
Dr Jean NGANDU., PhD
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Dr Jean NGANDU., PhD
@ngandu76
Docteur en Sc Eco et gestion. Expert en marketing, Leadership et Gestion des Conflits intergénérationnels.










Aujourd’hui, pour la première fois depuis que je suis en #France, j’ai rencontré un #Munyamulenge que je ne connaissais pas et qui ne me connaissait pas. Je vais vous raconter ce qui s’est passé. Lui : « Vous êtes de quelle origine ? » Moi : « Du Congo. » Lui : « Quel Congo ? Le Congo-Brazzaville ? » Moi : « La RDC. » Aussitôt après avoir entendu « la RDC », il s’éloigna légèrement de moi. J’eus immédiatement le sentiment que c’était pour éviter cette question presque inévitable dans ce genre de circonstances : « Et vous, vous êtes d’où ? » Ayant appris que j’étais originaire de la #RDC, il s’est peut-être dit qu’il valait mieux garder ses distances pour éviter d’éventuels problèmes, ou plus exactement des réactions stigmatisantes, comme cela arrive si souvent aux Banyamulenge et aux Tutsi congolais. Je me suis alors arrangé pour lui poser la question : « Et vous, d’où venez-vous ? » Il me répondit : « Je suis Burundais. » Je pressentis immédiatement que ce n’était pas vrai et qu’il me donnait cette réponse pour se protéger de ce que vivent tant de Banyamulenge ou de Tutsi congolais dans ce genre de situation. Après quelques secondes de réflexion, je lui demandai : « N’êtes-vous pas de Minembwe ? N’êtes-vous pas Munyamulenge ? » Il sourit et me répondit : « Oui. » Puis il ajouta : « Vous savez pourquoi je vous ai dit que j’étais Burundais ? » Je connaissais déjà la réponse qu’il allait me donner. C’est d’ailleurs celle que connaissent tous les gens honnêtes qui regardent cette réalité en face. « Je ne vous ai pas dit que je suis Congolais parce que beaucoup de Congolais à qui je dis que je suis Congolais ne l’acceptent pas. Ils me disent que je n’ai pas le visage d’un Congolais. » Je lui répondis : « Je sais. Je ne fais pas partie de ces gens-là. » Puis j’ajoutai : « N’ayez pas peur d’eux. N’ayez pas peur de les affronter. » Notre conversation s’arrêta là. Mais voici ce que je dirais à ce jeune homme la prochaine fois que j’aurai l’occasion d’échanger avec lui. Je lui dirai que le #Congo nous appartient à nous tous. Que ce pays n’appartient pas uniquement à ceux qui pensent en avoir davantage le droit parce qu’ils auraient le visage que possède la majorité de la population. Les mêmes qui répètent qu’« il n’y a pas de minorités au Congo », mais qui sont pourtant les premiers à minoriser les Tutsi congolais en leur disant : « Vous ne ressemblez pas aux Congolais. » Je lui dirai que l’avenir d’un Congo uni, s’il veut demeurer uni longtemps, appartient à tous ses enfants, quelle que soit la forme de leurs visages ou de leurs nez. Car jamais la nationalité n’a été liée au faciès. En effet, comment ne pas comprendre la douleur silencieuse, le traumatisme profond que ressent cette minorité à qui l’on a répété encore et encore : « Vous n’êtes pas Congolais parce que vous ne ressemblez pas aux Congolais » ? À qui l’on a constamment associé le #Rwanda en lui disant de « retourner chez elle », dans « son pays ». Ce jeune homme, arrivé en France à l’âge de 16 ans selon ses propres propos, continue de porter ce traumatisme à distance. Il ne peut s’empêcher de dire qu’il est Burundais, non parce qu’il est menteur, mais simplement pour essayer de vivre en paix, même loin de son pays. Récemment, le Président congolais a clamé haut et fort qu’il défendrait les Banyamulenge. Mais depuis ce discours, combien d’actes discriminatoires à leur égard ont encore eu lieu en RDC ? Dans la vidéo ci-dessous, vous voyez l’un de ces hommes dont les discours discriminatoires contre les Tutsi congolais font partie du quotidien. Je ne serais même pas étonné de voir #Tshisekedi lui serrer la main demain, comme cela s’est déjà produit par le passé. À droite, vous voyez cette dame dont la vidéo est profondément discriminatoire, car elle essentialise tout un peuple en se moquant de son faciès, lequel n’est d’ailleurs absolument pas représentatif de tous les Tutsi. Ce qu’on attend d’un Président de la République, ce ne sont pas des discours démagogiques dans lesquels il affirme qu’il défendra les Banyamulenge. Ce qu’on attend de lui, c’est la construction d’un État où tout propos, tout geste, tout acte discriminatoire dirigé contre un citoyen en raison de son faciès ou de son phénotype soit sévèrement sanctionné par la loi — et j’ai envie d’ajouter : par une justice véritablement juste. Voilà le Congo dont je rêve. Je ne rêve pas d’un paradis où tous les citoyens s’aiment les uns les autres. Aucun pays au monde ne fonctionne ainsi. Mais l’État de droit — « espoir des opprimés », pour reprendre le titre de l’ouvrage de Jean-Marie Van Parys — devrait être capable de protéger chaque citoyen contre les actes discriminatoires et stigmatisants. Aucun citoyen n’a le droit de persécuter un autre pour ce qu’il est. Et cela doit cesser. Un jour — et j’y crois profondément — nous serons débarrassés de cet État qui laisse certains de ses citoyens s’arroger le droit de décider qui est Congolais et qui ne l’est pas, ou encore le droit de discriminer d’autres citoyens en toute impunité en raison de leur apparence physique.



















#RDC| 🔥🔥 l' UDPS decide de changer l'actuelle constitution. Le SG et président a.i @AugustinKabuyaT l'a réitéré le dimanche à Kinshasa. « Nous devons reprendre la Constitution de 1992, rédigée sans pression par tous les Congolais lors de la Conférence nationale souveraine. Les travaux étaient dirigés par le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya. AMBONGO (@TataCardinal) doit en avoir une copie. Nous allons adapter cette Constitution à nos réalités ». « Soyez sans crainte, Monsieur le président Félix Tshisekedi. Nous sommes derrière vous. », a déclaré #Kabuya.


















