Mademba Aas Njaay

9.2K posts

Mademba Aas Njaay

Mademba Aas Njaay

@MadembAS

PEA. Journaliste, je m’étais donné 1 liberté totale avec 1 maxime que je m'étais inventée : Aucune vérité n'est bonne à dire de mauvaise manière.

Katılım Haziran 2009
5.5K Takip Edilen11.2K Takipçiler
Sabitlenmiş Tweet
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Elle sait nommer ce qu'elle voit mais pas en #francais Le système éducatif va en déduire qu'elle est nulle alors qu'elle a le même niveau de connaissance que la fille qui va dire Bras au lieu Loxo! C'est comme cela qu'on brise l'avenir d'un pays aussi. #Senegal #kebetu #education
Français
9
89
314
0
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Par un 25 mai : De Dakar à Koñu tandarma 25 Mai 1857 : Prise de possession officielle de Dakar au nom de la France par le capitaine de vaisseau Auguste-Léopold Protêt, Commandant Supérieur de Gorée et Dépendances. 🇸🇳🇫🇷Alors que les Lébous pratiquaient l’équilibre des pouvoirs et que la France vivait sous une dictature… Dakar n’intéressait pas vraiment les colons européens — Hollandais, Anglais et surtout Français — pourtant présents dans la région depuis le XVIIe siècle, au moins. Et pourtant, Dakar se trouvait juste en face de Gorée, à moins de cinq kilomètres ! Traduction simple : ce n’est pas qu’ils ne voyaient pas Dakar… c’est qu’ils ne pouvaient pas s’y imposer. Mais cette occupation tardive de Dakar ne doit pas étonner. Elle s’explique, selon le Pr Assane Seck, par la géographie de la presqu’île du Cap-Vert et par la crainte inspirée par les Lébous : «D’une part, les hauts-fonds qui bordent sa face nord provoquaient de nombreux naufrages de navires, dont le pillage faisait en partie vivre les populations riveraines » — autrement dit, un espace hostile aux ambitions maritimes européennes. «D’autre part, le site ne présentait aucune sécurité pour l’établissement éventuel d’un comptoir, en raison du caractère très indépendant des Lébous, qui s’étaient solidement organisés en république.» Les Lébous payaient un impôt au Cayor mais, après plusieurs batailles, ils prirent leur indépendance totale sous le règne du Damel du Kajoor Amary Ngoné Latyr Coumba Fall (1790–1809). C’est d’ailleurs pour éviter un système politique qui peut accoucher d’un despote avec le visage de Serigne Ndakarou que les Lébous avaient créé une République avec un système de “checks and balances” où chaque pouvoir est un contre-pouvoir vis-à-vis de tous les autres. C’est donc un peuple avec un système de gouvernance plus avancé que celui de la France qui vivait sous le pouvoir despotique du Second Empire avec Napoléon III, celui-là même que Marx appelait « Napoléon le Petit » et pour qui il a sorti sa célèbre formule : « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce », faisant référence à Napoléon Ier. Le Pr Assane Sylla explique comment les Lébous se sont faits avoir en croyant avoir en face d’eux des Français, partageant les mêmes valeurs de sincérité et d’honnêteté qu’eux ! En rendant compte du livre de Assane Sylla (Le peuple lébou de la presqu’île du Cap-Vert), Lylian Kesteloot écrit : « Aussi lorsque les Français, qui prenaient pied sur la côte sénégalaise à partir de leur base de Gorée, eurent à traiter avec cette communauté bien organisée et consciente de ses droits, ils s’y mirent les formes » — sans doute pas par respect, mais par nécessité. « Ils durent payer taxes et redevances pour l’eau, les bœufs, les fourrages, le droit d’ancrage des navires, etc. Moyennant quoi, les Lébous signèrent plusieurs traités et aidèrent plus d’une fois celui qui n’était pas encore le colonisateur. Et les parcelles où les Européens s’installèrent sur le continent furent dûment achetées aux Lébous, non sans réticence de leur part. » Dans ce climat d’ouverture des Lébous, Protet va acheter une maison à un commerçant français. Puis, il la transforme petit à petit en fortin ! Les aïeux de Roxaya Njaay, Majigen Seck et Xuja Ndoye se disaient sans doute : « Nasaraan bi dafa dekoree këram » ! Sauf que la “décoration” était une prise de position, une occupation qui ne disait pas encore son nom. Et son œuvre terminée, le bonhomme amena ses soldats, hissa le drapeau français et déclara que Dakar était désormais propriété de la France, le 25 mai 1857 ! Et c’était bien réfléchi, car la même année Faidherbe créait le corps des tirailleurs sénégalais — autrement dit, organiser la force pour sécuriser ce qui venait d’être pris. Une des premières infrastructures de Protet fut sans doute le phare des Mamelles : éclairer la mer, certes, mais surtout baliser une présence devenue irréversible. Le grand Baobab Orchestra y donnait un spectacle hier devant 1 jarbaat qui aime les fêtes avec une vue imprenable sur l’Océan Atlantique — preuve que Dakar, entre mémoire et oubli, continue de vivre sur une histoire qui n’est sans doute pas totalement racontée. # Bonus par VAR du 14 mai (J’ai déjà expliqué le sens de ce bonus : Ce que j’avais oublié de poster à bonne date!) Par un 14 mai au Sénégal 14 mai 1919 : Naissance à Saint-Louis, au 70 rue Blaise Diagne, à Lodo, « Koñu Tandarma », à un jet de pierre de la Grande Mosquée, Fadilou DIOP, fils du Cadi Makhtar Sop Diop et de Fatou Guèye Malicoura. Source : Rakku Basiir Jób. 🇸🇳De Koñu tandarma au sommet du barreau Jarbaat, connais-tu Jacques Vergès ? Connais-tu Robert Badinter ? Si tu réponds « Oui », alors tu devrais aussi répondre « Oui » à la question : « Connais-tu Me Fadilou Diop ? » Si ce n’est pas le cas, cela signifie que nous ne sommes liés que par les liens du sang, et non par une communauté d’intérêt. Me Fadilou Diop aurait eu 107 ans le 11 jours aujourd’hui. Cet avocat a défendu Nelson Mandela, Ahmed Sékou Touré, et surtout Ernest Ouandié de l’UPC, successeur de figures légendaires telles que Félix Moumié et Ruben Um Nyobè. Ce procès politique était perdu d’avance. Son client, condamné à mort, bénéficia d’un ultime recours en grâce introduit par l’avocat sénégalais auprès du président camerounais Ahmadou Ahidjo. Ce dernier n’en tint aucun compte. Ouandié fut fusillé le 15 janvier 1971 à Bafoussam. Dans son recours, Me Diop invoquait le droit et l’Islam qu’il partageait avec le président camerounais, pour tenter de sauver la vie de Ouandié. Ironie du destin : aujourd’hui, c’est cette même religion qui les unit dans la mort, tous deux reposant au cimetière musulman de Yoff à Dakar. Ceyy aduna ! Me Diop fut bâtonnier de 1979 à 1980, puis de 1984 à 1986. Par un coup d’œil rapide sur la liste des bâtonniers, je remarque que les Doomi Ndiar ont une appétence particulière pour le bâtonnat ! Me Fadilou Diop est considéré comme le plus grand bâtonnier du Sénégal selon Me Doudou Ndoye, cité par un certain Yerim Mbagnick Mbodj ! Jarbaat, que tu connaisses ou non Me Diop, pour en savoir davantage sur cet avocat de la trempe des Lamine Guèye, Ogo Kane Diallo ou Badinter, il y a le livre d’Élgas @Diamacoune : Fadilou Diop. Un juste. Photo prise de la page Facebook de Fatoumata Zahra Diop. # 14 Mai 2019 : Adoption de la loi constitutionnelle portant suppression du poste de Premier ministre. Institué en 1970, il avait été supprimé une première fois entre 1983 et 1991. Il sera rétabli en décembre 2021. 🇸🇳 PM au au Sénégal : variable d’ajustement ? Un coup, on a un Premier ministre. Un coup, on n’en a plus. Au moment où j’écris ces lignes, on n’en a pas car @PR_Diomaye s’est séparé de son PM #Sonko @SonkoOfficiel . @Macky_Sall est même resté des mois sans en nommer un, alors que le poste figurait toujours dans la Constitution — et pourtant, la mer n’a pas débordé. Moi, je propose qu’on inscrive directement dans la Constitution : « Le Président peut nommer un Premier ministre. Dans ce cas, il définit, dans le décret de nomination, ses pouvoirs. » Ou bien encore : « Le Président peut nommer un Premier ministre. Dans ce cas, les pouvoirs prévus aux articles XYZ de la Constitution lui sont dévolus. » Et voilà, gassi ! Plus besoin de révision constitutionnelle à chaque fois qu’on veut « duggal » ou « kajji » un Premier ministre. J’entends déjà les cris d’orfraie des puristes du droit, attachés aux rigidités du modèle français et de sa légistique compassée ! Ajout de 2026 : Limogé de son poste de PM par le President Basiru Jomaay Jaxaar Faay, si Usmaan Sonko devient président de l’Assemblée, on peut avoir une intéressante (intellectuellement) inversion institutionnelle : Sonko définit la politique, le Président l’exécute à travers son PM, pour éviter la censure du gouvernement ! #24mai #Senegal #Kebetu #Dakar #14mai Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates.
