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Prof. of Economics . Former @WorldBank #AfDB #ILO #UB_Rumuri

Reykjavik, Iceland Katılım Şubat 2022
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Un hommage beau mais incomplet 1. @Ikiriho offre une belle célébration de la mémoire de l'abbé Michel Kayoya. Il retrace avec précision son parcours vocationnel, son ministère pastoral, son engagement intellectuel et sa mort tragique dans le contexte des violences de 1972. C’est un texte fidèle à la dimension spirituelle et humaine de l’homme, et il remplit parfaitement sa fonction mémorielle. 2. Cependant, ce que @Ikiriho ne dit pas est précisément ce qui rend l’œuvre de l'abbé Michel Kayoya le plus pertinent pour le Burundi d’aujourd’hui, en particulier sur la question du développement économique. 3. L’oubli central : l'abbé Michel Kayoya était un penseur du développement économique et social @Ikiriho mentionne brièvement ses deux ouvrages majeurs (Sur les traces de mon père, 1968 et Entre deux mondes, 1971), mais il les présente surtout comme des réflexions philosophiques et spirituelles sur l’identité et la dignité humaine. Or, le second livre porte explicitement le sous-titre « sur la route du développement ». L'abbé Michel Kayoya y analyse les « microbes du sous-développement » qui rongent le Burundi postcolonial : la « myopie sociale » des élites, la « bougeotte sociale » (instabilité institutionnelle chronique), la paresse, le parasitisme, la gabegie, le ##péculat, la « politique du ventre », l’incurie et surtout la #religiose. 4. Ce dernier néologisme est particulièrement puissant : l'abbé Michel Kayoya dénonce une foi de façade, rituelle et dominicale, qui se contente de cérémonies sans se traduire en action transformative pour le développement intégral de l’homme. Il oppose cette « religiose » à une foi authentique, engagée dans la transformation économique et sociale. @Ikiriho passe complètement sous silence cette dimension économique et critique de sa pensée. 5. La dimension religieuse oubliée : une foi au service du développement. L'abbé Michel Kayoya ne séparait pas la dimension spirituelle du projet de développement. Pour lui : • La vraie charité chrétienne passe par la création de coopératives, la formation des élites rurales, la lutte contre la mentalité de dépendance. • Il a lui-même été économe diocésain et promoteur de coopératives communautaires, cherchant à rendre l’Église économiquement autonome et exemplaire. • Il appelait à un développement intégral : ni purement matérialiste (capitalisme ou communisme), ni purement traditionnel, mais enraciné dans les valeurs burundaises (ubuntu, ubuvyeyi, ubushingantahe) tout en intégrant la modernité. 5. Aujourd’hui, dans un Burundi où l’agriculture de subsistance domine encore plus de 85 % de l’emploi avec une productivité extrêmement faible, où la croissance reste volatile et où la pauvreté reste massive malgré l’aide internationale, cette articulation foi – culture – développement économique reste d’une actualité brûlante. @Ikiriho ne fait aucun lien avec ces défis contemporains. 6. Conclusion : un hommage beau mais incomplet @Ikiriho offre une belle célébration de la mémoire de l'Abbé Michel Kayoya comme prêtre et martyr. Il manque cependant l’essentiel de ce qui fait de lui un penseur toujours vivant : son appel pressant à un développement économique authentique, enraciné dans une foi agissante et une critique lucide des mentalités. En 2026, alors que le Burundi continue de lutter contre la stagnation du PIB par habitant, la faible productivité agricole et les fragilités structurelles persistantes, relire l'abbé Michel Kayoya ne consiste pas seulement à honorer un martyr. C’est aussi entendre un prophète du développement qui, il y a plus de cinquante ans, posait déjà les bonnes questions : (i) comment passer d’une « religiose » rituelle à une foi qui transforme réellement la société ? (ii) Comment les élites peuvent-elles sortir de la myopie sociale pour construire un vrai projet national de développement ? (iii) Unité nationale et vérité : @Ikiriho insiste sur la dignité et l’unité, mais sans relier ces valeurs à la nécessité d’une gouvernance économique transparente et inclusive. @Ikiriho commémore le passé. L’abbé Michel Kayoya, lui, interroge encore l’avenir économique et moral du Burundi. C’est cette dimension critique et prospective que le message laisse malheureusement de côté.
Ikiriho@Ikiriho

