Brivael Le Pogam
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Brivael Le Pogam
@brivael
Co-founder @argildotai (YC S24). 🇫🇷 voice on AI, Austrian econ & techno-optimism. 🟢 Strategy call & brand sponsorships👇







Le marché a toujours raison. La copie reste la copie. Brivael, c’est un monopole. Tous ceux qui vont essayer de copier bêtement vont s’épuiser et jouer au mauvais jeu. Ne copiez pas, soyez vous-même et authentique, et développez votre monopole personnel.

Je me rappelle au lycée, j'avais une prof de français qui me répétait : « Rousseau, c'est mon auteur préféré. » À l'époque, j'étais complètement illettré, je n'avais pas lu un roman. Depuis, j'ai rattrapé un peu le retard. Et force est de constater : Rousseau est lui aussi un poison pour l'esprit français. Tu as raison de remonter à lui. Le geste fondateur est là. L'homme naît bon, c'est la société qui le corrompt. La propriété, la hiérarchie, la tradition, l'institution, tout ce qui structure une civilisation devient suspect. Le mal n'est plus dans l'homme, il est dans l'ordre. Donc il suffit de défaire l'ordre. De cette intuition découle tout le reste. La Terreur, qui croit pouvoir régénérer l'homme par le décret. Le socialisme utopique, qui croit pouvoir abolir l'égoïsme par l'organisation. Le wokisme, qui croit pouvoir purifier la société en démantelant ses normes. À chaque fois la même logique : l'homme est innocent, l'institution est coupable, donc il faut casser l'institution. C'est faux. L'homme n'est pas né bon. Il est né pulsionnel, ambivalent, capable du meilleur et du pire. Les institutions n'oppriment pas une nature angélique, elles canalisent une nature ambiguë. Détruire les institutions ne libère pas un bon sauvage, ça libère un homme livré à ses pires instincts. Foucault, Derrida, Deleuze n'ont fait que radicaliser Rousseau avec les outils du XXᵉ siècle. La matrice est la même : soupçon de toute autorité, dissolution de toute hiérarchie, fantasme d'un état originel pur que les structures auraient trahi. Donc oui, le péché originel commence avec lui. Et la France a une double dette : avoir donné Rousseau au XVIIIᵉ, et avoir donné la French Theory au XXᵉ. Deux fois le même poison, juste recombiné. Au travail.



@brivael @Lamsito_eth Pense-tu vraiment les fasciner? Vraiment ?





