RedonnerLaPrioritéAuxPiétons

81.5K posts

RedonnerLaPrioritéAuxPiétons

RedonnerLaPrioritéAuxPiétons

@DaCinal

Docteur Dr comme tout le monde, ça fait classe. Une question sur le tirage des 8es de la Ligue des Champions? 🥖🥖🍺

Katılım Şubat 2013
351 Takip Edilen420 Takipçiler
Sabitlenmiş Tweet
RedonnerLaPrioritéAuxPiétons
Petit thread, qui pourra servir de FAQ pour les curieux, concernant les "probabilités" du tirage des 8es de finale de la Ligue des champions de football. Car cela suscite tous les ans des interrogations légitimes et qu'on voit tout et n'importe quoi depuis 2012 (voir plus loin).
Français
3
9
39
0
RedonnerLaPrioritéAuxPiétons
@Maxlanderfr @vinceflibustier Le pire 'move' pour moi, ce sont les blocages intempestifs permettant de faire sa petite propagande, dans son entre-soi. Avant, on pouvait au moins répondre à une réponse. Depuis 1 (?) an, tout le fil est bloqué. @elonmusk voulait limiter la propagande, les blocages l'amplifient.
Français
0
0
0
22
Max Lander / papa chat😺 💸
@vinceflibustier Avoir fait sauter la limite de 280 caractères a été le pire move pour la plateforme… enfin peut-être pas financièrement mais pour nous, utilisateur. Je commence à saturer de ces IA slop de merde qui encombre la TL avec des scroll de 2kms. Je masque aussi désormais.
Français
1
0
22
601
Vincent Flibustier 👽
Vincent Flibustier 👽@vinceflibustier·
J'en ai marre de X. Une des raisons pour lesquelles je consomme assez peu de Youtube, c'est parce que pour des raisons de maximisation algorithmique et financière, les gens font des vidéos de 20 minutes pour expliquer un truc qui peut se dire en 3. (et qui est souvent une lecture de wikipédia) Et maintenant on a pareil sur X avec des glandus qui vont poster 200 lignes pour exprimer une idée toute simple en ayant demandé à l'IA de leur pondre une dissertation. Ca donne l'impression d'avoir du savoir très profond alors que c'est juste de la branlette intellectuelle sur des choses basiques, mais ça fonctionne auprès des gogos... Et des algogos.
Vincent Flibustier 👽 tweet media
Français
14
10
143
10K
Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
L'IA est moquée, rejetée, tournée en dérision par une partie entière de la "classe pensante". Vous savez pourquoi ? Parce que l'IA est en train de démolir, en temps réel, la plus grande fraude des 50 dernières années : la fraude intellectuelle de la caste diplômée. Pendant 50 ans, un type avec un doctorat pouvait sortir n'importe quelle ânerie agrégée, n'importe quelle thèse mal ficelée, n'importe quel raisonnement circulaire personne ne pouvait vérifier en 30 secondes. Il fallait LIRE 400 pages, suivre les notes de bas de page, croiser 12 sources. Personne ne le faisait. Donc ils régnaient. Aujourd'hui je tape une question à Grok. En 4 secondes je vois les prémisses, les contradictions, les sources, les contre-arguments. Je vois si le mec raisonne ou s'il drape de jargon une intuition pourrie. La rente de l'opacité est morte. Et c'est INSOUTENABLE pour beaucoup. Parce que ce n'est pas juste un outil qui les remplace. C'est un miroir qui révèle qu'ils n'avaient, fondamentalement, pas grand-chose à dire. C'est une blessure narcissique profonde. Je peux le comprendre. Quand tu as construit ton identité, ton statut social, ton salaire et ton ego sur "je sais des choses que les autres ne savent pas" et qu'un modèle à 20€/mois sait mieux, plus vite, sans posture tu as deux options : - Te remettre en question - Mépriser l'outil 99% choisissent la 2. C'est humain. C'est aussi terminal. Il ne reste que deux choses qui ont de la valeur à l'ère de l'IA : La recherche de la vérité. Pas la régurgitation. La vraie. Data + intuition + remise en question permanente en principes premiers. Refuser les prémisses qu'on te vend. Reconstruire depuis les axiomes. À chaque sujet. Chaque fois. Le fun. Le goût. L'agency. Le taste. Faire des trucs parce que tu le veux, comme tu le veux, avec ta signature à toi. C'est tout. Le reste les titres, les diplômes, les positions, les "expertises" c'est de la fumée que l'IA est en train de dissiper sous vos yeux. Développez votre agency. Développez votre taste. Cherchez la vérité brutalement, sans filtre de caste. Sinon vous allez passer les 20 prochaines années amers et frustrés, à expliquer sur des plateaux pourquoi l'IA "ne comprend pas vraiment", pendant que ceux qui l'utilisent vous dépassent à chaque mètre. La fête est finie. Bienvenue dans le monde où il faut être réellement bon.
Brivael Le Pogam@brivael

