Sabitlenmiş Tweet
Datnowsky Christine
14.7K posts

Datnowsky Christine
@DatnowskyC
Auteur avec Jef LUPIERI DU Roman "Au https://t.co/62pma5y1Fr.R.I.O.L" Parution aux Editions AMAZON ACTRICE cinéma télévision Professeur art dramatique coaching.
Katılım Aralık 2025
542 Takip Edilen221 Takipçiler
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi
Datnowsky Christine retweetledi

@RV_Shogun @LBleuBlancRouge merci donc ils n'étaient pas au défilé a Nice ?Parce qu'on a des images genre ils sont la au défilé a Nice ?
Français

@DatnowskyC @LBleuBlancRouge Ils n’étaient pas en même temps ! Ils étaient à Paris jusqu’en début d’après midi et ils ont pris leur avion pour aller à Nice à 18h
Français

Hier, lors de la cérémonie de commémoration du 10e anniversaire de l’attentat de Nice, seule Brigitte Macron a salué Marine Le Pen, Jordan Bardella et les représentants du Rassemblement National, présents sur invitation d’Éric Ciotti.
Emmanuel Macron et son gouvernement ont, quant à eux, refusé de le faire.
Français
Datnowsky Christine retweetledi

🔥 FORT KNOX : L’OR EST LÀ. MAIS LE DOLLAR NE LUI DOIT PLUS RIEN.
Autrefois, l’or garantissait le dollar. Aujourd’hui, Fort Knox garantit seulement qu’en cas d’échec du dollar, l’Amérique possédera encore quelque chose que personne ne peut imprimer.
Scott Bessent vient de rassurer l’Amérique : l’or de Fort Knox serait bien là, présent et comptabilisé. Les lingots n’auraient pas disparu dans quelque opération clandestine, ils n’auraient pas été vendus en secret ni remplacés par du tungstène peint. Selon le secrétaire au Trésor, les contrôles annuels permettent de confirmer l’intégrité des réserves américaines. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il tient ce discours : dès février 2025, lorsque Donald Trump et Elon Musk avaient publiquement réclamé une vérification, Bessent assurait déjà que « tout l’or était présent et comptabilisé ».
Très bien. Admettons donc que l’or soit là. La question intéressante commence précisément à cet endroit.
Car si l’or n’avait plus aucune importance, pourquoi les États-Unis en conserveraient-ils plus que n’importe quel autre pays ? Pourquoi entretenir une forteresse, des systèmes de sécurité, des procédures de contrôle et une comptabilité particulière pour protéger un métal que les économistes modernes présentent volontiers comme une relique barbare ? Pourquoi Washington continue-t-il à dormir sur plus de 8 000 tonnes d’or alors que le dollar n’est plus convertible depuis 1971 ?
Fort Knox contient officiellement 147,34 millions d’onces troy, soit un peu plus de la moitié de l’or conservé par le Trésor américain. Le métal est toujours inscrit dans les comptes publics au prix légal de 42,22 dollars l’once, une valeur figée depuis 1973. Au cours du marché, supérieur à 4 000 dollars en juillet 2026, le même stock vaut près de cent fois plus. Fort Knox représente ainsi environ 600 milliards de dollars de métal réel, mais seulement un peu plus de six milliards dans les livres de l’État. L’ensemble des réserves américaines dépasse désormais le millier de milliards de dollars aux prix du marché, tout en restant comptabilisé pour environ onze milliards.
Cette différence n’est pas une simple curiosité comptable. Elle résume à elle seule toute l’histoire monétaire des cinquante dernières années.
Jusqu’en 1971, le dollar conservait un lien institutionnel avec l’or. Les particuliers américains ne pouvaient plus convertir librement leurs billets depuis Roosevelt, mais les banques centrales étrangères pouvaient encore échanger leurs dollars contre du métal au taux officiel de 35 dollars l’once. Lorsque les demandes de conversion devinrent trop importantes, Richard Nixon ferma ce que l’on appela la « fenêtre de l’or ». Le dollar cessa alors d’être une promesse donnant accès à une quantité déterminée de métal. Il devint une monnaie purement fiduciaire, fondée sur la confiance accordée au gouvernement américain, à sa capacité fiscale, à la profondeur de ses marchés et à sa puissance géopolitique.
