Pays Québec
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J’ai lu le Rapport de consultation de la société civile sur l’avenir du Québec produit par les Organisations unies pour l'indépendance du Québec (OUI Québec), qui fait réagir ces derniers jours. Voici mes observations. Tout d’abord, je tiens à rappeler l’importance des organisations de la société civile pour le mouvement indépendantiste. Ces organisations sont nombreuses et diverses, et chacune d’elles a un rôle à jouer afin que notre mouvement rejoigne le plus largement possible la population québécoise. Chacune est le reflet de ses membres et peut ainsi rejoindre plus efficacement son auditoire naturel. Toutefois, cette diversité pose également un défi: comment rassembler autant de partenaires hétérogènes sans en exclure certains ou en surreprésenter d’autres lors de consultations? Et c’est là que se trouve, à mon avis, la principale faiblesse méthodologique du rapport des OUI Québec: les groupes consultés ne sont pas identifiés publiquement. Le rapport annonce que 50 organisations ont été interrogées, mais il n’en précise ni les noms ni les critères de sélection. Cette anonymisation rend impossible toute évaluation de leur représentativité et empêche de savoir si le processus a réellement rassemblé des acteurs diversifiés ou s’il a plutôt servi de caisse de résonance à des organisations partageant une même orientation politique. Réclamer de grands changements au nom de la société civile sans préciser qui a été consulté et avec quel poids démographique amoindrit la crédibilité du rapport. Ensuite, bien que le rapport des OUI Québec contienne certains éléments de discussion intéressants, c’est surtout ce passage qui fait présentement couler beaucoup d’encre: «Une impression que le Québec a reculé en matière de vivre-ensemble et que nous avons remplacé la fierté par la fermeture». Ce passage fait réagir, puisqu’il reprend certains narratifs infondés propagés par Québec solidaire et le Parti libéral du Québec à l’endroit du Parti Québécois, et ce, en pleine année électorale. Ça n’a surpris personne que La Presse ait rapidement mis de l’avant les extraits reprenant ce narratif et que Québec solidaire ait immédiatement récupéré ce rapport pour réclamer un mouvement indépendantiste «inclusif et ouvert». À l’image du reste du rapport, ce passage ne s’appuie que sur des impressions et des citations anonymisées, sans chiffres ni comparaison avec des données objectives. Cette absence de rigueur affaiblit la valeur analytique du rapport et ouvre la porte à des interprétations partisanes. À lire ce rapport, certains pourraient même croire que Québec Solidaire, bon dernier dans les sondages, aurait des leçons à donner au Parti Québécois, premier dans les sondages depuis près de deux ans, sur comment rassembler un maximum. Or, la réalité indique complètement l’inverse. Une majorité de Québécois appuient les propositions du Parti Québécois en matière de langue, de laïcité et d’immigration. Même parmi les Québécois issus de l’immigration, la majorité souhaite un retour à un modèle d’immigration plus durable. De plus, puisque ce rapport parle de «vivre-ensemble» sans jamais réellement définir ce terme, il importe de rappeler que deux visions du vivre-ensemble s’opposent actuellement au Québec. D’un côté, il y a le «vivre-ensemble» canadien, le multiculturalisme, qui est davantage un «vivre-à-côté». Le multiculturalisme canadien est un modèle communautariste sans véritable lieu de rassemblement commun, qui enferme les gens dans des cases identitaires et qui maintient les immigrants à l’écart. Il consiste à associer le Canada à une mosaïque de culture, sans socle commun, une agglomération de diverses communautés religieuses, culturelles et linguistiques, parmi lesquelles défile le Québec. De l’autre, il y a le «vivre-ensemble» québécois, plus universaliste, qui repose sur un socle commun: une langue commune, le français, une culture nationale, à laquelle tous peuvent contribuer, et des valeurs partagées, comme l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est ce socle commun qui permet, au Québec, de nous unir au-delà de nos différences. Dans cette optique, associer