"Tu peux te tromper, t'es pas économiste." Cette phrase résume 80% de la pathologie intellectuelle française. L'idée qu'un sujet appartient à une caste. Que pour en parler, il faut un parchemin. Que sans le tampon de la Sorbonne ou de Normale Sup, ta pensée n'a pas de poids. C'est faux. Et c'est même l'inverse. Le diplôme dans 90% des disciplines molles (économie, socio, sciences po, philo politique) n'est PAS une preuve de compétence. C'est une preuve de conformité. Tu as passé 5 à 10 ans à régurgiter le consensus d'un milieu, à ne jamais le contredire sous peine de ne pas avoir ta thèse, à citer les bons auteurs dans le bon ordre. Au bout du tunnel : tu es certifié pour penser comme les autres certifiés. C'est exactement l'inverse de ce qu'il faut pour comprendre un sujet en profondeur. Piketty a un doctorat. Il a construit toute sa carrière sur r > g. Sauf que son "rendement du capital" est un agrégat qui mélange rente foncière, plus-values monétaires et profit entrepreneurial. Trois choses qui n'ont rien à voir. Sa thèse entière repose sur une prémisse statistique pourrie. Mais il a le diplôme. Donc on l'écoute. Les marxistes recyclés en "hétérodoxes" enseignent encore la théorie de la valeur travail. Théorie morte en 1871 avec Menger, Jevons, Walras. 150 ans qu'on sait que la valeur est subjective, dans la tête de l'acheteur, pas dans le travail incorporé. Mais ils ont le diplôme. Donc on les écoute. Pendant ce temps, moi, à 15 ans, j'ai compris l'économie en codant un jeu. Jeu de gestion futuriste. 3000 joueurs par univers. 3 ressources : métal, cristal, deutérium. Aucun PNJ. Aucun "régulateur". Aucun prix fixé par moi. Les joueurs s'échangeaient les ressources librement. Et un taux de change émergeait. Stable. Juste. Auto-correcteur. Si une ressource devenait rare, son prix montait, plus de joueurs en produisaient, le prix se rééquilibrait. La "main invisible" que les profs ricanent depuis 50 ans ? Elle existe. C'est juste le nom poétique d'un phénomène d'émergence dans un système complexe. Et les prémisses qui font marcher tout ça : Liberté des flux. Liberté des stocks. Propriété privée. C'est tout. À 15 ans. Sans diplôme. Par l'observation directe. Pourquoi est-ce que JE peux voir ça et qu'un agrégé d'éco ne peut pas ? Parce que je raisonne en first principles. Comme @elonmusk le fait en tech. Quand Elon a dit "une fusée ne coûte pas le prix d'une fusée, elle coûte le prix des matériaux qui la composent", tous les "experts" aérospatiaux ont ri. Ils avaient 30 ans de carrière, des doctorats, des publications. Ils savaient que c'était impossible. SpaceX existe parce qu'un mec sans diplôme d'aérospatial a refusé leurs prémisses. Quand @JMilei a dit "on supprime 10 ministères, on libère les prix, on dollarise", tous les économistes argentins (et la moitié de la planète) ont prédit le chaos. Ils avaient les diplômes, les revues, les chaires. L'inflation argentine s'effondre. En 18 mois. Milei est économiste, certes, mais autodidacte sur l'école autrichienne qu'on n'enseigne quasiment plus nulle part. Deux mecs. Deux domaines. Même méthode : Ils ont refusé les prémisses du consensus diplômé. Ils ont reconstruit depuis les axiomes. Ils ont gagné. Voilà ce que personne ne veut admettre : Le diplôme prouve que tu as accepté un cadre. Penser, c'est refuser ce cadre quand il est faux. Les deux sont littéralement opposés. Ça ne veut pas dire que les diplômes sont inutiles. En médecine, en physique théorique, en mathématiques pures, le diplôme certifie un savoir technique réel et cumulatif. Mais en économie ? En philosophie politique ? En sociologie ? En "sciences" humaines ? Le diplôme certifie surtout que tu n'as pas remis en cause le dogme du département. Donc quand on me dit "tu peux te tromper, t'es pas économiste", ma réponse est : Tant mieux. C'est précisément parce que je n'ai pas été formaté pendant 8 ans à régurgiter Piketty et Stiglitz que je peux voir ce que les formatés ne voient plus. La question n'est pas "as-tu le diplôme". La question est : tes prémisses tiennent-elles ? Si oui, parle. Quel que soit ton CV. Si non, tais-toi. Même avec trois doctorats.

Français
131
501
1.9K
71.3K
Tony Pittaro
Tony Pittaro@TonyPittaro·
🚨 « Ah la p*te ! » Marion Cotillard insulte une jeune fille qui lui marche sur le pied sans faire exprès. 👆La fan fond en larmes, Guillaume Canet lui demande d’aller la voir « Ne t’inquiète pas ça fait très mal mais ça passe ! ». Il est encore long ce Festival de Cannes ? 😂😂 (Source : Public)
Français
322
358
7.5K
1.7M
Jordi Estrade
Jordi Estrade@jordi_estrade·
@GeorgePivoine @velolyonnais La majorité des accidents graves en vélo sont du fait d'un choc avec un VL. Le casque de vélo est homologué pour protéger d'une chute directe au sol, à l'arrêt et d'une hauteur max de 2m. Le porter par obligation, sans connaître son niveau de protection, serait contre-productif.
Saint-Denis, La Réunion 🇷🇪 Français
5
0
1
354
Jordi Estrade
Jordi Estrade@jordi_estrade·
Si chacun est libre de donner son avis sur un sujet, c'est toujours intéressant de maîtriser un minimum le sujet en question. Le casque augmente le nombre d'accident, ne protège pas des chocs importants (n'est pas homologué pour) et la tête n'est pas la partie la plus touchée.
Vélo du Marais 🏳️‍🌈 🇸🇳 ✊@Velodumarais

🥶🤧 La ministre de la Citoyenneté "favorable au port du casque obligatoire pour les cyclistes" rmc.bfmtv.com/actualites/soc… via @RMCinfo