🇧🇮#Burundi Mémoire 🔴✝️⛪ Michel Kayoya, une voix fauchée L’abbé Michel Kayoya, prêtre et intellectuel burundais né le 8 décembre 1934 à Kibumbu, a consacré sa vie à la formation, à l’enseignement et à l’écriture. Formé au petit séminaire de Mugera (1948–1955), puis au Grand Séminaire de Burasira (1955–1958), il poursuit sa théologie en Belgique avant d’être ordonné prêtre le 8 juillet 1963 à Gitega au sein de l’Église catholique. Figure intellectuelle majeure du Burundi postcolonial, il est arrêté dans le contexte des violences de mai 1972 et exécuté entre le 15 et le 17 mai 1972, laissant une œuvre profondément marquée par la dignité humaine, la vérité et l’unité. 🔴 De Kibumbu à l’autel : une vocation patiemment façonnée Né le 8 décembre 1934 à Kibumbu, Michel Kayoya grandit dans un Burundi encore sous administration coloniale, où l’école et l’Église constituent des voies majeures d’ascension intellectuelle. Très tôt, il est orienté vers la formation ecclésiastique et entre en 1948 au petit séminaire de Mugera, où il suit une formation exigeante pendant sept ans. Ensuite, en 1955, il rejoint le Grand Séminaire de Burasira pour le cycle de philosophie, période durant laquelle il développe une pensée structurée, marquée par l’analyse et le discernement. Par la suite, en 1958, il est envoyé en Belgique, à Heverlee, pour poursuivre ses études de théologie, qu’il achève en 1962. Enfin, de retour au Burundi dans un contexte d’indépendance naissante, il est ordonné prêtre le 8 juillet 1963 à Gitega. 🔴 Un ministère actif entre pastorale, formation et engagement social Dès son ordination, Michel Kayoya s’inscrit dans un ministère profondément dynamique, où la pastorale s’ouvre progressivement à la formation et à l’action sociale. D’abord, il exerce comme vicaire et aumônier à Rusengo entre 1963 et 1964, où il assure l’accompagnement spirituel des fidèles tout en développant une présence pastorale proche des communautés. Ensuite, il élargit son action en initiant la création d’un centre culturel destiné à la formation de l’élite. À travers cette initiative, il entend offrir un espace de réflexion et d’éveil intellectuel, convaincu que la transformation de la société passe par la formation des consciences. Par ailleurs, son engagement dans l’éducation se renforce lorsqu’il devient en 1967 recteur du petit séminaire de Mugera. À ce poste, il joue un rôle central dans la formation des futurs prêtres, en combinant rigueur académique et exigence morale, tout en transmettant une vision exigeante du service ecclésial. Enfin, il assume également la responsabilité des mouvements d’action catholique, où il accompagne des groupes de laïcs engagés. Par ce biais, il encourage une foi active, ancrée dans la réalité sociale et orientée vers la transformation de la société. 🔴 Enseigner, écrire, éveiller : l’intellectuel en responsabilité Au milieu des années 1960, Michel Kayoya devient une figure intellectuelle reconnue. Dans un contexte postcolonial en pleine mutation, il enseigne, forme et réfléchit aux défis de son époque. Très vite, sa parole dépasse le cadre ecclésial pour interroger les tensions profondes de la société burundaise. D’une part, il appelle à une articulation entre héritage africain et modernité, d’autre part, il insiste sur la responsabilité morale des élites face aux fractures sociales et identitaires. Ses écrits, notamment Sur les traces de mon père (1968) et Entre deux mondes (1970), explorent ces tensions avec une grande profondeur philosophique et spirituelle. De plus, sa pensée refuse les simplifications idéologiques et privilégie une approche fondée sur la vérité intérieure, la dignité humaine et le courage intellectuel. Ainsi, à la fin des années 1960 et au début des années 1970, il s’impose comme une conscience critique, attentive aux dérives sociales et politiques, sans céder à la haine ni au désespoir. 🔴 Mai 1972 : l’arrestation et le silence imposé Le 29 avril 1972, le Burundi entre dans une période de violences massives qui touchent particulièrement les élites instruites. Dans ce climat de tension extrême, les arrestations se multiplient au début du mois de mai. Ainsi, Michel Kayoya est arrêté entre le 10 et le 15 mai 1972, dans un contexte marqué par l’absence de procédure judiciaire et par un profond secret autour des détentions. Peu après, entre le 15 et le 17 mai 1972, il est exécuté. Sa mort s’inscrit dans le cadre du Génocide de 1972 au Burundi, qui emporte une génération entière d’intellectuels, d’enseignants et de responsables religieux et politiques. Avec lui disparaît une voix capable de relier foi, pensée et projet national. 🔴 Une mémoire active : héritage et exigence Aujourd’hui, Michel Kayoya demeure une référence majeure de la pensée burundaise contemporaine. Ses écrits continuent d’être lus, commentés et étudiés dans les milieux académiques et ecclésiaux, où ils gardent une forte résonance. En effet, son œuvre dépasse le cadre littéraire pour proposer une véritable éthique de la responsabilité, centrée sur la dignité humaine, la vérité et la construction du lien social. Par conséquent, sa pensée reste d’une grande actualité dans les débats sur l’identité et la cohésion nationale. Enfin, sa vie illustre une cohérence forte entre engagement spirituel, exigence intellectuelle et service de la société. Sa mort rappelle le prix payé par toute une génération d’intellectuels burundais. Sa mémoire, quant à elle, demeure une invitation à bâtir une société fondée sur la vérité, la justice et l’unité.