Je veux présenter mes excuses, au nom des Français, pour avoir enfanté la French Theory (qui a enfanté la pire des merdes idéologiques : le wokisme). Nous avons donné au monde Descartes, Pascal, Tocqueville. Et puis, dans les ruines intellectuelles de l'après-68, nous avons donné Foucault, Derrida, Deleuze. Trois hommes brillants qui ont fabriqué, dans l'élégance de notre langue, l'arme idéologique qui paralyse aujourd'hui l'Occident. Il faut comprendre ce qu'ils ont fait. Foucault a enseigné que la vérité n'existe pas, qu'il n'y a que des rapports de pouvoir déguisés en savoir. Que la science, la raison, la justice, l'institution médicale, l'école, la prison, la sexualité, tout n'est qu'une mise en scène de la domination. Derrida a enseigné que les textes n'ont pas de sens stable, que tout signifiant glisse, que toute lecture est une trahison, que l'auteur est mort et que le lecteur règne. Deleuze a enseigné qu'il fallait préférer le rhizome à l'arbre, le nomade au sédentaire, le désir à la loi, le devenir à l'être, la différence à l'identité. Pris isolément, ce sont des thèses discutables. Combinées, exportées, vulgarisées, elles forment un système. Et ce système est un poison. Car voici ce qui s'est passé. Ces textes, illisibles en France, ont traversé l'Atlantique. Les départements de Yale, de Berkeley, de Columbia les ont absorbés dans les années 80. Ils y ont trouvé un terreau qui n'existait pas chez nous : le puritanisme américain, sa culpabilité raciale, son obsession identitaire. La French Theory s'est mariée à ce substrat, et l'enfant de ce mariage s'appelle le wokisme. Judith Butler lit Foucault et invente le genre performatif. Edward Said lit Foucault et invente le post-colonialisme académique. Kimberlé Crenshaw hérite du cadre et invente l'intersectionnalité. À chaque étape, la matrice est française : il n'y a pas de vérité, il n'y a que du pouvoir, donc toute hiérarchie est suspecte, toute institution est oppressive, toute norme est violence, toute identité est construite donc négociable, toute majorité est coupable. Voilà comment trois philosophes parisiens, qui n'ont probablement jamais imaginé leurs conséquences pratiques, ont fourni le logiciel d'exploitation à une génération entière d'activistes, de bureaucrates universitaires, de DRH, de journalistes, de législateurs. Voilà comment on a obtenu une civilisation qui ne sait plus dire si une femme est une femme, si sa propre histoire mérite d'être défendue, si le mérite existe, si la vérité se distingue de l'opinion. C'est de la merde pour une raison simple, et il faut la dire calmement. Une civilisation se tient debout sur trois piliers : la croyance qu'il existe une vérité accessible à la raison, la croyance qu'il existe un bien distinct du mal, la croyance qu'il existe un héritage à transmettre. La French Theory a entrepris de dynamiter les trois. Pas par méchanceté. Par jeu intellectuel, par fascination du soupçon, par haine de la bourgeoisie qui les avait nourris. Mais le résultat est là. Une génération entière a appris à déconstruire et n'a jamais appris à construire. Une génération entière sait soupçonner et ne sait plus admirer. Une génération entière voit le pouvoir partout et la beauté nulle part. Je m'excuse parce que nous, Français, avons une responsabilité particulière. C'est notre langue, nos universités, nos éditeurs, notre prestige qui ont donné à ce nihilisme son emballage chic. Sans la légitimité de la Sorbonne et de Vincennes, ces idées n'auraient jamais traversé l'océan. Nous avons exporté le doute comme d'autres exportent des armes. Ce qui se construit maintenant, en silicon valley, dans les labos d'IA, dans les startups, dans les ateliers, dans tous les lieux où des gens fabriquent encore des choses au lieu de les déconstruire, c'est la réponse. Une civilisation se reconstruit par les bâtisseurs, pas par les commentateurs. Par ceux qui croient que la vérité existe et qu'elle vaut qu'on s'y consacre. Par ceux qui assument une hiérarchie du beau, du vrai, du bon, et qui n'ont pas honte de la transmettre. Alors pardon. Et au travail.




Petit ajout pour les intellectuels français qui lisent ce thread. Si tout ce que t'as produit dans ta vie, c'est des concepts, tu vas te faire bouffer. Je sais, c'est une blessure narcissique profonde. Mais tout n'est jamais perdu : tu peux toujours t'en sortir en apprenant ce qui compte vraiment. Pourquoi ? Parce que jusqu'à maintenant, les builders n'avaient pas le temps de construire des concepts. Trop occupés à livrer. Tu avais donc un monopole confortable sur l'abstraction. Ce monopole vient de tomber. L'IA donne aux builders le levier intellectuel qui leur manquait. Eux ont déjà le levier d'exécution. Toi tu n'as que l'abstraction et l'abstraction seule ne produit rien. Prenons un cas en France, @dr_l_alexandre . S'il est aussi successful, c'est pas parce qu'il pense bien. C'est l'intersection Doctissimo × chirurgien × énarque × penseur. Doctissimo = le builder (il a construit et vendu une boîte). Chirurgien = l'expert technique (un monopole de compétence dure, vérifiable, qui prend 15 ans à acquérir). Énarque = l'accès au réseau et aux codes du pouvoir français. Penseur = la couche d'abstraction qui rend le tout audible. Les quatre seuls, personne. Les quatre empilés, Laurent Alexandre. Quatre monopoles de compétence qui se renforcent. Le penseur seul n'aurait jamais percé. Steve Jobs disait : "the doers are the major thinkers." Ceux qui font finissent par penser mieux que ceux qui ne font que penser, parce que le réel corrige en permanence leurs modèles. Conseil de fin pour les penseurs purs : si tu veux avoir un avenir, va apprendre des compétences de builder et connecte-les à ta capacité d'abstraction. Sinon tu vas finir comme un commentateur de match dans un stade vide. PS : oui je dis builder et je continuerai. "Constructeur" c'est lame as fuck.

@brivael Je pense que tu devrais redistribuer tes revenus au nom de la lutte contre les inégalités. Notamment à tous ceux qui n'utilisent pas l'IA.



@Nrgl26670882163 Non je suis sérieux. Techno-ménestrel meilleur job de la terre.