Saint-Denis, La Réunion 🇷🇪 Français
36
10
54
32.7K
Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
Je viens de regarder la déclaration de Juan Branco dans Le Crayon, qui nous explique, le verbe grave et l'œil sombre, que les grandes écoles seraient le tombeau du peuple et le berceau d'une caste honnie. Alors Juan, deux secondes. Moi je m'appelle Brivael, je viens de Lorient, mes grands-parents étaient agriculteurs. J'ai grandi dans un lycée de province où les couches sociales se croisaient sans se mélanger, et j'ai découvert l'existence des prépas et des grandes écoles le jour où j'ai commencé à travailler. Pas à 12 ans dans un dîner familial parisien, pas dans les couloirs feutrés de Henri-IV, pas par capillarité dans un milieu où le mot "khâgne" se prononce avant le mot "papa". Le jour où j'ai commencé à travailler. Et j'ai fini par construire l'une des plus belles boîtes de l'IA française, par lever avec les meilleurs VCs de la planète, par côtoyer ceux que toi tu appelles "les élites". Et tu sais quoi? Je n'ai aucun ressentiment pour ces gens-là. Aucun. Ce ressentiment qui te dévore, toi, je ne le partage pas une seconde. Toi, tu connais ce monde par naissance. Moi, je l'ai découvert par effraction. Et c'est précisément pour ça que je peux te dire ce qui suit, sans aucun complexe. Premier point. Ta description de la conférence de Laurent Alexandre à Polytechnique est une malhonnêteté intellectuelle pure. Tu prends une phrase, tu la sors, tu la tords, tu la brandis comme un drapeau, et tu construis dix minutes de discours sur cet épouvantail que tu as fabriqué de tes mains. C'est de la rhétorique de tribunal, pas de la pensée. Et le pire, c'est que tu sais très bien ce que tu fais. Deuxième point. Tu parles d'un milieu (le mien) que visiblement tu cherches à protéger en feignant de l'attaquer, et tu te trompes royalement sur ce que sont les élites. Tu les empaquetes dans un seul bloc, avec les mêmes intérêts, les mêmes trajectoires, les mêmes péchés. Comme si un agriculteur devenu ingénieur, un fils de prof devenu chercheur, un gamin de Lorient devenu fondateur de boîte, et un héritier du seizième formaient la même nation. C'est une fiction. C'est même une fiction paresseuse. Il y a quinzz ans, quand je commençais à m'élever et que j'avais peut-être encore l'âge mental d'un gamin de quinze ans (cet âge mental que, visiblement, tu as conservé sur beaucoup de sujets), j'aurais pu avaler ton discours. J'aurais hoché la tête, j'aurais serré les poings, j'aurais rêvé de barricades. Mais en grandissant, on découvre une chose désagréable pour les démagogues de ton espèce: la réalité est plus nuancée que les slogans. Et quand on continue, à 35 ans passés, à servir le même brouet manichéen, ce n'est plus de la conviction, c'est un fonds de commerce. Troisième point, et celui-là je le dis lentement pour qu'il rentre bien. Pour un type parti des couches basses, je me suis hissé jusqu'à côtoyer certains des meilleurs cerveaux européens. J'ai fait Y Combinator, le système le plus impitoyablement élitiste de la planète en matière de startups, où l'on entre parce qu'on construit, pas parce qu'on est né. Je n'ai jamais mis les pieds dans une école prestigieuse, et pourtant je ne passe pas mes journées à cracher dans la soupe d'un système que je n'ai pas eu. Toi, en revanche, tu as bu à toutes les mamelles de la République: Sciences Po, Normale Sup, les antichambres du pouvoir, les éditeurs prestigieux, les plateaux télé. Et de cette position-là, tu joues les sans-culottes. C'est presque touchant. Presque. Aujourd'hui, le système des grandes écoles est précieux, parce que côtoyer des polytechniciens, des normaliens, des gens qui ont passé sept ans à se taper la tête contre les maths ou la philo, ça élève. À Polytechnique, en moyenne, les gens sont brillants. Pas parfaits, pas saints, brillants. Et fabriquer une lutte fictive entre les élites et le peuple, quand tu es toi-même un produit pur de ce système, c'est une imposture qu'aucun spectateur attentif ne devrait laisser passer. Moi je ne viens pas des élites. Je connais infiniment mieux que toi les couches basses, parce que j'y ai grandi, et j'ai eu la chance, par le travail, de me connecter aux couches hautes. Ta vision est binaire, théâtrale, et profondément datée. Il y a, derrière chacune de tes phrases, un petit garçon qui rêve d'être le Che Guevara de 2026, un Robespierre en chemise blanche, un Saint-Just qui aurait lu trop de Bourdieu et pas assez la réalité. Tu rejettes un système qui ne te donne pas la place que tu estimes mériter, et tu transformes ta rancune personnelle en révolution de papier. Juan, je vais être très clair. Ta caricature permanente des élites, des riches, des ingénieurs, des entrepreneurs, c'est du néo-communisme tiède qui agite les guillotines pour vendre des livres et remplir des plateaux. Si tu venais réellement du peuple, ce serait au moins cohérent, on pourrait en débattre, on pourrait t'écouter. Mais venant de toi, fils du sérail, ce n'est pas un combat: c'est un costume. Et le costume commence à mal vieillir.
Brivael Le Pogam tweet media
Français
97
151
777
111.3K
RedonnerLaPrioritéAuxPiétons
@JulienPasteur1 Le problème sont ceux ou celles qui trichent en classe. Et ça, avec l'existence de parcours sup et le contrôle continu, ça peut devenir un problème grave.
Français
0
0
0
173
Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
BHL, Bourdieu, même combat. La seule différence c'est qu'il y en a un qui garde sa chemise fermée. Plus sérieusement : toute la théorie de Bourdieu s'effondre dès qu'on regarde le réel. Sa thèse centrale — l'habitus, la reproduction sociale, le "capital culturel" qui se transmet comme une rente — repose sur un présupposé déterministe : ce que tu es né détermine ce que tu deviens. Les "dominés" restent dominés parce que les codes culturels sont verrouillés par les "dominants". C'est élégant sur papier. C'est faux dans la nature humaine. L'humain n'est pas un produit passif de son champ. Il a de l'agency, de la volonté, de la curiosité, du désir mimétique (coucou Girard, que Bourdieu n'a jamais voulu lire). Les gens traversent les classes, apprennent les codes, en inventent de nouveaux, et surtout : créent de la valeur que personne n'avait prévue. Toute l'histoire de l'entrepreneuriat, c'est exactement ça — la destruction des "champs" figés que Bourdieu prétendait cartographier. Et concrètement : je viens d'en bas. Pas de capital culturel hérité, pas de réseau, pas d'école qui ouvre les portes. J'ai appris à coder à 13 ans tout seul, j'ai construit, et aujourd'hui je discute d'égal à égal avec des milliardaires, des fonds, des gens que Bourdieu aurait rangés dans la case "dominants" pour l'éternité. Pas parce que j'ai "intériorisé l'habitus dominant". Parce que j'ai construit quelque chose qui a de la valeur. La théorie de Bourdieu, c'est une machine à fabriquer des excuses pour ne rien tenter. C'est confortable pour les universitaires qui veulent expliquer pourquoi le monde est injuste sans avoir à le changer. C'est paralysant pour tous ceux qui pourraient sortir de leur condition s'ils ne s'entendaient pas répéter qu'ils sont prisonniers de leur champ. BHL fait du théâtre. Bourdieu a fait de la sociologie de café qui a stérilisé deux générations de gosses de la classe ouvrière à qui on a expliqué que c'était même pas la peine d'essayer. De la merde en boîte. Emballage différent.
Paul Moreira@PaulMoreiraPLTV

