Emmanuel Chazard

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Emmanuel Chazard

Emmanuel Chazard

@emmanuelchazard

Lille, France Katılım Haziran 2009
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MacLesggy
MacLesggy@MacLesggy·
L'association militante @QuotaClimat renvoyée dans les cordes, par @GeWoessner : 🎙️"Vous êtes de ces ONG qui, par idéologie, par biais militant, produisent de la désinformation alors même que vous prétendez les corriger…" #realfacts
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Emmanuel Chazard
Emmanuel Chazard@emmanuelchazard·
Parcoursup expliqué par un expert de l'Enseignement Supérieur : Comment classe-t-on les candidats ? Algorithmes ? IA ? Lettres de motivation ? Choix des EDS ? Situations exceptionnelles ? Vidéo très complète : youtu.be/CRv1FWHu5l4?si…
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Garry Kasparov
Garry Kasparov@Kasparov63·
Socialism is like polio, it comes back when people forget about the horrible damage it did last time.
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MacLesggy
MacLesggy@MacLesggy·
Le réacteur EPR Flamanville 3 a atteint aujourd'hui, à midi, 90% de sa puissance nominale ! 😃 Fun fact : il produit 2,5 FOIS PLUS d'électricité que l'ensemble des 8000 éoliennes françaises au même moment (611 MW) #énergie
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Emmanuel Chazard
Emmanuel Chazard@emmanuelchazard·
@fmomboisse Il faut y ajouter l'impôt sur les sociétés, qui est systématiquement passé sous silence par ces gens, mais contribue à la différence entre les bénéfices et le net après impôt perçu par les actionnaires. Au final, dividendes ou salaire, ce n'est pas si éloigné.
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Anne Rosencher
Anne Rosencher@ARosencher·
Orthographe : ce n'est pas l'exigence qui discrimine, mais son effondrement D'abord, je voudrais revenir sur une controverse similaire, qui a eu lieu dans notre pays ces dernières décennies. Elle concernait l’apprentissage de la lecture. Dans les années quatre-vingt, l’école publique a délaissé la méthode dite syllabique – c’est-à-dire le déchiffrage du type B+A = BA – au profit de la méthode globale ou semi-globale, qui s’appuie sur la mémoire visuelle des mots. Pourquoi ? Parce qu’une nouvelle pédagogie jugeait la méthode syllabique conservatrice, trop exigeante, et prônait une « démocratisation » de l’écrit, notamment pour les enfants issus des classes populaires. Jusqu’à ce que des enquêtes viennent jeter un froid. Notamment une étude, pilotée en 2014 par l’Université de Saint-Quentin-en-Yvelines et le CNRS, portant sur plusieurs centaines d’élèves en Zone d’Éducation Prioritaire. Ce rapport battait en brèche les présupposés, et démontrait que « le manuel le plus efficace" chez ces élèves était aussi « le plus exigeant ». 19 points de réussite supplémentaires sur 100 aux épreuves de compréhension avec la méthode syllabique ! Que l’on a, depuis, réintroduite en partie. Apprendra-t-on un jour de nos erreurs ? En juin dernier, avec ma collègue de L’Express Amandine Hirou, nous avons obtenu le compte rendu d’une « réunion d’entente académique » - ces réunions durant lesquelles les inspecteurs pédagogiques donnent leurs consignes aux correcteurs du bac. Et dans cette séance, des professeurs de français d’Île-de-France se sont entendu dire que l’orthographe « représentait une part assez minime » de ce qu’on attend d’un élève au bac français. Voilà où l’on en est. Mais certains, donc, voudraient aller encore plus loin, et reprochent au ministre de l'Education nationale, Édouard Geffray, de vouloir durcir le niveau d'exigence. Une politique qu'ils jugent inégalitaire. Las ! Voilà trente ans que le niveau baisse, et trente ans que les inégalités scolaires explosent. Ce n’est pas l’exigence qui discrimine. Mais l’effondrement de l’exigence. Car de cet effondrement naît un deux-poids-deux-mesures : entre ceux qui attendent tout de l’école, et ceux dont les parents peuvent aider, payer des profs particuliers, etc. Entre ceux à qui l’on aura dit « t’inquiète, l’orthographe c’est un truc de réacs », et ceux à qui on aura répété en boucle « chou, hibou, caillou, genou », et qui seront favorisés. Certains sont sincères en prônant la baisse de l’exigence. Soit : débattons. D’autres – et à ceux-là j’en veux – sont cyniques. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre : la posture morale, et l’avantage qu’ils tirent pour eux ou pour leurs enfants de la situation provoquée. C’est en étant exigeant avec tout le monde – sans présupposé de classe – que l’on offre la possibilité à tous de pouvoir réussir scolairement. Ça sonne peut-être un peu conservateur. Mais l’école est en partie un conservatoire. Il ne faut y toucher qu’avec la main qui tremble.