Autrefois, le billet disait : derrière moi se trouve une quantité d’or.
Aujourd’hui, il dit : derrière moi se trouve la puissance des États-Unis.
Ce système a fourni à l’Amérique une liberté considérable. Il lui a permis d’élargir le crédit, de financer ses déficits, ses guerres, ses plans de relance et son expansion financière sans être limitée par la quantité de métal disponible dans ses coffres. Mais la disparition de la contrainte métallique n’a pas supprimé le coût de cette liberté. Elle l’a déplacé vers la dette, l’inflation, les taux d’intérêt et, surtout, vers la confiance.
L’or de Fort Knox représente exactement ce que le dollar moderne ne possède plus : une limite matérielle.
Un gouvernement peut créer des dollars supplémentaires. Il ne peut pas voter la création de plusieurs centaines de tonnes d’or. Une banque centrale peut réduire les taux, racheter des obligations ou accroître son bilan. Elle ne peut pas imprimer une once de métal. C’est pourquoi l’or reste là, silencieux, enfermé dans une forteresse, alors même que la monnaie officielle prétend pouvoir vivre sans lui.
Fort Knox n’adosse plus juridiquement le dollar. Il constitue plutôt l’assurance ultime de l’État qui émet le dollar. Tant que le système fonctionne, cette assurance dort et ne sert à rien. Si la confiance devait un jour se fissurer, l’Amérique conserverait au moins un actif universel qui ne dépend ni de la solvabilité d’une banque, ni de la promesse d’un gouvernement étranger, ni du bon fonctionnement d’un réseau informatique.
Voilà pourquoi la demande d’un véritable audit ne relève pas nécessairement du complotisme. Les comptes de la Monnaie américaine et les réserves profondes font bien l’objet de contrôles officiels. Le Trésor affirme que de petites quantités d’or ont seulement été retirées pour tester la pureté des lingots lors d’audits réguliers et qu’aucun mouvement important n’a eu lieu depuis de nombreuses années. Mais contrôler des registres, vérifier des scellés et procéder à des échantillonnages ne revient pas exactement à sortir, peser et analyser indépendamment chaque lingot.
Cette distinction est importante. Affirmer que les réserves sont auditées ne signifie pas nécessairement qu’un organisme extérieur a récemment procédé à un inventaire physique exhaustif, vérifié la pureté de chaque barre et publié la totalité des éventuelles garanties, prêts, swaps ou charges juridiques pesant sur le stock.
C’est précisément ce que réclame le député Thomas Massie. Son Gold Reserve Transparency Act demanderait au contrôleur général des États-Unis de réaliser un audit complet et public des réserves, de détailler les mouvements des cinquante dernières années, d’identifier les éventuelles charges et de renouveler l’opération tous les cinq ans. La dernière grande ouverture publique de Fort Knox remonte à 1974, lorsqu’une délégation du Congrès et des journalistes furent autorisés à contempler les réserves après une précédente vague de rumeurs.
On peut croire Bessent et soutenir cet audit. Les deux positions ne sont pas contradictoires.
Un audit complet ne devrait pas être organisé parce que l’or aurait probablement disparu. Il devrait l’être pour rendre cette accusation définitivement ridicule. Lorsqu’un État détient plus de mille milliards de dollars de métal, le coût d’une vérification exceptionnelle ne peut pas sérieusement être présenté comme prohibitif. La transparence ne fragiliserait pas la confiance. Elle lui donnerait une base matérielle.
Le refus prolongé d’ouvrir complètement les comptes crée au contraire le climat qu’il prétend éviter. Plus le gouvernement répète « faites-nous confiance », plus une partie du public se demande pourquoi il ne montre pas simplement les preuves. Les institutions occidentales ont longtemps vécu sur un capital de crédibilité presque automatique. Après les crises financières, les renflouements, les manipulations statistiques et les mensonges d’État, ce capital est largement épuisé. La confiance ne peut plus être seulement réclamée. Elle doit être démontrée.
Mais le débat sur l’existence physique de l’or cache un enjeu beaucoup plus important : sa réévaluation.