Mademba Aas Njaay tweet mediaMademba Aas Njaay tweet media
Français
0
2
2
171
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Par un 24 mai. Même intro que la dernier post ! 24 mai 1861 - Les colonnes françaises, commandées par le lieutenant-colonel d’infanterie de marine Joseph Faron, attaquent les troupes du Damel Macodou Coumba Yandé Fall dans les environs de Mboul. La veille, le gouverneur Louis Faidherbe avait investi Madiodio Déguène Codou Fall pour remplacer Macodou sur le trône du Cayor. 🇸🇳 Macodou exilé, Madiodio installé, Lat Dior annoncé La décision de Faidherbe en dit long sur la résistance du Damel Macodou Coumba Yandé Fall face à la pénétration française. Ses trois ans de règne — 1859 à 1861 — en tant que Damel, après avoir été Teigne du Baol, en font le « Lion de Ndioloor », un combattant de la dimension de Lat Dior ou d’Alboury Ndiaye, mais certes moins connu. La bataille de Mboul face aux troupes françaises n’était que le dernier épisode d’une résistance marquée par le refus de signer un traité avec le colon. Après cette bataille, il poursuivit la lutte dans le Saloum, notamment auprès de Maba Diakhou Bâ. À Mboul, Faidherbe fait installer Madiodio Déguène Codou Fall comme Damel, ouvrant ainsi la voie à la contestation par Lat Dior s'estimant, lui, successeur légitime, malgré la question du patronyme ! Fils du Damel et Teigne Birima Fatim Thioub, qui régna 23 ans sur le Kajoor et le Baol, Macodou Coumba Yandé Fall eut comme épouse Ngoné Latyr Fall, faisant ainsi de son fils Birima Ngoné Latyr un demi-frère de Lat Dior. Il est intéressant de remarquer le subtil mécanisme de succession dans le Kajoor : puisque Damel Macodou Coumba Yandé Fall est le successeur de son fils Damel Birima Ngoné Latyr ! Mais nak jarbaat, pour comprendre ces subtilités kajooriennes dans la désignation — par élection —, il faut aller quémander le savoir auprès des véritables historiens parmi lesquels.elles tu as pas mal de nijaay et de bajaañ ! # 24 Mai 1883 : Appel lancé aux croyants depuis le village lébou de Yoff près de Dakar par Seydina Limamoulaye également connu sous le nom de Baye Laye qui se proclame l'envoyé de Dieu, le Mahdi. Il est le fondateur de la confrérie soufie des Layènes. 🇸🇳 Un islam ouvert depuis la terre Lebu Sans doute la confrérie la plus ouverte — pour ne pas dire la plus révolutionnaire —, en tout cas la plus égalitaire du Sénégal. Son fondateur a su s’attaquer de front aux coutumes antéislamiques et surtout à l’une des bases les plus solides de la société wolof : les castes ! De plus, cette communauté Ahlou Laahi (les partisans d’Allah) a donné à la femme un statut assez novateur dans l’islam local, en matière d’égalité homme-femme. On me parlait souvent, jarbaat Anta Sakina, de ton arrière-grand-mère venue du nord et connue sous le nom de Mame Salatou qui s’habillait en Djellaba et était muezzine dans la communauté layène ! D’ailleurs, dans beaucoup de familles, on trouve des Mame Salaatou, m’a-t-on dit. Son fondateur, qui ne savait ni lire ni écrire, ne se référait à aucun maître arabe ou maghrébin, tirant tout son enseignement de la révélation faite à lui, un Noir, par Dieu. Évidemment, Seydina Limamoulaye mit mal à l’aise, voire en colère, le colon français, qui le mit en résidence pendant trois mois sur l’île de Gorée (Beer), avant que le juge d’instruction ne prononce un non-lieu en sa faveur, estimant qu’il n’y avait rien à voir dans la querelle entre deux Serigne Ndakarou rivaux (Le pouvoir religieux et politique à Dakar était fragmenté, avec des contestations récurrentes autour de la légitimité du Serigne Ndakarou). Si Alphonse Gouilly revenait aujourd’hui, il serait sans doute étonné de ce qu’est devenue ce qu’il considérait avec un certain mépris comme « une minuscule confrérie nègre dont l’horizon se confond avec celui d’un misérable village de pêcheurs », dans son ouvrage L’Islam dans l’Afrique occidentale française (1952). Coulon, lui, avait mieux compris la dynamique dans l’œuvre de Seydina Limamoulaye et écrivait en 1996 : «la confrérie apparaît alors non plus comme une “enclave”, mais au contraire comme un ferment participant, avec sa culture propre, aux développements d’un nouvel islam sénégalais. » Photo : Il n’existe aucune photo de Baye Laye. Cependant, dans son « Peintures sur verre et Islam au Sénégal », Marie-Hélène Boisdur de Toffol soutient que quelques fixés sous verre sont consacrés au fondateur de la tendance Layenne. L. Laye est représenté́ frontalement, assis en tailleur et est vêtu d'un boubou de couleur et d'un turban. Un oiseau noir et blanc repose sur ses genoux. » Cependant 1 jarbaat layène soutient, après interrogation d’un proche de Bay Abo, fils de Mame Rane, que cette peinture n’existe pas). Je mets cependant cette belle photo. En espérant que son auteur ne va pas s’offusquer de mon acte illégal que ne justifie que la qualité de son travail ! Vous pouvez voir ses autres photos sur les Layeen ici : hanslucas.com/nguironnet/pho… . # Bonus par VAR du 17 mai (J’ai déjà expliqué le sens de ces bonus : Ce que j’avais oublié de poster à bonne date!) 17 mai 1944 : Décès à Le Caire (Égypte) de Félix Éboué, né le 26 décembre 1884 à Cayenne, Guyane (France). 🇸🇳🇫🇷 Et sa fille aurait pu entre notre « Première Dame » Lorsque De Gaulle, en 1940, appelle les gouverneurs coloniaux à le rejoindre dans la Résistance contre l’Allemagne nazie, un seul répond à l’appel : Félix Éboué. Le 26 août 1940, il fait du Tchad, dont il est gouverneur depuis 1938, le premier territoire de la «France libre». Un acte de courage remarquable de la part de ce petit-fils d’esclave, qui prend cette décision alors qu’il est en pension au prestigieux établissement de la Légion d’honneur, donc sous le contrôle du régime de Vichy, et que ses deux fils sont prisonniers des Allemands. C’est à ce moment que l’histoire prend une tournure… sénégalaise. En captivité, les jeunes Éboué partagent leur geôle avec un certain Léopold Sédar Senghor, qui connaissait déjà les écrits de leur père. Entre jeunes intellectuels, les conversations vont bon train, et ils parlent à Senghor de leur sœur cadette, Ginette Charlotte Andrée Yvonne Éboué. Apparemment, ils en ont tant parlé qu’à la fin de la guerre, le 12 septembre 1946, Senghor épouse Ginette. Le compte rendu de ce mariage, publié dans le journal parisien Dakar — ancêtre de @LeSoleilonline — est savoureux, avec des détails comme : « Mme Lamine Gueye, plus belle que jamais », ou encore « Par amour ? Sans doute. Par idéologie de la négritude ? Certainement : Senghor refusait d’épouser une femme blanche, tandis que Ginette souhaitait renouer avec ses racines africaines. » Mais la mère de Ginette, elle, refuse catégoriquement d’accueillir un Noir africain dans la famille, allant jusqu’à manifester publiquement son opposition. Le mariage échoue, sey ba tas, en 1955. De cette union naîtront deux enfants : Francis-Arfang Senghor (né le 20 juillet 1947) et Guy-Wali Senghor (né le 28 septembre 1948), que l’on s’efforcera d’éloigner de leur père. À la demande de Ginette et de Senghor, le mariage religieux est annulé par le Vatican. Plus tard, Senghor épouse celle qui deviendra la première «Première Dame» du Sénégal, Colette Hubert. Selon Senghor, elle lui aurait été présentée comme « une amie africaine ». Cette mystérieuse amie ? Nul autre que… Ginette elle-même, d’après Henri Senghor, neveu du président, cité par le journaliste Langellier. Seetal ma li rekk ! Photo : Éboué / Ginette / Colette / Senghor #24mai #Senegal #Kebetu #Dakar
Mademba Aas Njaay tweet mediaMademba Aas Njaay tweet media
Français
0
2
1
181
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Par un 20 mai : Jarbaat, je te préviens, c'est du réchauffé de 2024 et 2025 et c'est long ! Donc tu peux zapper et reouter a TikTok ! 20 mai 1856 : création du tribunal musulman de Saint-Louis. Le premier cadi est le Tafsir Hamat Ndiaye Ann. Il appliquait le droit coranique de rite malikite, auquel se conformaient les populations locales. 🇸🇳 Quand la liberté des esclaves inquiétait plus que l’injustice de l’esclavage La mosquée de Saint-Louis a été construite en 1847 ; ce tribunal était promis dès 1848 et finalement ouvert en 1856. En réalité, c’est l’abolition de la traite négrière qui a accéléré la décision de créer un tribunal musulman. Jarbaat Sophie la Canadienne, je vous ai déjà parlé de la difficulté d’appliquer cette abolition dans la colonie du Sénégal. Ce sont les mulâtres et les Noirs — essentiellement les signares — qui possédaient des esclaves à Saint-Louis, qui étaient mécontents de cette mesure et cherchaient à pousser les captifs à la révolte. Selon Psquier, "si l’on dresse pour Saint-Louis la liste des plus de 20 esclaves, on constate que les négociants européens ne s’inscrivent pas dans ces chiffres modestes (Hécriè : 27, Morel : 24, Maurel et Prom n’y figurent pas car ils n’avaient que 18 esclaves), à la différence des mulâtres et des Noirs (Louis Alsace : 111, Marie Labouret : 94, Massemba Cina : 77, Samba Agui : 87). Il en est de même à Gorée." Selon une note du sous-directeur des Affaires extérieures, Arnier, adressée à Schœlcher le 18 avril 1848 (citée par Roger Pasquier, « À propos de l’émancipation des esclaves au Sénégal en 1848 »), ces possesseurs d’esclaves « ont fait prévoir aux Noirs qu’on les rendait à la liberté pour les déporter et les mettre sous la servitude d’un gouvernement qui les assujettirait à un joug plus terrible que leur captivité actuelle ». Auguste Baudin, gouverneur du Sénégal depuis le 10 octobre 1847, était très inquiet. Le 4 avril 1848, il écrit au ministre des Colonies : « Le véritable moyen de leur faire oublier jusqu’au chagrin qu’ils éprouvent à l’idée d’une émancipation prochaine — le seul, le plus efficace et sans conteste — est de leur accorder le tribunal musulman ». Et, dans une lettre adressée au ministre le 10 juin 1848, le gouverneur par intérim Joseph-Bertin Ducheateau écrit : « La création de ce tribunal a déjà disposé favorablement la population à accepter la liberté des esclaves sans trop de répugnance ». C’est d’ailleurs Ducheateau qui proclamera l’abolition de l’esclavage, Baudin ayant entre-temps été rappelé, avant de revenir comme gouverneur du 23 novembre 1848 à août 1850. C.T. Fall et M.M. Kane relatent les tensions entre autorités religieuses et coloniales autour de ce tribunal, notamment sur la volonté française d’imposer un tribunal d’appel au-dessus du Cadi Tafsir Hamat Ndiaye Ann, ainsi que sur l’imam Ratib de la Grande Mosquée. Et jarbaat Ayoube Seck, tu sais sûrement que ton Maam, Amadou Mactar Samb — père du philosophe Djibril Samb — fut cadi de Ndar. Voilà pourquoi on appelle Xaadi Jàan, mon cousin, mari de ma chère fille Aïssatou qui me gâte trop même ! (Djibril Samb a écrit "La traite négrière à Saint-Louis du Sénégal et dans son arrière-pays" que j'aurais pu citer dans le texte ci-dessus, mais pas le temps de le faire serieusement !) Kebetu vidéo : Le tribunal tel que je l’avais vu le 6 septembre 2025 à 18h02 ! @ndarinfonews avait écrit un article au titre à glacer le sang des doomou Ndar et même des Doomi Ndar : « L’ancien tribunal musulman de Saint-Louis transformé en maison close ». J’espère que la situation a changé. # 20 Mai 1962 : Consécration de Monseigneur Hyacinthe Thiandoum, Archevêque de Dakar, par Mgr Jean-Marie Maury, Nonce apostolique. Ordonné prêtre le 18 avril 1949, Mgr Thiandoum sera le premier cardinal de l'église catholique sénégalaise le 24 mai 1976. 