C. Darmangeat
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C. Darmangeat
@CDarmangeat
« Plutôt que changer le pansement, mieux vaut penser le changement »


Here’s a paper arguing that there is no progress in philosophy. The author claims that if Aristotle visited a modern university, he would be amazed by modern physics but feel at home in the philosophy classes, since the debates haven’t fundamentally changed. What do you think?



Allez, rapide cours d'économie pour les marxistes en réponse à ce post sur les bulldozers 🚧🏗️ Le "travail socialement nécessaire" est une moyenne abstraite que personne sur le marché réel ne calcule, ne connaît et n'a envie de s'embêter à connaître. Imaginez vous vous poser cette question lors de l'achat d'une brosse à dent, ridicule. C'est une construction d'intellectuels hors sol bien plus qu'un mécanisme opérationnel conscient des acteurs économiques. Aucun consommateur n'achète un bien ou un service en calculant le temps de travail moyen "socialement nécessaire" à sa production (temps, formation, investissements préalable...). Il décide d'acheter ce bien ou ce service parce qu'il satisfait un besoin subjectif à un moment donné. L'exemple du bulldozer illustre aussi parfaitement deux choses ici. Premièrement que les consommateurs se fichent des étapes préalables de production qui sont intervenues dans le creusement du trou, ce qu'ils veulent c'est un trou bien creusé, disponible et économe. Deuxièmement, ces bulldozers illustrent bien la théorie autrichienne du capital : la machine n'est pas du "travail accumulé" comme le dit Marx, c'est du capital, fruit de l'épargne, de l'entrepreneuriat, de l'innovation et de l'ingéniosité individuelle. La valeur de la machine outil ne vient pas du travail incorporé dans sa fabrication, mais de sa capacité à fabriquer des biens de consommation futurs qui eux mêmes vont satisfaire des besoins futurs plus efficacement.


Jusqu'à ce jour, les marxistes sont incapables de donner une réponse satisfaisante à ce genre de meme. C'est dire la nullité de leur pensée économique. La valeur n'est pas dans le bien ni dans l'effort fourni pour le produire. Elle est dans l'esprit de celui qui désire ce bien pour résoudre un besoin individuel. La valeur est donc subjective, marginale, contextuelle. Elle n'est pas objective, mesurable, mathématisable. Ainsi s'écrase lamentablement la théorie marxiste de la valeur travail et les théories classiques de la valeur objective. Si ces théories ont réussi à survivre jusqu'à aujourd'hui, c'est uniquement parce qu'elle donne une caution scientifique à l'interventionnisme étatique, rien d'autre.



Si t'as un pote qui pense encore que le patron "vole la plus-value", envoie-lui ça. Ça lui fera gagner 4 ans de fac d'éco. J'ai passé des heures (c'est faux, 10mn avec mon agent) à cartographier 250 ans de pensée économique dans un seul schéma interactif. De Smith à Marx, de la révolution marginaliste à l'école autrichienne. Qui pense quoi, pourquoi, et ce qui a survécu à l'épreuve du réel. Spoiler : la théorie de la valeur-travail de Marx a été formellement réfutée en 1896 par Böhm-Bawerk. Personne n'a répondu depuis. 130 ans. Pas un seul économiste. Trois mecs, dans trois pays différents, indépendamment, en 1871, sont arrivés à la même conclusion : la valeur est subjective. Menger à Vienne, Jevons à Manchester, Walras à Lausanne. Quand trois génies convergent sans se parler, c'est pas une opinion. C'est un fait. Aujourd'hui la valeur subjective est enseignée dans 100% des départements d'économie sur la planète. La valeur-travail est enseignée en histoire de la pensée. Pas en micro. Le site est en lien. Dark mode, interactif, chaque penseur est cliquable. C'est gratuit. C'est sourcé. claude.ai/public/artifac…













Tu viens de résumer la théorie de la valeur-travail de Marx. Je vais t’expliquer pourquoi elle a été réfutée il y a 130 ans, sans méchanceté. L’idée que la valeur vient du travail a un problème fondamental. Si je passe 400 heures à construire une chaise moche que personne veut acheter, elle vaut pas plus qu’une chaise construite en 2 heures que tout le monde s’arrache. La valeur ne vient pas du temps passé. Elle vient de ce que quelqu’un est prêt à payer. C’est la révolution marginaliste de 1871 (Menger, Jevons, Walras), confirmée par Böhm-Bawerk en 1896 qui a formellement démoli la théorie valeur-travail. C’est pas un débat ouvert. C’est réglé depuis plus d’un siècle dans la littérature économique. Maintenant “le propriétaire extorque la plus-value”. Extorquer implique une contrainte. Or un contrat de travail est volontaire. Personne te force à signer. Tu peux partir demain. Tu peux monter ta propre boîte. Tu peux devenir freelance. Et surtout, le propriétaire ne “prend” rien. Il prend un risque. Il avance le capital. Il paie les salaires AVANT que le produit soit vendu. Si la boîte fait faillite, le salarié touche son chômage. Le propriétaire perd tout. Ses économies, son temps, parfois sa maison. La “plus-value” que tu décris, c’est la rémunération de ce risque. Sans quelqu’un pour avancer le capital et organiser la production, le travailleur produit rien du tout. Demande à n’importe quel freelance : le plus dur c’est pas de faire le travail, c’est de trouver le client et de structurer l’offre. Dernier point. Si le travail seul produisait la richesse, les pays avec le plus de travailleurs seraient les plus riches. L’Inde et le Bangladesh auraient un PIB par habitant supérieur à la Suisse. C’est évidemment pas le cas. Ce qui fait la différence c’est le capital, l’innovation, l’organisation, et les institutions. Je te dis ça sans animosité. La théorie valeur-travail est séduisante parce qu’elle est simple et qu’elle a un héros (le travailleur) et un méchant (le patron). Mais la réalité économique est plus nuancée que ça.

