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🇮🇷 🇱🇧 "Naïm Kassem se caractérise par sa loyauté absolue envers l'Iran, ayant veillé à la cohérence entre le discours politique du parti et la doctrine du 'wilayat al-faqih', qui affirme la primauté du religieux sur le politique, rappelle Karim Bitar”
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"Naïm Kassem est un leader malgré lui, étant le successeur du successeur de Hassan Nasrallah, puisque aussi bien l’ex-secrétaire général que son cousin Hachem Safieddine ont été liquidés par les Israéliens", rappelle Karim Émile Bitar, enseignant à Sciences Po Paris et ancien doyen de l’université Saint-Joseph de Beyrouth. "Il s’est retrouvé à la tête de ce mouvement dans un contexte extrêmement difficile, dans le cadre d’une transition forcée."
Membre du clergé chiite libanais originaire du Sud-Liban et ancien professeur de chimie, Naïm Kassem fait partie des fondateurs du Hezbollah, créé en 1982 en réaction à l'invasion israélienne du Liban. À partir de 1991, il en devient le secrétaire général adjoint, un poste symbolique qui lui offre une certaine exposition médiatique au point de devenir l’un des visages les plus connus du parti derrière Hassan Nasrallah.
"Quand il était numéro deux, son rôle était essentiellement celui d'un cadre religieux et doctrinal plutôt que d'un chef charismatique, se posant plutôt en leader religieux modeste et en porte-parole théologico-politique assez disponible pour les médias arabes et internationaux, dans lesquels il abordait les positions du Hezbollah, l'identité chiite et les rapports avec l'Iran", précise Karim Émile Bitar.
"Contrairement à Hassan Nasrallah qui tirait, aux yeux de ses partisans, son autorité d'un certain capital charismatique et d'une légitimité militaire issue de la lutte contre Israël, Naïm Qassem n'a jamais joué un rôle majeur dans l'appareil militaro-sécuritaire du Hezbollah", poursuit-il.
"Appartenant à une génération d’oulémas chiites formée en Irak et auteur de plusieurs ouvrages doctrinaux, il incarne plutôt, à défaut d'être un grand orateur capable de mobiliser les foules, une certaine continuité idéologique."
Dans ce contexte, Naïm Qassem voit sa propre influence à l’intérieur du pays contestée. Voire au sein de son propre parti, alors que Donald Trump, en personne, ne cesse de répéter que "le Hezbollah au Liban est un problème".
Mercredi, après avoir rencontré le président libanais, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah a déclaré que "les positions les plus justes sont celles qui rassemblent, et les réactions les plus pertinentes sont celles empreintes de réalisme et de positivité".
Des propos rapportés par le quotidien L'Orient-Le Jour qui tranchent avec le ton menaçant de Naïm Qassem et qui sonnent comme une réponse à l’appel à la raison du chef de l’État.

Toutefois, pour les observateurs, il est difficile d’imaginer Naïm Kassem renoncer à l’arsenal accumulé depuis des décennies par le mouvement chiite libanais, ou de couper les liens avec Téhéran, "alors que, comme certains au Liban le pensent, le rôle de l'Iran [dans le fonctionnement du Hezbollah, NDLR] est aujourd'hui beaucoup plus important qu'il ne l'était lorsque Hassan Nasrallah était à la tête du mouvement", indique Karim Émile Bitar.
"Naïm Kassem se caractérise par sa loyauté absolue envers l'Iran, ayant veillé à la cohérence entre le discours politique du parti et la doctrine du 'wilayat al-faqih' [qui affirme la primauté du religieux sur le politique, ce qui fait que le parti obéit au guide suprême de la République islamique, NDLR]", rappelle-t-il. "Dans l'un de ses ouvrages, il a théorisé ce lien, cette alliance organique entre le Hezbollah et le guide de la révolution iranienne."
"Et pour lui, qui essayait de conceptualiser et de légitimer la nécessité théologique et morale de la résistance armée", conclut-il, "abandonner l'arsenal militaire, abandonner la résistance, selon son expression, serait équivalent à une perte de dignité pour l'ensemble de la communauté chiite".
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