🇸🇳 Foi, pouvoir et autorité : les leçons politiques de Senghor et Thiandoum Si le racisme du père Lalouse n’avait pas exclu Sédar Senghor du séminaire en 1926 — malgré ses excellents résultats —, nous aurions pu avoir un Cardinal plutôt qu'un Président Senghor ! Ce séminaire devait mener le jeune Senghor à la prêtrise. Plus tard, devenu président, Senghor fera preuve de fermeté en demandant au pape Jean XXIII de retirer la charge de l’archevêché au traditionaliste Mgr Marcel Lefebvre, qui dirigeait Dakar… depuis l’Europe ! Ce dernier sera finalement excommunié par Jean-Paul II en 1988. Suite à cette exigence de Senghor, le pape désigna alors Mgr Hyacinthe Thiandoum — formé pourtant par Lefebvre — à la tête de l’Église catholique du Sénégal. Heureuse décision, qui a permis une relation harmonieuse et durable entre l’Église et les leaders religieux musulmans. « Le berger » Thiandoum sut guider son troupeau dans l’amour du Fils de Marie, tout en se montrant fraternel et respectueux envers ses compatriotes musulmans, qui, il faut le dire, l’adoraient aussi. On rappelle souvent que le cardinal offrait volontiers des billets pour le pèlerinage à La Mecque à ses parents — au sens large — musulmans. Vrai ou faux, peu importe : le geste, lui, en dit long. Il faut également rappeler que Mgr Thiandoum, tout archevêque qu’il était, n’hésitait pas à tenir tête à Senghor. Et il fut sans doute poliment rabroué, comme Senghor le faisait systématiquement à ceux qui réclamaient la libération de Mamadou Dia. Fidèle à ses principes, Thiandoum, inlassablement et pendant plusieurs années, profitait de la cérémonie des vœux de fin d’année pour demander publiquement au président Senghor de libérer Mamadou Dia. Et, à chaque fois, Senghor faisait censurer cette partie du discours par les médias officiels… Si la @RTS1_Senegal a bien conservé ses archives, il serait instructif de redécouvrir ces neuf discours, véritables témoignages de l’humanité et de la droiture de Mgr Thiandoum, qui repose depuis 2004 dans cette cathédrale de Dakar, où il reste encore aujourd’hui, pour les Dakarois, une figure tutélaire. # 20 Mai 2022 : Décès à l'âge de 86 ans à l'hôpital régional de Thiès de l’artiste plasticien et musicien Abdoulaye Ndiaye ’’Thiossane’’, interprète de la musique du premier Festival Mondial des Arts Nègres en 1966. 🇸🇳 Abdoulaye Ndiaye Cosaan est un patrimoine national. J’adore la construction de cette phrase dans une de ses chansons plus ou moins taquines "Mbooloom jigéen yi boon yi ma xam, moo ci yées.» (De toutes les femmes mauvaises que je connais, c’est la pire). Cette utilisation de l’adjectif et de son superlatif ! Poète pur. Photo : Abdoulaye Ndiaye et une de ses œuvres.) # 20 Mai 1964 : Signature d'une convention entre l'État du Sénégal et la Compagnie Africaine de Produits Alimentaires (CAPA) qui s'engage à construire, dans un délai de trois ans, une unité de raffinage d'une capacité de 30.000 tonnes de sucre destiné au marché sénégalais. Au début des années 1970, la CAPA a été relayée dans la fourniture de sucre par la Compagnie Sucrière Sénégalaise. 🇸🇳 Ah Capa, dans sa boîte bleue !Avec 13 morceaux de sucre (la rangée entière !) à 5 francs, et le paquet de sukaar à 65 francs ! Et le nom CAPA toujours présent comme repere « Hann » ! C’était aussi dans le jargon des jeunes : « Li ngaay meew, Kaapa sax mënu ko sukuar ». Si les mensonges se transformaient en lait, même Capa serait incapable de le sucrer à suffisance ! 😀 # 20 Mai 1957 : Formation du premier gouvernement du Sénégal dans le cadre de l'autonomie interne. Ce gouvernement comprend le Chef du Territoire, le Vice-Président du Conseil de Gouvernement et 10 ministres. 🇸🇳😀J’allais vous donner la liste mais c’est déjà trop long ce tweet ! Je vous renvoie au livre de Mangane ! Avec photos ! # 20 mai 325 :🇸🇳 Le concile de Nicée : victoire doctrinale et fin de l’arianisme Le concile de Nicée condamne l’arianisme. En bref, selon un texte du site Hérodote : « Les partisans d’Arius proposent que Jésus, fils de Dieu, soit engendré à son créateur, de même que le Saint-Esprit. Les opposants font, eux, valoir que le Fils est consubstantiel au Père, c’est-à-dire qu’il partage la même essence ». Constantin leur accorde la victoire et condamne l’arianisme. Évidemment, pendant cinquante ans, la controverse se poursuit, portant même sur la nature — divine et/ou humaine — du Christ, avant que l’arianisme ne disparaisse progressivement. Bonus par VAR ? Non car texte déjà trop long ! Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates. #Senegal #Kebetu
Mademba Aas Njaay tweet media
Français
0
2
4
275
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Poussins yambaïvores ! Évidemment, les yeux des lecteurs rationnels tombent sur le grand titre du journal Libération. Mais moi, mon regard est plutôt capté par le titre, sur fond rouge, en haut à droite. On y apprend en effet que le yamba pourrait engraisser des poussins. Bacary Dia a été arrêté par des militaires avec 20 kg de graines de chanvre indien. Devant le juge de la chambre criminelle de Ziguinchor, il a assuré que ces graines étaient destinées à ses poussins. Il fallait quand même oser le dire. Mais, à bien y regarder, son argumentaire a une certaine cohérence : il affirme que le yamba confère à ses poussins une force telle que ses poulets — dont il se prétend éleveur — seraient d’une qualité sans pareille ! Il faut aussi reconnaître que l’homme a su se trouver un avocat à la hauteur de sa témérité. Selon le journal, ce dernier a lancé au juge et au procureur qui réclame dix ans de prison contre son client : « Rien ne prouve que les graines de cannabis sont de la drogue. » Chapeau bien bas, Maître. Car effectivement les graines ne contiennent pas la substance qui fait du yamba une drogue, selon la loi sénégalaise. Mais en fait, je crains que le juge ne te réponde que ce n’est pas parce qu’une graine ne fait pas planer pas qu’elle ne mène pas à ce qui fait planer. Il suffit de la planter. Je ne sais pas quel sort lui réserve le juge, qui prononcera son verdict le 1er juillet. S’il décide de l’enfermer, il faudra tout de même reconnaître au prévenu le mérite d’avoir ouvert une piste de recherche inattendue : celle des effets du yamba sur le développement accéléré des poussins. Qui sait ? Peut-être qu’un jour, on mangera des hamburgers de poulets nourris au chanvre indien ! Sans effet secondaire, bien sûr — contrairement à ce texte que vous venez de lire qui est la conséquence des effets secondaires d’un excès de caféine matinale sur mes neurones ! 😂 #senegal #kebetu #drogue
Mademba Aas Njaay tweet media
Français
1
4
24
2K
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Hommage au Pr Abdoulaye Dièye : entre citoyenneté, savoir et humilité Je ne sais pas si c’est par oubli ou par respect de la laïcité qui sied à l’espace universitaire, mais l’hommage au regretté Pr Abdoulaye Dièye a commencé non pas par des prières, mais par l’hymne national du Sénégal. Il est vrai que celui qui repose aujourd’hui sous la terre de son Ndar natal était un citoyen au sens le plus noble du terme : une personne qui a mis son savoir et sa force au service de la communauté. Une fois « Le Lion rouge » écouté, ce fut le temps de la prière. Une prière à la dimension de l’humilité de l’homme : sans se lever, sans distribution de « dogg », laissant ainsi à chacun et chacune la liberté de choisir sa manière de prier. Silence. Assis. Pour demander à Dieu de l’accueillir au Firdaws. Tout cela se passait à @UCAD_Senegal , où s’est tenue, le 16 mai 2026, une cérémonie d’hommage accompagnée de la remise des « Mélanges » en l’honneur du Professeur Abdoulaye Dièye. Bon, jarbaat TikTok-addict, « Mélanges », ce n’est pas une boisson aux couleurs et saveurs variées, nak toi aussi. Dans le jargon universitaire, les « Mélanges » désignent, depuis le XIXe siècle, un ouvrage collectif composé d’articles scientifiques écrits par des collègues, des étudiants et des amis pour rendre hommage à un professeur émérite, à l’occasion, par exemple, de son départ à la retraite ou d’un anniversaire académique. Évidemment, Dieu rappelant à Lui qui Il veut et quand Il veut, ces « Mélanges » deviennent parfois un hommage post mortem. Abdoulaye Dièye était d’abord un Domu Ndar, dont l’élégance en toutes choses a été soulignée par le Pr Isaac Yankhoba Ndiaye ; un juriste exceptionnel, comme l’a rappelé le Pr Babacar Guèye ; un syndicaliste intransigeant sur les libertés académiques. Mais il était aussi de ceux sans qui les Assises nationales ou la CNRI n’auraient sans doute pas produit les documents consensuels — notamment le PNBGD — qui ont fait leur succès. Lui, Abdoulaye Dièye, qui avait, bien avant les Assises nationales, exposé les grands axes d’une réforme institutionnelle pertinente lors des « Rencontres citoyennes » de 2005 organisées par le Jëf Jël de Talla Sylla. Évidemment, le profil d’Abdoulaye Dièye devient encore plus attachant à l’écoute des témoignages de sa famille, notamment par la voix de Zakaria Dièye. Et je peux moi-même attester de la justesse de ces propos, pour avoir été souvent assis à ses côtés — ou face à lui — lors de nombreuses rencontres sur la gouvernance du pays. Je te fais ce petit montage vidéo de 6 minutes et 51 secondes – oui je sais que c’est trop long pour TikTok - pour entendre quelques mots de M.L. Loum, B. Guèye, M. Ndoye, I.Y. Ndiaye et Aram Ndoye. Pour des raisons que certains jarbaat connaissent, j’ai dû quitter l’amphi avant la fin de la cérémonie et donc je n’ai malheureusement pas eu le plaisir d’écouter les autres interventions. youtu.be/AIjE7Bm8rWw #Senegal #Kebetu #UCAD