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People keep learning long after they leave formal education. They build skills at work, in families, in communities and through everyday life. The challenge is that support for that learning is still too fragmented and too uneven. Read more: ow.ly/py1s50YUsl4
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#Burundi: Perspective économique de la réconciliation post-conflit 1. La réconciliation n’est pas seulement un impératif moral ou juridique : c’est avant tout un calcul économique rationnel de maximisation du bien-être collectif et de la croissance inclusive. 2. Elle consiste à arbitrer entre les coûts à long terme d’une justice punitive prolongée et les dividendes de paix générés par la restauration de la confiance et de la stabilité. # Coûts d’une exclusion ou d’une justice ad hoc punitive éternelle • Perte massive de capital humain : l’exil des compétences (brain drain) prive le pays de médecins, enseignants, entrepreneurs et cadres. 3. Au Burundi, cette hémorragie continue d’aggraver la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans la santé et l’éducation, freinant la productivité globale. • Fuite de capitaux et faible attractivité : l’incertitude juridique et politique maintient les investisseurs à distance. Le Burundi attire très peu d’IDE (moins de 1 % du PIB en moyenne post-Arusha), tandis que la fuite de capitaux a représenté jusqu’à 10 % du PIB sur des périodes longues. • Fragmentation du capital social : la méfiance intergroupe bloque les échanges, les projets communs et la mobilisation de l’épargne intérieure (souvent négative). Elle maintient une croissance faible (autour de 3-4 % post-2005, avec contraction en 2015) et un PIB par habitant stagnant ou en recul. • Ressources allouées à la surveillance plutôt qu’à l’investissement productif : infrastructures, éducation et santé sont sacrifiées au profit du maintien de l’ordre. # Bénéfices d’une réconciliation bien calibrée 4. Une réconciliation efficace restaure la confiance, réduit le risque perçu par les investisseurs et libère des ressources vers le développement. Elle crée un dividende de paix tangible : • Retour des compétences et des capitaux. • Hausse des investissements privés et étrangers. • Croissance inclusive via des projets économiques communs qui réduisent les inégalités (facteur clé de durabilité). • Réallocation budgétaire : moins de dépenses militaires ou répressives, plus d’investissements dans le capital humain et les infrastructures. 5. L’Accord d’Arusha (2000) a ouvert une fenêtre de croissance modérée (4,3 % en moyenne 2007-2014) grâce à une relative stabilisation, mais l’application incomplète des mécanismes de réconciliation (CNVR, Bashingantahe) a empêché un véritable « peace dividend » durable. La persistance de l’incertitude a conduit à une nouvelle contraction et à une dépendance accrue à l’aide. 6. En résumé : dans un pays à faible capital et forte densité démographique comme le Burundi, prolonger les divisions revient à choisir volontairement une croissance sous-optimale et une pauvreté structurelle. 7. La réconciliation bien menée n’efface pas les dettes historiques : elle les transforme en investissement dans l’avenir économique collectif. C’est l’arbitrage central de l’économie politique de la réconciliation.
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1. La tentative de renversement est un fait. Mais la décision de la CAEAC déclarant le 3ᵉ mandat inconstitutionnel modifie profondément le cadre juridique d’interprétation des événements de 2015. 2. Au-delà de cette lecture, l’économie politique de la réconciliation pose une question plus stratégique : le Burundi peut-il encore se permettre les coûts massifs d’une justice punitive éternelle ? Exil des compétences, fuite de capitaux, incertitude des investisseurs et fragmentation du capital social pèsent bien plus lourd que les bénéfices marginaux d’une condamnation perpétuelle. 3. La réconciliation n’efface pas le passé : elle libère l’avenir. Essayes d’envisager la question sous l’angle Coût /Bénéfice. C’est la même logique qui a été appliquée à un certain moment très lointain. 4. C’est un calcul rationnel de maximisation du bien-être collectif. As tu vu la performance économique entre 2020 et 2025? #EconomiePolitiqueDeLaRéconciliation
Edouard NDUWIMANA@honedouardnduwi