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Emmanuel Chazard
Emmanuel Chazard@emmanuelchazard·
Pour la CNAM, les médecins de santé publique sont "médecins inactifs fictif" (sans S). N'y voyez aucun mépris : être médecin traitant, prescrire, cotiser au CNOM, etc., c'est OK. Mais pas au point d'être de "vrais" médecins. @Assur_Maladie @SNSP_SantePub
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Charlotte Rocher
Charlotte Rocher@ChaRocher·
Louis Boyard retire sa montre de luxe avant de cracher sur les ultra-riches devant les caméras. Ce geste en dit tellement long sur l’imposture des insoumis qui prétendent représenter le « pauvre peuple » mais se gavent sur le dos du contribuable.
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Anne Rosencher
Anne Rosencher@ARosencher·
Samuel Paty, onze jours de solitude. J’ai vu le documentaire de Public Sénat, qui revient dans le détail sur les derniers jours de Samuel Paty. Onze jours se sont écoulés entre son cours sur la liberté d’expression, diffamé par une élève absente, et le meurtre du professeur par décapitation dans une petite rue d’un quartier pavillonnaire. Onze jours de solitude. Où la proviseure du collège prend ses distances avec le professeur. Où le référent laïcité de l’académie, le sermonne. Où deux de ses collègues se désolidarisent dans des mails envoyés à l’ensemble de la communauté éducative. Où Samuel Paty doit se justifier dans une réunion où il apparaît comme le mis en accusation. A part quelques gestes de solidarité, il est seul. Et parallèlement à cela… Pendant ces mêmes onze jours, la collégienne menteuse reçoit le soutien aveugle de son père, qui lui-même reçoit le soutien d’un imam islamiste, qui l’accompagne au collège pour lui prêter main-forte. Et ces deux-là reçoivent des centaines de messages de solidarité sur les réseaux sociaux. La mosquée de Pantin, endossant la cabale, diffuse leurs vidéos... Oui, ce qui m’a saisie, en voyant ce documentaire, c’est cette asymétrie entre la solitude de Samuel Paty et le soutien galvanisé dont jouissaient ses détracteurs. Une asymétrie qui témoigne d’à quel point, parfois, la République désarme face à ceux qui la haïssent. Un détail encore : dans les tout derniers jours, Samuel Paty, terrifié, veut se rendre au collège en voiture, mais depuis des mois, son bip pour le parking de l’établissement ne fonctionne pas. Là encore, il ne parvient pas à obtenir qu’on le change. Alors, de guerre lasse et sachant qu’il va devoir faire le trajet à pied, il met un marteau dans son sac. Cette arme de fortune, cette arme dérisoire, dit tout du soutien et de la protection qui lui ont manqué. Et puis il y a ce mail qu’il écrit le dimanche 11 au soir, que j’ai découvert, celui-là, en lisant la presse. Samuel Paty l’envoie pour répondre à ceux de ses collègues qui se désolidarisent. Il tient ferme sur les principes, réitère qu’il n’est en aucun cas sorti des clous ni au regard de la loi ni au regard de la laïcité. Mais au détour d’un paragraphe, il écrit : « J’aurais dû dépasser ces arguties juridiques, et éviter de faire une erreur humaine. » Cette incise-là me fend le cœur. Je la comprends. Elle montre que Samuel Paty, contrairement à ses détracteurs, doute. Il vit un enfer, et du fond de son enfer, il se demande ce qu’il a pu faire mal. Cette incise-là est terrible, oui. Depuis l’autre rive de la vie, désormais, on voudrait lui dire qu’il n’a fait qu’accomplir sa mission. Face à l’agit-prop islamiste qui a armé un terroriste, l’erreur – la faute, même – est venue de la République. Qui n’a pas fait corps. Par excès de pacifisme, par lâcheté, par crainte des vagues et des remous, elle a oublié qu’elle devait se défendre. Et que se défendre, c’était défendre Samuel Paty.