YouTube video
YouTube
Français
1
0
2
356
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Trois événements, beaucoup de contenu ! Assister à un événement n’est jamais un acte gratuit : on y va toujours pour au moins une raison. Et parfois, simplement — même si on ne l’avoue pas — pour se faire voir par la puissance invitante, pour « waslu àq », quoi ! Mais a posteriori, on est souvent content d’avoir été là. 🇸🇳 Quand Aram Fall parle, je deviens le simple jarbaat de votre Maam! Alors, pourquoi suis-je allé à la présentation du livre Nëwu, ce samedi 9 mai 2026 ? Certainement pas pour waslu àq : j’ai simplement vu passer l’invitation sur WhatsApp, et, à vrai dire, je ne savais même pas ce que « Nëwu », mot wolof, signifiait ! J’y suis allé parce qu’il s’agissait d’Aram Fall. Non pas à cause de son lien biologique avec mon premier proviseur à Faidherbe — moi qui sortais à peine de l’école primaire, avec un directeur, pour découvrir qu’au lycée il y avait un proviseur ! J’y suis allé parce que, dans ma tête, depuis toujours, Aram Fall est une immense linguiste, une scientifique au sens le plus exigeant du terme. Je sais, jarbaat soupçonneux, que tu connais cette maxime prêtée à Lamine Guèye : « Quand on dit d’une personne qu’elle détient un savoir, demandez-vous si celui qui le dit détient lui-même le savoir permettant d’en juger. » Pour ma part, il me suffisait d’entendre votre Maam Pathé évoquer Aram Fall en termes élogieux. Et lui, votre Maam, il savait ! Au point que, si je devais créer un binôme Aram–Pathé, je dirais — sans heurter personne, je crois — que ce duo est à l’étude des langues, en particulier du wolof, ce que Cheikh Anta Diop est à l’étude de l’Égypte pharaonique: une passion sans limite, fondée sur la science et jamais sur l’émotion, pour reprendre des mots entendus ailleurs. Bon, je ne vais pas m’attarder sur mon émotion d’avoir vu, salué, échangé, et obtenu une belle dédicace d’une personne à qui tout le monde voue respect et admiration. Rien que la présence de Boubacar Boris Diop, de Cheikh Aliou Ndao, ainsi que de Thierno Cissé et Mamadou Diouf, suffit à témoigner de ce que représente la sœur d’Aminata et de Kader dans la promotion des langues nationales. Donc, Aram Fall présentait la deuxième édition de son livre Nëwu: Làmmiñu wolof ci gàttal (Précis de grammaire de la langue wolof). Elle a dédié l’ouvrage à son défunt époux, Abdoulaye Bara Diop — sans conteste le père de la sociologie sénégalaise. Elle aussi écrit dans la préface que « cant ñeel na Àlaaji Mamadu Njaay ak Seex Adarame Jaxate ». Avant de me signer cette belle dédicace : « Bége sa teewaay ci bés bi. Amit cofeel ci yow ndax sa pas-pas ci suqli làmiñi réew mi. » Lii ka niróok sas waay ! (Votre bajaan Sophie ne me lit plus à cause de mon jaxase -melanss Francaix/Wolof !) Ne comptez pas sur moi pour vous dire ce qu’il y a dans le livre — même si, malgré mes carences, j’ai saisi le sens Nëwu grâce à une excellente présentation de Soxna Baawo Jóob, sous la modération de Soxna Koddu Faal. J’y ai entendu de belles choses. Cheikh Aliou Ndao disant : «Li ma bind yëpp, Aram mooy reen bi », ou soulignant le rôle éminent de Boris dans l’internationalisation de la langue wolof à travers son œuvre littéraire (à moins que cela ne fut dit plutôt par Aram elle-même. Mais peu importe la bouche qui a parlé, si la vérité est bien dite). Quand les œuvres littéraires écrites en wolof, Guy njuilli ou Domi golo entre autres, deviendront enfin des best-sellers tirés à des millions d’exemplaires, sans doute ne serons-nous plus là pour le voir. Mais cela arrivera nécessairement car Il faudra bien, un jour, tirer les conséquences de l’impossibilité de se développer et de tàqamtiku dans la langue des autres. Aram Fall a gardé toute sa verve et toute la rigueur de son verbe scientifique. D’ailleurs, après l’avoir écoutée, j’ai fait un détour chez ma jarbaat linguiste — absente, car occupée à s’occuper de ma sët chérie — pour lui demander de m’expliquer ce que je pressentais lorsque Aram Fall a affirmé qu’« aucun alphabet ne permet de tout écrire ». Comme aucun post ici ne peut rendre compte de mon émotion d’avoir simplement vu, salué et écouté Soxna Aram Faal. 🇸🇳Du suweer familial au showroom de luxe Encore pourquoi suis-je allé au vernissage de l’exposition de Seriñ Ndiaye, le vendredi 8 mai 2026 à 19h ? Eh bien, connaissant les relations de l’artiste avec Cheikh Tidiane Sy Al Maktoum et sa famille, j’y suis allé pour le taquiner sur l’heure de l'événement, celle de la hadara si chère à sa confrérie ! ! En réalité, j’y suis allé parce qu’une partie des œuvres de Seriñ Ndiaye — qu’on les appelle peinture sous verre ou fixé sous verre — me rappelle toujours la chambre de votre arrière-grand-mère, avec ses suweer. Il faut aussi dire que mon éloignement de ce qui est mondain — pas par ascétisme nak — fait que je n’avais pas vraiment prêté attention au fait que l’exposition était présentée par « Maraz ». Maraz, la maison de luxe fondée par Moustapha, le fils de l’artiste. Et comme le luxe n’est pas seulement le produit, mais aussi l’atmosphère, la senteur, le coup de foudre, le je-ne-sais-quoi qui rend chaque objet unique, c’était agréablement surprenant d’admirer les œuvres de Papa, délicatement disséminées entre des produits de grand luxe faits main, faits à Dakar, faits par des artisans sénégalais. L’ambition de Moustapha et de ses associés est claire : faire de leur maison une «Marque africaine premium», appelée à devenir une référence mondiale dans le milieu très sélectif du luxe haut de gamme. Aux âmes bien nées, les grands desseins ! Et les dessins de Papa étant déjà présents dans le circuit mondial de l’art, Moustapha, avec ses chaussures, bagages et sacs — j’ai adoré les sacs et les.. sandales — connaît déjà le cap à suivre. 🇸🇳 Pencum WARC : entre histoire, politique et non-dits Enfin, pourquoi suis-je allé au Pencum du WARC sur la traite des esclaves — entre mémoire, criminalisation et réparations — le jeudi 7 mai 2026 conjointement organisé par le Cinu et le Warc ? Certainement pas pour faire plaisir à Ousmane Sène, le boss du WARC, qui manie l’Anglais comme l’autre Sérère maniait le Français ! Mais répondre à une invication de la Minielle Baro (qui des jarbaat connait ce journalisgte qui a fit les beaux jours du JT de @RTS1_Senegal ?) et surtout pour apprendre auprès de grands spécialistes de la traite. Selon le programme, il y avait notamment le Pr Ibrahima Thioub, le Dr Ibrahima Thiaw (IFAN) et le Pr Samba Thiam (IFAN). En réalité, je n’y ai pas vu Thioub (« absent excusé », comme on dit dans les PV de réunion syndicale 😃), mais il y avait le juriste et activiste (au sens noble) des droits humains Ibrahima Kane, ce qui était tout aussi pertinent, aux côtés de l’initiatrice du Penc, le Pr Penda Mbow, et de la présidente de séance, le Pr Rokhaya Fall (celle-là même qui a renversé la belle légende de Yacine Buubu à laquelle je tenais tant 😃.) Bon, j’avoue que je suis venu bien en retard… mais juste au bon moment pour entendre le Pr Samb s’étonner du silence entourant la traite arabo-musulmane, puis Cheikh Tidiane Gadio s’interroger sur la notion de réparations. J’ai aussi entendu Fatou Sow et Berthé poser la question cruciale de la gestion du Mémorial de Gorée, sorti de sa matrice au point de perdre le sens que ses concepteurs lui avaient donné. Le public a également apprécié, comme moi, deux vérités qu’on n’entend pas souvent. La première, rappelée par Claudia Mosquera Rosero, @IdcaranCo ambassadrice de Colombie au Sénégal, qui, en bonne universitaire, estime que la traite négrière a aussi été une appropriation illégitime des technologies et du savoir-faire africains implantés en Amérique. Mais qui, en véritable activiste, appelle aussi à faire sortir la question des réparations du seul cadre universitaire pour lui donner une dimension populaire, comme projet de société pur une justice épistémique. Notamment en Colombie, où l’on parle de « réparation historique », par opposition à la réparation contemporaine liée aux dommages de la guerre contre les FARC, qui a également fortement affecté les Afro-descendants. Pour la seconde vérité rappele par Fatou Sow, il a été question de la présence, sur le sol américain, de populations africaines ayant débarqué librement sur les côtes est bien avant les Européens, et dont on retrouve des traces dans les sols, les peuples et les langues. Bref, qu’ils y étaient avant Colomb. Avec trois déplacements — sans parler du reste, notamment d’une excellente rencontre à Raw Material Company sur les enjeux financiers autour des œuvres d’art de nos artistes — votre Nijaay @Babacar63894931 ) sait donc que je n’ai pas encore pris le parti d’éviter désormais ces rencontres ! C’est juste que je joue un peu moins au reporter bénévole pour les jarbaat paresseux 😏. #kebetu #Senegal #IFAN #CINU @CinuDakar
Mademba Aas Njaay tweet mediaMademba Aas Njaay tweet mediaMademba Aas Njaay tweet mediaMademba Aas Njaay tweet media
Français
0
4
6
748
