Dominique Rossi retweetledi

Ma mère a 91 ans, elle est veuve et a Alzheimer.
Elle était locataire, la maison a été vendue au décès de mon père pour financer sa vieillesse.
Durant plusieurs années, elle a pu rester à domicile en payant des aides à domicile.
Heureusement qu'elle a une pension correcte qui permettait de financer cette aide. Elle paye comme tout le monde CSG, impôts et toutes les taxes possibles.
Sur 4 enfants, nous sommes deux à ne pas pouvoir l'aider matériellement
A la retraite, 3 sur 4 ne pourront pas l'aider.
En 2023, il a fallu trouver en urgence un Ehpad car son état s'est détérioré (fugue, déambulement) mettant sa vie en danger. Son maintien à domicile devenait difficile vu que les associations d'aide à domicile ne trouvaient pas de personnel pour la nuit.
En urgence, nous n'avons pas trouvé de place dans un établissement public ou associatif prenant des personnes dépendantes.
Nous n'avons trouvé une place qu'en Ehpad privé : 3600€/mois, auquel il faut rajouter les autres dépenses.
En septembre 2023, elle a été mise sous tutelle et une mandataire a été nommée.
La première chose qu'elle nous a rappelées dans son premier mail est que si notre mère ne pouvait plus s'assumer, nous serions obligées de la prendre en charge.
Mandataire qui se paye sur la pension de ma mère et pas qu'un peu.
Tous les jours nous nous battons pour qu'elle soit bien traitée et stimulée afin de freiner la maladie autant que possible.
Personne nous aide. Depuis qu'elle est sous tutelle, nous n'existons plus pour l'ehpad qui ne s'adresse qu'à la mandataire.
Nous signalons ce que nous considérons comme de la maltraitance, personne nous répond.
Nous ne pouvons même pas porter plainte pour notre mère car seule la juge peut le faire, si la mandataire lui transmet nos alertes.
Notre mère souffre de cette vie collective imposée en service protégée où elle est avec des gens quasiment dément, elle est encore consciente.
Sa vie est un enfer.
Vendredi, nous sommes allées la voir pour la sortir et l'emmener au resto.
Elle avait un énorme bleu au visage.
Réponse de l'Ehpad, on ne sait pas pourquoi...
A l'évidence, elle n'est plus stimulée autant. On a des doutes sur sa participation au Pasa où elle bénéficiait d'activités adaptées et sur les prises en charge du kiné.
Du coup, elle se dégrade.
Depuis un an, elle se fait dépouillée au sein du service protégé.
Tout est perdu soi disant... : lunettes de soleil, lunette de vue, oreillers, couverture, chaussons, vase, habits (foulard), bijoux de pacotille, son alliance ...
Elle ne conserve rien. Tout ce qu'on lui offre disparaît dans les 15 jours alors que son armoire est soi disant fermée.
L'ehpad répond aux questions de la mandataire (nous, elle nous répond pas), sur nos alertes, qu'elle est en service protégé et que nous savons qu'il y a des risques. Qu'il faut tout mettre au coffre.
Mais on ne va pas mettre au coffre les oreillers, couvertures, chaussons, lunette de vue dont elle a besoin au quotidien.
Comme leur a écrit ma sœur, c'est un lieu de vie et non un lieu de privation.
Son intégrité, sa dignité ne sont pas respectées.
La réalité de la vieillesse est celle là.
Nous sommes de plus en plus nombreux à l'affronter, la vivre.
La loi sur la protection des personnes âgées dépendantes a pensé la tutelle pour la protection mais a rendu impuissante les familles qui ne peuvent plus quasiment intervenir pour protéger leur proche.
Les Ehpad le savent....
J'ai saisi à nouveau @Defenseurdroits il y a deux jours.
Mais la personne qui s'occupait de ce dossier est absente.
Je n'ai pas de réponse...
Que me reste-t-il alors comme solution pour l'aider ?
Alors oui, c'est un cas particulier mais de plus en plus général.
Du coup, je ne supporte plus le discours anti vieux que j'entends. On sera tous vieux un jour.
Je ne supporte plus les attaques contre les retraités et les politiques qui entretiennent et nourrissent un conflit générationel cyniquement, dans un but électoral.
Cela n'existe qu'en France.


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