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Pierre Gentillet
Pierre Gentillet@Pierre_GTIL·
L'association qui a dévoilé le scandale des notes de frais d'Anne Hidalgo est désormais menacée par sa police de 200 000 euros d'amende ! Ils veulent les faire taire ! Soutenez @TransparenceCit en donnant ou en relayant cette info qui en dit long sur les méthodes d'A.Hidalgo !
Transparence Citoyenne@TransparenceCit

La mairie de Paris nous menace d'une amende de 200.000 euros pour avoir affiché les notes de frais d'Anne Hidalgo sur les murs de la ville ! Oui vous avez bien lu... 200.000 euros ! De quoi rembourser les dépenses hallucinantes de la Maire et faire taire à tout jamais Transparence Citoyenne. Aidez-nous à faire face à cette attaque en faisant un don sur helloasso.com/associations/t…

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Emmanuel Chazard
Emmanuel Chazard@emmanuelchazard·
Mardi 25 novembre 2025 à Lille : Symposium de l'AIM, portant sur l'IA au Service de la Recherche et des Pratiques Cliniques. Programme provisoire : symposium-aim.eventmaker.io/programme Inscription gratuite sur le site web. J'espère vous y croiser !
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Bérengère Dubus
Bérengère Dubus@BerengereDubus·
C’est une blague @Elisabeth_Borne ? Avez-vous déjà élevé des enfants tout en travaillant ? Parce qu’en vrai, nous les parents actifs, on ouvre Pronote après le boulot et après s’être occupés d’eux donc souvent bien après 20h Et oui on n’a pas des postes qui permettent de gagner 10 k€/mois à rien foutre, ni des horaires de planqués façon 9h-12h / 14h-17h ! En tant que mère je veux que mes enfants n’arrivent pas en 4ᵉ avec un niveau de CM, qu’ils ne soient pas derniers au classement PISA, qu’ils ne se fassent pas poignarder pour un iPhone …. pas qu’on m’emmerde quand je veux consulter les documents scolaires quand j’ai du temps putain.
Bérengère Dubus tweet media
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Emmanuel Chazard
Emmanuel Chazard@emmanuelchazard·
@Sonic_urticant en fait c'est 4 fois plus : le calcul de points est celui indiqué, mais ce montant est versé 4 années d'affilée (lissage). Cela fait donc approximativement 80 000€ pour un article publié dans un journal de rang A, dont le premier ou le dernier auteur est affilié à ce CHU.
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Guillaume Limousin
Guillaume Limousin@Sonic_urticant·
10/ Or, me direz-vous, quel intérêt a Didier RAOULT de sortir des publications scientifiques au kilomètre ? Eh bien c'est le scandale des points SIGAPS : chaque publi rapporte des milliers d'euros (jusqu'à plus de 20000 euros) à son CHU... Or...🔽 mobile.twitter.com/Larhumato/stat…
francis berenbaum@Larhumato

Chaque revue dans laquelle vous publiez est classée de A à non classé en fonction de sa notoriété donnant entre 1 et 8 points, et on multiplie par 1 à 4 en fonction de la position dans l'ordre des auteurs. Donc un article rapporte entre 1 à 32 points, soit entre 650€ et 20000€.

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Guillaume Limousin
Guillaume Limousin@Sonic_urticant·
🔥📣[MEGA-THREAD] 1/ Voici comment #RAOULT a été PROTEGE par #Macron (et pas que Macron), jusqu'à des choses peu glorieuses, qui sont maintenant SOUS ENQUETE... Prenez le temps: ce thread est long et sourcé, je garde le meilleur pour la fin. RT++ SVP, appelez à RT, partager...⏬
Guillaume Limousin tweet media
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Emmanuel Chazard
Emmanuel Chazard@emmanuelchazard·
@MathieuL1 C'est faux. Le post ne parle pas d'un hypothétique salaire en tant qu'etudiant, mais en tant qu'employé d'un hôpital a mi-temps pendant 3 ans. Les stages en entreprise des élèves ingénieurs de plus de 4 mois sont rémunérés, comme dans toutes les filières.