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Par un 13 mai : Encore les conséquences de 1962 ! Salut les jarbaat je vais pas vous énerver encore avec Senghor/Dia ! Alors je réchauffe le post des 13 mai 2024 et 2025, en y ajoutant juste une ou deux phrase ! Bon Hajj aux Jarbaat et aux Jaam en route pour Arafat. 13 Mai 1963 : Condamnation à Dakar de Mamadou Dia, ancien Président du Conseil de gouvernement, à la détention dans une enceinte fortifiée par la Haute Cour de justice. Il avait été arrêté le 18 décembre 1962 au lendemain de la crise politique survenue au sommet de l'État. 🇸🇳 1962 : et si tout n’avait pas encore été dit ? Franchement, que te dire de plus, Jarbaat ? J’ai déjà dit tout ce que je sais… ou presque. Tout commence le 17 décembre 1962. Le procès débute le 7 mai, et le 13 mai 1963, les condamnations tombent. Senghor dira lui-même qu’il avait empêché la condamnation à mort de Dia. Dois-je en déduire que c’est aussi lui qui a dicté la sentence finale ? Abdoulaye Wade, avocat de Dia — mais avec l’autorisation expresse de Senghor avec comme condition de ne plaider que le droit — affirmera que la Cour de justice avait cherché en vain, dans le droit sénégalais, un article permettant de condamner Mamadou Dia à mort. Tout cela pour une querelle somme toute banale sur la primauté de l’État ou du Parti ? (En 2026 est-ce devenue une querelle entre l’Executif de la Coalition et le Législatif du Parti ?) Une crise que Senghor aurait pu désamorcer en calmant les ardeurs des députés ? Ou alors… peut-être que tout cela cachait un non-dit. Flashback — ou VAR, pour parler comme vous. Le 5 septembre 1960, Senghor est élu président du Sénégal à l’unanimité des 118 membres du collège électoral. Il fait adopter une Constitution qui confère de larges pouvoirs à Dia. Mais Mamadou Dia, lui, plaide plutôt pour un pouvoir présidentiel fort — comme dans le reste de l’Afrique — dont Senghor, qu’il appelait « Sédar », serait le chef. Senghor refuse, fait l’éloge de Dia et le nomme président du Conseil. Senghor espérait-il que Dia renonce volontairement à ce poste, ouvrant ainsi la voie à une Constitution présidentialiste qui lui aurait permis de dire : « Je n’en voulais pas, mais j’ai accepté sur demande de Dia » ? Toujours est-il que, deux ans plus tard, chez le président Lamine Guèye, les députés — chassés de l’Assemblée nationale par Dia — votent la censure. Pourquoi ne se sont-ils pas limités à cela, en exigeant simplement de Senghor, conformément à la Constitution, qu’il désigne un autre président du Conseil ? Non. En plus de la censure, ils votent aussitôt les pleins pouvoirs exécutifs à Senghor, lui conférant les pouvoirs jusque-là détenus par Mamadou Dia. Ils reconnaissaient ainsi, de facto et de jure, que c’était bien Dia qui détenait le pouvoir. Alors, Jarbaat juriste Nafi, tu comprends donc pourquoi la question revient sans cesse : qui a vraiment fait un coup d’État le 17 décembre 1962 ? Mais, après une overdose de café pur et un rapide aller-retour Dakar–X–Dakar, ce 13 mai 2025, une idée un peu folle a germé entre mes faibles neurones : et s’il y avait eu, en parallèle, un coup d’État préparé pour renverser tout le pouvoir — qui n’a finalement pas pu être exécuté à cause du déroulement inattendu de la crise ? Un coup d’État caché contre Senghor etMamadou Dia, en même temps ? Bon… divagation de Nijaay rekk nak. Rien de plus. 😉 13 Mai 2015 : Rappel à Dieu, à Dakar, du professeur Amady Aly Dieng (83 ans), universitaire pluridisciplinaire et auteur de plusieurs publications. Marxiste convaincu, son militantisme dans le PAI lui avait valu son exclusion de l'ENFOM. Il a travaillé comme assistant à la faculté des sciences économiques de l'Université de Dakar puis comme économiste principal à la BCEAO Sénégal. 🇸🇳 Le dernier des encyclopédistes sénégalais Ah Paa, ou Doyen Amady Aly… J’étais ce jour-là à la mosquée du Point E, et tout le gratin intellectuel y était réuni pour prier sur sa dépouille et témoigner, par grappes de conversations, de cet homme connu de tous — et qui connaissait tout. Une véritable mine d’informations sur la trajectoire intellectuelle et politique des hommes et des femmes qui ont marqué la vie sénégalaise. Des heures de discussion avec lui, notamment au journal @walfadjrisn , qui était devenu, toutes proportions gardées, sa grand-place, où il aimait palabrer avec les journalistes, en toute simplicité. Il a enseigné au @CESTIDAKAR , avec cet humour caustique et ces sarcasmes qui n’épargnaient personne. Il me quittait souvent avec un « Nuyul ma Bakary 2 », en parlant de son ami Pathé Diagne, avec qui il entretenait une interminable querelle sur l’europhilosophie. Comme il en a eu, d’ailleurs, avec plusieurs intellectuels : Abib Mbaye (va ecouter l'entretien centre sur lui avec le Pr MAgueye Kasse sur @Amanitvafrique ), Hountondji, Towa, Cheikh Tidiane Gadio… Intarissable sur son ami Cheikh Anta Diop, Amady l’était aussi. Parfois critique, certes, mais sans jamais rompre avec cette profonde amitié qui, selon ceux qui les ont connus, liait les deux hommes. Une amitié demeurée intacte malgré des divergences jamais totalement élucidées, y compris sur le rôle de Cheikh Anta dans la carrière de Dieng. Je terminerai par ces mots de Jean Copans, qui traduisent si bien ce que fut le Doyen Amady Aly : « En fait, Amady est un Aristote à l’africaine, à la fois encyclopédique et partisan d’une école péripatéticienne, qui enseigne en se promenant, le matin pour ses élèves avancés et le soir pour un plus large public. » Tout cela, c’est Amady Aly : un immense intellectuel, dont la fidélité à Abdoulaye Ly me fascinait. Mais, tout grand intellectuel qu’il fut, il a aussi été un jeune dandy — comme en témoigne cette photo avec son ami de toujours, Ousmane Camara. Deux photos extraites d’une publication du CODESRIA, issue d’un entretien entre Dieng et le professeur Abderrahmane Ngaïdé. #Senegal #Kebetu #MamadouDia #Senegal @AmadyAlyDieng Bonus par VAR du 30 avril (J’ai déjà expliqué le sens de ces bonus : Ce que j’avais oublié de poster a la date « normale » !) 30 Avril 1926 : Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur du Mouridisme, obtient de l'administration coloniale française l'autorisation de construire de la mosquée de Touba après celle de la mosquée de Diourbel délivrée en 1917. 📷 1913–2025 : l’erreur de lecture de Paul Marty Évidemment, il y aura toujours des jarbaat pour me dire que je devrais écrire sur cet acte. Mais franchement, la documentation existe : allez donc y jeter un coup d’œil ! Je me contente ici de partager une photo de la mosquée en 1960 — histoire de mesurer le chemin parcouru. On est très loin des « prévisions » de Paul Marty qui, pourtant, connaissait personnellement le Cheikh, avait échangé avec lui, et écrivait en 1913 : « Il est fort probable que la disparition d’Amadou Bamba amènera la désagrégation de son mouridisme et son morcellement en autant de ramifications. » Il n’avait rien compris, ce Paul. Et pourtant, comme le rappelle Jean-Louis Coulon, ce même Paul Marty avait aussi écrit à propos de Serigne Touba : « Il a la réputation d’un saint homme, pieux, charitable, de mœurs très pures. » En écrivant cela, le Français aurait presque pu deviner que son œuvre lui survivrait… Manifestement, Paul n’avait pas le baatin nécessaire pour comprendre ce qui allait suivre. Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites. #Senegal #Kebetu #Senghor #MamadouDia #SerigneTouba
Mademba Aas Njaay tweet media
Français
1
6
10
466
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Les “cent premières” de Samba Mangane : une génération qui a assuré Si en France, avec @Le_NouvelObs , on en est à identifier « Les 50 qui vont faire demain », Samba Mangane, lui, propose « Ces 100 premières du Sénégal» : cent femmes qui comptent déjà aujourd’hui et qui permettront peut-être, demain, à un vrai prospectiviste — et non à un gisaane - d’identifier les 100 hommes et femmes qui feront le Sénégal de demain ! Évidemment, qu’il s’agisse de 50 ou de 100 noms, on trouvera toujours quelqu’un pour dire qu’il fallait aussi y mettre celle-là ou celui-ci. Mais la bonne nouvelle, c’est que personne — ou presque — ne contestera la place des cent femmes identifiées par Mangane. Bon, le livre n’est pas encore dans les rayons des librairies, mais ne compte pas sur moi, ô jarbaat TikTok addict, pour en disposer gratuitement à sa sortie ! Et puis, je vois parmi ces « cent premières » certaines de vos bajaañ. Il faut dire qu’elles, elles ont grandi avec les livres… et non avec les écrans. #kebetu #senegal
Mademba Aas Njaay tweet mediaMademba Aas Njaay tweet mediaMademba Aas Njaay tweet media
Français
1
3
6
410
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Par un 10 mai : Trois Ousmane, deux Diagne 🇸🇳 10 mai 1963 : Et Senghor enleva ses chaussures…quelques jours après Il est 9 heures ce 10 mai 1963. Ousmane Goundiam, président de la Haute Cour de Justice, donne la parole à Ousmane Camara, procureur général, pour son réquisitoire contre Mamadou Dia, ancien président du Conseil de gouvernement, Ibrahima Sarr, Valdiodio Ndiaye, Joseph Mbaye et Alioune Tall, accusés de tentative de coup d’État. Camara démontrera qu’il n’y a jamais eu tentative de coup d’État. Cependant, il estime que des décisions assurément illégales ont été prises par Mamadou Dia et ses compagnons, et qu’elles doivent être sanctionnées. Il demande donc des peines très légères, avec beaucoup de circonstances atténuantes pour Dia, Ndiaye et Mbaye, la relaxe pure et simple pour Sarr et, pour Tall, il s’en remet au tribunal. Instance politique dans sa substance, la Haute Cour de Justice ne suivra pas le procureur. Les députés qui y siègent chercheront en vain dans la loi ce qui leur permettrait de condamner à mort Mamadou Dia. En désespoir de cause, et dès le lendemain 11 mai, la Haute Cour de Justice condamne Dia à la prison à perpétuité, Ndiaye, Sarr et Mbaye à vingt ans de prison, et Tall à cinq ans. Il fallait liquider Mamadou Dia, un point c’est tout. Ousmane Camara raconte ensuite, de façon très imagée d’ailleurs, une scène dramatique qui suivit. Cela ferait un beau film ; je devrais en discuter avec Hussein Dembel Sow, qui doit être le neveu ou cousin de mon jaam de cœur, votre Nijaay Malick Sow Dembel ! Le guide religieux Seydou Nourou Tall se présente, furieux, au ministère de la Justice. Il est reçu par Ousmane Camara qui, en l’absence du ministre et sur l’insistance du dignitaire religieux, l’installe dans le bureau du ministre. Le marabout, ne connaissant pas Camara, lui dit : « Allez dire à Guillabert que je ne sortirai d’ici que muni d’un papier indiquant qu’Ousmane Camara, qui est son collaborateur, est en prison avec Mamadou Dia. Lui qui a dit que Mamadou n’avait rien fait, alors que tout le monde sait que vous voulez me tuer. » Senghor arrive dare-dare, enlève ses chaussures devant Thierno Seydou Nourou, et s’ensuit un dialogue que, jarbaat, je ne vais quand même pas raconter en pillant les mémoires d’un juge africain ! D’autant qu’Ousmane Camara m’a précédé au lycée Faidherbe de Saint-Louis, comme vos grands-pères Pathé Diagne, chantre de la découverte de l’Amérique par Bakary II ; Dr Serigne Bâ, père de votre « bajeen », première chirurgienne du Sénégal ; Abou Touré, mon proviseur préféré ; ou encore le fils de votre arrière-grand-mère Coumba Dème ! Et, coïncidence, le lycée Faidherbe célèbre ce 10 mai l’édition 2025 de sa « Journée de l’excellence du Lycée Cheikh Oumar Foutiyou Tall », que vous pouvez suivre ici : youtube.com/live/3s4eqoDYf… # 🇸🇳 10 mai 2010 : Rappel à Dieu d’Ousmane Diagne (80 ans). Enseignant, il fut un très grand commis de l’État. Il a été directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères, secrétaire général du Conseil économique et social, directeur de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM). D’une rigueur morale et professionnelle à toute épreuve, il fut également président de la Croix-Rouge sénégalaise. Estimant qu’on doit toujours faire preuve de tenue, il m’a même rappelé un jour comment raccompagner une personne qui vous rend visite, selon qu’elle soit venue avec sa propre voiture ou qu’on lui offre discrètement « de quoi prendre le taxi ». Certains Jarbaat comprendront peut-être pourquoi, quand je prie Dieu en faveur de votre Mame Ousmane, j’y associe également le philosophe Abib Mbaye (dont je parlais le 7 mai), mais aussi le journaliste Doudou Diène — qui fut également mon professeur d’espagnol au lycée Faidherbe —, l’avocat Me Ousmane Sèye, ainsi que celle qui marqua de son empreinte l’école Berthe Maubert de Dakar. Connaissez-vous leur lien ? Tu vois jarbaat pourquoi certains anciens et anciennes nous manquent ! # 🇸🇳 10 mai 1914 : Blaise Diagne est élu et devient le premier député noir africain. Jean-Baptiste Belley, dit « Timbazé », qui serait lui aussi né à Gorée comme Diagne, avait auparavant été le premier Noir à siéger comme député pour Saint-Domingue sous la Révolution française. C’est un événement si important qu’une abondante littérature lui a été consacrée. Mais c’est sans doute votre Maame Iba Der Thiam — que Dieu le gratifie du Firdaws — qui s’est le plus intéressé au personnage, notamment avec son ouvrage "La Révolution de 1914 au Sénégal ou l’élection au Palais-Bourbon du député noir Blaise Diagne (de son vrai nom Galaye Mbaye Diagne)". Bonus par VAR du 30 avril (et vous savez pourquoi !) 