Alex Boissonneault@boissoal
Il y a quelque temps, j’ai confirmé ma présence à la conférence à l’Université Laval du 26 mars, conférence lors de laquelle j’aurai le plaisir de débattre de la société québécoise avec Benjamin Tremblay, connu pour sa chaîne avec 7 Jours sur Terre qui est reconnue comme étant une source de qualité en matière de relations internationales, et Étienne-Alexandre Beauregard, ancien conseiller du premier ministre Legault et jeune intellectuel que l’on voit de plus en plus souvent sur les grands plateaux d’émissions d’affaires publiques au Québec.
Or, depuis quelques jours, une frange radicale de la gauche milite pour l’annulation de l’événement en raison de son désaccord avec certaines positions politiques prises par les intervenants.
Cette campagne peut aussi compter sur quatre associations étudiantes de l’université qui s’opposent à ce que la conférence ait lieu, leur message étant relayé par plusieurs figures de « Québec solidaire ».
Pour ma part, il m’est reproché d’être connu pour mes « tendances de droite » et d’utiliser les concepts de « capacité d’accueil » et d’immigration « incontrôlée ».
Faut le faire : le hasard a justement fait en sorte que cette semaine, tous les partis politiques à l’Assemblée nationale, sans exception, ont adopté une motion à mon initiative qui reconnaît précisément le concept de capacité d’accueil. Demander mon annulation pour cette raison est franchement gênant.
Ce type de tactique d’intimidation idéologique qui vise à confisquer le débat n’est pas nouveau : ce modus operandi était en vogue sur les campus américains il y a une dizaine d’années. Le Québec n’a pas été épargné, mais nous aurions pu penser que nous étions passés à autre chose en 2026. Visiblement pas.
Tout ça nous rappelle qu’il ne faut jamais baisser la garde pour défendre la liberté d’expression contre les dérives de la censure, peu importe d’où elles viennent ou quels motifs elles invoquent.
Que des étudiants soient en désaccord avec certaines de mes idées, soit. Je les invite simplement à venir en débattre avec moi en personne. Je ne suis pas d’accord avec toutes les positions de mes deux co-conférenciers, en passant. Mais c’est justement l’intérêt d’avoir un débat : c’est le propre des universités que de permettre la confrontation des idées.
Au Parti Québécois, nous sommes convaincus de l’immense valeur des débats d’idées. Parce que c’est précisément ce que nous allons faire lors de cette discussion : débattre de positionnements politiques avec lesquels nous ne sommes pas forcément d’accord.
Étienne-Alexandre Beauregard est un caquiste qui a travaillé pour le premier ministre Legault, évidemment qu’on ne s’entend pas sur un paquet de choses. De la même manière, Benjamin Tremblay a eu des critiques très dures pour mon chef récemment.
Pourtant, je ne crains pas de confronter ma perspective avec l’un ou l’autre. « De la discussion jaillit la lumière », dit le proverbe. Je vais ouvrir la discussion avec les autres panélistes dans l’objectif d’apprendre et peut-être aussi de convaincre, parce que c’est le propre de l’idéal démocratique que de débattre avec ceux qui ne sont pas d’accord avec nous.
Au Québec, nous nous sommes dotés d’une loi sur la liberté académique en 2022 qui affirme que « la transmission de connaissances par des activités de recherche, (…) par des services à la collectivité sont au centre de la mission des établissements d’enseignement de niveau universitaire ». Cette loi représente une grande avancée, consacrant l’université comme institution privilégiée pour tenir ce genre d’événement où on peut exprimer librement son opinion ou son analyse de la société. Qu’on soit de droite ou de gauche. Nous croyons, en somme, qu’une université où on ne peut débattre cesse d’être une université.
En ce sens, non seulement je m’oppose fermement à l’annulation de cet événement, mais j’y participerai avec plaisir. Et j’invite tous ceux qui ont à cœur l’avenir du Québec à se joindre à nous.