaire le désir d'un homme et préserver sa place auprès de lui. Fait n°3. En 1977, Simone de Beauvoir signe, avec Sartre, Foucault, Derrida, Barthes, Aragon, Sollers, Glucksmann, la pétition publiée dans Le Monde et Libération demandant la libération de trois hommes accusés d'"attentats à la pudeur sans violence" sur des mineurs de moins de quinze ans. Elle signe également la lettre ouverte au Parlement demandant la suppression pure et simple du seuil de consentement sexuel pour les mineurs. Je répète parce que la phrase est sidérante : la grande figure du féminisme a, par signature publique, défendu des hommes ayant eu des rapports sexuels avec des enfants, et milité pour leur impunité légale. Une féministe. Fait n°4. Beauvoir a soutenu Staline. Elle a soutenu Mao (elle a co-écrit La Longue Marche, hymne adoré à la Chine populaire, pendant que des millions de paysans mouraient de faim). Elle a soutenu Castro. Elle a minimisé le Goulag tant qu'elle a pu. Elle a méprisé Soljénitsyne. Sur la plupart des grand carrefour moraux du XXe siècle elle a choisi le camp des bourreaux contre celui des victimes. Elle a fait ça pendant cinquante ans, avec l'aplomb de la conscience pure. Fait n°5. En 1975, dans un entretien avec Betty Friedan, Beauvoir déclare textuellement : "Aucune femme ne devrait être autorisée à rester à la maison pour élever ses enfants. La société devrait être totalement différente. Les femmes ne devraient pas avoir ce choix, précisément parce que si un tel choix existe, trop de femmes le feront." Lisez deux fois. La grande prêtresse du choix féminin pense qu'il faut interdire aux femmes le choix de la maternité, parce qu'elles risqueraient (horreur) de le préférer. La liberté de la femme, chez Beauvoir, s'arrête à la porte des décisions qu'elle ne valide pas. Voilà pour les faits. Maintenant la question : comment se fait-il qu'avec ce dossier, Simone de Beauvoir soit encore sur la couverture des manuels scolaires de nos enfants ? Comment se fait-il qu'on baptise des écoles, des bibliothèques, des amphithéâtres, des stations de métro avec son nom ? La réponse est simple. La formule de l'élite culturelle progressiste depuis des décennies tient en une phrase : nous sommes les libérateurs. Libérateurs des femmes, des minorités, des sexualités, des peuples du Sud, des opprimés en général. Or Beauvoir est la sainte fondatrice de cette formule. La déboulonner, c'est mettre en cause la formule elle-même. C'est obliger la classe dirigeante à se regarder dans le miroir et à se demander si, par hasard, elle ne se serait pas trompée d'icônes pendant soixante ans. C'est insoutenable. Donc on protège l'icône, quel qu'en soit le prix factuel. La survie psychique du groupe dépend du maintien de la fiction. Mais pendant qu'on protège Beauvoir, on laisse dans l'ombre toutes les femmes qu'elle aurait dû éclipser et qu'elle a éclipsées. Marie Curie, deux prix Nobel, qui a élevé deux filles. Rosalind Franklin, qui a vu l'ADN avant Watson et Crick. Hannah Arendt, qui a pensé le totalitarisme quand Beauvoir l'excusait. Edith Stein, philosophe brillante, morte à Auschwitz. Simone Weil (la vraie, l'autre), morte d'épuisement à trente-quatre ans en refusant de manger plus que les rationnés français. Voilà les femmes qu'on aurait dû mettre sur les frontons. Voilà les modèles qu'on aurait dû donner à nos filles. Chaque école baptisée "Simone de Beauvoir" est une école qui ne porte pas un de ces noms. Choisissons mieux nos idoles.