@brivael Vous comparez BHL à Bourdieu ?... Vraiment ?...

Français
47
36
147
26.8K
Lyon Mag
Lyon Mag@lyonmag·
La montée du Chemin Neuf davantage sécurisée à Lyon, Grégory Doucet salue la coopération avec la Métropole ift.tt/HmzVN8M
Français
12
3
18
4.5K
Samuel Fitoussi
Samuel Fitoussi@SamuelFitouss10·
Certains textes, entièrement générés par l’IA, sont retweetés et loués par des milliers de gens intelligents. Ces textes sont parfois très bons (même si leur ton, assertif, polarisant et souvent sans nuance, peut être agaçant), mais je ne partage pas l’enthousiasme à leur égard. D’abord, il y a un enjeu de probité intellectuelle : s’appuyer sur des auteurs dont on n’a jamais lu une ligne ; présenter comme l'expression d'une réflexion personnelle ce qui sort de la machine, c’est jouer avec la crédulité de ses lecteurs. Surtout, cela annonce la fin de l’écrit comme médium de consommation culturelle. Demain, qui voudra prendre la peine d’écrire (passer des heures sur un texte ou des centaines d’heures sur un manuscrit) s’il sait non seulement qu’il peut obtenir un meilleur résultat en faisant travailler Claude cinq minutes (pratique dont ne se priveront pas ses “auteurs” concurrents), mais qu’en plus, on le soupçonnera dans tous les cas d’avoir fait générer son travail par une IA ? Et en retour, quel lecteur voudra lire un texte ayant une probabilité très élevée d'avoir été généré par Claude ? La lecture et l’écriture continueront peut-être d’exister encore quelques décennies, parce que des auteurs ont montré avant l’IA qu’ils savaient écrire, ont rendu leur subjectivité identifiable, et ceux-là conserveront peut-être un public. Mais dans quelques temps, je vois mal qui lira et écrira encore. Restera l'information brute, dont on se moque qu'elle soit générée par IA ou non ; et le contact oral avec des personnes que l'on a la certitude d'avoir en face de soi. Entre les deux, l'espace de la lecture (celui où nous apprenons à penser, à structurer un raisonnement) risque de se refermer. On pourrait objecter que cette évolution annonce peut-être la fin de l’écriture, mais pas de la lecture, puisque le contenu généré par l’IA est souvent de qualité. Les tweets IA plaisent déjà beaucoup, et les capacités des LLM progresseront encore (demain, l’IA sera sans doute plus créative, plus rigoureuse philosophiquement et analytiquement, que les humains les plus brillants). Mais je pense, et ce n’est qu’une hypothèse, que le succès de ces posts est temporaire : s’ils fonctionnent, c’est parce qu’ils ne sont pour l’instant par identifiés comme étant générés par l’IA. Ceux qui les louent les attribuent à la subjectivité d’un humain. Nous suivons certaines personnes, nous recherchons leur contenu et leur opinion parce qu’ils sont eux, non parce qu’ils sont un Claude indifférencié prompté correctement, reproductible en cinq minutes par n’importe qui. Le plaisir de la lecture tient aussi (surtout ?) au fait d’entrer en contact avec une autre conscience, de suivre les cheminements de sa pensée qui s'est construite contre le monde et qui a été façonnée par un parcours de lecture unique. Et du sentiment d’être respecté par un auteur qui a pesé chacun de ses mots pour nous offrir une lecture agréable. Lire un bon texte, c'est passer un moment en compagnie de quelqu'un qui a tenu à bien nous recevoir. On ne se sent pas bien reçu par un pavé IA. D’autant que notre temps sur Terre est limité, raison pour laquelle nous n’accordons notre attention qu’à ce dont on présume qu'il a coûté quelque chose à quelqu'un. L’effort de lecture rétribue un effort (présumé) d’écriture : avant l’IA, l’existence d’un texte était un signal que son auteur avait jugé son idée digne du temps passée à la formuler - et qu’elle avait donc des chances d’être digne d’être lue. Demain, ce signal sera noyé. Aujourd’hui certains comptes ont un relatif monopole des pavés IA (et ils restent donc en quelque sorte singuliers, identifiables), mais la barrière à l’entrée de ce type de contenu étant nulle, ce monopole est voué à s’effondrer, leur contenu à devenir une commodité, et leur audience à se déliter. Un contre-argument veut que l'IA (comme avant elle l’imprimerie, la photographie, la reproduction mécanique, etc.) ne fasse que déplacer le geste. Elle prend en charge l'écriture et le choix des mots, mais la génération des idées, le raisonnement, l'architecture de l'argument resteraient à la charge de l'auteur ; or c'est la part la plus noble du travail. Malheureusement, l'IA fait très bien les deux. Demandez à Claude un pamphlet contre le centrisme ou le socialisme, ou une réaction à n'importe quel tweet (sans lui souffler le moindre argument) : le résultat sera souvent excellent et même original. Certains s'accrochent à l’espoir