Eric Weil

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@WeilEric

Ancien conseiller retraites. Auteur de Retraites : un blocage français (Plon)

Paris Katılım Ağustos 2011
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Eric Weil
Eric Weil@WeilEric·
📖Je suis très heureux de vous annoncer la publication de mon livre Retraites : un blocage français, édité chez @EditionsPlon, qui sera disponible demain dans toutes les bonnes librairies (et plateformes) ! Blocage, chacun peut l’observer ces dernières heures, mais ils se sont en réalité succédés depuis une trentaine d’années, nourrissant un psychodrame permanent dans le pays, et un supplice chinois pour les Français. Je tente de l’expliquer dans cet ouvrage et de dessiner une perspective pour sortir de l’impasse, et renouer la confiance dans notre système⤵️
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Rayan Nezzar
Rayan Nezzar@Rayan_Nezzar·
Précieuse note du @StrategiePlan sur les enjeux de la transition démographique en cours en France. Elle a le mérite de fixer des repères certes connus des spécialistes mais utiles pour éclairer le débat public : ➡️ En 2025, pour la première fois depuis 1945, le nombre de naissances a été inférieur en France au nombre de décès. Seul le solde migratoire positif permet à notre pays de continuer à croître en population. D’autres pays européens comme l’Italie voient leur population baisser depuis plusieurs années. ➡️ La dénatalité est un phénomène européen qui fragilise nos modèles sociaux. L’indicateur conjoncturel de fécondité est passé en France de 2,0 en 2014 à 1,56 en 2025 : il converge vers la moyenne européenne (1,38). D’ailleurs, plus de la moitié des pays dans le monde se situent désormais sous le seuil de remplacement des générations. En toute hypothèse, le nombre d’enfants reste inférieur au désir d’enfant (2,3 chez les jeunes générations). Parmi les multiples causes : niveau et stabilité des revenus, coût du logement, qualité de l’emploi, mais aussi confiance dans l’avenir. Les projections du Conseil d’orientation des retraites montrent que le déséquilibre entre montant des pensions et ressources pour les financer, à modèle constant, ne fera que s’accroître (1,4 point de PIB d’écart à horizon 2070 dans le scénario de référence). ➡️ Historiquement, certaines politiques natalistes peuvent s’accompagner de contraintes sur les droits sexuels et reproductifs des femmes. Au-delà de la réprobation morale et politique, la littérature académique montre également que les restrictions légales aux droits reproductifs (IVG, contraception, etc.) se traduisent par un report vers des avortements non sécurisés, une dégradation de la santé des femmes, ainsi que des effets négatifs sur leur éducation et leur participation au marché de l'emploi. Les pays européens où l'accès à l'IVG est le plus restreint (Malte et la Pologne) comptent aussi parmi les indices de fécondité les plus faibles. Dans une démocratie libérale, la politique familiale doit donc redonner une liberté de choix aux individus, en allégeant les contraintes économiques, professionnelles ou sociales qui pèsent sur la décision d’avoir des enfants, sans imposer de normes coercitives. Idéalement, le nombre d'enfants devrait converger vers le désir d'enfants. ➡️ La France dépense plus que ses voisins pour la politique familiale et majoritairement via des transferts monétaires. La politique familiale stricto sensu (maternité, parentalité, garde d'enfant) représente un effort budgétaire de 45 milliards d'euros par an. Il s'élève à 60 milliards si l'on y ajoute le quotient familial pour le calcul de l'impôt sur le revenu. 70 % de cet effort opère par transferts monétaires pour soutenir la maternité et le revenu des familles (allocations et allègements fiscaux), tandis que seulement 30 % financent des services aux familles (garde d'enfant). ➡️ Pourtant, les transferts monétaires en faveur des familles ont peu d'impact sur la natalité. Selon la littérature académique, les prestations permanentes comme les allocations familiales ont un effet positif mais modeste sur le nombre d'enfants [Laroque et Salanié, 2014 ; Gauthier, 2017], tandis que les prestations temporaires (ex. baby bonus) entraînent surtout un effet d'anticipation mais pas d'effet permanent sur la natalité [Milligan, 2005]. Il en va de même pour les incitations fiscales [Landais, 2004]. Ce ne sont donc pas les transferts monétaires qui permettent d'inverser les tendances démographiques. L'exemple hongrois le montre, dont l'indice de fécondité reste dans la moyenne européenne (1,38), malgré un effort budgétaire 2x à 3x supérieur (selon le périmètre retenu). Ces transferts peuvent en revanche soutenir les revenus des familles et réduire en particulier la pauvreté. ➡️ Une voie plus prometteuse consiste à garantir des congés de naissance courts, partagés et bien indemnisés, ainsi qu'une offre de garde abondante et adaptée. Augmenter l'indemnisation des congés parentaux augmente le nombre d'enfants au sein des foyers plus aisés [Raute, 2019], tandis que des congés trop longs pèsent durablement sur la trajectoire professionnelle des mères [Kleven, Langais et Søgaard, 2019]. Fixer des droits non transférables entre parents ("use it or lose it") et accroître les congés paternité renforcent en outre l'implication des pères dans l'éducation des enfants et réduisent le coût d'opportunité d'un enfant supplémentaire pour les mères. Certaines études montrent qu'une augmentation de l’offre publique de garde peut accroître la probabilité d’une naissance supplémentaire, surtout quand l’accès est initialement limité [Bauernschuster, Hener et Rainer, 2016]. ➡️ C'est donc en combinant congés parentaux et accueil du jeune enfant que des résultats plus durables peuvent être obtenus sur le nombre d'enfants. Or les modes de garde formels en France (crèches, assistants maternels) ne couvrent que 57 % des enfants de moins de 3 ans (même si c'est 20 points de plus qu'en moyenne européenne). Avec un fort gradient social : 4 familles sur 5 vivant sous le seuil de pauvreté gardent elles-mêmes leur enfant à la maison. Et un enjeu RH majeur : les métiers de la petite enfance vont être confrontés à une vague de départs en retraite dans les prochaines années compte tenu de leur pyramide des âges (un tiers de départs d'ici 5 ans). A noter enfin que la note n'aborde pas les politiques du logement mais aussi la question de l'isolement soulignée par @Damon_Julien, qui montre que la baisse de la natalité est aussi corrélée à une baisse du nombre de personnes en couple.
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Sylvain Catherine
Sylvain Catherine@sc_cath·
Exemple concret: un actif en emploi ayant un niveau de vie très modeste contribue une part plus importante de son revenu disponible au financement de l’assurance maladie qu’un retraité très aisé. Alors que le second a un niveau de vie plus de trois fois supérieur. À niveau de vie comparable, les actifs contribuent le double.
Sylvain Catherine tweet media
Hadrien Mathoux@hadrienmathoux