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MamanitaD
MamanitaD@MarieThrse16531·
@Briviagra @soiglebihan je ne sais pour qui vous vous prenez, ni pour quel "lettré" se plaçant bien au dessus de quiconque. Mais vous êtes un sacré pédant ramenant sa phraséologie pour éviter de dévoiler sa haine idéologique pourtant si manifeste. N'espérez pas m'élever intellectuellement
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Soizig Le Bihan
Soizig Le Bihan@Briviagra·
Il faut arrêter cette légende française : Mélenchon est cultivé, Mélenchon est un grand orateur. Non. Il ne l'est pas. Et le pire service que ses adversaires lui rendent, c'est de le lui concéder. J'entends partout, dans les dîners parisiens, dans les studios de radio, sur les plateaux : "moi je ne suis pas d'accord avec lui, mais quand même, il a de la culture, il sait parler". Cette phrase est devenue un tic. Un petit signe de bonne éducation qu'on lâche pour montrer qu'on est au dessus de la mêlée, qu'on ne se laisse pas aveugler par le clivage. Le problème, c'est qu'elle est fausse. Et qu'à force de la répéter, on a installé un mensonge confortable au cœur du débat français. Reprenons. Un grand orateur, ce n'est pas quelqu'un qui crie fort en agitant les bras. C'est quelqu'un dont le verbe transforme. Mirabeau changeait une assemblée. Jaurès faisait pleurer des ouvriers qui ne savaient pas pourquoi. De Gaulle pouvait, en trois phrases, redresser un pays. Churchill levait un peuple à la radio. L'éloquence, la vraie, c'est l'art de faire passer une idée précise, dense, parfois subtile, dans la tête de mille personnes à la fois. Ce n'est pas le volume. Ce n'est pas la grimace. Ce n'est pas la veste qui s'agite. Mélenchon, lui, fait du théâtre. Et encore, du mauvais théâtre. C'est du cabotinage de province monté en gamme par la télévision. Il roule les "r", il fait des effets de manche, il regarde la caméra par dessus ses lunettes, il prend des silences appuyés. Tout cela ce sont des trucs d'acteur de troisième catégorie. Cela n'a rien à voir avec l'éloquence. Une éloquence, ça résiste à la lecture. Prenez n'importe quel discours de Mélenchon, retirez la performance physique, lisez le texte à froid : il ne reste rien. De la boursouflure, des slogans, des invectives recyclées du XIXe siècle, et trois citations toujours les mêmes. J'ai croisé un soir à San Francisco un ancien diplomate français qui avait travaillé avec lui dans les années 2000. Il m'a dit cette phrase que je n'ai jamais oubliée : "le problème de Jean Luc, ce n'est pas qu'il est cultivé. C'est qu'il a lu les quatrièmes de couverture." J'ai trouvé ça cruel sur le moment. Avec le temps j'ai trouvé ça juste. Parce que c'est exactement ça. Mélenchon ne cite pas, il name droppe. Il convoque Hugo, Robespierre, Jaurès, parfois un Spinoza pour faire savant, parfois un Marx pour faire sérieux. Mais il n'entre jamais dans une idée. Il pose le nom, et il continue. C'est de la culture comme on en avait dans les jeux télévisés des années 80 : une liste de références qui sert à faire impressionnant, jamais à penser. Un homme vraiment cultivé ne convoque pas Hugo toutes les six minutes. Il pense, et de temps en temps, parce qu'une phrase de Hugo lui semble plus juste que la sienne, il la cite. La différence est immense. Regardez son corpus de références sur trente ans. C'est toujours le même petit panthéon républicain de manuel scolaire (Hugo, Jaurès, Robespierre, la Commune, parfois Camus quand il veut faire transversal). Aucun penseur contemporain sérieux. Aucun économiste lu sérieusement. Aucun scientifique. Aucune littérature étrangère hors traduction de poche. Aucun débat avec les idées vivantes de son temps. Sa "culture", c'est la bibliothèque idéale de l'instituteur radical socialiste de 1905, figée pour toujours. Et puis il y a le faux latin. Le faux grec. Cette manie d'appuyer ses interventions par des étymologies qui sont (quand on vérifie) souvent approximatives, parfois fausses. Demandez à n'importe quel agrégé de lettres classiques ce qu'il pense des leçons d'antiquité de Mélenchon. Ils sourient. Poliment, parce qu'ils sont bien élevés. Mais ils sourient. Le vrai sujet, et c'est lui qui devrait nous occuper, c'est pourquoi tant de gens intelligents tombent dans le panneau. Pourquoi des journalistes éduqués, des hauts fonctionnaires, des entrepreneurs lui concèdent automatiquement cette "culture". La réponse est simple et un peu triste : ils ne lisent plus. Ou ils lisent peu. Quand vous ne lisez plus vous-même, quelqu'un qui prononce "Thucydide" correctement vous semble un puits de science. Mélenchon est cultivé pour une société qui a oublié ce que c'est qu'être cultivé. Il est l'illusion de la culture dans un pays qui a renoncé à elle. Le simulacre fonctionne d'autant mieux que l'original a disparu. Le pire, c'est que ses adversaires qui lui concèdent ce point se croient nobles. Ils se disent : "je ne vais pas tomber dans la facilité, je reconnais ses qualités". Mais ce n'est pas de la noblesse, c'est de la paresse. La vraie noblesse intellectuelle, ce serait de dire : non, cet homme n'est pas cultivé, il est costumé en cultivé. Et c'est précisément parce qu'on le laisse passer pour ce qu'il n'est pas qu'il occupe la place qu'il occupe. Une dernière chose. J'ai un ami normalien, agrégé d'histoire, qui votait France Insoumise par fidélité familiale jusqu'en 2022. Il m'a dit un jour : "ce qui m'a fait partir, ce n'est pas la politique. C'est que j'ai relu trois de ses livres d'affilée. Je me suis aperçu qu'il n'y avait rien dedans". Ça résume tout. L'éloquence sans pensée, c'est un costume sans homme dedans. La culture sans lecture, c'est un décor sans pièce. Mélenchon est un grand acteur de la culture française, pas un grand esprit. Le reconnaître n'est pas un acte partisan. C'est juste arrêter de mentir.