@HollyEude @Baconib Non Monsieur, Les putschistes ont tenté de renverser un président élu ,légalement en fonction et dont le mandat était tjrs en cours. Par ailleurs un désaccord juridique ou politique ne transforme pas une tentative de renversement des institutions en acte légal.

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Pourquoi faut-il une économie politique de la réconciliation - Faits stylisés
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#Burundi : Après la décision de l’EACT/CAEAC – Peut-on encore parler de « putschistes » ? Pour une économie politique de la réconciliation 1. La décision de la Cour de Justice de l’Afrique de l’Est (CAEAC / EACJ) déclarant le troisième mandat présidentiel inconstitutionnel a profondément modifié le cadre juridique d’interprétation des événements de 2015. 2. Cette reconnaissance judiciaire change la donne : lorsque l’acte contesté lui-même est jugé inconstitutionnel, le qualificatif de « putschistes » conserve-t-il encore une légitimité ? 3. Au-delà du droit et de la morale, une analyse économique rigoureuse impose de comparer les coûts et bénéfices du maintien des poursuites judiciaires versus une amnistie stratégique au service de la reconstruction nationale. 4. Le maintien des poursuites perpétue des freins économiques majeurs : exil de compétences (fuite des cerveaux), fuite de capitaux, incertitude des investisseurs et fragmentation du capital social. 5. Ces coûts dépassent désormais largement les bénéfices marginaux en termes de justice ou de dissuasion, surtout après la décision de la CAEAC qui a érodé la base légale de certaines accusations. 6. L’amnistie stratégique n’est pas une capitulation morale : c’est un choix pragmatique et prospectif qui place le bien-être collectif futur au-dessus d’un règlement punitif du passé. 7. La réconciliation permet le retour des talents, l’afflux d’IDE et des effets multiplicateurs sur la croissance. Les préoccupations liées à l’État de droit peuvent être traitées via des mécanismes de vérité et réconciliation plutôt que par une guerre judiciaire interminable.
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Effets de la fuite des cerveaux Source : Adaptation des modèles Bhagwati-Hamada (1974) et Docquier-Rapoport (2012). Données Burundi : Fund for Peace (2024) et rapports sectoriels 2015-2024.
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Comparaison: Loi normale (support non borné) vs. Loi bêta - support borné [0, 1 ]
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John Mukaragi@JohnMuka

@HollyEude Pourquoi ne pas refaire le même exercice avec une loi de probabilité à support borné ? Mais ce n'est juste qu'un détail qui m'est apparu. Sinon votre expérimentation et la conclusion que vous en tirez me semblent parfaitement valides. 🙏🏽