que les meilleurs textes seront produits par des humains perfectionnant l’art du dialogue avec leur IA (la nourrir des bonnes pistes, l'orchestrer avec finesse, etc.) ; ceux-ci sauront lui faire produire des choses singulières où transparaîtra leur subjectivité. Mais l'IA produit déjà, du premier coup et sans guidage particulier, des textes remarquables, et le hasard de la génération créera, ici ou là, des textes qu’aucun prompteur talentueux n'aurait su mieux produire. Certains me disent qu’en tant qu’auteur, je leur fais penser aux chauffeurs G7 qui protestaient contre l’émergence d’Uber. Mais dans le cas d’Uber, il y avait en face des perdants une foule de gagnants, ce qui rendait l'évolution défendable. Qui seront les gagnants ici ? Ni les créateurs (dont les contenus seront noyés dans un océan de contenu indifférencié où le signal se perd), ni les lecteurs (pour les raisons évoquées), ni Twitter (que les profils de qualité, qui font sa valeur, fuiront peu à peu). À court-terme, le producteur de contenu opportuniste (celui qui n'avait hier pas le talent d’écrire et qui peut désormais générer du contenu viral en promptant Claude) tire son épingle du jeu, mais c'est un gain fragile qui se retournera contre lui lorsque tout le monde appuiera sur le même bouton. Uber a créé de la valeur ; l'IA semble surtout la dissiper.
Français
66
63
308
74.2K
RedonnerLaPrioritéAuxPiétons
@Le_Bracq Même impression, devient lassant. Pas nul, pas creux, mais déjà vu, et surtout style uniformisé, le même qu'on lit sur d'autres sujets. Comme les chaînes comparées aux commerces indépendants. Je ne demande pas une IA avec le style personnel d'@anatolium ou @Enthoven_R mais... 😂
Français
0
0
2
148
Le Bracq Partiel Era 🎓
J’aime encore bien le contenu de Brivael, mais j’ai deux points à relever dans ses posts : 👉 On sent de plus en plus la patte de l’IA dans la construction des raisonnements, ce qui brise un peu le plaisir de lire une personne avec qui « on est d’accord ». La capacité de synthèse n’est plus du tout au rendez-vous, ce qui est pourtant la condition de ce réseau social… mais enfin. 👉 On n’arrive plus à déterminer la capacité de réflexion de Brivael : penser une chose et réussir à la retranscrire est un signe de haute capacité intellectuelle, donc très valorisée. La question est : l’IA permet-elle de faire rapidement ce qu’il serait capable de produire, ou fait-elle quelque chose qu’il ne serait pas capable de produire de base ? Enfin, dernier point (qui ne lui est pas imputable) : la prolifération de ce genre de tweets (souvent moins bien et peu pertinents) risque de tuer l’application, censée maximiser les relations sociales entre humains… my opinion.
Français
30
4
66
7.7K
RedonnerLaPrioritéAuxPiétons
@JCQDSE Ils roulent effectivement vraiment vite. Même s'ils sont souvent adroits, ils n'en font qu'à leur tête, hors code de la route.
Français
0
0
2
43
Allan Bouamrane 🇪🇺
Allan Bouamrane 🇪🇺@AllanBouamrane·
Quand @brunobernard_fr a quelques problèmes d’utilisation de ChatGPT. Une chose est sûre, il a oublié depuis longtemps d’utiliser la version élégante.
Allan Bouamrane 🇪🇺 tweet media
Français
9
15
68
4.6K
Frédéric Emmanuel
Frédéric Emmanuel@FrdricEmmanuel·
@brivael Vous écrivez comme une patate. Et vous ne réfutez pas la déconstruction. C'est dommage, parce que c'est vraiment facile.
Français
2
0
0
231
Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
La déconstruction prétendait jeter l’eau du bain coloniale, elle a fini par noyer le bébé, et le bébé c’était la civilisation qui avait inventé la baignoire, le savon, et l’idée même qu’on puisse laver quoi que ce soit. Derrida voulait nous apprendre à lire entre les lignes, ses héritiers ont juste appris à brûler le livre. Foucault traquait les rapports de pouvoir, ils en ont fait une grille à appliquer mécaniquement sur tout ce qui dépasse. Et au bout de la chaîne, on se retrouve à défendre par relativisme culturel les régimes les plus anti-femmes, anti-presse, anti-juifs, anti-gays de la planète, au nom de la lutte contre l’oppression. Le pire, c’est que la déconstruction était au départ un outil critique puissant. Mais transformée en idéologie de masse via les départements de sciences sociales américains, elle est devenue ce qu’elle prétendait combattre : un dogme ethnocentré (universitaire occidental moyen) qui s’ignore, projetant ses catégories morales sur des civilisations qui s’en moquent et qui, elles, n’ont aucun complexe à défendre les leurs. La civilisation occidentale est la seule de l’histoire à avoir produit la critique de soi comme valeur cardinale. C’est sa force et c’est devenu son talon d’Achille : face à des adversaires qui ne pratiquent pas ce sport, l’asymétrie est mortelle.
Brivael Le Pogam@brivael

