Abda Wone
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Abda Wone
@woneAbda
Journalist and political analyst, Panafricanist born in Mauritania. A Columbia University alumnus. Human Rights activist and a communication specialist.




1/1 - Par un 6 mars : Jarbaat, si je te dis Amadou Bâ… tu penses à qui ? Fille/fils de…, ce n’est pas rare aujourd’hui. Père de…, ça, c’est bien plus rare ! Nijaay de…, n’en parlons même pas ! Depuis la parution, en 1979, aux Nouvelles Éditions Africaines, de Une si longue lettre, Amadou Bâ, rappelé à Dieu le 6 mars 1967, est souvent présenté comme «le père de Mariama Bâ», l’auteure de cette lettre qui nous en dit long sur nos mœurs ! Et pourtant, il fut ministre de la Santé et de la Population. Et Amadou Bâ a dû mener une vie très active. En lisant le livre de Samba Mangane, Gouvernements du Sénégal 1957-2023, on apprend en effet que ce Doomu Ndar s’est engagé volontairement dans l’armée le 9 octobre 1916, en pleine Première Guerre mondiale, et qu’il a été blessé à deux reprises. Pourquoi Doudou Bâ (comme on l’appelait), citoyen français car Saint-Louisien et non « indigène », a-t-il pris cette décision alors qu’il n’avait que 18 ans ? Goût de l’aventure ? Sens patriotique pour servir la France puisqu’il était citoyen français ? Je ne sais. Toujours est-il que, quelques mois avant la fin de la guerre, le 1er janvier 1918, il entre au ministère du Commerce et de l’Industrie. Puis en 1925, il devient commis du cadre général des Trésoreries de l’Afrique‑Occidentale française. Ses affectations l’emmènent notamment au Dahomey. Et on peut se demander si ces voyages n’ont pas contribué à lui donner une conscience africaine plus large, puisqu’en 1946 il fonde un parti : le Mouvement autonomiste africain (MAA). En tout cas, son mouvement défendait une autonomie des territoires africains tout en restant dans l’Empire. Cependant, il semble avoir compris très tôt qu’avec l’émergence du Rassemblement Démocratique Africain de Houphouët-Boigny ou encore du Bloc Démocratique Sénégalais de Dia Senghor et Ndaw, il fallait aller vers l’indépendance. Résultat : le MAA disparaît assez rapidement du paysage politique. Et puis, il y a aussi cette brève présence au sein du gouvernement: il y entre le 20 mai 1957 pour en démissionner le 16 juin 1958. Que s’est-il passé ? Une divergence avec Pierre Lamy, président du Conseil de gouvernement du territoire du Sénégal, et/ou avec Mamadou Dia, le vice-président ? Une simple envie de faire autre chose ? Peut-être tout simplement un choix politique clair. En effet, en 1958, arrive le fameux référendum proposé par Charles de Gaulle : voter « Oui » pour rester dans la Communauté française…ou « Non » pour aller directement vers l’indépendance. Or Amadou Bâ choisit le camp du “Non”. Et c’est probablement pour cela qu’il quitte le gouvernement en même temps qu’Abdoulaye Ly. Le journal @lemondefr annonce la nouvelle avec un flegme très parisien (je n’ose pas dire «colonial»😂) : «Deux ministres viennent de démissionner du Conseil de gouvernement du Sénégal. Il s'agit de MM. Abdoulaye Ly, ministre de la Production, et Ba Amadou, ministre de la Santé publique. Un communiqué publié samedi annonce le remplacement des deux ministres démissionnaires par MM. Diouf Diaraf et Diop Ousmane Socé. » (Oui Jarbaat, jusque dans les années 66 ou 63 (je dois vérifier) on mettait le nom avant le prénom.) Curieusement, Le Monde ne cite pas le nom de Amadou Bâ lorsqu’il évoque la création du Parti du Regroupement Africain(PRA-Sénégal), en septembre 1958 par des auto-exclus de l’Union Progressiste Sénégalaise, qui estimaient que le Sénégal devait prendre son indépendance immédiatement en votant « Non » au référendum proposé par Charles de Gaulle. Parmi les fondateurs, le journal cite : « trois ministres démissionnaires (quelques jours auparavant) — Latyr Camara, ministre de la Fonction publique, Moktar M’Bow, ministre de l’Éducation, Diouf Diaraf, ministre de la Production — ainsi qu’un ancien ministre, Abdoulaye Ly, et diverses autres personnalités, dont Assane Seck, Ali Bocar Kane, Abdoulaye Guèye et Thierno Bâ. » Et voilà, jarbaat, en parlant d’Amadou Bâ… je vais parler aussi de Mariama Bâ. Car sa fille, avec son roman, continue de nous parler du Sénégal mieux que bien des discours politiques. D’ailleurs son œuvre a connu une nouvelle vie ces dernières années. 🎧D’abord en podcast radio, adapté par Tidiane Thiang sur Radio France radiofrance.fr/franceculture/… La chaîne @Amanitvafrique de @woneAbda a également parle ici de Mariama Bâ : youtube.com/watch?v=OoftE8… 🎬Au cinéma, le roman a été adapté brillamment par la réalisatrice @AngeleDiabang , dans un film sorti en juillet 2025. Le film est resté plusieurs semaines à l’affiche dans une salle de cinéma de Dakar. Peut-être qu’avec le mois de la femme, il reviendra encore à l’affiche. Décidément, Amadou Bâ m’a fait parler de sa fille Mariama, et Mariama va me faire parler de Fatoumata Bernadette Sonko ! Oui, cette enseignante-chercheure est bien dans la ligne tracée par la fille d’Amadou Ba. Et c’est avec plaisir que j’ai participé ce matin au lancement de sa plateforme d’information Mousso.sn, à la Maison de la presse. Nous avons eu droit à deux belles conférences