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@HollyEude
@HollyEude@HollyEude·
✅ Exact, bonne remarque méthodologique. 1. La normale n’est pas optimale pour modéliser un pourcentage (support illimité). Avec μ = 68,3 % et σ = 11,2 %, la probabilité théorique de générer des valeurs > 100 % (ou < 0 %) reste très faible (Φ((100-68.3)/11.2) ≈ Φ(2.83) → queue de ~0,23 %), mais elle existe. 2. Une modélisation plus rigoureuse utiliserait : • Une Normale tronquée [0 ; 100], ou mieux, • Une Beta rescalée, après estimation des paramètres α, β à partir de la moyenne et de la variance historiques. Cependant, même sans recalibrer : • Z-score = (96,51 − 68,3) / 11,2 ≈ 2,519 • Sous N(68,3 ; 11,2), P(X ≥ 96,51) ≈ 0,00589 (0,589 %) 3. Avec une normale tronquée ou une Beta calibrée sur les mêmes moments, la densité de probabilité au-delà de ~90-92 % diminue encore plus rapidement (effet de borne supérieure). La probabilité d’observer 96,51 % reste donc du même ordre, voire inférieure. 4. L’anomalie statistique (environ +2,52 σ) est suffisamment extrême pour que le choix de la loi (tant qu’elle est unimodale, centrée autour de 68 % et avec variance comparable) ne modifie pas la conclusion : le résultat officiel est extrêmement improbable sous l’hypothèse de stabilité du processus électoral historique. 5. C’est le seul objectif de l’exercice puisque @sinrenovat avait posé la question de savoir pourquoi les gens reviennent sur les résultats des élections de Juin 2025 ( en rappelant au passage les scores obtenus par les différents partis politiques) Merci pour la discussion 🙏🏼
John Mukaragi@JohnMuka

@HollyEude D'accord. Cependant, en réexaminant votre graphique, je remarque tout de même quelques points aberrants qui dépassent le score maximal possible de 100 % ! Mais cela tient certainement à l’hypothèse d’une loi normale, qui a pour support l'ensemble des nombres réels.

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@HollyEude
@HollyEude@HollyEude·
✅ Bonne remarque ! 1. En effet, une loi normale n’est pas idéale car son support est ]−∞ ; +∞[, ce qui génère théoriquement quelques tirages > 100 % (ou < 0 %) dans la simulation, même s’ils sont extrêmement rares avec ces paramètres (μ = 68,3 %, σ = 11,2 %). 2. On pourrait refaire l’exercice avec une distribution Beta (ou une normale tronquée), qui est naturellement bornée entre 0 et 1 (0 % et 100 %). Cela serait plus « propre » statistiquement pour un pourcentage. 3. Cependant, avec ces paramètres historiques, le changement ne modifierait presque pas la conclusion : • La borne supérieure reste très loin de 96,51 %. • Le z-score (~2,47) et la probabilité extrêmement faible d’observer un tel résultat persistent. • L’anomalie statistique est tellement forte que le choix de la loi (tant qu’elle est raisonnable et centrée autour de 68 %) ne change pas le diagnostic principal. 4. En résumé : tu as raison sur le détail méthodologique, mais la conclusion sur l’extrême improbabilité du score officiel de 96,51 % tient toujours. C’est ce qui compte dans le débat. Merci pour l’échange constructif ! 🙏
John Mukaragi@JohnMuka

@HollyEude Pourquoi ne pas refaire le même exercice avec une loi de probabilité à support borné ? Mais ce n'est juste qu'un détail qui m'est apparu. Sinon votre expérimentation et la conclusion que vous en tirez me semblent parfaitement valides. 🙏🏽

