
Mademba Aas Njaay
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Mademba Aas Njaay
@MadembAS
PEA. Journaliste, je m’étais donné 1 liberté totale avec 1 maxime que je m'étais inventée : Aucune vérité n'est bonne à dire de mauvaise manière.













« Je souhaite que ce prix inspire les plus jeunes à se tourner vers la recherche » Ils sont plus de 70 à avoir candidaté. Et c'est Abdoulaye Ndiaye, professeur assistant à la Stern School of Business de la New York University et affilié au Finance for Development Lab, qui a été récompensé par le jury. L’économiste sénégalais de 37 ans devient le premier lauréat de l’Africa NextGen Economist Prize, créé par Jeune Afrique et The Africa Report, en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD) et avec le soutien de la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi).



















Par un 7 mai : Minerve faisait-elle du café à son oiseau ? Jarbaat, si tu venais voir ton Nijaay à Crédit Foncier — ou « Difonssé » comme dit le peuple — tu y as sans doute rencontré Tonton Abib Mbaye. Abibou Mbaye. Abib Mbaye. Abib. Philosophe. Enseignant. Époux. Père. Ami. Camarade. Rappelé à Dieu un 7 mai 1997. Généalogie postée dans un groupe familial : « De l’union de Youga Fally Dieng et Sané Diatta, fille du roi d’Oussouye, est issue Fatimata Dieng, mère d’Aby Gaye, mère de mon bien-aimé philosophe. Son père, Amath Ndoumbé Mbaakhé, est originaire d’un foyer religieux du Saloum. » En lisant « mon bien-aimé philosophe », ceux et celles qui connaissaient Abib savent immédiatement qui est l’auteure de ces mots ! Abib marchait lentement, très lentement, et réfléchissait profondément, très profondément. Une lenteur lumineuse. Cela donnait des textes où, par exemple, pour résumer une profonde crise universitaire, il écrivait simplement : « La solution, c’est le problème.» Une formule que Mame Less Camara aimait souvent rappeler lorsqu’il évoquait ce militant du PIT — ou plutôt cet électron libre — dont la pensée disruptive refusait les limites barbelées du dogmatisme. Si j’ai vu le turendo — c’était en 2024 — déployer ses charmes devant la petite-fille de Cheikh Anta, ce n’était pas un hasard ! Car il y a 43 ans, le jeune philosophe Abib Mbaye séduisait déjà Cheikh Anta Diop lui-même par sa lecture marxiste de son œuvre. C’était lors du colloque organisé par la librairie et les éditions Sankoré de Pathé Diagne à @UCAD_Senegal , du 19 au 23 avril puis du 11 au 15 mai 1982. Pendant quatre heures, chaque nuit, Cheikh Anta Diop faisait face à des spécialistes de toutes disciplines dans un amphithéâtre bondé. Oui, Abib était de gauche… mais pas seulement. Piochons encore dans le groupe familial : « Grand Habib quittait ce monde au moment où j’intégrais le monde des enseignants-chercheurs à l’UCAD. Un homme exquis dans le dit et l’écrit, fidèle à ses convictions de gauche, pour un monde fait d’humanité. Ses talents d’esthéticien de l’art étaient mondialement connus. Grand Habib a inspiré et continue d’inspirer. » Toujours la même auteure, qui a sans doute servi à notre ami son dernier café ! Avec Abib, nous avons tant partagé de tasses de thé et de café à « Difonssé » qu’il en plaisantait : son groupe sanguin était Arabica+ ! Quand j’avais posté ce texte en 2024, quelqu’un m’avait répondu avec une autre anecdote : « Au plus fort de la maladie, il aimait dire à son ami Malick Ndiaye – le socioloque - que c’est la carcasse qui fait des siennes, mais que le moteur tournait encore à plein régime. » Il y a en effet des gens qui ont des expressions qui marquent ! C’est avec Abib que j’ai pris l’habitude de dire «mon corps est en panne » quand je suis malade, ou alors de répondre, comme feu le journaliste Papa Marcel Sène (RIP), à la question « comment vas-tu ? » : « En os longs et en chair faible ! » Réactions après mon post de 2025. @aliounetine16 : «On était à la Fraternelle ensemble à Ziguinchor, avec Bassirou Faty. Ils étaient nos intellos de Dakar qui assuraient l’animation culturelle.» @mbayedaour58 : «Sa mission, aussi éphémère soit-elle, consistait non pas à indiquer une voie de réflexion, mais une voie qui mène à la porte d’accès. » @NgomPape9 : « Les anciens du département de philosophie @ucad ont eu la chance de connaître de brillants professeurs ! De Djibril Samb à Mamousse Diagne, Bachir Diagne, Habib Mbaye, Massaër Diallo, Gnagna Cissé, Aminata Diaw Cissé… » Qu’Allah le gratifie de plongées éternelles dans le Kawthar du Firdaws, dont les eaux recèlent sans doute des milliards de saveurs, plus