Je veux présenter mes excuses, au nom des Français, pour avoir enfanté la French Theory (qui a enfanté la pire des merdes idéologiques : le wokisme). Nous avons donné au monde Descartes, Pascal, Tocqueville. Et puis, dans les ruines intellectuelles de l'après-68, nous avons donné Foucault, Derrida, Deleuze. Trois hommes brillants qui ont fabriqué, dans l'élégance de notre langue, l'arme idéologique qui paralyse aujourd'hui l'Occident. Il faut comprendre ce qu'ils ont fait. Foucault a enseigné que la vérité n'existe pas, qu'il n'y a que des rapports de pouvoir déguisés en savoir. Que la science, la raison, la justice, l'institution médicale, l'école, la prison, la sexualité, tout n'est qu'une mise en scène de la domination. Derrida a enseigné que les textes n'ont pas de sens stable, que tout signifiant glisse, que toute lecture est une trahison, que l'auteur est mort et que le lecteur règne. Deleuze a enseigné qu'il fallait préférer le rhizome à l'arbre, le nomade au sédentaire, le désir à la loi, le devenir à l'être, la différence à l'identité. Pris isolément, ce sont des thèses discutables. Combinées, exportées, vulgarisées, elles forment un système. Et ce système est un poison. Car voici ce qui s'est passé. Ces textes, illisibles en France, ont traversé l'Atlantique. Les départements de Yale, de Berkeley, de Columbia les ont absorbés dans les années 80. Ils y ont trouvé un terreau qui n'existait pas chez nous : le puritanisme américain, sa culpabilité raciale, son obsession identitaire. La French Theory s'est mariée à ce substrat, et l'enfant de ce mariage s'appelle le wokisme. Judith Butler lit Foucault et invente le genre performatif. Edward Said lit Foucault et invente le post-colonialisme académique. Kimberlé Crenshaw hérite du cadre et invente l'intersectionnalité. À chaque étape, la matrice est française : il n'y a pas de vérité, il n'y a que du pouvoir, donc toute hiérarchie est suspecte, toute institution est oppressive, toute norme est violence, toute identité est construite donc négociable, toute majorité est coupable. Voilà comment trois philosophes parisiens, qui n'ont probablement jamais imaginé leurs conséquences pratiques, ont fourni le logiciel d'exploitation à une génération entière d'activistes, de bureaucrates universitaires, de DRH, de journalistes, de législateurs. Voilà comment on a obtenu une civilisation qui ne sait plus dire si une femme est une femme, si sa propre histoire mérite d'être défendue, si le mérite existe, si la vérité se distingue de l'opinion. C'est de la merde pour une raison simple, et il faut la dire calmement. Une civilisation se tient debout sur trois piliers : la croyance qu'il existe une vérité accessible à la raison, la croyance qu'il existe un bien distinct du mal, la croyance qu'il existe un héritage à transmettre. La French Theory a entrepris de dynamiter les trois. Pas par méchanceté. Par jeu intellectuel, par fascination du soupçon, par haine de la bourgeoisie qui les avait nourris. Mais le résultat est là. Une génération entière a appris à déconstruire et n'a jamais appris à construire. Une génération entière sait soupçonner et ne sait plus admirer. Une génération entière voit le pouvoir partout et la beauté nulle part. Je m'excuse parce que nous, Français, avons une responsabilité particulière. C'est notre langue, nos universités, nos éditeurs, notre prestige qui ont donné à ce nihilisme son emballage chic. Sans la légitimité de la Sorbonne et de Vincennes, ces idées n'auraient jamais traversé l'océan. Nous avons exporté le doute comme d'autres exportent des armes. Ce qui se construit maintenant, en silicon valley, dans les labos d'IA, dans les startups, dans les ateliers, dans tous les lieux où des gens fabriquent encore des choses au lieu de les déconstruire, c'est la réponse. Une civilisation se reconstruit par les bâtisseurs, pas par les commentateurs. Par ceux qui croient que la vérité existe et qu'elle vaut qu'on s'y consacre. Par ceux qui assument une hiérarchie du beau, du vrai, du bon, et qui n'ont pas honte de la transmettre. Alors pardon. Et au travail.

Français
79
498
1.8K
331.3K
GRM
GRM@grm_off·
Sur X, on voit parfois le meilleur servir au pire. D’un côté, @Brivael publie une analyse historique et philosophique d’une rare profondeur. Il assume, au nom des Français, la responsabilité d’avoir enfanté, avec la French Theory des années 68, ce qui est devenu l’une des idéologies les plus destructrices de notre époque : le wokisme. Avec clarté et rigueur, il montre comment les idées de Foucault, Derrida et Deleuze, exportées massivement dans les universités américaines, ont fourni le socle intellectuel au relativisme radical, à la déconstruction systématique et aux dérives identitaires qui en découlent. Il aurait pu d'ailleurs citer @ZemmourEric qui théorise cela dans Le suicide français (2014) tel que : 1️⃣ Le triptyque post-68 : Mai 68 a installé une idéologie dominante articulée autour des trois axes : la déconstruction, la dérision et la destruction (les 3 D). Selon lui, l'injonction de "déconstruire" toutes les structures traditionnelles a ouvert la voie aux revendications minoritaires actuelles. 2️⃣ L'individualisme roi : Le wokisme représente l'aboutissement de l'individualisme exacerbé issu de Mai 68. Il soutient que la libération de l'individu des structures collectives (comme la nation, la famille ou l'Église) conduit à une situation où les désirs individuels et les identités fragmentées deviennent la norme suprême, au détriment de la cohésion nationale. 3️⃣ Le passage de la lutte des classes à la lutte des races et des genres : L'échec politique de Mai 68 a poussé les intellectuels de gauche à abandonner le prolétariat économique au profit de nouvelles figures de "dominés" : les minorités sexuelles, de genre ou ethniques. C'est ce glissement qui constitue, selon lui, la matrice du wokisme contemporain. Bref, ce n'est pas le sujet (quoi que...). Le post de Brivael n’est ni une caricature ni un pamphlet : c’est une réflexion sérieuse sur les racines de notre crise civilisationnelle. Il a été vu par des millions de personnes et a suscité des réactions fortes, y compris internationales, jusqu’à être relayé par l’homme le plus puissant du monde @elonmusk. De l’autre côté, Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef, répond simplement : "Nawak." 😒 C’est cela, faire le pire avec le meilleur. Ce réseau offre à chacun la possibilité d’accéder directement à des idées complexes et de débattre sans filtre. Face à une analyse dense et argumentée, une élite choisit pourtant le mépris paresseux plutôt que l’engagement. Pas de contre-argument, pas de nuance, pas même une tentative de réponse : juste un mot de cour de récréation pour balayer d’un revers de la main une réflexion qui dérange. C’est un abaissement volontaire du débat. Ceux qui, sur un outil qui nous donne enfin la chance de penser plus haut, choisissent de ramener tout au niveau le plus bas, ne font pas honneur à ce que ce réseau pourrait être. Ils incarnent un déclin tranquille de la parole publique. Heureusement qu'ils ne représentent plus rien.
GRM tweet media
Français
142
388
1.7K
56.8K
Brivael Le Pogam
Brivael Le Pogam@brivael·
Ce qui se construit maintenant, en silicon valley, dans les labos d'IA, dans les startups, dans les ateliers, dans tous les lieux où des gens fabriquent encore des choses au lieu de les déconstruire, c'est la réponse. Une civilisation se reconstruit par les bâtisseurs, pas par les commentateurs. Par ceux qui croient que la vérité existe et qu'elle vaut qu'on s'y consacre. Par ceux qui assument une hiérarchie du beau, du vrai, du bon, et qui n'ont pas honte de la transmettre.
Brivael Le Pogam@brivael