La Réserve fédérale ne possède pas directement les réserves américaines. L’or appartient au Trésor, tandis que la Fed détient des certificats-or émis à la valeur légale de 42,22 dollars l’once. Ces certificats ne donnent aucun droit de demander livraison du métal. Ils constituent une simple écriture comptable fondée sur le prix fixé par la loi.
Si le Congrès décidait un jour de revaloriser officiellement cet or au prix du marché, le Trésor pourrait théoriquement émettre de nouveaux certificats correspondant à la valeur supplémentaire et recevoir en contrepartie plusieurs centaines de milliards de dollars de liquidités. Aucun lingot ne quitterait Fort Knox. Aucune mine ne produirait une once supplémentaire. Le gouvernement déclarerait simplement que l’actif qu’il comptait onze milliards en vaut désormais mille.
L’opération apparaîtrait comme la découverte d’une richesse cachée. Elle ne créerait pourtant aucune richesse nouvelle. Le métal existe déjà et sa valeur de marché est connue. La réévaluation transformerait simplement une plus-value latente en capacité de financement public.
Ce serait une forme particulièrement élégante de monétisation.
Le gouvernement pourrait expliquer qu’il ne crée pas de monnaie sans contrepartie, puisque les nouveaux dollars seraient liés à un actif réel. Ses adversaires répondraient qu’il modifie lui-même le prix comptable de cet actif afin de dépenser davantage sans lever immédiatement de nouveaux impôts ni émettre autant de dette. Les deux lectures seraient partiellement exactes.
Mais il ne faudrait surtout pas confondre cette opération avec un retour à l’étalon-or. Le dollar resterait non convertible. Le citoyen ne pourrait toujours pas déposer ses billets au Trésor et repartir avec du métal. L’or ne limiterait pas la création monétaire ; il fournirait seulement un prétexte comptable supplémentaire pour l’élargir.
Sous un véritable étalon-or, le métal impose une discipline au pouvoir.
Dans une réévaluation moderne, le pouvoir choisit lui-même la valeur du métal pour augmenter sa marge de manœuvre.
Ce ne serait donc pas l’or qui contrôlerait de nouveau la monnaie. Ce serait la monnaie fiduciaire qui utiliserait l’or pour prolonger sa propre existence.
Bessent a jusqu’ici écarté cette hypothèse, notamment lorsqu’elle fut évoquée pour financer un fonds souverain. Mais l’écart entre le prix légal et le prix du marché est devenu tellement immense que l’idée reviendra nécessairement. Plus la dette américaine augmentera, plus les responsables politiques regarderont Fort Knox comme une réserve budgétaire dormant inutilement derrière des murs de granit.
Un futur président expliquera peut-être qu’il serait absurde de payer des centaines de milliards d’intérêts alors que le pays dispose d’un trésor officiellement sous-évalué. L’argument sera puissant. Il sera aussi dangereux. Une fois la plus-value comptable consommée, il n’y aura pas de deuxième Fort Knox. L’assurance aura été mobilisée pour financer le présent.
Une assurance dépensée cesse d’être une assurance.
Voilà pourquoi l’imparfait utilisé par Bessent est peut-être plus important que sa déclaration sur les réserves : « Nous étions autrefois adossés à l’argent, parfois à l’or. » Tout est dans cet « autrefois ». Il rappelle que la monnaie moderne repose sur une rupture historique que nous avons fini par considérer comme naturelle.
Pendant des siècles, le pouvoir monétaire devait composer avec une rareté qu’il ne contrôlait pas totalement. Depuis 1971, il contrôle la quantité de dollars, mais pas les conséquences économiques de leur création. Il peut augmenter le nombre d’unités monétaires ; il ne peut pas décréter que chacune conservera éternellement la même valeur.
L’or enfermé à Fort Knox reste le témoin muet de cette limite.
Le Trésor le compte toujours à 42 dollars l’once, comme si un demi-siècle d’expansion monétaire n’avait jamais eu lieu. Le marché le valorise autour de 4 000 dollars, comme s’il voulait rappeler que quelque chose s’est effectivement passé pendant ces cinquante années.
Les deux prix décrivent deux visions du monde. Dans la première, l’or est une relique historique dont la valeur officielle n’a aucune raison de bouger. Dans la seconde, il demeure la mesure silencieuse de la dépréciation des monnaies et de la méfiance envers les promesses publiques.
