Didier Maïsto@DidierMaisto
Premiers pas dans la mafia
1️⃣ Quand j’ai fait de même au CSA, il m’a été indiqué qu’ils ne pouvaient pas filmer. Je leur ai dit : « Mais pourquoi, c’est une séance publique ! ». Ils m’ont répondu : « On n’a pas les moyens » (alors que toutes les séances publiques sont filmées et surtout retransmises en direct et qu’il suffit d’appuyer sur « on »). Je leur ai alors répondu : « Je prends ça en charge, je vous envoie quelqu’un de mon équipe ».
De toutes les auditions, la seule qui ne fut pas retransmise fut la mienne. J’y expliquais toutes les magouilles ayant conduit à l’attribution des 6 dernières chaînes de la TNT. Les sages du Conseil étaient très gênés et pour cause.
2️⃣ J’ai ensuite obtenu une commission d’enquête, et lors de mon audition, les amis d’un ex président de la République me sont rentrés dedans avec une violence inouïe, ne posant pas de questions, mais essayant juste de me déstabiliser -et bien sûr ils échouèrent. Le président du CSA d’alors me téléphona et m’apprit que le rapport lui était défavorable. Je lui ai dit alors : « Mais comment pouvez-vous le savoir ? J’ai témoigné sous serment à l’Assemblée nationale, comment pouvez-vous avoir accès à la rédaction en cours de ce rapport ? » Il m’a répondu : « Par une de mes ex-collaboratrices au Conseil d’Etat, aujourd’hui administratrice à l’Assemblée nationale ».
3️⃣ Ledit rapport a été rendu public à une voix près, grâce à Bernard Debré qui avait été scandalisé par mes révélations, les avait vérifiées et validées. Je veux lui rendre une nouvelle fois hommage. Paix à son âme.
4️⃣ Durant tout le processus, j’ai été suivi, menacé, diffamé, intimidé par deux types à scooter, qui se sont arrêtés à ma hauteur et m’ont lancé : « Il va t’arriver des bricoles et si tu lâches pas l’affaire au Conseil d’Etat on s’en fout, parce qu’à la fin on gagnera, et tu sais pourquoi ? Parce qu’au Conseil d’Etat on est chez nous ».
5️⃣ Ainsi fut fait, c’est bien ce qu’il advint. Des gens se sont enrichis personnellement dans cette affaire, de plusieurs dizaines de millions d’euros, sans rien faire, sinon du trafic d’influence. Le PNF, très motivé au départ, a étouffé l’affaire lors d’un changement de président de la République, affaire que j’ai dû relancer par une plainte avec constitution de partie civile. J’ai apporté toutes les preuves à la justice : les conventions écrites sur-mesure, le pacte d’actionnaires secret (avec gestion de fait et capitaux extra-communautaires, faux et usage de faux, etc.)
6️⃣ Je me bats depuis 14 ans. Il y a eu des rapports, des perquisitions, des mises en examen avec contrôle judiciaire, mais pas de saisies conservatoires, pas de procès, rien. Tout est à l’arrêt et quand par l’intermédiaire de mon avocat je demande où en est le dossier, le juge d’instruction répond que la police travaille. 14 ans !
❌ Voilà un petit aperçu du fonctionnement des médias, du régulateur et plus largement de ce que l’on appelle souvent « l’État profond ».