Je veux présenter mes excuses, au nom des Français, pour avoir enfanté la French Theory (qui a enfanté la pire des merdes idéologiques : le wokisme). Nous avons donné au monde Descartes, Pascal, Tocqueville. Et puis, dans les ruines intellectuelles de l'après-68, nous avons donné Foucault, Derrida, Deleuze. Trois hommes brillants qui ont fabriqué, dans l'élégance de notre langue, l'arme idéologique qui paralyse aujourd'hui l'Occident. Il faut comprendre ce qu'ils ont fait. Foucault a enseigné que la vérité n'existe pas, qu'il n'y a que des rapports de pouvoir déguisés en savoir. Que la science, la raison, la justice, l'institution médicale, l'école, la prison, la sexualité, tout n'est qu'une mise en scène de la domination. Derrida a enseigné que les textes n'ont pas de sens stable, que tout signifiant glisse, que toute lecture est une trahison, que l'auteur est mort et que le lecteur règne. Deleuze a enseigné qu'il fallait préférer le rhizome à l'arbre, le nomade au sédentaire, le désir à la loi, le devenir à l'être, la différence à l'identité. Pris isolément, ce sont des thèses discutables. Combinées, exportées, vulgarisées, elles forment un système. Et ce système est un poison. Car voici ce qui s'est passé. Ces textes, illisibles en France, ont traversé l'Atlantique. Les départements de Yale, de Berkeley, de Columbia les ont absorbés dans les années 80. Ils y ont trouvé un terreau qui n'existait pas chez nous : le puritanisme américain, sa culpabilité raciale, son obsession identitaire. La French Theory s'est mariée à ce substrat, et l'enfant de ce mariage s'appelle le wokisme. Judith Butler lit Foucault et invente le genre performatif. Edward Said lit Foucault et invente le post-colonialisme académique. Kimberlé Crenshaw hérite du cadre et invente l'intersectionnalité. À chaque étape, la matrice est française : il n'y a pas de vérité, il n'y a que du pouvoir, donc toute hiérarchie est suspecte, toute institution est oppressive, toute norme est violence, toute identité est construite donc négociable, toute majorité est coupable. Voilà comment trois philosophes parisiens, qui n'ont probablement jamais imaginé leurs conséquences pratiques, ont fourni le logiciel d'exploitation à une génération entière d'activistes, de bureaucrates universitaires, de DRH, de journalistes, de législateurs. Voilà comment on a obtenu une civilisation qui ne sait plus dire si une femme est une femme, si sa propre histoire mérite d'être défendue, si le mérite existe, si la vérité se distingue de l'opinion. C'est de la merde pour une raison simple, et il faut la dire calmement. Une civilisation se tient debout sur trois piliers : la croyance qu'il existe une vérité accessible à la raison, la croyance qu'il existe un bien distinct du mal, la croyance qu'il existe un héritage à transmettre. La French Theory a entrepris de dynamiter les trois. Pas par méchanceté. Par jeu intellectuel, par fascination du soupçon, par haine de la bourgeoisie qui les avait nourris. Mais le résultat est là. Une génération entière a appris à déconstruire et n'a jamais appris à construire. Une génération entière sait soupçonner et ne sait plus admirer. Une génération entière voit le pouvoir partout et la beauté nulle part. Je m'excuse parce que nous, Français, avons une responsabilité particulière. C'est notre langue, nos universités, nos éditeurs, notre prestige qui ont donné à ce nihilisme son emballage chic. Sans la légitimité de la Sorbonne et de Vincennes, ces idées n'auraient jamais traversé l'océan. Nous avons exporté le doute comme d'autres exportent des armes. Ce qui se construit maintenant, en silicon valley, dans les labos d'IA, dans les startups, dans les ateliers, dans tous les lieux où des gens fabriquent encore des choses au lieu de les déconstruire, c'est la réponse. Une civilisation se reconstruit par les bâtisseurs, pas par les commentateurs. Par ceux qui croient que la vérité existe et qu'elle vaut qu'on s'y consacre. Par ceux qui assument une hiérarchie du beau, du vrai, du bon, et qui n'ont pas honte de la transmettre. Alors pardon. Et au travail.

