

Marie-Cécile Renault
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@Firenault
Rédactrice en chef adjointe au service Politique @Le_Figaro














À l’origine du rapport Bozio-Wasmer, ce constat d’une progressivité anormale des cotisations qui n’a fait que s’accentuer en créant des effets structurels dramatiques, tant sur le marché du travail que sur celui du capital @smnjc est l’oracle à entendre chez @LEGENRA.





Cap au centre ou cap au peuple ? ➡️ Écoutez l’édito politique de @abrezet du lundi au vendredi à 7h50 sur #Europe1

Le véritable problème avec Bernard Arnault… Je n’ai rien contre les riches. Je respecte Bernard Arnault, Vincent Bolloré ou encore Matthieu Pigasse. Leur esprit d’entreprise, leur travail et leur goût du risque justifient pleinement qu’ils empochent des dizaines voire des centaines de millions d’euros de revenus chaque année via salaires, dividendes et plus-values et qu’ils aient construit des patrimoines considérables. Débattre sans fin du fait de taxer ou non leur richesse est une diversion qui participe à éluder une autre question bien plus légitime : quand ils prendront leur retraite bien méritée, la France devra-t‑elle vraiment leur verser une pension de retraite « par répartition » de plus de 17 000 € par mois, financée par un système collectif déjà sous tension, alors qu’ils n’auront objectivement pas besoin de cette solidarité pour vivre dignement leurs vieux jours ? La retraite par répartition voulue par le CNR reposait sur un contrat social implicite : - on cotise pendant sa vie active, - on reçoit une pension décente à la retraite. Alors respecter les principes fondateurs de “l’assurance retraite”, c’est faire en sorte que ce système crée les conditions de la sécurité et la cohésion sociale, mais pas l’enrichissement et l’accumulation supplémentaire des plus privilégiés d’entre nous. Qu’un ex‑PDG, chirurgien, banquier ou capitaine d’industrie touche chaque mois 200, 2 000 ou même 4 000 € de retraite par répartition, pourquoi pas. Mais au‑delà d’un certain chiffre, quand notre système verse 6 000, 10 000 voire 17 000 € mensuels à certains individus, on change de registre : ce n’est plus de la protection sociale, c’est un transfert symbolique massif au sommet, financé par les cotisations de tous, y compris des salariés modestes qui ne peuvent pas épargner et qui galèreront avec 1 200–1 500 € de pension. Alors je ne contesterai jamais la formation des fortunes privées à travers l’entrepreneuriat, le travail et la prise de risque. En revanche je conteste que le système par répartition, en principe un mécanisme de solidarité nationale, ait été perverti au point de permettre le versement de pensions de retraite exubérantes à ceux qui ont connu des carrières jalonnées de très hauts revenus dans le privé, ou pour les très hauts fonctionnaires et agents de l’État. Alors que la France étouffe sous le poids de 400 milliards € de pensions de retraites à verser chaque année, il est grand temps d’ouvrir un vrai débat : Faut‑il plafonner les retraites par répartition (système privé ET public) à un niveau raisonnable, afin de de rendre aux actifs modestes le fruit de leur travail et de réorienter la redistribution et la solidarité vers ceux qui en ont réellement besoin ?