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Thierry M.
Thierry M.@le_ritz_in_fr·
@Briviagra Pour un papa dans la tech qui estime avoir eu beaucoup de chances, ce serait quoi du coup, le cursus idéal pour sa fille qui rentre en Terminale, avec des spés maths/phys ? Dur de retranscrire le "Pierre" en France...
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Soizig Le Bihan
Soizig Le Bihan@Briviagra·
@Corgidelarep En effet ! C'est d'autant plus terrible de voir la débandade actuelle, quand on sait que l'école sortait autrefois des Arago et des Poincaré
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Corgi de la republique
Corgi de la republique@Corgidelarep·
@Briviagra Le système que vous jetez dans le caniveau a, jadis, produit la quintessence de la France bâtisseuse : industries spatiale et nucléaire, Concorde, tunnel sous la Manche. Il est ridicule de regarder les US comme des enfants béats. Il nous faut simplement se bouger le cul.
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Soizig Le Bihan
Soizig Le Bihan@Briviagra·
@Smallpawnee45 J'ai mis ce disclaimer "j'en suis" pour éviter que les gens viennent me pontifier sur une école dont ils ne connaissent rien
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DT
DT@Smallpawnee45·
@Briviagra C'est amusant, vous écriviez "Quand un homme bâtit sa légitimité publique sur une étiquette"... le "Et pourtant j'en suis diplômée" entre en résonance... (Ulm a été relocalisée à Palaiseau ?)
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Simon
Simon@SimonGDev·
@Briviagra Un X à plus de chances de finir dans une big tech ou une boite comme anthropic que n’importe quelle autre formation en France.
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Soizig Le Bihan
Soizig Le Bihan@Briviagra·
@unBayesien Les gueules cassées finiront tout de même avec un salaire 10x supérieur au tien
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Etienne Roussel
Etienne Roussel@unBayesien·
@Briviagra La carrière de Pierre est un gros fantasme qui ne regarde que le présent avec une grosse loupe, bien myope -> Sur 10 000 gars qui vont tenter ce parcours, y'a 3 pelés et 1 tondu qui auront cette trajectoire, et pas mal de gueules cassées. (1/2)
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Soizig Le Bihan
Soizig Le Bihan@Briviagra·
@Twitteur75 Correct : c'est plus facile d'entrer à Caltech/Stanford/CMU/Berkeley/MIT/Princeton. L'X est plus sélective à l'entrée pour des résultats médiocres à la sortie.
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Twitteur
Twitteur@Twitteur75·
@Briviagra Joli, sauf que les conditions d’entrée à caltech et Stanford n’ont rien à voir avec celles pour enter en prépa et à l’X. Sortie de l’X vous devriez savoir que les pommes ne se comparent pas aux oranges
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Romain Garrigue
Romain Garrigue@nabulio_1·
@Briviagra J'ai arrêté de lire à l'accent franchouillard et l'anglais mal prononcé. Je connais cette rhétorique simpliste.
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FlipFlap
FlipFlap@FlipFlap2024·
@Briviagra Vous vous trompez complètement. Les ingénieurs français sont reconnus aux us notamment l’X. Pour avoir côtoyé des x, mit et epfl, pour moi il n’y a pas photo, les X ont un truc en plus, une capacité de synthèse, de compréhension bien plus grande.
