Franckysnot retweetledi

Pour un type qui aime se présenter comme un fin juriste et un grand défenseur des libertés publiques, ta veste vient de se retourner avec une vitesse qui défie les lois de la physique.
Tu nous demandes, avec des airs de professeur de droit effarouché, quelle est la "probabilité" que les ministres déclenchent des enquêtes administratives pour traquer les sources des journalistes. Je vais te la donner ta probabilité, Guillaume : elle est proche du zéro absolu. Et en tant que juriste, tu devrais savoir exactement pourquoi.
Parce que dans un État de droit – ce concept que vous adorez invoquer uniquement quand ça vous arrange –, la loi sur la liberté de la presse de 1881 et la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme protègent le secret des sources. Lancer l'IGPN ou l'IGJ pour fouiller les fadettes des policiers ou des magistrats à chaque fois qu'un journaliste sort une exclusivité d'intérêt public, c'est précisément ce que font les régimes autoritaires que vous passez votre temps à dénoncer.
Mais le plus fascinant ici, c'est ton hypocrisie sidérante, ton indignation à la carte.
Où étais-tu, Guillaume, avec tes grands principes sur la "déontologie" et le "secret de l'enquête", quand le Canard Enchaîné sortait les procès-verbaux de l'affaire Fillon en temps réel ? Où étais-tu quand Médiapart balançait les écoutes de Nicolas Sarkozy ou les vidéos de l'affaire Benalla en pleine instruction ? Laisse-moi deviner : tu applaudissais des deux mains le travail admirable de la presse, le droit à l'information du citoyen et la nécessaire transparence de la vie publique.
Mais aujourd'hui, parce que la "victime" de la fuite est une camarade de gauche qui vient de pulvériser sa carrière en se faisant attraper avec des stupéfiants de synthèse (article 222-37 du Code pénal) et en refusant de donner ses empreintes comme une petite caïd de quartier (article 55-1 du Code de procédure pénale), soudainement, tu découvres la sacralité de l'article 11 du Code de procédure pénale. Soudainement, le droit à l'information devient une "intox au mépris de toute déontologie".
Votre naufrage est total. Plutôt que d'affronter la réalité matérielle des faits graves commis par une représentante de la Nation, vous passez la journée à regarder le doigt qui pointe la lune, en espérant pouvoir couper le doigt. Arrête de jouer les inquisiteurs pour masquer le vide juridique de la défense de Rima Hassan. Ta morale à géométrie variable est aussi pathétique que l'infraction de ta protégée.
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