Fort Knox se trouve exactement à la jonction de ces deux mondes.
Et puis il y a cette ironie presque parfaite : au moment où l’Amérique discute de son véritable trésor, elle prépare des pièces commémoratives à l’effigie de Donald Trump. La monnaie moderne adore ressembler à l’or. Elle adopte sa couleur, son éclat, son imaginaire de puissance et de permanence. Mais elle évite soigneusement de lui devoir quoi que ce soit.
Le billet et la pièce deviennent des supports de récit politique. Le métal, lui, reste enfermé, tenu à distance de la circulation réelle. On produit une monnaie qui imite l’or, tandis que l’or authentique demeure valorisé à un prix fictif datant de 1973.
Voilà peut-être la meilleure image de notre système : une monnaie officielle qui se donne l’apparence de la solidité, et une réserve solide que la comptabilité officielle traite comme une antiquité.
Il faut donc auditer Fort Knox. Pas pour organiser un spectacle télévisé avec Trump, Musk et des caméras devant quelques piles de lingots. Pas pour alimenter indéfiniment les fantasmes. Mais parce qu’une démocratie ne devrait jamais demander la foi lorsque la preuve est disponible.
Il faut inventorier, peser, analyser, publier les éventuelles charges, protéger les informations réellement sensibles et refermer ensuite le débat sur la présence physique du métal.
La discussion la plus importante pourra alors commencer : que représente encore cet or ?
Une assurance contre une crise du dollar ? Une réserve stratégique ? Un actif budgétaire dormant ? Le futur collatéral d’une grande opération monétaire ? Ou la preuve silencieuse que, malgré tous les discours sur la modernité financière, même l’émetteur de la première monnaie mondiale ne souhaite pas se débarrasser de ce que personne ne peut imprimer ?
Bessent affirme que l’or est là. Il n’existe aujourd’hui aucun élément sérieux démontrant le contraire. Très bien.
Alors montrons-le, auditons-le et protégeons-le.
Mais surtout, ne prétendons pas qu’il ne signifie plus rien.
Un pays ne conserve pas plus de mille milliards de dollars de métal derrière les portes d’une forteresse pour des raisons sentimentales. L’Amérique ne vit plus sous l’étalon-or, mais elle continue à dormir sur son trésor. Le dollar n’est plus adossé à l’or. L’or, lui, reste adossé à la crainte qu’un jour le dollar ne suffise plus.
BLOG À LUPUS
Contre le récit. Pour le réel
Français
Datnowsky Christine retweetledi

🔥 APPLE EN CHINE : L’IPHONE RESTE AMÉRICAIN PAR LA COQUE, MAIS SON CERVEAU DEVIENT CHINOIS
Apple Intelligence vient enfin d’obtenir le feu vert de Pékin. Pour lancer son intelligence artificielle en Chine, Apple intégrera Qwen, le modèle développé par Alibaba, dans iOS, iPadOS, macOS et visionOS. Baidu participera également à certaines fonctions adaptées au marché chinois. Il n’existe pas encore de date officielle de lancement, mais l’obstacle réglementaire principal vient de tomber.
Présentée superficiellement, l’histoire ressemble à un accord commercial de plus : Apple choisit un partenaire local pour vendre davantage d’iPhone. En réalité, elle annonce quelque chose de beaucoup plus profond. L’intelligence artificielle ne sera pas un réseau mondial uniforme comparable à l’Internet de ses débuts. Elle sera fragmentée par les frontières, les langues, les lois, les modèles politiques et les souverainetés nationales.
Le même iPhone ne pensera plus exactement de la même manière à Paris, New York et Pékin.
En Occident, Apple peut s’appuyer sur ses propres modèles et sur des partenaires américains comme OpenAI. En Chine, ChatGPT et Gemini ne sont pas librement accessibles, les services d’IA générative doivent être enregistrés auprès du régulateur et les modèles doivent respecter les obligations locales concernant les données et les contenus produits. Apple n’avait donc que trois possibilités : renoncer à Apple Intelligence sur le premier grand marché mondial du smartphone, tenter de convaincre Pékin d’accepter une exception américaine ou adopter un cerveau chinois.