30 avril 2009 : L’avocat Souleymane Ndéné Ndiaye est nommé Premier ministre. Il succède à Cheikh Hadjibou Soumaré, inspecteur du Trésor. 🇸🇳 476 ministres plus tard… où va exactement ce pays ? Bon, j’ai pas trop la tête à écrire long aujourd’hui et, vu que Jules a été nommé par Laye, j’ai décidé d’aller fouiller un peu dans le bouquin de Thierno Ndao pour gratter quelques stats sur les gouvernements entre 1957 et 2023. Mais d’abord, c’est quoi un ministre, en vrai ? Moi, vieux jeu que je suis, je pars du principe qu’un ministre, c’est quelqu’un qui siège de droit au Conseil des ministres. Quand il y a un Premier ministre, le ministre ne rend compte qu’à lui, et pas directement au Président — sauf exception clairement prévue et validée par le PM lui-même. Et logiquement, si le PM saute, le ministre saute aussi ! Alors, dans ce fameux bouquin, "Gouvernements du Sénégal 1957-2023", j’apprends qu’Abdoulaye Wade détient le record : 143 ministres en 12 ans de pouvoir ! Rien que ça. Le moins « gourmand » ? C’est Senghor, si l’on met de côté les 29 ministres du gouvernement de Pierre Lami (1957-1960). Senghor n’a nommé « que » 75 ministres en 20 ans, 3 mois et 24 jours. C’est lui aussi qui a nommé la première femme ministre… mais 18 ans après l’indépendance, il ne faut pas l’oublier. Abdou Diouf ? 117 ministres en 19 ans. Macky Sall ? Re-belote : 143 ministres en 12 ans pile. Et Diomaye alors ? Pour le moment, tranquille : 26 ministres et 5 secrétaires d’État. Donc, si je reprends les chiffres du livre et que j’ajoute les ministres actuels, on arrive à 476 ministres nommés au Sénégal depuis 1957. X femmes, Y hommes. (Oui, je sais, vous attendez les chiffres exacts, mais comptez pas sur moi, feignant.e.s de jarbaat : achetez le livre !) Ah, j’allais oublier : ne cherchez pas Thierno Ndao en librairie. Le vrai nom de l’auteur, c’est Samba W. Mangane. « Thierno », c’était simplement son pseudo quand il écrivait avec nous à Walf. Il me l’a rappelé dans la petite dédicace perso qu’il m’a faite quand j’ai acheté le livre. Et si toi aussi tu l’achètes et que tu me le prouves, je te garantis une dédicace manuscrite — ou vocale — de Mangane himself ! Regarde bien la photo, tu devineras le titre. Un petit jeu de piste version lettré ! Bon, j’ai pas le temps de lancer un grand débat sur les différents styles de gouvernements sénégalais : d’abord celui des instituteurs, puis celui des administrateurs, ensuite celui des juristes, et puis… le grand mix jaxaasé-mélangé. Aujourd’hui, clairement, on est dans l’ère des « experts en communication », aussi bien au pouvoir que dans l’opposition. Pour tout et n’importe quoi, il y a des «éléments de langage» préparés — souvent vite faits — et récités en boucle. Le débat autour de la décision du Conseil constitutionnel sur l’article 1 d’une loi en est un parfait exemple. Tiens, comparaison : en Chine, avec plus d’un milliard d’habitants, il n’y a que 26 ministères. Et là-bas, ce sont surtout les ingénieurs, scientifiques et diplômés des meilleures écoles — chinoises comme internationales — qui tiennent les rênes, à commencer par Xi Jinping, ingénieur chimiste de formation. Les autres sont des poids lourds du Parti communiste. Une réunion des ministres chinois ressemble parfois à une réunion de Polytechnique ! Revenons chez nous : jusqu’en 2023, 192 ministres avaient étudié à l’UCAD. L’UGB ? Seulement cinq, dont trois femmes : Fatou, Coumba et Victorine. Moi, j’y croyais en 2024 : je pensais que les Sanaar Boyz & Girls allaient renverser la tendance. Loupé. Côté lycées : Van Vo (LG) a produit 49 ministres. Faidherbe (COFT), lui, en a formé 40, dont deux femmes: Mame Madior et Marie-Louise. Bon, je vais quand même demander à Mangane s’il me permet de continuer à pomper dans son livre. Pas envie de lui faire perdre des ventes ! Mais bon, on est au Sénégal hein… la baisse de l’achat de livres, c’est peut-être la seule chose qui soit restée stable ces dernières années. (Même si je n’ai aucune preuve, je l’avoue 😄) Je ne suis pas certain que tu as lu jusqu’ici car tu t’es sans doute rendu compte très vite que c’est du réchauffé avec ses anachronismes ! Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites. #Senegal #Kebetu #Enam #CroixRouge #MamadouDia
YouTube video
YouTube
Mademba Aas Njaay tweet mediaMademba Aas Njaay tweet media
Français
3
9
20
1.4K
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Jarbaat, regardez bien cette photo : il y a du lourd dedans ! Finalement, cette photo d’Abib Mbaye dans une salle de classe est bien plus « riche » que je ne le pensais ! @papasalif m’avait fait remarquer sur Facebook que le Pr Abdoulaye Kane y figurait aussi. En me demandant pourquoi @Me_President avait archivé cette photo, j’y ai aperçu ma chère Pr Aminata Diaw Cissé. En regardant encore mieux, je vois également le Pr Amadou Ly. Et peut-être que j’en rate encore ! Si ces amis Jaañeen doomun ndar, Souleymane Bachir et Mamoussé y figuraient, j'allais organiser un colloque sur cette cette photo ! Merci à celui ou celle qui a pris cette photo, et merci à Anta Germaine de l’avoir partagée avec moi ! Par ailleurs, je vous conseille de suivre le professeur Maguèye Kassé parlant du philosophe Abib Mbaye, mardi 12 mai 2026 à 15 h, sur @Amanitvafrique. Abib est d’abord son ami ! Ils ont partagé le PIT, mais aussi leur connaissance de la pensée allemande, puisque Mbaye était, entre autres, un spécialiste de Hegel, tandis que @KasseMagueye est, entre autres, un germaniste reconnu dans le monde. #kebetu #Senegal @UCAD_Senegal @hadyba_
Mademba Aas Njaay tweet media
Mademba Aas Njaay@MadembAS

Par un 7 mai : Minerve faisait-elle du café à son oiseau ? Jarbaat, si tu venais voir ton Nijaay à Crédit Foncier — ou « Difonssé » comme dit le peuple — tu y as sans doute rencontré Tonton Abib Mbaye. Abibou Mbaye. Abib Mbaye. Abib. Philosophe. Enseignant. Époux. Père. Ami. Camarade. Rappelé à Dieu un 7 mai 1997. Généalogie postée dans un groupe familial : « De l’union de Youga Fally Dieng et Sané Diatta, fille du roi d’Oussouye, est issue Fatimata Dieng, mère d’Aby Gaye, mère de mon bien-aimé philosophe. Son père, Amath Ndoumbé Mbaakhé, est originaire d’un foyer religieux du Saloum. » En lisant « mon bien-aimé philosophe », ceux et celles qui connaissaient Abib savent immédiatement qui est l’auteure de ces mots ! Abib marchait lentement, très lentement, et réfléchissait profondément, très profondément. Une lenteur lumineuse. Cela donnait des textes où, par exemple, pour résumer une profonde crise universitaire, il écrivait simplement : « La solution, c’est le problème.» Une formule que Mame Less Camara aimait souvent rappeler lorsqu’il évoquait ce militant du PIT — ou plutôt cet électron libre — dont la pensée disruptive refusait les limites barbelées du dogmatisme. Si j’ai vu le turendo — c’était en 2024 — déployer ses charmes devant la petite-fille de Cheikh Anta, ce n’était pas un hasard ! Car il y a 43 ans, le jeune philosophe Abib Mbaye séduisait déjà Cheikh Anta Diop lui-même par sa lecture marxiste de son œuvre. C’était lors du colloque organisé par la librairie et les éditions Sankoré de Pathé Diagne à @UCAD_Senegal , du 19 au 23 avril puis du 11 au 15 mai 1982. Pendant quatre heures, chaque nuit, Cheikh Anta Diop faisait face à des spécialistes de toutes disciplines dans un amphithéâtre bondé. Oui, Abib était de gauche… mais pas seulement. Piochons encore dans le groupe familial : « Grand Habib quittait ce monde au moment où j’intégrais le monde des enseignants-chercheurs à l’UCAD. Un homme exquis dans le dit et l’écrit, fidèle à ses convictions de gauche, pour un monde fait d’humanité. Ses talents d’esthéticien de l’art étaient mondialement connus. Grand Habib a inspiré et continue d’inspirer. » Toujours la même auteure, qui a sans doute servi à notre ami son dernier café ! Avec Abib, nous avons tant partagé de tasses de thé et de café à « Difonssé » qu’il en plaisantait : son groupe sanguin était Arabica+ ! Quand j’avais posté ce texte en 2024, quelqu’un m’avait répondu avec une autre anecdote : « Au plus fort de la maladie, il aimait dire à son ami Malick Ndiaye – le socioloque - que c’est la carcasse qui fait des siennes, mais que le moteur tournait encore à plein régime. » Il y a en effet des gens qui ont des expressions qui marquent ! C’est avec Abib que j’ai pris l’habitude de dire «mon corps est en panne » quand je suis malade, ou alors de répondre, comme feu le journaliste Papa Marcel Sène (RIP), à la question « comment vas-tu ? » : « En os longs et en chair faible ! » Réactions après mon post de 2025. @aliounetine16 : «On était à la Fraternelle ensemble à Ziguinchor, avec Bassirou Faty. Ils étaient nos intellos de Dakar qui assuraient l’animation culturelle.» @mbayedaour58 : «Sa mission, aussi éphémère soit-elle, consistait non pas à indiquer une voie de réflexion, mais une voie qui mène à la porte d’accès. » @NgomPape9 : « Les anciens du département de philosophie @ucad ont eu la chance de connaître de brillants professeurs ! De Djibril Samb à Mamousse Diagne, Bachir Diagne, Habib Mbaye, Massaër Diallo, Gnagna Cissé, Aminata Diaw Cissé… » Qu’Allah le gratifie de plongées éternelles dans le Kawthar du Firdaws, dont les eaux recèlent sans doute des milliards de saveurs, plus enivrantes encore qu’une tasse de café terrestre. Avec ces lignes, je m’étais attiré les foudres d’un commentateur qui affirmait qu’Abib était un être purement rationnel. Je n’avais pas jugé utile de lui répondre. Mais un an après, je lui dis ceci : Abib était plein de spiritualité ! Ses discussions à Crédit Foncier et ailleurs, avec Souleymane Bachir Diagne, Mame Less Camara, Macoumba Wade, Abdou Latif Coulibaly — et tant d’autres encore — en témoignent amplement. Lui qui s’émerveillait de la Sourate An-Nûr avec cet arbre qui « n’est ni d’Orient ni d’Occident ». Et je termine en puisant encore dans le groupe familial : « Paix et miséricorde sur lui. » Oui jarbaat, je sais que tu remues tes méninges — ou ce qu’il en reste après leur consumation dans TikTok — pour savoir qui a dit cela à propos d’Abib. C’est ta bajaañ à laquelle @RTS1_Senegal a rendu hommage ici : short.ovh/uxLVgUfq Photo : Du pur Abib : sagement sur un table-banc ! (Je voulais bien créditer la photo mais je n'en connais pas l’auteur ! Qu’il/elle m’en excuse) # Bonus par VAR du 27 avril (et vois savez pourquoi !) 