Marwah Rizqy@marwahrizqy
1er octobre 2018. C’était hier. C’était aussi il y a une éternité.
La jeune élue que j’étais est devenue une jeune maman. J’ai vécu chaque mandat comme si c’était le seul. Cela explique peut-être aussi mon côté irrévérencieux.
En lisant l’article de Marco Fortier, j’ai souri. Depuis déjà un certain temps, je dois vous avouer que je pense à la suite des choses pour ma famille et moi.
Et après mûre réflexion, j’ai pris ma décision. Cet actuel mandat sera mon dernier.
Évidemment, je donnerai mon 100%, et ce, au meilleur de mes capacités.
Pourquoi maintenant? Parce qu’iI n’y a jamais de bon moment pour tirer sa révérence. En annonçant aujourd’hui, mon parti et le prochain chef auront le temps de trouver un candidat dédié totalement aux gens de Saint-Laurent.
Personnellement, vous le savez, avoir le privilège de tomber enceinte et de donner la vie n’a pas été facile pour Greg et moi. Ce fut un réel parcours du combattant.
Aujourd’hui, chaque lundi, quand je prends le train en direction de Québec, mon cœur se sert. Je veux vivre pleinement mon rôle de mère. Je veux pouvoir être dans la même ville que mes jeunes enfants et pouvoir les border le soir venu.
Car, il faut se le rappeler: puisque mon mari est également élu, nous devons laisser nos enfants sans parents toutes les journées de semaine où nous devons être à Québec. C’est pour moi rendu un sacrifice trop grand.
Greg m’a offert de quitter pour que je puisse continuer à siéger. J’ai refusé. En 2026, Gabriel aura déjà quatre ans et fera son entrée à l’école primaire l’année suivante. Abraham le rejoindra, un an plus tard. Ils grandissent déjà si vite…Je ne peux plus envisager être une mère à temps partiel qui dort trois ou quatre nuits par semaine loin d’eux. Je veux être pleinement présente pour eux.
C’est ma décision. Elle est finale et sans appel.
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Un immense sentiment de gratitude m’habite depuis le soir de mes élections pour ce qui a été une grande aventure collective, intellectuelle et civique.
Tout n’a pas été rose, mais on apprend beaucoup de ses erreurs. 😉
Merci du fond du cœur à ceux qui ont nourri mes réflexions. Vos encouragements et votre confiance ont été un précieux cadeau.
Merci d’avoir cru en moi, parfois contre toute évidence. Vous vous reconnaîtrez, j’en suis certaine. Je vous le dis simplement: je vous aime. Et à nouveau merci!
Je ne peux m’empêcher de livrer ce message aux jeunes femmes: il est possible de tout avoir et je considère avoir tout eu! Oui, oui!
Je me suis permise de rêver et surtout, d’y croire. Fille d’immigrants marocains, issue d’un milieu plus que non-privilégié, ma seule présence au parlement est en soi une victoire. Si vous aviez vu ma mère lors de mon assermentation en 2018! Incapable de parler, les larmes aux yeux, elle m’a soufflé à l’oreille : « C’est vraiment moi qui t’ai mise au monde? Une femme sans instruction?!»
Et moi de lui répondre : « Je suis tellement fière de toi maman. Tu m’as appris beaucoup, tu m’as tout donné. Et l’école de la vie est la première vraie école. »
C’est ce que le Québec a de plus beau: cette capacité de générer des « possibles », même lorsque la mise de départ semble être une mauvaise main.
Je ferai mes vrais au revoir le jour venu à Saint-Laurent, en bonne et due forme. D’ici là, je continue mon travail avec la même rigueur et la même vivacité que vous me connaissez.