Elle a choisi la troisième voie.
Ce choix n’est pas honteux. Il est industriellement rationnel. Apple vend des appareils, pas des croisades idéologiques. Une entreprise qui abandonnerait le marché chinois au nom d’une pureté technologique abstraite laisserait Huawei, Xiaomi, Oppo et Vivo occuper l’espace sans combattre. L’absence d’Apple Intelligence devenait précisément l’un des handicaps de l’iPhone face aux téléphones chinois déjà équipés de fonctions génératives locales. L’enregistrement réglementaire peut donc aider Apple à défendre une position récemment améliorée : ses livraisons chinoises ont progressé de 24,4 % sur un an au deuxième trimestre.
Mais la décision possède un prix stratégique. Apple avait bâti sa puissance sur une promesse simple : contrôler simultanément le matériel, le système d’exploitation, les applications, les processeurs, la sécurité et l’expérience utilisateur. La Chine l’oblige désormais à partager la partie la plus importante du futur produit : l’intelligence qui comprendra la demande, interprétera l’image, produira le texte et choisira progressivement les actions à accomplir.
L’interface la plus importante ne sera bientôt plus l’écran.
Ce sera le modèle.
Celui qui contrôle le modèle ne fournit pas seulement une fonction supplémentaire. Il se place entre l’utilisateur et le monde. Il comprend les intentions, sélectionne les informations, résume les documents, reformule les messages et peut demain déclencher des paiements, réserver un voyage ou coordonner plusieurs applications.
Pendant quinze ans, Apple contrôlait la porte d’entrée grâce à l’iPhone.
Dans l’âge des agents, la porte compte moins que le majordome qui décide ce qui doit la franchir.
En intégrant Qwen, Apple reconnaît qu’elle ne possède pas encore seule ce majordome partout dans le monde. Elle conserve l’appareil, la puce, le système et la relation commerciale. Alibaba fournit une partie du cerveau compatible avec l’ordre numérique chinois.
C’est une victoire majeure pour Qwen.
Alibaba n’est plus seulement le géant chinois du commerce électronique et du cloud. Son modèle devient suffisamment crédible pour être intégré à l’écosystème matériel le plus prestigieux de la planète. Le partenariat avait été confirmé dès février 2025 ; Alibaba avait ensuite adapté Qwen3 à l’architecture MLX d’Apple afin que ses modèles puissent fonctionner sur les iPhone, iPad et Mac.
Ce travail technique révèle le véritable avantage de Qwen. Alibaba ne cherche pas seulement à construire le plus gros chatbot enfermé dans son cloud. Il diffuse une famille de modèles ouverts ou téléchargeables, de tailles différentes, que les développeurs peuvent adapter, compresser et exécuter sur une grande variété de machines.
Le modèle américain dominant reste largement centralisé : l’utilisateur envoie sa requête vers un gigantesque centre de données appartenant à OpenAI, Google ou Anthropic. Le modèle chinois pousse plus agressivement une seconde architecture : un noyau puissant dans le cloud, complété par des modèles moins coûteux installés directement dans les appareils.
Cette différence peut bouleverser l’économie de l’IA.
Un modèle exécuté localement ne nécessite pas de louer un GPU distant pour chaque requête. Il réduit la latence, fonctionne parfois sans connexion, protège davantage certaines données et transforme le coût variable du cloud en coût fixe déjà payé lors de l’achat du téléphone. Pour Apple, dont toute la doctrine repose sur l’intégration entre matériel, logiciel et confidentialité, cette approche est presque naturelle.
Apple développe déjà ses propres modèles locaux d’environ trois milliards de paramètres, optimisés pour ses processeurs, ainsi que des modèles plus puissants exécutés dans son infrastructure Private Cloud Compute. Son rapport technique souligne précisément l’utilisation de la quantification, du partage de cache et de l’architecture Apple Silicon afin de faire fonctionner efficacement l’IA sur les appareils.
Qwen lui permet d’accélérer cette stratégie sur le marché chinois sans attendre que ses propres modèles atteignent seuls le niveau linguistique, culturel et réglementaire nécessaire.