Même les catégories populaires d’actifs ne profitent pas de la redistribution. Quand aux CSP+ et aux classes moyennes, ils sont les grands perdants d’un modèle quasi unique au monde dans l’ampleur de l’inéquité générationnelle qu’il instaure. C’est une pure folie de le perpétuer.

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Maxime Sbaihi
Maxime Sbaihi@MxSba·
En 2024, la revalo des retraites de base (+5,3%) et le nombre croissant de retraités (+1%) expliquent à eux seuls 60% de la hausse des dépenses sociales en France ! Si on rajoute la santé, on arrive même à 92% de la hausse totale. Emballement par vieillissement démographique.
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Eric Weil
Eric Weil@WeilEric·
10/ Ce serait d'autant plus juste que les actuels retraités ont tiré les fruits du système par répartition à une époque où ils étaient bien plus nombreux à cotiser pour moins de retraités.
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Eric Weil
Eric Weil@WeilEric·
🧐J'ai lu avec intérêt le livre d'Hippolyte d'Albis qui tâche de démonter l'idée d'une génération de baby-boomers privilégiée au détriment des jeunes d'aujourd'hui. Derrière un constat intéressant sur l'évolution du niveau de vie, l'auteur fait l'impasse sur d'autres réalités pourtant majeures : accès à la propriété, travail qui ne paye plus, poids des dépenses de protection sociale sur les actuels actifs, iniquité intergénérationnelle.... Un petit fil 🧵⤵️
Marc Vignaud@mvignaud

L'économiste Hyppolyte d’Albis publie Economie des âges de la vie, pour en finir avec la guerre des générations, chez Odile Jacob, au titre évocateur. Il s’oppose à l’idée que les retraités seraient favorisés, statistiques à l’appui. lopinion.fr/economie/hippo… @lopinion_fr

