Lucky
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🚨 Je vois certains comptes Twitter s'indigner de ce rally sur les marchés, et je peux les comprendre car ça peut paraître contre-intuitif à première vue. En réalité, le marché price un scénario, et surtout une trajectoire. 🏦 Le point de départ de mon raisonnement fut la conférence de presse de Powell qui a mis en lumière la résilience de la consommation des ménages américains, soutenue par l'effet de richesse, notamment dans les services. Même si l'Amérique "d'en bas" rencontre des difficultés, l'économie américaine ne montre pas de signes d'inquiétude majeure à court terme concernant sa croissance. Le marché de l'emploi se normalise compensant les licenciements par les embauches. L'incertitude principale réside finalement dans l'inflation dont l'évolution dépendra de la durée du conflit actuel. Du coup, le point clé de mon raisonnement était que le marché ne trade pas le conflit en lui-même mais sa durée et ses conséquences macro. 🤔 Dans mon scénario, il y avait une hypothèse centrale : une fin de conflit/apaisement prochainement qui permettrait d’éviter un vrai scénario stagflationniste ou récessionniste aux yeux du marché. Si ça se confirme, alors ce qu’on vit aujourd’hui sera perçu rétrospectivement comme un simple trou d’air. Dans ce cas, les flux vont se repositionner assez logiquement sur les matières premières liées à la croissance, les métaux précieux (en couverture géopolitique), les émergents, l'IA/robotique, et une partie des financières et des actifs réels. 1⃣ Pourquoi ces poches-là ? Parce que derrière, il y a un enchaînement macro assez cohérent. D’abord, la question du dollar. À court terme, il sert de refuge, donc il tient, mais si le stress retombe, il y a un vrai risque de retournement du DXY. Un dollar qui baisse est mécaniquement favorable aux matières premières et aux émergents. Ajoutez à cela une géopolitique qui reste instable structurellement, et on a un cocktail qui soutient les métaux précieux et certaines commodités stratégiques. 2⃣ Ensuite, le deuxième pilier de mon scénario est l’IA. Même dans un environnement un peu dégradé, l’IA reste le moteur principal de la croissance américaine. Les entreprises peuvent couper ailleurs, licencier, optimiser leurs coûts mais elles ne vont pas couper les investissements dans l’IA. Les CAPEX sont “protégés” sur ce segment (pour l'instant), et le marché le comprend très bien. C’est pour ça que les valeurs liées à l’IA, aux semi-conducteurs, à la robotique ou même aux drones restent structurellement payés. 💵 Côté Fed, ça donne aussi quelque chose d’assez subtil. Si le marché du travail commence à montrer des signes de faiblesse, mais sans effondrement, la Fed ne va pas forcément arrêter son cycle mais plutôt le décaler. On reste dans une logique de détente monétaire mais plus lente. Ce n’est pas un pivot brutal mais un ajustement et les marchés actions peuvent très bien vivre avec. 3⃣ Le troisième point, plus politique, est l’idée que certaines dynamiques électorales pourraient rebattre les cartes aux États-Unis. Sans rentrer trop dans le détail, le marché commence aussi à intégrer des scénarios politiques qui peuvent influencer la régulation, la fiscalité et donc les flux sectoriels. C’est quelque chose qui va monter en puissance dans les prochains mois. 🤷♂️ Maintenant, là où il faut être très clair, c’est que le marché n’est pas rationnel au sens où il aurait raison, il est cohérent avec le scénario qu’il price. Aujourd’hui, il price un scénario optimiste qui reste conditionnel, qui tient tant que certaines variables ne dérapent pas. Si le conflit s’enlise, si le pétrole explose durablement, si l’inflation repart, si les taux longs remontent violemment, alors tout ce narratif peut se retourner très vite. C’est pour celà qu’il ne faut pas tomber dans l’euphorie actuelle. Le marché est en train de profiter d’une fenêtre et monte parce qu’il peut monter, pas parce que tout va bien. ⚠️ Mon scénario est en train d’être validé mais il faut le comprendre pour ce qu’il est. C'est un pari du marché sur un monde où les risques restent contrôlés. Tant que ce pari tient, on peut continuer à voir de la performance mais le jour où il est remis en question, l’ajustement peut être brutal, très brutal. Les prochaines vraies données macro, les résultats d’entreprise, les signaux sur l’inflation, les taux, l’énergie vont décider si on prolonge ce rally ou si on revient à la réalité.