L’affaire PrismML va encore plus loin. Cette jeune société issue de Caltech affirme avoir réduit un modèle Qwen de 27 milliards de paramètres, pesant initialement environ 54 Go, à moins de 4 Go afin de l’exécuter directement sur un iPhone récent. La performance doit encore être vérifiée indépendamment et il faudra examiner les pertes de qualité provoquées par une compression aussi agressive. Mais la direction est claire : des modèles que l’on croyait réservés aux centres de données commencent à entrer dans la poche.
Nous avions imaginé que l’IA fonctionnerait comme l’électricité : produite dans quelques centrales gigantesques, puis distribuée à tous par le réseau.
Elle pourrait finalement fonctionner davantage comme l’informatique personnelle : une puissance centrale pour les tâches les plus lourdes, mais une part croissante du calcul installée chez l’utilisateur.
Cette évolution menace directement l’économie des hyperscalers. Si chaque requête complexe doit parcourir des milliers de kilomètres jusqu’à un data center rempli de GPU Nvidia, la croissance de l’IA exige toujours davantage de capital, d’électricité et de refroidissement. Mais si un téléphone peut accomplir localement une grande partie du travail quotidien — résumer, traduire, classer, rechercher, reconnaître une image et utiliser des outils — la consommation du cloud peut être réservée aux tâches réellement difficiles.
Le modèle local ne supprime pas le cloud.
Il lui retire les tâches banales.
Et les tâches banales représentent potentiellement des centaines de milliards de requêtes.
Voilà pourquoi le partenariat Apple–Alibaba est beaucoup plus important qu’un simple remplacement de ChatGPT en Chine. Il valide l’idée qu’un modèle ouvert chinois peut devenir la couche intelligente d’un écosystème occidental fermé, non parce qu’Apple abandonne son contrôle, mais parce que Qwen est devenu suffisamment flexible, performant et bon marché pour s’insérer à l’intérieur de ce contrôle.
La Chine n’a peut-être pas encore totalement rattrapé les États-Unis sur les modèles les plus avancés, les accélérateurs ou les semi-conducteurs de pointe. Elle développe toutefois une stratégie différente et potentiellement redoutable : rendre l’IA abondante, ouverte, adaptable et peu coûteuse.
Les États-Unis cherchent à construire l’intelligence la plus puissante.
La Chine cherche à diffuser partout une intelligence suffisamment bonne.
Dans de nombreux marchés, « suffisamment bon et dix fois moins cher » finit par battre « légèrement meilleur mais trop coûteux ».
L’histoire industrielle est pleine de technologies occidentales supérieures techniquement, puis battues par un concurrent asiatique plus rapide dans la production, la standardisation et la baisse des prix.
Qwen peut devenir l’Android des modèles d’intelligence artificielle : moins fermé, moins prestigieux que l’écosystème le plus haut de gamme, mais présent dans davantage d’appareils, de clouds, d’entreprises et d’applications.
Apple tente précisément d’éviter ce scénario depuis toujours. Son modèle économique repose sur la maîtrise d’un système fermé, cohérent et premium. Pourtant, pour rester en Chine, elle doit introduire dans ce jardin fermé l’un des principaux modèles de l’écosystème chinois.
Le compromis est intelligent à court terme.
À long terme, il crée une dépendance.
Si Qwen devient indispensable aux fonctions chinoises de l’iPhone, Alibaba pourra progressivement accumuler une connaissance supérieure de la langue, des usages, des entreprises locales et des besoins spécifiques de centaines de millions d’utilisateurs. Apple possédera l’appareil, mais son partenaire possédera une partie croissante de l’expérience intelligente.
La situation rappelle la dépendance historique d’Apple envers Google dans la recherche. Google verse des milliards pour rester moteur par défaut sur Safari, tandis qu’Apple conserve l’appareil et l’utilisateur. Le partenariat enrichit les deux groupes, mais il démontre que même l’entreprise la plus intégrée du monde doit louer certaines intelligences extérieures.
Qwen pourrait devenir le Google chinois de l’IA Apple.
La grande différence est que cette dépendance n’est pas seulement commerciale.
Elle est politique.
Les modèles autorisés en Chine devront respecter les catégories, les interdictions et les priorités définies par Pékin. L’IA proposée sur l’iPhone chinois ne pourra pas répondre exactement comme celle disponible en Europe ou aux États-Unis sur les sujets considérés comme sensibles.