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Samuel Fitoussi
Samuel Fitoussi@SamuelFitouss10·
Pour Valeurs Actuelles, j'ai pu présenter la pensée de Thomas Sowell, à mon sens l'un des plus grands intellectuels vivants. Quelques extraits : [...] L'enfance de Thomas Sowell lui permet d’observer les facteurs conduisant certains afro-américains à l’échec éducatif ou à la délinquance, et façonne chez lui une méfiance envers les grilles de lecture victimaires. Beaucoup de jeunes Noirs, note Sowell, sont avant tout victimes non pas des Blancs, mais des dynamiques endogènes à leurs communautés (prévalence des familles monoparentales, dévalorisation de la réussite scolaire, sous-cultures antisociales…). Or en imputant les difficultés des minorités uniquement au racisme de la société américaine, certains progressistes enferment les minorités dans un rôle de victimes passives, impuissantes à agir sur le cours de leur destin, condamnées au ressentiment. Implicitement, ces discours envoient un message aux communautés en difficulté : c’est aux autres de fournir des efforts, pas à vous. Sowell rappelle que dans la société britannique du début du 18ème siècle, les Écossais occupaient une position relativement périphérique. Plutôt que de cultiver leur rancœur à l’égard de la majorité, David Hume les a enjoints à apprendre l’anglais, à se former à la science et à développer leurs compétences dans les arts. Les Écossais ont alors connu une ascension impressionnante, dépassant les Anglais dans de nombreux domaines et contribuant significativement au débat intellectuel (Adam Smith, James Watt, Walter Scott et Hume lui-même étaient par exemple tous écossais). Si les défenseurs de la justice sociale étaient mus par le désir d’améliorer les conditions de vie des minorités plutôt que par celui de se donner le beau rôle, c’est ce modèle qu’ils privilégieraient. Tout au long de son œuvre, Sowell revient régulièrement sur le thème des disparités entre groupes humains. En s’appuyant sur une foule d’exemples historiques, tirés de pays variés observés sur plusieurs siècles, il montre qu’aucune société, à aucune époque, n’a connu une répartition proportionnelle des différents groupes ethniques, culturels ou religieux dans les diverses sphères de la vie sociale. Ces écarts tiennent à une multitude de facteurs : différences d’histoire, de culture, de normes familiales, de capital humain transmis, d’aptitudes linguistiques ou de structures d’incitation. Pourtant, observe-t-il avec ironie, dans le climat intellectuel contemporain, toute déviation par rapport à une représentation strictement égalitaire est perçue comme une preuve définitive du racisme de la société. Cette confusion entre inégalités de résultats et injustice structurelle constitue, selon Sowell, l’un des grands sophismes de notre temps. [...] Sur le même modèle, Sowell déconstruit l’idée que les asymétries entre hommes et femmes seraient nécessairement le fruit du patriarcat ou de discriminations misogynes sur le marché du travail. En analysant minutieusement les données empiriques, il démontre que les écarts bruts observés sont souvent le résultat de choix féminins (en matière d’orientation professionnelle, de temps de travail ou de priorités de vie), qu’il n’est pas nécessairement souhaitable de déconstruire s’ils relèvent de l’exercice du libre-arbitre. « Beaucoup de ce qu’on l’on désigne comme des “problèmes sociaux” s’amuse-t-il, ne sont souvent que des divergences entre les constructions théoriques des intellectuels et la réalité concrète. Quand la réalité ne concorde pas avec sa théorie, l’intellectuel conclut souvent qu’il faut modifier la réalité plutôt que sa théorie. » Aujourd’hui, l’une des formes les plus tenaces de cette volonté de réagencement social réside dans les politiques cherchant à imposer une parité parfaite entre hommes et femmes dans différents secteurs de la vie publique. Face à ces projets d’ingénierie sociale, Sowell cite souvent Adam Smith, qui notait que de nombreux intellectuels « épris de la beauté de leur vision de la société idéale » en viennent à considérer leurs concitoyens comme une matière inerte à laquelle ils peuvent imprimer un mouvement « avec autant de facilité que la main dispose les pièces sur un échiquier ». Mais contrairement aux pièces d’échecs, les individus disposent de préférences et d’aspirations, incompatibles