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Eric Weil
Eric Weil@WeilEric·
@sc_cath Oui, d'où la minoration par un *coefficient démographique* qui permet de prendre en compte le ratio de dépendance dans le calcul de la pension, au moment de la liquidation (salaires portés au compte ou points) puis des revalorisations.
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Sylvain Catherine
Sylvain Catherine@sc_cath·
Le taux de rendement implicite d’un système par répartition est le taux de croissance de l’économie. Ce taux comporte une composante technologique, liée à la productivité, mais aussi une composante biologique, liée au ratio de dépendance. L’indexation sur la seule productivité oublie cette composante biologique du rendement, qui est aujourd’hui négative. Le bon mécanisme consiste à faire en sorte que chaque génération, une fois à la retraite, reçoive en agrégé la masse salariale multipliée par le taux de cotisation retraite dont elle s’était elle-même acquittée lorsqu’elle était active. Il faut donc simplement ajuster les pensions au niveau compatible avec ce qui est finançable à taux de cotisation constant. Rien de nouveau sous le soleil : tout cela est compris depuis les travaux de Paul Samuelson, en 1958, sur les économies à générations imbriquées. Ne pas respecter cette règle revient à transformer le système en une chaîne de Ponzi intenable. Les retraités des cohortes du baby boom recevront sur l'ensemble de leur retraite 40% de trop par rapport à ce critère, principalement parce qu'ils sont partis trop tôt mais aussi parce que les pensions sont trop élevés au regard de la morosité de la croissance des 40 dernières années.
Eric Weil@WeilEric

Oui, reindexer les pensions sur les salaires rendrait en effet le système bien mieux pilotable en faisant évoluer recettes et dépenses selon le même sous-jacent. Mais, contrairement à ce qui est dit, il n'est pas nécessaire de compenser le coût d'une telle mesure par une baisse majeure du taux de remplacement à la liquidation. Il est tout à fait possible de garder la maîtrise des dépenses en indexant les pensions sur la croissance des salaires *minorée d'un coefficient démographique*. C'est ce mode de revalorisation qui est en vigueur en Allemagne ou, en France, à l'Agirc-Arrco de 2019 à 2024 : la valeur de service du point était alors indexée sur la croissance des salaires minorée d'un coefficient de 1,16. @LEGENRA @HeyerEric

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Eric Weil
Eric Weil@WeilEric·
Oui, reindexer les pensions sur les salaires rendrait en effet le système bien mieux pilotable en faisant évoluer recettes et dépenses selon le même sous-jacent. Mais, contrairement à ce qui est dit, il n'est pas nécessaire de compenser le coût d'une telle mesure par une baisse majeure du taux de remplacement à la liquidation. Il est tout à fait possible de garder la maîtrise des dépenses en indexant les pensions sur la croissance des salaires *minorée d'un coefficient démographique*. C'est ce mode de revalorisation qui est en vigueur en Allemagne ou, en France, à l'Agirc-Arrco de 2019 à 2024 : la valeur de service du point était alors indexée sur la croissance des salaires minorée d'un coefficient de 1,16. @LEGENRA @HeyerEric
BFM Business@bfmbusiness

Retraite : peut-on éviter un passage à 65 ans ? 👴 "Le déficit dépend de la productivité : à 0,7%, il reste contenu ; à 1,4%, il disparaît. Mais la vraie réforme serait de réindexer les pensions sur les salaires plutôt que sur l’inflation" 💬 Éric Heyer, OFCE

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Eric Weil
Eric Weil@WeilEric·
On découvre plein de belles choses dans cette interview, notamment que Thierry Lhermitte a lu mon livre...et en a tiré quelques enseignements 😀
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Maxime Sbaihi@MxSba

"Nous les #boomers avons fait chier nos parents comme nos enfants" C'est Thierry Lhermitte qui le dit! Il a voulu m'interviewer après avoir lu "Les Balançoires Vides". Merci à @LEXPRESS d'avoir retranscrit nos 2h d'échanges dont je garde un souvenir ému. lexpress.fr/idees-et-debat…

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Erwann TISON
Erwann TISON@Erwann_TISON·
Le poids important des retraites dans la dépense publique freine le développement économique du pays, tout en alourdissant fortement le coût du travail. Il faut en sortir, pour revaloriser le travail et renouer avec les investissements d'avenir. Interview pour @Le_Figaro
Le Figaro@Le_Figaro

Tandis que la part de dépenses publiques consacrées aux retraites ne cesse de croître, Erwann Tison appelle la mise en place d'une solidarité intragénérationnelle des retraités, pour soulager les actifs et le coût du travail.

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Sylvain Catherine
Sylvain Catherine@sc_cath·
Je ne pense pas que ce sera vrai en euro constants. Par contre la différence ne sera pas énorme alors qu’ils auront cotisé le double (à nouveau en euro). Le problème central du système de retraite pour les actifs ce n’est pas tant ce qu’ils toucheront dans vingt ou trente ans que ce qu’ils payent aujourd’hui. Et des implications que cela a aujourd’hui sur le dynamisme du pays.
Maxime Sbaihi@MxSba

Et vous?

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