
Candy Raton
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Candy Raton
@RatonCandy
Le poète est semblable au prince des nuées / Qui hante la tempête et se rit de l'archer


Beaucoup me demandent ce que j’entends par « l’État profond ». C’est assez simple. L’État profond, c’est tout ce qui reste en place quand un gouvernement est réélu ou remplacé. Les hauts fonctionnaires, les grandes administrations, les autorités administratives, les inspections, les corps de l’État, une partie de la magistrature, les agences, les cabinets permanents… Ce sont eux qui font fonctionner les institutions au quotidien : Éducation nationale, justice, police, Conseil d’État, ministères, etc. Et c’est précisément là que se joue la continuité idéologique du pays. Mon analyse est que, depuis plusieurs décennies, une partie importante de ces institutions est dominée par une culture politique de gauche ou sociale-démocrate. Tant que cette couche administrative et institutionnelle ne change pas, un changement politique ne suffit pas à transformer réellement le pays. C’est aussi pour cela que certaines nominations font débat. Par exemple, la nomination de Najat Vallaud-Belkacem au Conseil d’État est, pour beaucoup, le symbole de cette continuité des élites administratives, indépendamment de l’état électoral du Parti socialiste. Si un jour une majorité de droite voulait réellement appliquer son programme, elle devrait aussi réformer en profondeur les institutions : leur fonctionnement, leurs incitations, leurs modes de recrutement et leur culture administrative. Sinon, les mêmes mécanismes produiront les mêmes résultats. C’est, selon moi, l’un des sujets les plus importants de la politique française, et pourtant l’un des moins compris.




































