
En France, les tarifs garantis pour certaines énergies renouvelables restent durablement supérieurs aux prix observés sur les marchés de gros.
En 2024, le tarif moyen atteint près de 175 €/MWh, quand les prix de gros, hors période de crise, oscillent plutôt entre 40 et 60 €/MWh. Ce différentiel ne relève pas d’une anomalie ponctuelle, mais de la logique même du système : ces tarifs ont été conçus pour garantir une rentabilité sur le long terme, souvent sur la base de coûts désormais dépassés.
Il en résulte que certains contrats conduisent encore à rémunérer l’électricité à des niveaux deux à quatre fois supérieurs aux prix de marché observés en régime normal. Non par nécessité technique actuelle, mais par l’effet de mécanismes administratifs hérités, figés dans des engagements de long terme.
Le tableau le montre sans détour : certaines filières, comme le photovoltaïque ou le biogaz, bénéficient encore de niveaux de rémunération hérités d’une époque où leurs coûts étaient mal connus, et largement surestimés. Ces contrats, signés pour vingt ans, continuent de produire leurs effets longtemps après que la réalité économique a changé.
Ainsi, la France ne paie pas seulement une électricité renouvelable : elle paie des décisions passées, figées dans des contrats qui maintiennent artificiellement des niveaux de rémunération élevés, indépendamment de la réalité actuelle des prix.
Le marché donne un signal, le système en impose un autre : plus élevé, plus stable, mais aussi plus coûteux... Ainsi, l’écart n’est pas une dérive, c’est la règle.
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