toute forme d’affirmation nationale à une fermeture et s’opposer au «nous» québécois revient à fragiliser notre modèle de vivre-ensemble au profit de la doctrine multiculturaliste canadienne. Au Québec, le multiculturalisme canadien a pour effet de perpétuer un modèle anglo-canadien individualiste et communautariste, qui marginalise la dimension collective et nationale du vivre-ensemble québécois. Ainsi, notre combat pour l’indépendance est aussi un combat pour nous affranchir d’une doctrine qui nuit à notre cohésion sociale. Aussi, il importe de rappeler que de critiquer les politiques d’immigration fédérales et nommer les multiples conséquences découlant de seuils d’immigration au-delà de notre capacité d’accueil n’ont rien d’un rejet de l’autre. C’est au contraire une marque de lucidité, nécessaire pour revenir à un modèle d’immigration durable, qui respecte notre capacité d’accueil et d’intégration et qui soit bénéfique pour l’ensemble de la société québécoise, y compris pour les Québécois issus de l’immigration. Le Parti Québécois est d’ailleurs le seul parti politique à avoir publié un plan détaillé en immigration, intitulé «Pour un modèle viable en immigration». Ce document de 97 pages contient une analyse rigoureuse et des propositions étoffées, basées sur plus de 245 études, ouvrages, articles et autres données et statistiques. Il brosse un portrait des impacts négatifs du modèle d'immigration massive, sans précédent à l'échelle internationale et imposé par le fédéral sans notre consentement, et de la mauvaise gestion des politiques d'immigration par le gouvernement de la CAQ. Il présente ensuite les propositions du Parti Québécois pour mettre en place un modèle d’immigration viable et bénéfique tant pour la société québécoise que pour les nouveaux arrivants qui souhaitent s’y intégrer pleinement. Enfin, il importe de rappeler les nombreuses actions concrètes entreprises par le Parti Québécois afin de protéger notre cohésion sociale et notre modèle de vivre-ensemble. • Le Parti Québécois a mis en place des groupes de travail spécifiquement pour renforcer et rebâtir les ponts avec les Québécois de diverses origines. • Le Parti Québécois multiplie les rencontres avec ces groupes afin de s’enquérir de leurs enjeux et de leurs perceptions, tout en portant directement son message sur le terrain. Ces initiatives prennent plusieurs formes: des rencontres et conférences avec Paul St-Pierre Plamondon, des assemblées de cuisine, et une participation de représentants et de membres du parti aux nombreux événements d’importance pour ces groupes. • Le Projet national du Parti Québécois, adopté par les membres, propose une approche rassembleuse de la citoyenneté québécoise, soit une approche à la fois ancrée dans l’histoire nationale du Québec et ouverte à la diversité sous toutes ses formes, tout en reconnaissant l’importance d’entretenir en parallèle des rapports de nation à nation avec les nations autochtones et la nation inuit. • J’ai moi-même présenté plus d’une quinzaine de conférences sur l’immigration et l’intégration avec mon collègue Stéphane Handfield afin de présenter notre vision d’un modèle plus durable en immigration et d’une intégration réussie à la nation québécoise. En somme, le Parti Québécois porte une vision pour le Québec et propose un projet de société qui unit au-delà de nos différences. Si certains sont en désaccord avec notre vision, qu’ils nous expliquent pourquoi, dans le respect et en s’appuyant sur des faits. Je crois qu’il est possible de défendre à la fois l’identité québécoise, la cohésion sociale, une immigration viable et un projet national rassembleur. Et c’est dans cet esprit que nous poursuivrons nos efforts pour rassembler tous ceux et celles qui souhaitent bâtir avec nous un Québec plus fort, plus libre et réellement maître de son destin. ⚜️




Inquiet, l’économiste en chef de Desjardins critique les nouvelles mesures fiscales de Christine Fréchette journaldemontreal.com/2026/05/25/inq…

Quelle foule! Près de 500 personnes présentes pour l'investiture de Jérôme Gagnon dans Nicolet-Bécancour! Félicitations, Jérôme et bravo à Philippe Dumas qui était également en lice!
