27 avril 2015 : le Sénégal devient le premier pays africain à commémorer l’esclavage et l’abolition de la traite négrière. Une loi avait été votée le 5 mai 2010 pour qualifier l’esclavage et la traite des Noirs de crimes contre l’humanité. 🇸🇳 Entre abolition juridique et survivances sociales Cette loi ne comporte que trois articles : 1 - La République du Sénégal déclare solennellement que l’esclavage et la traite négrière, sous toutes leurs formes, constituent un crime contre l’humanité. 2 - La présente déclaration solennelle sera commémorée chaque année sur toute l’étendue du territoire national, le 27 avril, correspondant à la date de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, le 27 avril 1848, à l’initiative de Victor Schoelcher. 3 - Les programmes scolaires devront, notamment dans les cours d’histoire, inclure cette question et lui réserver suffisamment de place pour que nos enfants comprennent bien ce qui s’est passé et les conséquences de la traite négrière sur l’évolution de l’Afrique. La présente loi sera exécutée comme loi de l’État. D’une brève discussion avec un éminent — et vraiment disruptif, au sens noble — historien, je précise que la traite des esclaves avait été condamnée dès 1815 par le Congrès de Vienne (septembre 1814 – juin 1815), qui adopta une déclaration internationale dénonçant la traite négrière. Ce texte permit notamment aux Britanniques de s’en prévaloir pour traquer les navires négriers dans l’Atlantique. Mais ce traité, qui mettait fin à la traite — c’est-à-dire au commerce — n’abolissait pas l’esclavage lui-même. Même après la loi du 27 avril 1848, qui abolit l’esclavage dans les colonies françaises — puisque la traite avait déjà été interdite — celui-ci continua sous divers subterfuges. Par exemple, alors qu’ils avaient déjà reçu une compensation financière liée à l’abolition — processus qui mènera à la création de la première banque au Sénégal — les anciens esclavagistes de Saint-Louis obtinrent du gouverneur de la colonie du Sénégal l’autorisation d’aller chercher des esclaves dans les royaumes du Kajoor et d’autres territoires où le phénomène existait encore. Par « respect » pour la loi française, ils libéraient officiellement les captifs, mais leur imposaient ensuite une obligation de travailler comme domestiques pendant sept ans dans leurs maisons à Saint-Louis. On imagine aisément qu’une fois cette période écoulée, beaucoup continuaient à y travailler ! (Je pense déjà en avoir parlé, ma chère jarbaat.) D’autres se rendaient dans les contrées de l’Est du Sénégal et ramenaient de jeunes filles à Ndar, selon le même protocole, avec obligation de les inscrire — « bind » en wolof — sur le registre colonial. Elles deviendront les mbindaan, celles qu’on a « inscrites » sur le registre. Évidemment, aujourd’hui encore, en 2025, l’esclavage continue d’exister au Sénégal et dans la sous-région. Des travaux scientifiques sérieux existent sur le sujet, sans compter les associations qui luttent contre ces pratiques. J’ajoute enfin cet « article 4 » : Cette loi n’abolit pas le sagaru njaam — en nature ou en argent — pour les esclaves des enfants de bajeen, au moins dans certaines pratiques culturelles wolof ! (En espérant que mes propres doomu bajeen, comme Malick ou Doudou Ngom, ne liront pas cet « article 4 » !) Evidemment du rechauffe de 2025 ! Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates, #Kebetu #Senegal

Français
0
2
9
904
Djily Bakhdad🇸🇳
Djily Bakhdad🇸🇳@BakhdadO·
Comment acheter un terrain, un champ,une maison, un appartement, un immeuble au Sénégal 🇸🇳📌
Français
6
202
712
17.6K
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
@nkthiat Heee Ndambaw !!! Content de te « voir » et toujours brillante MashAllah je suis sûr !
Français
0
0
0
17
The NK.
The NK.@nkthiat·
@MadembAS Hello Mademba! Figure toi que je suis là, plus tout aussi jeune par contre 😁! Quel plaisir de te lire, merci pour ce texte! I hope life is treating you well 📷
Français
1
0
1
38
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Par un 6 Mai : Ibrahima, Cheikh Bethio, Kama mais aussi Era et Jiang Qing Jarbaat, tu connais la chanson pour ces #Kebetu de ces dernières semaines. C'est un post du 6 mai de 2024 et 2025 ! 😀 🇸🇳 « Ah, si j’en avais deux comme Ibrahima Ndiaye ! » Par un 6 mai 2024, on confiait à la terre le corps de Ibrahima Ndiaye, ancien DG de Ageroute Sénégal. Après moult hésitations depuis l’annonce de son rappel à Dieu, le 28 avril 2024, je me dois quand même de relater à mes jarbaat — pour leur offrir un modèle — une discussion à laquelle j’ai assisté. Elle eut lieu lorsque Nathan Belete , en fin de mission comme directeur des opérations de la @Banquemondiale au Sénégal, faisait ses adieux au président de la République, @Macky_Sall. Nous étions quatre — avec le ministre des Finances Abdoulaye Daouda Diallo — et, à un moment, Macky Sall mentionna expressément Ibrahima Ndiaye ainsi et Dr Thierno Birahim Aw, (alors) DG de @CETUD pour magnifier leur travail. Avant d’ajouter, avec un mélange manifeste d’admiration, d’envie et de tristesse : « Ah, si j’avais deux comme Ibrahima Ndiaye ! » S’ensuivit, de sa part, un éloge appuyé du directeur de Ageroute Sénégal, totalement approuvé par @BeleteNathan. J’ai eu la chance de transmettre moi-même à Ibrahima Ndiaye, par téléphone, tout le bien que l’État et les partenaires au développement pensaient de lui, en lui relatant ce passage de la conversation. Que chaque centimètre de route auquel tu as contribué — pour évacuer les malades, transporter les produits agricoles ou faciliter les déplacements des hommes, des femmes et même des animaux — soit pour toi une source infinie de hassanates. Repose en paix, Ibrahima Ndiaye, sous l’infinie Miséricorde de Dieu. Amine. # Souvent, je me demande quelle date choisir pour entamer une petite conversation avec mes jarbaat. Finalement, pour ce 6 mai, j’ai décidé de ne rien commenter du tout, tant presque tous les événements recensés dans les sites d’éphéméride peuvent présenter un intérêt particulier. Exemples : · 🇸🇳 Entre ferveur populaire et État de droit La condamnation de Cheikh Béthio Thioune, le 6 mai 2019, bien qu’attendue, constituait un fait exceptionnel compte tenu de l’aura du Cheikh auprès de milliers de Sénégalais, notamment parmi la jeunesse. D’ailleurs, selon un grand historien, Cheikh Béthio formait, avec Serigne Modou Kara Mbacké et Serigne Moustapha Sy, un trio de leaders religieux dont l’influence sur la jeunesse a, jusqu’à présent, contribué à préserver le Sénégal du jihadisme violent, en offrant à beaucoup de jeunes des formes d’encadrement, d’appartenance et des perspectives d’avenir au pays. # 🇸🇳 Mansour, Babacar, Laïty : trois noms, une empreinte Le décès de Laïty Kama, le 6 mai 2001, permet une double lecture : il rappelle d’abord que la grandeur de la magistrature sénégalaise ne saurait se résumer aux seules figures, certes immense, de Kéba Mbaye, Isaac Forster ou Andresia Vaz. La saga familiale des Kama — avec K ou avec C — pourrait d’ailleurs faire l’objet d’un livre, voire d’une série télévisée, tant le trio Mansour, Babacar et Laïty— sans oublier la jeune Ndambaw, que j’ai malheureusement perdue de vue ! — a marqué notre pays. # 🇸🇳 Une amnistie, sans débats interminables ni loi interprétative La loi d’amnistie est parfois une mesure utile de gouvernance, destinée à permettre un nouveau départ, comme ce fut le cas avec Abdou Diouf qui, le 6 mai 1981, fit adopter une loi effaçant les délits politiques commis entre le 31 décembre 1975 et le 31 décembre 1980. Cette loi n’effaçait toutefois ni les faits de corruption ni les détournements de deniers publics. Et surtout, elle n’eut pas besoin de loi interprétative. # 🇸🇳 À Dakar en 1968, même les ministres dormaient au bureau ! Et bien sûr, Mai 1968. Puisque le 6 mai 1968, l’État décida la fermeture de la Cité universitaire de Dakar, à la suite de l’agitation constatée dans les milieux scolaire et universitaire. La littérature sur cette période est abondante — et souvent pleine d’humour. Abdou Diouf raconte ainsi que Léopold Sédar Senghor avait ordonné à ses ministres de ne pas quitter leurs bureaux, au point que leurs épouses leur apportaient à manger sur place. Et il n’y avait pas de cakk-cakk à l’époque ! Abdoulaye Bathily rapporte, quant à lui, que Senghor aurait fait croire aux paysans qu’une « nation appelée “Tudian” (étudiant) avait envahi le pays depuis Dakar », les incitant ainsi à venir défendre la nation. Ils seraient alors arrivés à Dakar armés d’arcs, de flèches, de lances et de gourdins ! De son côté, Félix Houphouët-Boigny aurait expliqué aux Ivoiriens que les étudiants étaient des communistes qui voulaient tout partager — « y compris vos épouses » ! Mais dans ces récits sur les mouvements étudiants qui secouèrent le Sénégal sous Senghor, on oublie souvent les femmes, ces jeunes étudiantes engagées pour la cause du peuple. À la suite d’un de mes posts, on m’a rappelé que le décret du 16 mars 1971, interdisant l’inscription à l’Université de Dakar de 49 étudiants considérés comme meneurs – liste déjà postée ici -, concernait également six filles : une en pharmacie — pourtant non engagée dans le mouvement — deux en médecine et trois en lettres appartenant au courant maoïste. Parmi elles figuraient Anta Diouf et surtout Marie-Angélique Savané, qui était membre du bureau de l’UDES et du Comité exécutif de l’UED. Marie-Angélique était également déléguée de la faculté des lettres et cheffe de la délégation des étudiants au Conseil de l’Université de Dakar — une première, avec droit de vote. Son premier acte majeur fut de faire battre le Pr Seydou Madani Sy, candidat considéré comme soutenu par Senghor, au profit du Pr Souleymane Niang. Par coïncidence, cette période a été évoquée hier dans l’excellente émission Salimto de @RTS1_Senegal, animée par Mame Khoudia Samb, Mamadou Diombass Diop et Hassana Fall, avec un reportage consacré à notre chère consœur Eugénie Rokhaya Aw. Dans son témoignage sur son amie et camarade de Xarebi, Marie-Angélique Savané a rappelé leurs noms dans la clandestinité : « Era » pour Eugénie et « Jiang Qing » pour elle-même, en référence à l’épouse de Mao. Sans blague ! 