🚨 Tout le monde parle de stagflation aux États-Unis avec ce qui se passe en Iran. Je pense que c’est un raccourci un peu rapide et surtout pas le bon prisme pour lire la situation actuelle. ➡️ Un choc géopolitique au Moyen-Orient peut faire monter les prix de l’énergie, et donc pousser l’inflation à la hausse, mais ça ne suffit pas à parler de stagflation. La stagflation est un cocktail beaucoup plus toxique avec inflation élevée, croissance qui ralentit fortement et choc d’offre durable. Mais aujourd’hui, la croissance américaine reste solide. 📊 Le sujet devient vraiment intéressant sur la lecture de l’inflation elle-même. Il faut absolument distinguer l’inflation headline de l’inflation plus collante, celle qui intéresse vraiment la Fed. Dans cette inflation collante, il y a deux gros blocs : les services et les loyers. 📈 Sur les services, le diagnostic est assez clair sur les derniers PMI et ça reste sticky parce que ça dépend des salaires. Tant que le marché du travail tient, avec un chômage bas et une certaine pression salariale, cette partie de l’inflation a du mal à redescendre rapidement. Sur les loyers, on commence à voir une décrue dans les données réelles (notamment sur les nouveaux baux), ce qui est plutôt désinflationniste. Mais le problème est le décalage de transmission vers les indices d’inflation officiels. Le CPI intègre les loyers avec beaucoup de retard. Même si la réalité du marché immobilier se calme, l’inflation mesurée peut rester élevée pendant plusieurs mois. 🤔 C’est pour tout cela que je suis moins catégorique que le consensus sur le scénario de stagflation. Aujourd’hui, on a plutôt une économie qui reste solide avec une inflation qui peut remonter ponctuellement via l’énergie, mais une dynamique sous-jacente qui n’est pas complètement hors de contrôle. Derrière ça, il y a un autre facteur qu’on sous-estime souvent : la productivité. Les gains liés à la tech, et en particulier à l’IA, commencent à jouer un rôle. La diffusion de la productivité dans l’économie prend du temps mais ça contribue quand même à soutenir la croissance sans générer immédiatement autant d’inflation qu’avant. 🤷♂️ Dans ce contexte, mon scénario de base reste toujour le même : 3% is the new 2% pour la Fed. Officiellement, la cible reste 2%, et ils ne peuvent pas dire autre chose, mais dans les faits, il y a déjà une forme de tolérance implicite à une inflation un peu plus élevée, tant que la croissance tient et que le marché du travail ne se dégrade pas. Le problème est que cet équilibre est fragile car si les anticipations d’inflation commencent à se désancrer, la Fed sera obligée de redevenir beaucoup plus agressive et le scénario peut vite basculer. 🏦 C’est aussi pour ça que la vraie variable clé aujourd’hui, ce n’est pas tant l’inflation en elle-même que le coût du capital. Toute la dynamique actuelle, notamment autour de l’IA, repose sur des investissements massifs. Je l'ai déjà dit mais ces investissements sont extrêmement sensibles aux taux d’intérêt. Tant que les taux restent élevés, le financement devient plus coûteux, les projets sont plus sélectifs et les valorisations peuvent être mises sous pression. La grande thématique structurelle reste intacte mais son rythme dépend directement des conditions monétaires. ⚠️ Pour moi, le vrai risque est un scénario où l’inflation repart légèrement à la hausse, la croissance tient, et la Fed se retrouve coincée, obligée de maintenir des taux élevés plus longtemps que prévu. Réponse dans les prochains trimestres et à condition que le conflit ne s'éternise plus, mais ceci est un autre sujet.









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