アルノ@ArnoTaoTensor
Mon premier métier, de 18 à 23 ans : réparateur électroménager.
À l'époque, Miele régnait en maître. Des machines lourdes, surdimensionnées, qu'on dépannait encore après 30 ans. Un vrai métier : pièces détachées, diagnostic, main-d'œuvre. Puis le métier a disparu.
Pas parce que les gens sont devenus nuls. Parce que l'optimisation industrielle a fait chuter le prix du neuf au point de rendre la réparation absurde. Quand le technicien + la pièce coûtent plus cher que la machine neuve en rayon, le marché a tranché.
Avec le recul, ce n'était pas une tragédie.
Ces monolithes d'acier coûtaient une fortune à l'achat et privaient les foyers des vrais gains : consommation d'eau, d'électricité, cycles plus courts, composants plus légers. On glorifie la « durabilité » d'antan en oubliant qu'elle était un luxe de classe moyenne aisée, pas un bien commun.
Arrive maintenant le grand théâtre bureaucratique du « droit à la réparation » et de l'indice de réparabilité.
On force les constructeurs à stocker des pièces, documenter des schémas, garantir des fenêtres de disponibilité. Coût fixe supplémentaire. Qui paie ? L'acheteur du neuf, dès la caisse. Pas le militant qui tweet « stop à l'obsolescence ».
Résultat prévisible : les machines ne deviennent pas plus durables. Elles deviennent plus chères, avec une couche de conformité en plus. On socialise le coût de l'illusion écologique sans jamais rétablir l'économie de la réparation, qui n'est morte que parce qu'elle n'était plus rentable.
Soit on laisse le marché arbitrer entre prix, innovation et durée de vie réelle, soit on assume franchement de subventionner l'inefficacité par la norme.
Mais à quoi bon multiplier les indices et les obligations de réparabilité si c'est juste pour taxer le consommateur au profit d'un modèle que le marché a déjà enterré ?