😂😂 Nièces étudiantes, j’espère que vos pseudos révolutionnaires ce n’est pas Doja Cat ou Megan Thee Stallion ! # Enfin, comment ne pas mentionner : 🇸🇳L’inhumation du doomu Ndar, le lieutenant Papa Mar Diop, à Saint-Louis le 6 mai 1965, après son décès en France. Une rue de la ville porte aujourd’hui son nom. 🇸🇳Iba Mar Diop, décédé le 6 mai 1951 à Bamako après un match de football. Vous connaissez tous le stade Iba Mar Diop ! 🇸🇳Le retour au Sénégal, le 6 mai 1907, de Cheikh Ahmadou Bamba, que le colonisateur assignera à résidence à Thiéyène, à 60 km de Yang-Yang et à 4 km de Sakal, tout en multipliant les efforts pour empêcher les taalibés de le rejoindre. Cette assignation prendra fin le 14 janvier 1912. Je t’avais déjà parlé de Thiéyène : Il y une instructive correspondance en mai 1903 entre Serigne Touba et les colons. Si vafe est bon on en causera InshAllah. - Donc vous voyez, comme je ne peux parler de tout cela sans vous ennuyer avec long tweet (et celui est déjà long!), je renonce á tout commentaire! Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates, #Senegal #Kebetu
Mademba Aas Njaay tweet media
Français
1
8
27
1.8K
Mademba Aas Njaay
Mademba Aas Njaay@MadembAS·
Par un 7 mai : Minerve faisait-elle du café à son oiseau ? Jarbaat, si tu venais voir ton Nijaay à Crédit Foncier — ou « Difonssé » comme dit le peuple — tu y as sans doute rencontré Tonton Abib Mbaye. Abibou Mbaye. Abib Mbaye. Abib. Philosophe. Enseignant. Époux. Père. Ami. Camarade. Rappelé à Dieu un 7 mai 1997. Généalogie postée dans un groupe familial : « De l’union de Youga Fally Dieng et Sané Diatta, fille du roi d’Oussouye, est issue Fatimata Dieng, mère d’Aby Gaye, mère de mon bien-aimé philosophe. Son père, Amath Ndoumbé Mbaakhé, est originaire d’un foyer religieux du Saloum. » En lisant « mon bien-aimé philosophe », ceux et celles qui connaissaient Abib savent immédiatement qui est l’auteure de ces mots ! Abib marchait lentement, très lentement, et réfléchissait profondément, très profondément. Une lenteur lumineuse. Cela donnait des textes où, par exemple, pour résumer une profonde crise universitaire, il écrivait simplement : « La solution, c’est le problème.» Une formule que Mame Less Camara aimait souvent rappeler lorsqu’il évoquait ce militant du PIT — ou plutôt cet électron libre — dont la pensée disruptive refusait les limites barbelées du dogmatisme. Si j’ai vu le turendo — c’était en 2024 — déployer ses charmes devant la petite-fille de Cheikh Anta, ce n’était pas un hasard ! Car il y a 43 ans, le jeune philosophe Abib Mbaye séduisait déjà Cheikh Anta Diop lui-même par sa lecture marxiste de son œuvre. C’était lors du colloque organisé par la librairie et les éditions Sankoré de Pathé Diagne à @UCAD_Senegal , du 19 au 23 avril puis du 11 au 15 mai 1982. Pendant quatre heures, chaque nuit, Cheikh Anta Diop faisait face à des spécialistes de toutes disciplines dans un amphithéâtre bondé. Oui, Abib était de gauche… mais pas seulement. Piochons encore dans le groupe familial : « Grand Habib quittait ce monde au moment où j’intégrais le monde des enseignants-chercheurs à l’UCAD. Un homme exquis dans le dit et l’écrit, fidèle à ses convictions de gauche, pour un monde fait d’humanité. Ses talents d’esthéticien de l’art étaient mondialement connus. Grand Habib a inspiré et continue d’inspirer. » Toujours la même auteure, qui a sans doute servi à notre ami son dernier café ! Avec Abib, nous avons tant partagé de tasses de thé et de café à « Difonssé » qu’il en plaisantait : son groupe sanguin était Arabica+ ! Quand j’avais posté ce texte en 2024, quelqu’un m’avait répondu avec une autre anecdote : « Au plus fort de la maladie, il aimait dire à son ami Malick Ndiaye – le socioloque - que c’est la carcasse qui fait des siennes, mais que le moteur tournait encore à plein régime. » Il y a en effet des gens qui ont des expressions qui marquent ! C’est avec Abib que j’ai pris l’habitude de dire «mon corps est en panne » quand je suis malade, ou alors de répondre, comme feu le journaliste Papa Marcel Sène (RIP), à la question « comment vas-tu ? » : « En os longs et en chair faible ! » Réactions après mon post de 2025. @aliounetine16 : «On était à la Fraternelle ensemble à Ziguinchor, avec Bassirou Faty. Ils étaient nos intellos de Dakar qui assuraient l’animation culturelle.» @mbayedaour58 : «Sa mission, aussi éphémère soit-elle, consistait non pas à indiquer une voie de réflexion, mais une voie qui mène à la porte d’accès. » @NgomPape9 : « Les anciens du département de philosophie @ucad ont eu la chance de connaître de brillants professeurs ! De Djibril Samb à Mamousse Diagne, Bachir Diagne, Habib Mbaye, Massaër Diallo, Gnagna Cissé, Aminata Diaw Cissé… » Qu’Allah le gratifie de plongées éternelles dans le Kawthar du Firdaws, dont les eaux recèlent sans doute des milliards de saveurs, plus enivrantes encore qu’une tasse de café terrestre. Avec ces lignes, je m’étais attiré les foudres d’un commentateur qui affirmait qu’Abib était un être purement rationnel. Je n’avais pas jugé utile de lui répondre. Mais un an après, je lui dis ceci : Abib était plein de spiritualité ! Ses discussions à Crédit Foncier et ailleurs, avec Souleymane Bachir Diagne, Mame Less Camara, Macoumba Wade, Abdou Latif Coulibaly — et tant d’autres encore — en témoignent amplement. Lui qui s’émerveillait de la Sourate An-Nûr avec cet arbre qui « n’est ni d’Orient ni d’Occident ». Et je termine en puisant encore dans le groupe familial : « Paix et miséricorde sur lui. » Oui jarbaat, je sais que tu remues tes méninges — ou ce qu’il en reste après leur consumation dans TikTok — pour savoir qui a dit cela à propos d’Abib. C’est ta bajaañ à laquelle @RTS1_Senegal a rendu hommage ici : short.ovh/uxLVgUfq Photo : Du pur Abib : sagement sur un table-banc ! (Je voulais bien créditer la photo mais je n'en connais pas l’auteur ! Qu’il/elle m’en excuse) # Bonus par VAR du 27 avril (et vois savez pourquoi !) 27 avril 2015 : le Sénégal devient le premier pays africain à commémorer l’esclavage et l’abolition de la traite négrière. Une loi avait été votée le 5 mai 2010 pour qualifier l’esclavage et la traite des Noirs de crimes contre l’humanité. 🇸🇳 Entre abolition juridique et survivances sociales Cette loi ne comporte que trois articles : 1 - La République du Sénégal déclare solennellement que l’esclavage et la traite négrière, sous toutes leurs formes, constituent un crime contre l’humanité. 2 - La présente déclaration solennelle sera commémorée chaque année sur toute l’étendue du territoire national, le 27 avril, correspondant à la date de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, le 27 avril 1848, à l’initiative de Victor Schoelcher. 3 - Les programmes scolaires devront, notamment dans les cours d’histoire, inclure cette question et lui réserver suffisamment de place pour que nos enfants comprennent bien ce qui s’est passé et les conséquences de la traite négrière sur l’évolution de l’Afrique. La présente loi sera exécutée comme loi de l’État. D’une brève discussion avec un éminent — et vraiment disruptif, au sens noble — historien, je précise que la traite des esclaves avait été condamnée dès 1815 par le Congrès de Vienne (septembre 1814 – juin 1815), qui adopta une déclaration internationale dénonçant la traite négrière. Ce texte permit notamment aux Britanniques de s’en prévaloir pour traquer les navires négriers dans l’Atlantique. Mais ce traité, qui mettait fin à la traite — c’est-à-dire au commerce — n’abolissait pas l’esclavage lui-même. Même après la loi du 27 avril 1848, qui abolit l’esclavage dans les colonies françaises — puisque la traite avait déjà été interdite — celui-ci continua sous divers subterfuges. Par exemple, alors qu’ils avaient déjà reçu une compensation financière liée à l’abolition — processus qui mènera à la création de la première banque au Sénégal — les anciens esclavagistes de Saint-Louis obtinrent du gouverneur de la colonie du Sénégal l’autorisation d’aller chercher des esclaves dans les royaumes du Kajoor et d’autres territoires où le phénomène existait encore. Par « respect » pour la loi française, ils libéraient officiellement les captifs, mais leur imposaient ensuite une obligation de travailler comme domestiques pendant sept ans dans leurs maisons à Saint-Louis. On imagine aisément qu’une fois cette période écoulée, beaucoup continuaient à y travailler ! (Je pense déjà en avoir parlé, ma chère jarbaat.) D’autres se rendaient dans les contrées de l’Est du Sénégal et ramenaient de jeunes filles à Ndar, selon le même protocole, avec obligation de les inscrire — « bind » en wolof — sur le registre colonial. Elles deviendront les mbindaan, celles qu’on a « inscrites » sur le registre. Évidemment, aujourd’hui encore, en 2025, l’esclavage continue d’exister au Sénégal et dans la sous-région. Des travaux scientifiques sérieux existent sur le sujet, sans compter les associations qui luttent contre ces pratiques. J’ajoute enfin cet « article 4 » : Cette loi n’abolit pas le sagaru njaam — en nature ou en argent — pour les esclaves des enfants de bajeen, au moins dans certaines pratiques culturelles wolof ! (En espérant que mes propres doomu bajeen, comme Malick ou Doudou Ngom, ne liront pas cet « article 4 » !) Evidemment du rechauffe de 2025 ! Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates, #Kebetu #Senegal
Mademba Aas Njaay tweet mediaMademba Aas Njaay tweet media
Français
2
4
18
2.1K