avec les grands projets des ingénieurs sociaux. C’est d’ailleurs en raison de cette incompatibilité que l’ingénierie sociale tend inévitablement à verser dans la coercition et l’autoritarisme. Plus largement, l’œuvre de Sowell est traversée par un scepticisme radical à l’égard de ceux qui, parmi l’élite, se considèrent investis de la mission de régir le destin de leurs concitoyens, persuadés de savoir mieux que l’homme ordinaire ce qui est bon pour lui et de pouvoir préempter ses décisions. Ce scepticisme n’est pas motivé par une quelconque forme de populisme, mais par une analyse rationnelle des mécanismes permettant l’émergence d’un ordre social stable et harmonieux. Premièrement, en disciple de Hayek, Sowell insiste sur un point fondamental : la connaissance est dispersée dans la société, enracinée dans des situations locales ; les théoriciens, même les plus brillants, ne peuvent y avoir pleinement accès. C’est pourquoi les décisions politiques ou les prescriptions de l’intelligentsia (produites à partir d’un savoir partiel, souvent abstrait) sont fréquemment moins soutenables que les arbitrages spontanés émergeant de l’intelligence collective mobilisée via des millions de décisions individuelles décentralisées. « Puisque personne ne détient ne serait-ce que 1% de toute la connaissance présente dans une société, il est vital que les 99 % restants, dispersés en petites quantités presque négligeables à l’échelle individuelle, puissent être librement mobilisés par les individus au gré de l’échange et des arrangements spontanés. Voilà pourquoi le marché libre, la limitation du pouvoir des juges, et la confiance dans les décisions enracinées dans l’expérience collective sont si précieuses. » Deuxièmement, Sowell constate (et son intuition est largement confirmée par les dernières décennies de travaux en sciences cognitives) que l’on se trompe bien davantage lorsque on ne subit pas soi-même les conséquences de ses erreurs. Or c’est précisément le cas des tiers (intellectuels, bureaucrates, experts…) qui prétendent décider pour l’individu à sa place (par exemple en imposant des interdictions, en subventionnant avec son argent ce qu’il devraitvouloir consommer, ou en façonnant ses préférences en le rééduquant). Non seulement ces tiers vivent souvent à l’abri des conséquences de ce qu’ils prônent, mais en plus, ils sont jugés non pas selon l’efficacité de leur action mais selon leur degré d’adhésion au conformisme du moment. Peu importe que des politiques éducatives échouent, que des programmes sociaux engendrent dépendance et désintégration familiale, ou que de belles intentions écologiques détruisent des filières économiques, ce qui compte, c’est l’image vertueuse que ces idées renvoient de ceux qui les défendent. À l’inverse, lorsqu’un individu se trompe, il en subit directement les conséquences ; ainsi est-il incité à ne pas se tromper. « Il est difficile d’imaginer manière plus stupide ou plus dangereuse de prendre des décisions que de les confier à des personnes qui ne paient aucun prix lorsqu’elles se trompent », résume Sowell. Troisièmement, lorsque les décisions sont laissées aux individus plutôt qu’imposées par le haut, l’erreur reste circonscrite à celui qui la commet, et peut être corrigée rapidement et localement avant qu’elle ne contamine l’ensemble de la société, comme le ferait une politique publique mal conçue mais administrée uniformément. Comment expliquer qu’une partie de l’intelligentsia voit d’un mauvaise œil les régimes d’incitations où ceux qui prennent de bonnes décisions sont récompensées ? « Ces systèmes, nous dit Sowell, suscitent des rancunes chez ceux qui sont convaincus que seuls l’aisance oratoire, l’engagement politique et l’ardeur morale devraient valoir distinction. » Piste intéressante pour expliquer l’anticapitalisme de l’élite universitaire… On ne peut conclure sans évoquer le thème qui irrigue chacun des ouvrages de Sowell et constitue pour lui le fondement implicite de toute réflexion politique, économique ou sociale : la nature humaine. Il distingue deux visions de l’Homme : la vision candide (« il n’y a pas de perversité originelle dans le cœur humain ») et la vision tragique (« la frontière entre le bien et le mal traverse le cœur de chaque homme »). Ceux qui adoptent la vision tragique – Sowell en fait évidemment partie - cherchent à