Apple vendra donc matériellement le même objet, mais l’objet ne produira plus le même réel.
Le smartphone mondial se transforme en appareil souverain.
Chaque État voudra son stockage local, ses règles, ses modèles agréés, ses limites et ses mécanismes de contrôle. L’IA accélère ainsi la balkanisation d’Internet : un réseau techniquement interconnecté, mais intellectuellement découpé en espaces nationaux.
La Chine montre la voie parce qu’elle assume depuis longtemps sa souveraineté numérique. Elle ne demande pas aux plateformes étrangères de simplement respecter quelques formulaires. Elle exige qu’elles s’adaptent à son architecture politique, conservent les données selon ses règles et passent par des partenaires locaux.
L’Europe parle de souveraineté numérique.
La Chine la pratique.
On peut condamner la censure et le contrôle exercés par Pékin. On doit néanmoins reconnaître l’efficacité de la stratégie : Apple, une des premières capitalisations technologiques mondiales, accepte désormais qu’un modèle chinois participe au fonctionnement de son produit le plus stratégique.
Ce n’est pas la Chine qui s’adapte à l’iPhone.
C’est l’iPhone qui s’adapte à la Chine.
Le même mouvement apparaît dans les composants. Apple cherche parallèlement à obtenir l’autorisation américaine d’acheter de la mémoire DRAM auprès de ChangXin Memory Technologies pour des appareils destinés au marché chinois. CXMT est soutenue par l’État chinois et placée sur une liste du Pentagone en raison de liens militaires présumés, ce qui oblige Apple à solliciter Washington. L’entreprise américaine teste néanmoins cette solution alors que la pénurie mondiale de mémoire et la flambée des prix fragilisent ses marges.
Le parallèle est frappant.
Pour l’intelligence, Apple se tourne vers Qwen.
Pour la mémoire, elle envisage CXMT.
Dans les deux cas, la Chine n’est plus seulement l’usine où Apple assemble des appareils conçus en Californie. Elle devient un fournisseur de technologies capables de remplacer les produits américains ou coréens devenus trop chers, insuffisants ou politiquement inaccessibles.
La chaîne de valeur remonte vers Pékin.
Pendant vingt ans, Apple utilisait la main-d’œuvre et les capacités industrielles chinoises pour fabriquer une technologie américaine.
Demain, elle pourrait utiliser des mémoires chinoises, des modèles chinois et une infrastructure réglementaire chinoise pour vendre un iPhone dont la nationalité technologique devient beaucoup plus ambiguë.
Ce choix réduit les coûts et maintient l’accès au marché.
Il réduit aussi l’autonomie stratégique d’Apple.
La firme tente simultanément de reprendre la main grâce à ses propres puces. Selon des informations non confirmées officiellement, une future M7 Ultra prévue vers 2028 pourrait supporter jusqu’à 1,5 téraoctet de mémoire unifiée et rapprocher certaines performances d’IA de la catégorie des accélérateurs Nvidia Blackwell. Il ne s’agirait pas nécessairement d’égaler une grappe de serveurs Nvidia, et la disponibilité réelle d’une telle quantité de mémoire dépendra du marché mondial de la DRAM. Mais l’intention paraît claire : Apple veut transformer son architecture unifiée en plateforme capable d’exécuter localement des modèles gigantesques.
L’atout d’Apple ne réside pas dans la puissance brute. Nvidia domine le calcul parallèle, les outils logiciels et les centres de données. Apple possède autre chose : une mémoire unifiée accessible au processeur, au GPU et aux accélérateurs, une consommation relativement maîtrisée et des centaines de millions d’appareils déjà distribués.
Nvidia construit les centrales de l’IA.
Apple veut construire ses maisons autonomes.
Dans une centrale, la puissance est supérieure, mais l’utilisateur dépend du réseau, du fournisseur et du prix facturé à chaque utilisation. Dans la maison autonome, la capacité est moins spectaculaire, mais elle appartient à l’utilisateur, fonctionne immédiatement et protège mieux la vie privée.