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@HollyEude
@HollyEude@HollyEude·
@Habicentsojo Je veux mettre en exergue le rôle des mathématiques dans l'analyse économique ( l'économie ne fait-elle partie de la "vie réelle" ?).
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Innocent Hab
Innocent Hab@Habicentsojo·
@HollyEude Que signifient vos explications en langage de la vie réelle ?
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@HollyEude
@HollyEude@HollyEude·
Métier noble en effet. Beau cadeau aussi. 1. Certains étudiants en sciences économiques ont parfois questionné l'intérêt pour les économistes d'étudier les mathématiques ( leur utilisation dans la vie réelle/professionnelle). 2. Les mathématiques abstraites (complexes) peuvent offrir une solution élégante à une limite pratique des mathématiques réelles en économie. 3. Prenons le cas d'une perte ( profit négatif) dans une fonction de production type Cobb-Douglas qui utilise des logarithmes : ln(Y) = ln(A) + α * ln(K) + β * ln(L) 4. Dans le monde réel (nombres réels) : on bute sur l'obstacle ln(Y) si Y est négatif. La régression économétrique s'arrête et on ne peut pas analyser les périodes de pertes. 5. En utilisant les nombres complexes : ln(-5) existe ! C'est ln(5) + iπ. Le modèle mathématique devient continu et l'on peut intégrer et analyser toutes les situations, y compris celles où l'entreprise "perd de l'argent" (que l'on appelle improprement "production négative"). C'est exactement pour résoudre ce genre d'impasse technique que certains chercheurs explorent les nombres complexes. 6. Juste pour rassurer vos étudiants/étudiantes quant aux formules visibles sur leur cadeau. Elles leur seront utiles.
Ntibashirakandi Libérat@LiberatNTIBASH

Ma dernière séance de l’année académique 2025-2026 sur les nombres complexes, #BA1, sciences économiques, #SBS-EM, un étudiant m’a offert un cadeau, une photo surprise😉. Enseigner, métier noble ! J’adore 🥰. Bon vent à Toutes les étudiantes et étudiants qui préparent leurs sessions d’examens.

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@HollyEude
@HollyEude@HollyEude·
✅ Exact. Pour une distribution normale, on n’a pas besoin de Monte-Carlo. La théorie donne directement l’intervalle. La simulation permet juste de visualiser la distribution pour le grand public ; l’analytique suffit pour la conclusion statistique 1. La Monte-Carlo (100 000 tirages) n’est qu’une approximation numérique qui converge vers la même solution théorique. Comparaison directe des deux approches : Méthode analytique (votre calcul) : borne supérieure 97,5 % = μ + 1,96σ = 68,3 + 1,96 × 11,2 = 90,25 % Monte-Carlo : quantile empirique 97,5 % ≈ 90,25 % (écart < 0,01 % avec 100 k tirages) Z-score du résultat observé (96 %) : z = (96 – 68,3) / 11,2 = 2,473 Probabilité P(X ≥ 96 %) = 0,67 % (queue droite de la normale) 2. Les deux propositions aboutissent donc au même diagnostic : 96 % est un outlier extrême (plus de 2,47 σ au-dessus de la moyenne historique). 3. Le graphique (histogramme) montre bien une courbe en cloche centrée autour de 68-70 %, avec une queue qui s’étend difficilement au-delà de ~90 %. La ligne rouge à 96,51 % apparaît comme un événement extrême (« statistiquement quasi impossible »). C’est une façon visuelle et pédagogique de souligner l’anomalie du résultat officiel par rapport aux quatre cycles précédents 4. Le message politique est clair : même en étant très généreux statistiquement, 96,5 % est un résultat hors norme par rapport à l’historique (68,3 % en moyenne) 5. Le score officiel est statistiquement très atypique sous les hypothèses retenues. C'est ce qui alimente évidemment le débat sur la crédibilité des résultats.
John Mukaragi@JohnMuka

@HollyEude A un niveau de confiance de 95%, la borne supérieure de l'intervalle est 68,3%+1.96*11,2% = 90,25%

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Un Economiste qui ignore les mathématiques est comme un astronome qui ignorerait les télescopes . Il peut avoir de l’intuition mais il ne verra jamais les détails.
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@HollyEude
@HollyEude@HollyEude·
1. C’est une bonne proposition intermédiaire, plus viable qu’une union monétaire complète trop tôt. Elle s’inspire de ce qui marche déjà par morceaux (mutualisation CFA, clearing régional) tout en préservant la flexibilité. 2. Si elle est bien implémentée (avec pilotage régional d’abord, comme en Afrique de l’Ouest, puis élargissement), elle pourrait booster le commerce intra-africain, réduire la « dollarisation » des échanges, et renforcer la résilience collective sans sacrifier la souveraineté. 3. Le vrai test sera politique : volonté de céder un peu de contrôle sur les réserves, et capacité à faire respecter des règles communes. 4. L’Afrique a les atouts (ressources, démographie, ZLECAf), mais les divergences structurelles restent énormes. Ça mérite d’être creusé et testé progressivement plutôt que d’être imposé.
𝕭𝖆𝖈𝖔𝖓𝖎𝖇 𝕭𝖑𝖆𝖎𝖘𝖊@Baconib