concevoir des institutions qui fonctionnent malgré les limites humaines, s’attachant à construire des systèmes d’incitations capables de canaliser ses penchants les plus nuisibles et de tirer parti de ses motivations ordinaires pour produire des effets collectifs bénéfiques. Ils savent que la vie en société implique des frictions, des tensions et des limitations (liées à l’imperfection de la nature humaine) et que ce n'est pas parce qu’un système produit des résultats imparfaits que le système en lui-même est imparfait. Le système est bon s’il limite la portée des erreurs et génère l’ordre et l’harmonie relative sans exiger l’infaillibilité de chacun de ses agents. À l’inverse, ceux qui adhèrent à la vision candide de la nature humaine croient qu’il est possible de construire un système produisant des résultats parfaits – et se montrent donc insatisfaits de tout système ne les produisant pas -, ce qui explique leur soif de table-rase. Par exemple, ce qui les frappe n’est pas la rareté relative du mal dans nos sociétés, mais son existence même, perçue non comme une constante anthropologique, mais comme une faillite collective (imputable à une institution ou à une classe sociale). De même, ce qu’ils cherchent à expliquer n’est pas la prospérité (envisagée comme l’état naturel des choses), mais la pauvreté, dont la persistance justifierait la condamnation de de notre système économique. Ces personnes, écrit Sowell, « se demandent rarement pourquoi nos sociétés ne connaissent pas la pauvreté de l’Inde, l’oppression politique de la Corée du Nord, l’anarchie du Libéria, ou les massacres du Rwanda. Il ne leur vient donc pas à l’esprit que cela pourrait être lié aux valeurs, aux traditions, et aux constructions sociales qu’ils s’acharnent à déconstruire. » L’autre erreur des adeptes d’une vision naïve de la condition humaine, selon Sowell, est de percevoir chaque aspect insatisfaisant de la réalité sociale comme un dysfonctionnement appelant une solution, plutôt que comme le résultat d’un arbitrage entre contraintes inconciliables. Là où il faudrait voir des choix difficiles entre des biens en tension dans un monde aux ressources limitées, certains ne voient que des problèmes à résoudre avec de la volonté politique et un désir de justice sociale. C’est pourquoi ils se demandent : « comment éliminer telle caractéristique déplaisante de la situation actuelle ? » plutôt que : « Que doit-on sacrifier pour atteindre telle amélioration, et cela en vaut-il la peine ? » Pourtant, la bonne question ne devrait pas être de savoir si l’on est dans l’absolu favorable aux biens poursuivis par une politique publique (mettons : l’accès à la culture via le chèque culture, l’accès à la connaissance via la gratuité de l’université, le soutien à la société civile via les subventions aux associations, etc.), mais de savoir si l’on préférerait que les ressources allouées à la poursuite de ces biens soient allouées à la poursuite d’autres biens (mettons : à la justice, à l’hôpital, à l’école, au pouvoir d’achat via des baisses d’impôts, etc.). « La première chose que l’on apprend en économie, écrit Sowell, c’est que les ressources sont limitées. La première chose que l’on apprend en politique, c’est d’ignorer la première leçon de l’économie. » Malheureusement, le fait de voir des solutions plutôt que des arbitrages engendre un biais d’action. Or, comme le démontre Sowell, la plupart des solutions présumées ont un coût, créent de nouveaux problèmes ailleurs (« la plupart des problèmes d’aujourd’hui sont les solutions d’hier », écrit-il), ou reviennent simplement à déplacer la charge sur des groupes moins visibles ou moins bruyants (admirateur de Bastiat, Sowell ne cesse de rappeler qu’il y a ce que l’on voit, mais aussi ce que l’on ne voit pas). Une fois que le législateur est intervenu, la nouvelle configuration n’est souvent qu’un arbitrage différent – et moins bon puisqu’il n’est pas le fruit de l’expérience ou de la coordination des acteurs concernés, mais d’une décision prise par des tiers peu au fait des réalités du terrain et peu exposés aux conséquences de leur décision. Thomas Sowell est malheureusement trop méconnu en France. Mais nous avons de la chance : son dernier essai (Illusions de la justice sociale) vient d’être traduit en français, aux éditions Carmin.
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