Français
14
30
230
8.9K
Soizic Le Bihan
Soizic Le Bihan@Briviagra·
Je comprends l'envie. Trouver le coupable. Remonter la chaîne. Désigner l'œuf du serpent. Foucault descendrait de Rousseau qui descendrait de qui ? Montaigne ? Augustin ? Le serpent du jardin lui-même ? Sauf qu'à ce jeu, tu fais exactement ce que tu reproches à la déconstruction. Tu déconstruis pour combattre la déconstruction. Reprenons calmement. Tu as raison sur un point, et il est honnête de le concéder. Il y a chez Rousseau une matrice (la société comme source du mal, l'ordre comme corruption, la nostalgie d'une innocence perdue) que la French Theory a effectivement retravaillée trois siècles plus tard. C'est juste, et ça vaut d'être noté. Mais c'est à peu près tout ce qui est juste dans ton post. Premier problème. Si Rousseau est le poison, il faut aussi le créditer de la souveraineté populaire moderne, d'une bonne partie de la pensée démocratique, et donc d'à peu près la moitié de ce qui rend ta liberté de tweeter aujourd'hui matériellement possible. Jefferson l'avait lu. Le "We the People" de la Constitution américaine descend en ligne directe de la volonté générale. Tu ne peux pas couper la lignée à l'endroit qui t'arrange. Si Rousseau est le mal, il est aussi une partie du sol sur lequel tu te tiens debout en ce moment même. Deuxième problème. Rousseau n'est pas Foucault. Ce sont presque des opposés. Rousseau croit à la vérité, à la vertu, à la transcendance, à la nature humaine, à la religion civile, à la loi, à l'autorité légitime, au mérite, à la patrie. Foucault détruit méthodiquement chacune de ces croyances. Faire de l'un l'ancêtre intellectuel de l'autre sur la seule ressemblance d'un thème (la critique de la société), c'est dire que le christianisme descend de Nietzsche parce qu'ils parlent tous les deux de l'âme. Le geste superficiel ressemble. La substance s'inverse. Troisième problème, et c'est le plus grave. À chercher le péché originel intellectuel, on adopte la structure mentale exacte de l'adversaire. Le wokiste cherche le patriarche blanc fondateur de l'oppression. Toi tu cherches le philosophe genevois fondateur de la décadence. Même mouvement, même paresse, même illusion qu'on s'élève en désignant un coupable plus ancien. La généalogie du mal est le sport favori des esprits qui ne savent plus rien édifier. Une civilisation ne se reconstruit pas en exhumant des Suisses du XVIIIᵉ siècle pour les pendre une seconde fois. Elle se reconstruit en bâtissant. Rousseau a fait des dégâts, sans doute. Il a aussi écrit l'un des plus grands textes sur l'éducation jamais composés (l'Émile), et l'un des actes fondateurs de la pensée démocratique moderne (le Contrat social). Un bâtisseur prend ce qui élève, jette ce qui dissout, et avance. Il ne passe pas ses dimanches sur Twitter à organiser des procès posthumes. L'erreur de la French Theory n'est d'ailleurs pas d'être issue de Rousseau. C'est d'avoir gardé sa critique de la société en abandonnant tout le reste : sa croyance dans la loi, dans la vertu civique, dans la cité, dans la nature humaine, dans la transcendance. Conservez le soupçon, jetez la construction. C'est précisément le programme déconstructionniste. Rousseau, lui, a bâti autant qu'il a démoli. Ses héritiers dévoyés n'ont gardé que la démolition. La différence est totale, et elle est exactement le sujet. Donc oui, lisons Rousseau avec discernement. Prenons ce qui structure, laissons ce qui dissout. Mais arrêtons cette manie très française (justement) de remonter à un coupable unique à 250 ans de distance pour expliquer notre époque. C'est un sport stérile. Et c'est, ironiquement, la moitié du mal qu'on prétend combattre. Au travail. Vraiment cette fois.
Brivael Le Pogam@brivael

Je me rappelle au lycée, j'avais une prof de français qui me répétait : « Rousseau, c'est mon auteur préféré. » À l'époque, j'étais complètement illettré, je n'avais pas lu un roman. Depuis, j'ai rattrapé un peu le retard. Et force est de constater : Rousseau est lui aussi un poison pour l'esprit français. Tu as raison de remonter à lui. Le geste fondateur est là. L'homme naît bon, c'est la société qui le corrompt. La propriété, la hiérarchie, la tradition, l'institution, tout ce qui structure une civilisation devient suspect. Le mal n'est plus dans l'homme, il est dans l'ordre. Donc il suffit de défaire l'ordre. De cette intuition découle tout le reste. La Terreur, qui croit pouvoir régénérer l'homme par le décret. Le socialisme utopique, qui croit pouvoir abolir l'égoïsme par l'organisation. Le wokisme, qui croit pouvoir purifier la société en démantelant ses normes. À chaque fois la même logique : l'homme est innocent, l'institution est coupable, donc il faut casser l'institution. C'est faux. L'homme n'est pas né bon. Il est né pulsionnel, ambivalent, capable du meilleur et du pire. Les institutions n'oppriment pas une nature angélique, elles canalisent une nature ambiguë. Détruire les institutions ne libère pas un bon sauvage, ça libère un homme livré à ses pires instincts. Foucault, Derrida, Deleuze n'ont fait que radicaliser Rousseau avec les outils du XXᵉ siècle. La matrice est la même : soupçon de toute autorité, dissolution de toute hiérarchie, fantasme d'un état originel pur que les structures auraient trahi. Donc oui, le péché originel commence avec lui. Et la France a une double dette : avoir donné Rousseau au XVIIIᵉ, et avoir donné la French Theory au XXᵉ. Deux fois le même poison, juste recombiné. Au travail.

Français
27
9
52
6.5K
mister_K
mister_K@pekval·
@nikop17 Oui mais tu n aura pas l’expérience client de devoir acheter 800 eur en liquide à type en jogging au fin fond d une cité à 22h
Français
2
0
9
524
Nikop17
Nikop17@nikop17·
C’est quelque part assez rassurant de voir que y’a les mêmes débiles un peu partout dans le monde. Les mecs sont prêts à crever pour acheter une merde qui sera toujours disponible et au même prix dans 6 mois 😂
Français
84
59
588
31.2K