Paul St-Pierre Plamondon@PaulPlamondon
LE PLQ VEUT ACCÉLÉRER LE PIRE DÉCLIN DU FRANÇAIS DE NOTRE HISTOIRE TOUT EN NOUS FAISANT CROIRE L’INVERSE
Le rapport annuel du Commissaire à la langue française, déposé cette semaine, est clair et net : la loi 96 de la CAQ n'a pas permis d'inverser le déclin du français. Alors que les politiques actuelles sont déjà jugées insuffisantes, le PLQ propose de faire moins que les demi-mesures de la CAQ. Malgré l'urgence de freiner un déclin historique de la différence linguistique québécoise, les libéraux proposent dans les faits d’aggraver la situation tout en tenant un discours d’une superficialité olympique à l’effet que le PLQ ferait mieux que la CAQ pour le français. Voyons la réalité.
D’abord, rappelons que pour les libéraux, la loi 96 allait trop loin: ils ont voté contre pour cette raison. Mais désormais ils s’opposent également à toutes les mesures susceptibles d’avoir un impact sur le déclin du français. Après avoir trébuché en affirmant qu’il y a deux langues officielles et tenu un double discours sur l’abolition ou non de la loi 96, le PLQ a profité de son congrès pour nous annoncer qu’ils allaient encourager la fréquentation du Cégep en anglais chez les allophones et les francophones en supprimant toutes les règles actuelles en la matière. La députée de Darcy-McGee, Elisabeth Prass, expliquait que le Parti libéral ne « veut pas que ça soit coercitif […] comme la loi 96 ». À ces propos, il faut ajouter la position surréaliste de Charles Milliard sur l’utilisation de la clause dérogatoire. Il s’agit du seul outil juridique dont dispose le Québec pour empêcher que le cadre normatif canadien n'invalide les lois québécoises défendant notre identité, mais Charles Milliard lui, s’engage déjà à ne pas l’utiliser si le PLQ prend le pouvoir. En concret, ça pourrait en toute vraisemblance signifier l’abolition des lois sur la laïcité au Québec, par exemple.
Charles Milliard nous annonce le dépôt d’un plan sur la langue française dans les prochains jours. Mais ça commence très mal, alors que le chef du PLQ se promène dans les médias ces derniers jours et associe tout renforcement de la protection du français à de la « division ». S'il y a bien une chose qui unit les Québécois, c'est la promotion et la défense de la langue française. Charles Milliard le sait. Mais pour tenter de gagner quelques points dans le West Island, il entretient un volontairement un climat de panique et de dramatisation.
Nous savions que la défense de notre identité et de notre langue n’était pas le fort du Parti libéral du Québec, mais à la lumière de tous ces propos et prises de position, on peut difficilement imaginer une politique linguistique qui serait plus forte que celle de la CAQ qui, rappelons-le, nous a convié au pire déclin linguistique que le Québec ait connu de son histoire.
Seul le Parti Québécois a des positions susceptibles de renverser la courbe du déclin du français : élargissement de la loi 101 au cégep, réintroduire la culture québécoise dans nos écoles, exiger le français pour les temporaires et en réduire le nombre, et réaliser l’indépendance du Québec. Les Québécois seront vraisemblablement à la croisée des chemins lors des prochaines élections, avec devant eux deux chemins diamétralement opposés: celui du déclin ou celui de la stabilisation de notre langue commune.