Frederic Charillon
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Frederic Charillon
@charillon
Professor of International Relations (@univ_paris_cite, @essec) ex-dir of @Irsem1 (French MoD) chroniqueur @lopinion_fr #international #Diplomacy #Defence

Une question simple a été trop longtemps écartée du débat public : où va exactement l’argent envoyé à Kiev ? Après tout, cette aide financière massive, accordée au prix d’une fragilisation économique en Europe, soulève des interrogations légitimes.



Le Pentagone confirme le retrait de 5000 soldats 🇺🇸 en 🇩🇪 (sur +36000=15%). C’est symbolique: punir Merz d’avoir critiqué 🇺🇸 en 🇮🇷, et faire des guilis à Poutine (après leur tel de 90mn). Militairement, le cœur du dispositif 🇺🇸 en 🇩🇪 demeure. Pas un retrait stratégique massif.






Jean-Noël Barrot en tournée dans le Golfe, où la France espère profiter d’un désamour envers Washington pour renforcer ses positions dans des pétromonarchies, cibles des attaques de l’Iran. Mais que se passerait-il si, un jour, l’Arabie se retrouvait engagée dans un conflit avec l’État hébreu ? Les équipements de défense américains vendus à Riyad étant verrouillés par les États-Unis, le royaume ne pourrait pas les utiliser contre Israël. J'ai suivi le ministre à Riyad, Mascate et Abou Dhabi. Mon décryptage dans Le Figaro. lefigaro.fr/international/…

EDITO RTL - Comment la France tente de remplacer les Américains auprès des monarchies du Golfe @Malbrunot dans #RTLMatin avec @ThomasSotto

La guerra a través de proxies puede parecer controlable, pero en realidad tiende a escapar del control estratégico.

L’Académie royale du Danemark vient de publier un rapport sur les liens complexes entre la recherche et la défense dans un contexte de risque sécuritaire majeur pour l’Europe et d’augmentation des budgets de défense. Le rapport ne tombe pas dans la naïveté ou la posture morale facile. Il reconnaît que des moments historiques particuliers existent, et que le moment actuel en est un. Face à des menaces réelles, il est normal que la recherche se mette (en partie) au service de la sécurité nationale: la survie d’une ordre politique démocratique peut en dépendre. La proximité avec les forces armées n’est pas qu’un enjeu moral, c’est aussi un enjeu scientifique. Travailler sur les armées a un coût d’entrée élevé en termes de compréhension du fonctionnement de l’institution, et prétendre faire un travail sur ces sujets « à distance » (par exemple en lisant des doctrines pour prétendre reconstruire des représentations et des pratiques) aboutit dans l’immense majorité des cas à des idioties manifestes (qui peuvent néanmoins survivre le peer-review car les évaluateurs sont également incompétents). Néanmoins, la tension centrale est réelle: comment renforcer la contribution de la recherche à la sécurité nationale sans compromettre les principes fondamentaux de l’université, eux-mêmes indispensables dans une société democratique ? Le rapport note plusieurs points: - L’expérience historique danoise montre qu’un modèle fondé sur le pluralisme, l’autonomie des chercheurs et une faible politisation est non seulement possible, mais efficace pour soutenir à la fois la sécurité et la qualité scientifique - Toutefois, le contexte actuel est plus exigeant : (montée des technologies duales, pressions géopolitiques sur les collaborations internationales, attentes accrues vis-à-vis des universités) Le rapport note que si l’on veut concilier sécurité nationale et intégrité académique, cela implique des choix très concrets dans la gouvernance de la recherche : 1. Mettre en place des cadres institutionnels clairs. Cela passe par : • des règles transparentes de collaboration avec les armées et l’industrie • des critères explicites de publication, de confidentialité et de valorisation • des garanties de participation volontaire pour les chercheurs L’objectif est d’éviter une “zone grise” où les chercheurs naviguent entre exigences scientifiques et contraintes sécuritaires sans cadre clair. 2. Distinguer explicitement recherche ouverte et recherche sensible et • organiser ces activités dans des structures distinctes • éviter la contamination des logiques sécuritaires dans l’ensemble du système universitaire • préserver la circulation internationale des connaissances 3. Protéger le socle de la recherche civile L’effort en faveur de la défense ne doit pas se faire au détriment du reste. • maintenir les financements de la recherche fondamentale • ne pas intégrer les dépenses de défense dans les objectifs de financement de la recherche civile Car à long terme, la sécurité repose aussi sur un écosystème scientifique large et robuste, pas uniquement sur les technologies militaires. 4. Anticiper les enjeux éthiques et de carrière des chercheurs • reconnaître que certains chercheurs refuseront de travailler sur des applications militaires (et cela doit rester légitime) • adapter les critères d’évaluation (publications, mobilité) aux contraintes de la recherche sensible • intégrer des espaces de réflexion éthique dans les formations (master, doctorat) Au total, le rapport me semble réaliste et pragmatique dans ses tentatives d’articuler la réalité des menaces, et les libertés académiques. royalacademy.dk/forskning-og-f…









