François Schaller@fschaller1
Suisse-UE – Le jeu n’en vaut pas la chandelle
NZZ, 13 fév. 2026 – Le quotidien a confronté deux économistes suisses de haut niveau, aux profils comparables mais opposés sur les accords d’intégration de 2024.
Aymo Brunetti a développé en gros les arguments déjà diffusés massivement par les grandes organisations économiques. Ceux de l’opposant Christoph Schaltegger sont d’un genre moins répandu. Extraits traduits, parenthèses ajoutées.
« Ces nouveaux accords ont peu à voir avec le commerce. (…)
« Les différends actuels concernant l’acier, ou le protectionnisme de l’industrie italienne démontrent clairement que, même avec ces accords, nous ne serions pas à l’abri des problèmes. (...)
« Avec (le programme de recherche) Horizon, nous n'aurions (par exemple) aucune sécurité juridique ; les accords ne contiennent aucune garantie.
« L'UE pourrait nous exclure à nouveau à l'avenir (pour obtenir de nouveaux traités d’intégration plus poussés, une révision de l’accord de libre-change de 1972 par exemple). (…)
« L’obligation d’adopter le droit de l’UE sous peine de sanctions porte gravement atteinte à notre liberté de mener des activités politiques, (et) le champ d’application est vaste. (…)
« La libre circulation des personnes et son lien avec la directive relative aux droits des citoyens représentent un domaine absolument crucial. (…)
« L'étude (commandée par le Conseil fédéral) montre que ces traités n'auraient aucun effet sur la prospérité.
« Ce dont nous avons réellement besoin, c'est d'un nouvel accord de libre-échange sans carcan institutionnel, semblable à celui que l'UE a négocié avec le Canada. (…)
« Tout ce qui promet une prospérité réelle est (pourtant) balayé d’un revers de main (à Berne) comme irréaliste. Mais un tel fatalisme ne nous mènera nulle part. (…)
« L’impact sur notre prospérité serait minime (sans ces traités). Mais les inconvénients considérables. Il s’agit de proximité avec les citoyens, de confiance dans la démocratie, du bon fonctionnement des institutions.
« Nous nous enfonçons dans un piège de complexité politique. De plus, les entreprises suisses ne pourront plus influencer la législation (seulement leurs concurrentes européennes).
« Il est clair que les grandes organisations économiques sont favorables à une harmonisation poussée. Cela leur simplifierait la tâche ; elles n’auraient plus besoin de représentants nationaux ni de services juridiques distincts pour chaque pays. (…)
(Ce serait un facteur de croissance (…) « si les réglementations européennes étaient compétitives. » (…) (Mais elles ne le sont pas).
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