Philippe Rodriguez
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Philippe Rodriguez
@philrod
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Combien de temps cela va-t-il durer ? En octobre, j'alertais sur la vente d'Exaion à MARA. Le Trésor vient de l'autoriser, en validant la clause de non-concurrence qui impose à EDF de ne pas exercer d'activité de calcul haute performance pendant 24 mois ! Au moment où la France a besoin de charges flexibles pour absorber ses surplus d'électricité, l'État confie à un acteur étranger la clé d'un levier stratégique tout en interdisant à EDF d'y accéder. Comment le président de la République et le gouvernement peuvent-ils accepter cela ? Comment peut-on interdire à notre opérateur national de valoriser ses propres surplus de production par le minage, tout en laissant un concurrent américain prendre pied sur ce marché stratégique ? Le minage de Bitcoin n'est pas une lubie de spéculateurs. C'est l'un des seuls consommateurs électriques réellement flexibles, capable de s'effacer en quelques secondes quand la demande est forte, de redémarrer quand l'électricité est excédentaire. C'est un outil de stabilisation du réseau et, adossé à notre parc nucléaire, un levier de décarbonation. Il nous faut comprendre cette réalité pour en saisir toutes les opportunités, comme le fait avec succès le Texas depuis 2022. Le parc nucléaire français peut produire bien plus de TWh qu'il n'en vend. Ces surplus devraient être un atout stratégique. Par idéologie, on a refusé de les valoriser. Par faiblesse, on se lie les mains pendant deux ans au profit d'un concurrent américain. Au moment où l'Europe prend conscience de ses dépendances vis-à-vis du reste du monde, au moment où la France prétend en roulant des mécaniques défendre sa souveraineté vis-à-vis de l'administration Trump, nos dirigeants font, comme trop souvent, l'inverse de ce qu'ils proclament. Souveraineté énergétique, souveraineté numérique : les mots ne suffisent pas. Il faut des actes. En pleine confrontation géoéconomique, on ne brade pas ses atouts. On les développe. Refuser d'entreprendre, c'est accepter de dépendre. N’acceptons pas cela comme une fatalité !

Les conditions actées par Bercy pour vendre Exaion, une énième entreprise française aux intérêts américains sont scandaleuses. Compte tenu de la politique énergétique désastreuse de la France depuis 30 ans, il est indispensable de garder toute notre souveraineté sur les moyens possibles pour valoriser la surproduction électrique et stabiliser notre réseau en faisant gagner de l’argent aux Français. Cette forfaiture dit tout du double-jeu des macronistes : parler fort contre les intérêts américains pour mieux cacher qu’ils cèdent toujours tout dans l’ombre. Cette nouvelle affaire illustre encore une fois l'urgence de mettre en place un fonds souverains pour rendre les Français actionnaires de nos entreprises stratégiques et ainsi les défendre face aux appétits étrangers.





🟥 Info @TheBigWhale_ Je me suis procuré la lettre confidentielle d'autorisation adressée par la Direction générale du Trésor à @MARA, le géant américain du minage de Bitcoin, concernant le rachat de 64 % d'Exaion (filiale blockchain de EDF) 👉 Qu'est-ce qu'il faut retenir ? L’État autorise Mara à prendre le contrôle d’Exaion à condition de préserver les activités jugées sensibles : maintien des capacités industrielles en France, protection des données, continuité des services rendus à EDF, et droit de regard renforcé de l’administration sur la gouvernance et la stratégie de l’entreprise. Jusque là rien à relever c'est très classique. 👉 Quel est le problème ? Le Trésor ne remet pas en cause la clause de non concurrence (que nous avions repéré dans le contrat de vente déposé à la SEC l'été dernier) qui impose à EDF de ne pas exercer d'activité dans le domaine du calcul haute performance (HPC) et par extension le minage de Bitcoin, pendant 2 ans. "C'est open bar pour les Américains", m'a confié une source proche du dossier. "La chance de Mara, c'est que personne n'y comprend rien. Ce n’est pas Exaion qui est stratégique, c'est cette clause qui l'est", insiste-t-elle. 👉 Pourquoi c'est problématique pour les futures politiques énergétiques françaises ? Si demain l'État français décidait de lancer une politique publique pour favoriser le minage comme outil de stabilisation du réseau, il se retrouverait face à un acteur dominant déjà solidement installé, protégé par le droit américain, mais opérant sur le sol français. Un problème considérable, dans le contexte où l'Europe prend actuellement conscience de ses dépendances de souveraineté vis-à-vis de son (ancien ?) allié américain. Même si la clause de non concurrence ne dure "que" 2 ans, Mara pourrait prendre une avance considérable pendant ce temps-là. 👉 Pourquoi le minage pourrait être crucial dans les années à venir Les travaux récents de @rte ont montré en décembre une situation de plus en plus marquée de surcapacité : consommation stagnante, production nucléaire et renouvelable élevée et multiplication des périodes de prix négatifs. Pour RTE, l'année 2024 a clairement montré un tournant à ce sujet. Dans une lettre adressée en décembre par @BernardFontana (patron de @EDFofficiel) au président de la Cour des comptes @pierremoscovici, celui-ci alerte désormais sur les limites économiques et industrielles de cette situation. Le parc nucléaire, conçu historiquement comme producteur en base, se retrouve contraint de moduler faute de débouchés suffisants. Or, l’électricité ne se stocke pas : sans nouveaux usages, l’équilibre du système se fait par la contrainte, non par la valorisation. Dans ce contexte, le minage de Bitcoin (la seule activité de calcul intensif réellement pilotable) apparaît dans de nombreux pays comme un outil d’absorption des surplus, capable de consommer quand la demande est faible et de s’effacer en quelques secondes quand elle est forte. "On parle du minage comme un outil de flexibilité qui va devenir majeur dans les années à venir, mais qu'aujourd'hui tout le monde considère avec dédain", regrette un expert.



















