Brivael Le Pogam@brivael
Le roi est nu
Le wokisme et la gauche culturelle, c'est le roi nu du conte d'Andersen.
Vous vous souvenez de l'histoire ? Un roi se promène tout nu, persuadé de porter un costume magnifique. Deux escrocs le lui ont vendu en jurant que le tissu est « magique » : invisible aux imbéciles. Du coup, plus personne n'ose dire qu'il ne voit rien, de peur de passer pour un idiot. Tout le monde voit un homme à poil. Et tout le monde complimente ses habits.
C'est exactement la France et l'Europe d'aujourd'hui.
Le costume invisible, c'est l'idée que tout le monde serait d'accord avec cette idéologie. Et l'astuce des escrocs a juste changé de nom : aujourd'hui, celui qui dit ce qu'il pense vraiment, on le traite de « raciste ».
C'est ça, leur vrai tour de force. Ils n'ont pas gagné le débat. Ils ont juste rendu le débat trop cher. Vous critiquez ? Vous devenez suspect. Vous posez une question ? On vous colle une étiquette. Alors vous vous taisez. Comme les courtisans devant le roi nu.
Et là, le piège se referme tout seul.
Chacun se tait dans son coin. Et chacun croit être le seul à penser ce qu'il pense. Plus les gens se taisent, plus ceux qui crient fort ont l'air d'être la majorité. Sauf que c'est faux.
Je connais beaucoup de monde — des patrons d'entreprises à plusieurs milliards, en France comme aux États-Unis. En privé, ils disent presque tous la même chose. En public, presque aucun ne le dit. Pas parce qu'ils sont lâches. Parce que la sanction tombe tout de suite, et qu'ils ont beaucoup à perdre.
Le problème, c'est qu'à force de ne plus rien oser dire, on finit par ne plus rien oser défendre. Samuel Paty a été tué pour avoir fait son métier : expliquer à ses élèves ce qu'est la liberté d'expression. Et au lieu d'un sursaut, il y a eu des silences gênés, des « oui, mais ». Quand défendre un professeur assassiné devient compliqué, c'est que la peur a déjà gagné.
Mais il y a une bonne nouvelle.
Dans l'histoire, il suffit d'un enfant. Un seul. Il crie : « mais il est tout nu ! » Et d'un coup, toute la foule ose le dire à son tour. Parce que tout le monde le voyait déjà depuis le début.
Et ça, ce n'est pas qu'un conte. En 1989, les dictatures de l'Est se sont effondrées en quelques semaines. Pas avec des armes. Juste avec des gens qui ont arrêté d'avoir peur, les uns après les autres. Chacun qui parlait rendait courage au suivant.
Voilà la vérité, toute simple : leur pouvoir ne tient pas parce que les gens sont d'accord. Il tient parce que les gens se taisent.
Le costume du roi est fait de votre silence. Il disparaît à la seconde où vous le montrez du doigt.
Si demain assez de gens disaient, calmement et à voix haute, ce qu'ils pensent déjà tout bas, leur histoire s'écroulerait en une nuit. Pas besoin de violence. Juste des mots. Dits sans peur.
Soyez l'enfant. Le roi est nu dites-le.
Enlevez la laisse. Parlez.