enivrantes encore qu’une tasse de café terrestre. Avec ces lignes, je m’étais attiré les foudres d’un commentateur qui affirmait qu’Abib était un être purement rationnel. Je n’avais pas jugé utile de lui répondre. Mais un an après, je lui dis ceci : Abib était plein de spiritualité ! Ses discussions à Crédit Foncier et ailleurs, avec Souleymane Bachir Diagne, Mame Less Camara, Macoumba Wade, Abdou Latif Coulibaly — et tant d’autres encore — en témoignent amplement. Lui qui s’émerveillait de la Sourate An-Nûr avec cet arbre qui « n’est ni d’Orient ni d’Occident ». Et je termine en puisant encore dans le groupe familial : « Paix et miséricorde sur lui. » Oui jarbaat, je sais que tu remues tes méninges — ou ce qu’il en reste après leur consumation dans TikTok — pour savoir qui a dit cela à propos d’Abib. C’est ta bajaañ à laquelle @RTS1_Senegal a rendu hommage ici : short.ovh/uxLVgUfq Photo : Du pur Abib : sagement sur un table-banc ! (Je voulais bien créditer la photo mais je n'en connais pas l’auteur ! Qu’il/elle m’en excuse) # Bonus par VAR du 27 avril (et vois savez pourquoi !) 27 avril 2015 : le Sénégal devient le premier pays africain à commémorer l’esclavage et l’abolition de la traite négrière. Une loi avait été votée le 5 mai 2010 pour qualifier l’esclavage et la traite des Noirs de crimes contre l’humanité. 🇸🇳 Entre abolition juridique et survivances sociales Cette loi ne comporte que trois articles : 1 - La République du Sénégal déclare solennellement que l’esclavage et la traite négrière, sous toutes leurs formes, constituent un crime contre l’humanité. 2 - La présente déclaration solennelle sera commémorée chaque année sur toute l’étendue du territoire national, le 27 avril, correspondant à la date de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, le 27 avril 1848, à l’initiative de Victor Schoelcher. 3 - Les programmes scolaires devront, notamment dans les cours d’histoire, inclure cette question et lui réserver suffisamment de place pour que nos enfants comprennent bien ce qui s’est passé et les conséquences de la traite négrière sur l’évolution de l’Afrique. La présente loi sera exécutée comme loi de l’État. D’une brève discussion avec un éminent — et vraiment disruptif, au sens noble — historien, je précise que la traite des esclaves avait été condamnée dès 1815 par le Congrès de Vienne (septembre 1814 – juin 1815), qui adopta une déclaration internationale dénonçant la traite négrière. Ce texte permit notamment aux Britanniques de s’en prévaloir pour traquer les navires négriers dans l’Atlantique. Mais ce traité, qui mettait fin à la traite — c’est-à-dire au commerce — n’abolissait pas l’esclavage lui-même. Même après la loi du 27 avril 1848, qui abolit l’esclavage dans les colonies françaises — puisque la traite avait déjà été interdite — celui-ci continua sous divers subterfuges. Par exemple, alors qu’ils avaient déjà reçu une compensation financière liée à l’abolition — processus qui mènera à la création de la première banque au Sénégal — les anciens esclavagistes de Saint-Louis obtinrent du gouverneur de la colonie du Sénégal l’autorisation d’aller chercher des esclaves dans les royaumes du Kajoor et d’autres territoires où le phénomène existait encore. Par « respect » pour la loi française, ils libéraient officiellement les captifs, mais leur imposaient ensuite une obligation de travailler comme domestiques pendant sept ans dans leurs maisons à Saint-Louis. On imagine aisément qu’une fois cette période écoulée, beaucoup continuaient à y travailler ! (Je pense déjà en avoir parlé, ma chère jarbaat.) D’autres se rendaient dans les contrées de l’Est du Sénégal et ramenaient de jeunes filles à Ndar, selon le même protocole, avec obligation de les inscrire — « bind » en wolof — sur le registre colonial. Elles deviendront les mbindaan, celles qu’on a « inscrites » sur le registre. Évidemment, aujourd’hui encore, en 2025, l’esclavage continue d’exister au Sénégal et dans la sous-région. Des travaux scientifiques sérieux existent sur le sujet, sans compter les associations qui luttent contre ces pratiques. J’ajoute enfin cet « article 4 » : Cette loi n’abolit pas le sagaru njaam — en nature ou en argent — pour les esclaves des enfants de bajeen, au moins dans certaines pratiques culturelles wolof ! (En espérant que mes propres doomu bajeen, comme Malick ou Doudou Ngom, ne liront pas cet « article 4 » !) Evidemment du rechauffe de 2025 ! Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates, #Kebetu #Senegal