sur le traitement et la représentation médiatiques des violences basées sur le genre (VBG). Et ce fut de haut niveau avec : · Adama Diouf Ly, journaliste à @APS_Senegal, présidente de l’Association des professionnels de l’information sur le genre (APIG) et de l’Union de la presse francophone – Section Sénégal, · Matel Bocoum, journaliste au Le Soleil et présidente de l’Association des Femmes des Médias Publics (AFMP), avec Abba Ba, journaliste, comme modératrice. Bon… je dois avouer que je suis arrivé en retard. La faute à une agence qui essaie de bouffer mes maigres sous sans aucun service rendu. Mais jarbaat, je vous promets un jour de raconter cette histoire avec un piment plus fort que le kaany Tyson introduit au Sénégal par mon jarbaat Moctar Fall. Donc il me semble avoir raté la première partie du panel sur « les violences conjugales, antichambre des féminicides ». Faite un tour sur mousso.sn qui promeut le «Génn ci lëndëm » en montrant le monde aussi avec les yeux des femmes. Entre autres. Bon, assez (longuement comme dab) divagué ! Mais c’est aussi une façon de rendre hommage à Amadou Bâ, digne fils de ce pays, dont la fille nous a offert un beau roman avant de le rejoindre. Prière pour le père et la fille. Qu’Allah les gratifie de Son Infinie Miséricorde. 2.2 Quand Cheytane s’habille en vert et rouge pour semer la zizanie Les querelles de succession, parfois jusqu’à la scission, jalonnent l’histoire de l’islam depuis ses origines. Les familles religieuses sénégalaises n’y ont évidemment pas échappé. Et souvent, tout commence au moment du rappel à Dieu du fondateur ou de son premier khalife, lorsque surgit la question qui fâche : la succession revient-elle au fils… ou au frère ? Heureusement, dans bien des cas, des mécanismes de régulation existent pour éviter que la querelle ne dégénère. On finit par trouver un modus operandi acceptable pour tous, souvent inspiré des bonnes traditions locales (lawoon, fawoon...) : le fils aîné succède à son défunt père, ce qui permet de préserver l’équilibre de la famille religieuse… et la paix sociale autour d’elle. Mais il arrive aussi que la tension déborde. C’est ce qui semble s’être produit à Tivaouane le 6 mars 1956. La presse française du 9 mars 1956 évoque des sources anonymes selon lesquelles les mobiles des incidents étaient en réalité politiques. Les leaders religieux de la communauté auraient alors été divisés entre deux grands camps de la politique sénégalaise de l’époque : le BDS (Mamadou Dia, Léopold Sédar Senghor et Seydou Ndaw) et la Section sénégalaise de la SFIO de Lamine Guèye. La presse française de l’époque précise que la personne décédée est une femme brûlée vive, qu’il y a eu une trentaine de blessés légers, et que El Hadji Seydou Nourou Tall et Boissier-Palun, président du Grand Conseil de l’Afrique-Occidentale française, avaient lancé un appel au calme. (J'ai déjà longuement causé du guide religieux et de Palun) Un épisode aujourd’hui largement oublié, mais qui rappelle qu’à la veille de l’indépendance, la politique sénégalaise s’invitait déjà jusque dans les cités religieuses — et parfois avec une violence que l’histoire a un peu trop vite effacée. Heureusement. #Senegal #kebetu 6 Mars 1967 - Décès à Dakar à l'âge de 75 ans d'Amadou BA, ancien ministre de la Santé et de la Population et père de la célèbre romancière Mariama BA décédée en 1981. Il avait démissionné du premier gouvernement en juin 1958 et avait été remplacé par Édouard DIATTA. En 1946 Amadou BA avait crée à Dakar une formation politique éphémère, le Mouvement Autonomiste Africain (MAA). (Source SenegalDates) 6 Mars 1956 - Graves incidents survenus à Tivaouane : plusieurs maisons sont détruites par le feu, un mort et 30 blessés sont enregistrés à la suite d'une rivalité entre fidèles de la confrérie musulmane des Tidianes qui avait dégénéré en bataille rangée. (Source SenegalDates)





The Mnangagwa government’s push to mutilate constitutionalism by unilaterally extending the current presidential term to 7 years and a host of other proposed changes to the constitution is TOTALLY unacceptable. The argument that "constitutions can be changed" misses the point entirely. It's about HOW changes are made and WHY. Such fundamental shifts that shrink democracy must never be rammed through Parliament alone - they demand a free and fair national referendum. In any case, justifiable amendments to the constitution should only be to expand freedoms, deepen democracy, and strengthen accountable governance, never the opposite. Certainly never to entrench factional rule. No individual, no party, no short-term power agendas supersedes the sovereignty of the people and the sanctity of constitutionalism! People, Country & Constitution come first—above everything else! The time is now, Zimbabwe. Rally in defence of constitutionalism! #DefendTheConstitution #DefendConstitutionalism #People#Country#Constitution #Organize #Don’tAgonize



In these times of global chaos, disruption and uncertainty - mirrored in our own national decay and confusion, we can not afford to fall into despair. Organizing is the answer. Where there is no organizing the people’s aspirations for liberation perish. #Zimbabwe #Organize


