@HollyEude @AndreNikwigize1 qu'en pensez-vous de cette proposition ? La contrainte externe est gérée collectivement, tandis que la politique interne reste nationale : Chaque pays africain garde sa propre monnaie nationale et sa banque centrale nationale, avec une autonomie pleine en politique monétaire. Une banque centrale africaine (ou autorité monétaire continentale) qui ne gère pas la monnaie unique, mais qui garantit les crédits, assure la solvabilité des États et facilite les transactions internationales. Concrètement : une unité de compte panafricaine (« Afro » ou équivalent) pour les échanges intra-africains, une centralisation partielle des réserves extérieures (dollars, euros, DTS), et des mécanismes de compensation/clearing pour que les pays n’aient plus besoin d’émettre de la dette en devises étrangères pour leurs importations ou déficits. Est-ce une bonne idée ? A mon avis, je pense que c’est ambitieux et probablement plus difficile à mettre en place que la ZLECAf d'autant plus que cette proposition va plus loin : elle touche à la monnaie, à la dette souveraine et aux réserves – des domaines encore plus sensibles que le commerce. Les mêmes obstacles s’appliquent en pire. CC @kazanes0

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@HollyEude
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Élections de juin 2025: Pourquoi on en parle encore? Distribution simulée des scores CNDD-FDD (Simulation de Monte-Carlo, 100 000 tirages). Sur la base des quatre cycles électoraux antérieurs, les paramètres de référence sont les suivants : Moyenne historique CNDD-FDD : μ=68.3 % Écart-type : σ=11.2 %
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Sindayihebura Rénovat@sinrenovat

Les résultats des élections du 5 juin 2025 continuent de faire parler d’eux dans les milieux politiques comme au sein de la population. Avec plus de 96 % des suffrages obtenus au niveau national, le CNDD-FDD a une nouvelle fois démontré sa forte implantation à travers le pays, vingt-et-un ans après son arrivée au pouvoir en 2005. Dans plusieurs provinces et communes, les chiffres publiés traduisent ce que beaucoup considèrent comme un véritable ancrage du parti au pouvoir dans le quotidien et dans les cœurs d’une grande partie des Burundais. Pendant que le CNDD-FDD mobilisait massivement ses militants sur le terrain, plusieurs partis de l’opposition peinaient même à présenter des listes complètes de candidats députés dans toutes les provinces ou des conseillers communaux dans toutes les communes du pays. Des formations comme le Frodebu, l’Uprona, le CNL, le CODEBU et d’autres petits partis ont enregistré des résultats très faibles, loin derrière le parti au pouvoir. Pourtant, malgré ces scores modestes, certains responsables politiques évoquent déjà la possibilité de ne pas participer aux élections prévues le 3 mai 2027. Une position qui fait réagir de nombreux citoyens, surtout sur les réseaux sociaux, où certains internautes ironisent en affirmant qu’il est difficile de contester l’adhésion populaire lorsque les urnes ont parlé avec autant d’écart. Pour beaucoup, ces partis devraient d’abord retourner auprès de la population, renforcer leur présence locale et reconstruire progressivement la confiance des électeurs avant de parler de boycott. Dans les marchés, les cafés ou les discussions de quartier, plusieurs Burundais estiment que la politique ne se limite pas aux déclarations médiatiques, mais qu’elle se construit avant tout sur le terrain, au contact des citoyens. « On ne peut pas espérer gagner une élection sans structures solides ni représentants partout dans le pays », confiait récemment un habitant de Gitega. Même si le débat politique reste normal dans une démocratie pluraliste, une réalité semble aujourd’hui s’imposer : l’opposition burundaise fait encore face à un immense défi d’organisation et de mobilisation si elle veut espérer rivaliser avec une machine politique qui, plus de deux décennies après son accession au pouvoir, conserve une présence visible dans presque toutes les collines du Burundi.

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