
Julien M.
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Julien M.
@JulienP1989
Indépendantiste québécois.



Testified today in Ottawa on civic resilience and democracy. “Very few media outlets have examined the underlying forces shaping food prices—such as counter-tariffs, the industrial carbon tax, and supply management—choosing instead to amplify more convenient narratives, like the so-called Loblaw boycott, which never truly materialized. It became quite clear who stood to benefit from this glaring information gap.”



















Je reviens sur mon message d’hier sur le vote et la victoire libérale dans Terrebonne. Sur le fait que la ville change vite. Très vite. Et sur cette idée qu’on habite les mêmes villes, mais qu’on ne vit pas toujours ensemble. J’ai reçu beaucoup de réactions. Et oui, certains m’ont dit que c’était raciste. Sérieux les trolls, apprenez à lire. Même si les messages sont longs. Je suis moi-même issue de l’immigration. Ma mère est née en Italie, sa famille s’est installée à Repentigny après Montréal-Nord. Mon père est québécois. Mon conjoint est vénézuélien. Je suis 100% québécoise. Et ça fait près de vingt ans que je travaille en francisation et en immigration. Je suis une bâtisseuse de ponts. J’aime les gens. J’ai enseigné des années dans Saint-Michel avant de venir me rétablir dans Lanaudière. Des villes comme Terrebonne, Repentigny, Blainville, Saint-Jérôme changent rapidement, mais les gens s’y côtoient de moins en moins. Sur le terrain, je vois des personnes motivées, qui veulent apprendre le français, s’intégrer. Mais quand les contacts sont limités, tout devient plus difficile. Les repères culturels communs se construisent moins. Et les enjeux québécois restent plus loin. Dans ce contexte, certains choix deviennent logiques. Surtout en politique. Quand tu es peu exposé aux débats, le vote le plus rassurant devient souvent le Parti libéral. Et ce qu’on a vu hier, et dont certains étaient très surpris, ne m’a pas étonnée une seconde. Soyez prêts, on va le revoir. Voter, c’est aussi choisir les priorités collectives du Québec, encore faut-il y être exposé. On peut vivre géographiquement quelque part mais en être solidement déconnectés. On habite les mêmes villes, mais on ne vit pas souvent ensemble. Je me demande -et je m’exprime- à ce sujet depuis vingt ans et ça me ronge: où est-ce qu’on crée encore des ponts? Parce que, concrètement, ce n’est presque plus dans nos écoles, même dans le 450. On le voit : les groupes se forment, les jeunes se tiennent entre eux. Les Turcs avec les Turcs, les Haïtiens avec les Haïtiens, les Maghrébins avec les Maghrébins. Et les occasions de mélange deviennent rares. Des classes qui se mélangent. Des projets communs. Des activités où les jeunes n’ont pas le choix de se parler, de collaborer, de se connaître. Des endroits où les adultes se font des amis. Parce que sans ces contacts-là, oui, on va continuer de vivre en parallèle. Pis la carte du 450 sera bien rouge.







