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PEQ: l’arbre qui cache la forêt
Le Parti Québécois a indiqué cette semaine qu’il était ouvert à accorder une clause grand-père pour le PEQ aux travailleurs temporaires issus de l’immigration sélectionnés par le gouvernement du Québec. Nous constatons qu’il existe bel et bien une injustice envers ces quelque 40 000 travailleurs temporaires pour qui le gouvernement de la CAQ avait créé des attentes légitimes quant à l’obtention de la résidence permanente au terme du processus. De plus, ces travailleurs ont été sélectionnés en fonction des besoins réels de l’économie québécoise; leur intégration au marché du travail est donc démontrée.
Rappelons que le Parti Québécois a été le premier, il y a près de deux ans, à proposer de recruter l’immigration économique permanente exclusivement au sein du bassin des immigrants temporaires déjà présents au Québec, plutôt que de recruter à l’étranger.
Cependant, le débat dévie complètement lorsque certains réclament d’accorder à l’ensemble des 600 000 résidents temporaires actuellement sur le territoire, le droit de demeurer au Québec et de présenter une demande de résidence permanente via le PEQ. Plusieurs arguments invoqués pour justifier cette demande reprennent de vieux arguments fallacieux utilisés sous Justin Trudeau pour défendre une hausse insensée des seuils d’immigration. Or, ces arguments ne résistent pas à l’analyse.
D’abord, l’immigration, même massive, ne règle pas la pénurie de main-d’œuvre. L’augmentation fulgurante du nombre d’immigrants temporaires au Québec de 100 000 à 600 000 en sept ans n’a pas résorbé la pénurie; elle l’a plutôt accentuée. La raison est simple: chaque nouvel arrivant est aussi un nouveau consommateur et requiert de surcroît une expansion de l’offre de logement, en services publics et en infrastructures. Les travaux récents de l’économiste Pierre Fortin dans le Financial Post l’ont démontré.
Il faut également rappeler que les immigrants temporaires qui n’ont pas été sélectionnés par Québec ne se sont jamais fait promettre quoi que ce soit. Temporaire ne voulant pas dire permanent, ils détiennent un visa par définition limité dans le temps. Soulignons également que le gouvernement fédéral s’est servi de son programme d’immigration temporaire (PMI) pour contourner la planification du Québec et imposer une immigration massive, même si les fonctionnaires fédéraux avaient averti le gouvernement fédéral qu’une telle politique allait engendrer une crise du logement historique.
Entre 2018 et 2023, le Québec a été le deuxième État dans le monde ayant accueilli le plus grand nombre de nouveaux arrivants par rapport à sa population, devancé par l’ensemble du Canada. En deux mandats de la CAQ, le Québec aura accueilli plus de personnes que durant toute la période allant du début de la Révolution tranquille jusqu’à l’élection de Philippe Couillard.
Mais il est surtout important de rappeler que le lien entre l’augmentation soudaine de la population d’une part, et la hausse marquée des loyers et des hypothèques, le recul des services publics et le recul du français d’autre part, est confirmé par plusieurs études. Les ménages qui n’arrivent plus à payer leur loyer n’ont pas de lobby puissant pour les représenter. Les jeunes qui réalisent qu’ils n’auront jamais accès à la propriété non plus. Mais quelqu’un doit se préoccuper du sort de ces millions de personnes et soulever le fait que la proposition de rendre permanent tous les temporaires reviendrait à pérenniser la crise du logement et à maintenir une pression élevée sur nos services.
L’exemple de la ville de Québec
Entre 2018 et 2025, la population du Québec a augmenté d’environ 771 000 personnes. Dans la région de Québec, elle est passée d’environ 816 000 à près de 905 000 habitants. Durant la même période, le prix médian d’une maison unifamiliale à Québec y est passé de 248 000$ à 520 200$, soit une hausse de plus de 110% en huit ans. Les loyers ont suivi la même tendance, passant d’environ 775$ en 2018 à 1 273$ en 2025. L’itinérance, quant à elle, a augmenté de 36% entre 2018 et 2022.
En quelques années, l’abordabilité des logements s’est donc fortement détériorée, l’accès à la propriété pour les jeunes s’est restreint et l’itinérance a progressé. Comme l’a résumé Pierre Fortin, « la croissance démographique a provoqué la crise de l’habitation ».
Les néo-Québécois ont les mêmes intérêts que tous les Québécois
Les Québécois issus de l’immigration partagent les mêmes préoccupations que l’ensemble de la population. Ils n’ont aucun intérêt à vivre dans un contexte de crise du logement persistant, de services publics sous pression ou de recul de la cohésion sociale lié à l’affaiblissement du français. Pour nous, les Québécois issus de l’immigration sont d’abord et avant tout des Québécois. Il est faux de prétendre qu’ils auraient des intérêts distincts de ceux du reste de la population.
En définitive, c’est l’ensemble des Québécoises et des Québécois qui ont intérêt à ce que les politiques publiques respectent la capacité d’accueil du Québec et favorisent une immigration planifiée, cohérente et compatible avec nos réalités économiques, sociales et linguistiques.
PEQ : que faire?
Cela n’empêche pas une certaine réflexion sur la fin du PEQ. Le Parti Québécois a présenté un plan de 97 pages qui donne priorité aux immigrants temporaires déjà intégrés au Québec, protège les industries sous tension en matière de main-d’œuvre, et réduit le nombre de temporaires pour retrouver un équilibre dans le domaine du logement, des services et du français. Cette planification permettra de garder avec nous tous ceux auprès de qui nous avons pris un engagement moral.
Cependant, les appels à permanentiser 100% des travailleurs temporaires sont avant tout motivés par des raisons idéologiques, c’est important de le dire. Ceux qui portent ce dossier sont les mêmes qui cautionnaient la hausse rapide des seuils qui nous ont plongés dans une crise du logement et un recul du français historique, sous le faux prétexte que cette augmentation insensée allait solutionner la pénurie de main-d’œuvre. Des crises qui affectent directement les finances et la qualité de vie de millions de personnes et que nous devons corriger
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