L’objectif d’Apple est donc probablement double : utiliser temporairement les meilleurs partenaires disponibles, dont Qwen en Chine, tout en développant le silicium et les modèles qui lui permettront un jour de rapatrier l’essentiel de l’intelligence sur ses propres appareils.
Le partenariat avec Alibaba est moins une capitulation définitive qu’un achat de temps.
Mais le temps acheté peut renforcer celui auprès duquel on l’achète.
Chaque iPhone utilisant Qwen améliore la légitimité d’Alibaba dans la compétition mondiale. Chaque développeur optimisant une application pour Qwen accroît son écosystème. Chaque entreprise chinoise adoptant les mêmes modèles élargit la base sur laquelle Alibaba peut amortir ses investissements.
Apple obtient immédiatement une IA chinoise réglementairement acceptable.
Alibaba obtient le label le plus prestigieux de toute l’industrie technologique.
Dans ce marché, la seconde récompense pourrait valoir davantage que la première.
Pour les investisseurs, l’accord valide trois tendances. Premièrement, les modèles chinois ne sont plus de simples copies retardataires : ils deviennent des infrastructures choisies par les plus grands groupes mondiaux. Deuxièmement, l’IA locale et les modèles compressés peuvent réduire une partie de la dépendance aux clouds et aux GPU américains. Troisièmement, la Chine reconstitue progressivement une chaîne complète, depuis les modèles jusqu’à la mémoire et aux appareils.
Cela ne signifie pas que les États-Unis ont perdu la guerre de l’IA. Nvidia reste dominante dans les accélérateurs, les laboratoires américains demeurent en avance sur plusieurs frontières de performance et Apple possède une puissance matérielle et commerciale exceptionnelle.
Mais la guerre change de terrain.
Elle ne se joue plus seulement sur le modèle le plus intelligent d’un classement publié chaque semaine.
Elle se joue sur le coût, l’ouverture, l’intégration locale, l’énergie, la mémoire, la réglementation et la capacité à diffuser la technologie auprès d’un milliard d’utilisateurs.
Sur ce terrain, la Chine possède des armes considérables.
Elle peut accepter des marges plus faibles. Soutenir ses champions. Imposer des standards nationaux.
Ouvrir certains modèles pour accélérer leur adoption.
Utiliser son immense marché intérieur comme terrain d’entraînement. Et contraindre les entreprises étrangères à contribuer au développement de son propre écosystème si elles veulent continuer à vendre sur son territoire.
Apple croyait entrer en Chine avec son iPhone.
La Chine entre maintenant dans l’iPhone avec Qwen.
Voilà le véritable basculement.
Le produit reste dessiné en Californie. Son processeur reste conçu par Apple. Son système porte toujours la pomme. Mais l’intelligence qui répondra à des centaines de millions d’utilisateurs chinois parlera en partie avec la voix technologique d’Alibaba et dans les limites fixées par Pékin.
L’âge du smartphone mondial touche à sa fin.
L’âge de l’intelligence souveraine commence.
Le prochain conflit ne portera plus seulement sur l’endroit où l’appareil est fabriqué.
Il portera sur le modèle qui habite l’appareil, les données auxquelles il accède et le pouvoir politique auquel il doit finalement obéir.
Apple a compris qu’elle ne pouvait pas conquérir la Chine avec une intelligence américaine. Elle a donc accepté de vendre un iPhone dont le cerveau serait en partie chinois.
Commercialement, c’est probablement la seule décision possible. Stratégiquement, c’est une victoire éclatante pour Pékin et pour Alibaba.
BLOG À LUPUS
Contre le récit. Pour le réel.
Français

quelqu'un peut il m'expliquer comment les Macrons étaient a Nice hier et en même temps sur les champs elysées pour présider le défilé merci ceci est une vrai question!
Bleu Blanc Rouge ! 🇫🇷@LBleuBlancRouge
Hier, lors de la cérémonie de commémoration du 10e anniversaire de l’attentat de Nice, seule Brigitte Macron a salué Marine Le Pen, Jordan Bardella et les représentants du Rassemblement National, présents sur invitation d’Éric Ciotti. Emmanuel Macron et son gouvernement ont, quant à eux, refusé de le faire.
Français
Datnowsky Christine retweetledi




