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MS
MS@spectralMS·
@Briviagra récit pertinent, le système prépa pourrait garder sa pertinence, à condition de briser cette culture du "une fois en école, le jeu est fini". la curiosité et l'esprit d'initiative est brisé une fois l'école décrochée.
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Soizig Le Bihan
Soizig Le Bihan@Briviagra·
Vous n'avez probablement pas entendu parler du dernier Star Wars qui sort demain, et c'est à cause de Simone de Beauvoir. Avant de hurler, lisez. Star Wars était la dernière mythologie commune de l'Occident. Lucas avait construit son film en lisant Joseph Campbell, et Campbell avait construit son livre en lisant Jung. Le voyage du héros. Le jeune homme qui quitte la ferme, qui rencontre le mentor, qui affronte le père, qui descend aux enfers, qui revient transformé. C'est une structure millénaire. Elle fonctionne parce qu'elle correspond à quelque chose de réel dans l'âme humaine. Tous les peuples l'ont racontée, des Sumériens aux Vikings en passant par l'Évangile. Sauf qu'en 1949, Beauvoir écrit : "On ne naît pas femme, on le devient." Phrase piège, qui pose le postulat qui va métastaser : si la femme est construite, alors le masculin l'est aussi, alors les rôles sont des prisons, alors les stéréotypes sont des crimes, alors toute représentation est politique. Trente ans plus tard, Judith Butler ramasse le paquet et invente le "genre performatif". Ce vocabulaire descend peu à peu des départements de Gender Studies vers les writers' rooms d'Hollywood, et devient un protocole industriel. Le cahier des charges : ne pas reproduire les stéréotypes (donc plus de héros masculin compétent, c'est "toxique"), ne pas perpétuer les rôles (donc l'héroïne doit pouvoir tout faire sans apprentissage, sinon c'est "infantilisant"), et déconstruire les anciens modèles (donc les figures admirables du passé doivent être ridiculisées ou tuées hors champ). Et là, c'est la fin du cinéma. Premièrement, car le mythe suppose un héros. Pas d'une victime, pas d'un témoin, pas d'un commentateur ironique. Un héros, c'est quelqu'un qui a un défaut, une mission, un arc, une transformation. Mais un héros implique une hiérarchie morale (le courage vaut mieux que la lâcheté), donc c'est un stéréotype suspect. Un héros implique un mentor (Yoda, Obi-Wan), donc une transmission, donc une autorité, donc une figure patriarcale suspecte. Un héros implique un destin (la Force est avec toi), donc une transcendance, donc une essence, donc l'inverse exact de ce que Beauvoir a posé en 1949. Tout ce qui fait un héros est devenu politiquement interdit. Deuxièmement, le mythe a besoin que les hommes puissent être des héros. Le voyage du héros, dans 95% des mythes humains, raconte un jeune homme qui devient un homme. Pas par sexisme. Parce que le passage à l'âge adulte masculin est l'un des deux ou trois problèmes structurels que toute civilisation doit résoudre (sans solution à ce problème, on a des gangs, pas des sociétés). Or pour la doxa hollywoodienne actuelle, montrer un homme compétent et admirable, c'est "renforcer le stéréotype du mâle dominant". Donc Luke devient un vieil aigri qui boit du lait de créature marine. Han Solo se fait tuer par son fils déprimé. Kylo Ren est un incel en cosplay. Aucun homme adulte n'a le droit d'être admirable dans une fiction grand public. C'est de la misandrie structurelle, pas un accident. Troisièmement, le mythe a besoin que les femmes puissent avoir des défauts. Et là, c'est le piège ultime. Si vous donnez à votre héroïne une vraie faiblesse (l'orgueil, la peur, la jalousie, l'aveuglement), vous serez accusé de "diminuer la représentation féminine". Donc Rey naît parfaite, gagne parfaite, finit parfaite. Aucune transformation. Aucun arc. Aucun voyage. C'est exactement l'inverse d'un personnage. C'est un drapeau qu'on agite. La descendance philosophique de Beauvoir a libéré la femme... de toute possibilité d'arc dramatique. Une héroïne dans un film woke ne peut pas tomber, parce que tomber serait "perpétuer le stéréotype". Elle ne peut donc pas se relever. Elle ne peut donc pas être un personnage. Au nom du féminisme, on a interdit aux femmes la seule chose qui fait exister un être humain à l'écran : la possibilité d'échouer. Résultat : Star Wars sort demain et personne ne le sait.
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