
♦️ Le monde d’après 🤔 Commenter les résultats des élections municipales, de manière globale ou en se focalisant sur Paris, est probablement ce qu’attend une partie des électeurs. Mais ils ne représentent pas la majorité. j’allais dire même une minorité. 43 % d’abstention, c’est-à-dire près de 21 millions d’électeurs qui ont considéré ne pas s’intéresser à la vie publique de leur commune, en particulier dans les grandes villes. Face à cela, près de 28 millions d’électeurs se sont exprimés. Comment ont-ils voté ? Environ 11 millions pour les partis du bloc central (majorité, centre, droite modérée), près de 7 millions pour la gauche modérée, près de 4 millions pour la gauche radicale, et environ 6 millions pour l’extrême droite. L’analyse que j’en tire est la suivante : le bloc des partis républicains, allant de la gauche modérée à la droite modérée, représente environ 18 millions de voix, contre 6 millions pour l’extrême droite et 4 millions pour l’extrême gauche. Cela montre que lorsque les partis politiques ne s’engagent pas dans des unions radicales, lorsqu’ils restent fidèles à leur ADN, ils résistent mieux que lorsqu’ils s’associent à des forces extrêmes. Les alliances du Parti socialiste avec la gauche radicale ont, dans la plupart des cas, échoué, tout comme certaines tentatives de rapprochement entre LR et l’extrême droite, à l’exception notable de Nice, ou encore de l’attitude ambiguë de certains responsables nationaux comme celle de Bruno Retailleau. Il y a là un enseignement intéressant : les électeurs semblent préférer la modération et l’authenticité. Ils n’ont pas cédé aux sirènes de l’extrême droite à Toulon ou à Marseille, ni à celles de l’extrême gauche à Toulouse ou à Strasbourg, et dans bien d’autres villes emblématiques. À Lyon, il faudra attendre l’issue des recours pour savoir si le “troisième tour” change la donne. Et puis il y a Paris, où les deux extrêmes ne pèsent pas réellement dans la décision des électeurs. Au fond, les électeurs n’aiment pas la radicalité, qu’elle s’exprime à gauche ou à droite. Ils ont préféré les modérés. Rachida Dati paie sans doute, non pas ses idées, mais son style : une manière d’être et de s’exprimer parfois perçue comme trop tranchante, trop clivante, alors même que ses propositions ne sont pas radicales. Le bloc central, à Paris, a joué une carte particulière : ses deux principales composantes ont choisi la division, alors même que leurs programmes étaient proches. Les différences relevaient davantage de nuances que d’oppositions réelles, loin des attaques plus frontales portées par d’autres. Était-ce la bonne candidate ? Probablement pas. Était-ce le meilleur programme ? Peut-être, même si l’accent mis quasi exclusivement sur la sécurité et la propriété semblait insuffisant pour couvrir l’ensemble des enjeux d’une grande ville. Renaissance et Horizons ont, à travers leurs leaders, davantage joué la carte présidentielle que celle de Paris, sans garantie d’être encore en position dans 14 mois. Alors que certains sondages prétendent déjà dessiner l’issue de la prochaine présidentielle, ce serait oublier le vote de dimanche, oublier la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences, oublier aussi le rôle central du Président de la République sur la scène internationale, européenne et nationale. 14 mois, c’est à la fois court et long. Jamais un président n’a eu à affronter autant de crises durant ses mandats, et celles-ci sont loin d’être terminées. Alors, qui peut réellement prédire l’avenir ? Et qui peut sérieusement affirmer que les cartes sont déjà jouées avant même que la partie n’ait commencé ? D’ici 2027, il reste encore une histoire politique à écrire. L’enjeu sera celui de la démocratie, du droit international, de la paix, de la solidarité, de l’Union européenne, et de la modération face à toutes les formes de radicalité. #TAEM


















