
🛑 Un petit séisme au Conseil constitutionnel qui mérite toute notre attention. Richard Ferrand vient de proposer au Président de la République de mettre fin aux fonctions d’Aurélie Bretonneau, secrétaire générale de l’institution, à peine un an après l’avoir choisie. La raison invoquée ? Des « divergences de vues sur la conduite de l’institution ». Aurélie Bretonneau est une juriste de renom. Conseillère d’État et technicienne du droit reconnue, elle est unanimement décrite comme une juriste rigoureuse, indépendante et surtout profondément respectueuse de l’État de droit. Son rôle était central : veiller à ce que le Conseil reste le gardien impartial de la Constitution. Voir une figure aussi compétente et respectée limogée aussi rapidement interroge. Dans une période où la confiance dans nos institutions est déjà fragile, ce type de rupture brutale au sommet du Conseil constitutionnel fait naître des inquiétudes légitimes sur l’indépendance réelle de l’institution et sur la réelle priorité donnée à la technique juridique. L’État de droit ne se décrète pas, il se vit au quotidien, y compris dans les nominations et les départs au sein de nos plus hautes juridictions. Faut-il voir là une simple divergence managériale ou un signal plus préoccupant ? Je veux mettre en garde contre une éventuelle dérive alors que jamais la rue de Montpensier ne s’est illustrée par des polémiques qui viennent entacher et déstabiliser une institution sur laquelle les fondements de la democratie reposent.























